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DICTIONNAIRE PATOIS
DE LA
BRESSE LOUHANNAISE
DU MÈMK AUTt:UU
Notes f.t Rf.maroiks sru i.\ Bresse Louhannaise, Topographie, Météorologie, Terrains, taux. Localités, Habitations, Vêtements, Nourriture, Usages, Mœurs, l»réjui;és. Siipetslilinns, instruction. Statisti(jue, Culture, Histoire natureUe, Malndirs et épidémies. Assistance publique, Hygiène, par le D' Lucien Guillemaut. — Loubans, imp. Aug. Romand.
Un i'Etit coin de i.a Boiir(;o(.ne a travers les âges. Histoire de la Bresse
LorHAXNAlSE.
Lea Temps (inciens ef le Moyen nge. Loubans, 1892, I volume in-8", (UO pages, Au^r. Romand, imi»»^ à Loubans.
Les Temps fnodenies Jusqu'à Î7S9, 1 vol. in 8" de 760 pages.
Histoire de lu {{évolution dans le Louhannais {17<S9-179êl, U" partie. 1 vol. in-8" de 54-1 pages.
Histoire de la Hévolntion dans le Louhannais, 2» partie, La Convention jus- qu'à la fin de la Terreur (21 sci>lembre 17n2-août 1794^).
Dictionnaire patois. Recueil par ordre alpharétique des mots patois et des EXPRESSIONS DU LANGAGE POPULAIRE, los p!us usités dans la Brcsse Loubannaise et une partie de la Bourgogne, avec l'origine et l'élymologie des mots. — Hiction- naire français-patois, pour faire suite au présent Recueil.
EN PRÉPARATION
Histoire de la Hévolntion dans le Louhannais, 3"^ partie, jii.squ'à la fin du Directoire (179i-18(JO).
UN [»ET1T COIN DE LA BOURGOGNE
DICTIONNAIRE PATOIS
ou
RECUEIL PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
DES MOTS PATOIS liT DES EXPRESSIONS Dl LANGAGE POI'ULAIKE
LES PLUS USITÉS DANS* LA
BRKSSE LOUHANNAISE
(Arr* de Louhans, Saùne-tH- Loire)
ET UNE PARTIE DE L\ BOURGOGNE
AVEC l'origine ET LÉTYMOLOGIE DES MOTS
FAR
Lucien GUILLEMAUT
5i
LOUHANS
IMPRIMERIE A. ROMAND Par séries, iu Dulielin " La Bresse Louhannaise >• (1894-1902)
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^997
PRÉFACE
Le petit coin de Bour^o^'-nc qui forme rarrondissement de Louhans dans le département de Saône-et-Loire et à qui Ion donne encore, en raison de sa situation géo«^!-aphique. le nc^ii de Bresse Louhannaise. a été de notre part l'objet de plusieurs études successives. Nous avons présenté dabord. dans un premier travail, la topographie de la région et les résultats de nos observations sur les localités qui la composent et les conditions physiques et morales de ses habitants. Puis, nous avons retracé Ihistoire de son passé, depuis les époques les plus lointaines, en recherchant les matériaux épars. en évoquant les traditions et fouillant les archives, pour arri\er à la sui\ re jusqu à 1 époque contemporaine. 11 nous a paru inté- ressant de fixer notre attention sur un autre point spécial, d'étudier le patois du pays, c'est-à-dire le langage dans ses lormes rustiques et populaires, et de présenter, dans une sorte de dictionnaire, le recueil des expressions patoises et des locutions vulgaires les plus usitées par les habitants du Louhannais.
Partout disparaissent les coutumes du pays : les anciens vêtements si originaux et nombre d'habitudes locales, qui lui donnaient une physionomie si pittoresque, n'existeront bientôt plus qu'à l'état de souvenirs. Il en sera peut-être de même du vieux langage et de notre patois bressan qui risque, lui aussi, d être abandonné à son tour : mais il n'est pas trop tard encore pour le surprendre au milieu des champs, pour l'en- tendre à la veillée des villages, avec ses caractéristiques spéciales, et pour en fixer les traits principaux.
Ayant habité le pays dans mon enfance, ma jeunesse et mon âge mûr. j ai tait appel à mes souvenirs, j'ai profité ensuite de mes vacances parlementaires, depuis que les suffrages de mes concitoyens m'ont choisi pour les représenter à la Chambre des Députés et ensuite au Sénat, pour maintenir avec les habitants de la campagne mes anciennes relations,
Il
pt»ur Ciiusci- a\cc les culli\ alcurs. tcrmicrs. oli\ licis. artisans. dans les champs, dans VuLiu des maisons el aussi à la \ille. les jours de marchés et de foires: cl. profitant de ces conver- sations, j ai retenu et enrejïistré les termes du crû, les expres- sions orijîinales. les mots el locutions qui m"ont frappé dans leur lanjja^^e. Va pour mieux aboutir, je me suis adressé encore à quelques amis très compétents des divers cantons, qui ont su maider de leurs connaissances spéciales en la matière, par dintéressantes communicalions.
J ai profité aussi de publications antérieurement laites par des compatriotes, amis du \ieux langage, par J. Guillemin, de Mervans. el H. Gaspard, de Saint-Etiennc-en-Hresse. dans les .Mémoires de la Société d'Histoire et d Wrchéologie de (>halon-sur-Saône. — par le premier, en ixôo. d un Glossaire Ju pjilnis Je l jncicnnc Bresse Ch.ilonnaise et not.imment du CMilon de S.iint-Gernijin-dii-Hois. et par le second, en iX66, d un Glossaire du patois de Montrêt. Un autre auteur bien connu, archiviste distingué. 1). Alonnier. avait déjà fait pour le Jura un tra\ail analogue, où nous avons trouvé d'utiles renseignements et des similitudes, qu expliquent les relations de voisinage et la situation géographique de la Bresse Chalon- naise et Louhannaise : tout en faisant partie intégrante du duché de Bourgogne, cette région était sur la rive gauche de la Saune, qui a\ ait toujours été considérée jadis comme la limite de 1 ancienne Séquanie. Son idiome, et particulièrement celui de la Bresse Louhannaise. présente même en beaucoup de cas une analogie plus marquée avec l idiome jurassien ou citmtois qu avec celui de l ancien duché de Bourgogne et celui de la Bresse proprement dite ou de l Ain.
Divers glossaires patois ont été publiés en Bourgogne, en Bresse et en (^>omté comme en d autres provinces : celui du comte Jaubert pour le centre de la France est un des plus complets. ( )n retrou\e dans les di\ers patois des contrées limitrophes et même d autres parties de la France, à côté de certains mots, de locutions ayant un cachet particulier et tout local, d autres qui ont un caractère plus général et sont des termes communs à diverses localités et di\erses provinces, sauf des différences dans la prononciation ainsi que dans l'acception du mot.
Ln certain nombre de nos mots patois s'éloignent peu du français ou même sont de vieux mots français qui pourraient
m
rcxcncliqiicr encmc le droit de domicile dans les vocabulaires de notre lanj^ue. Quelques-uns même ne snnt que des mots français corrompus par la prononciation i^u la persistance d'un usage \ icieux. Beaucoup d entre eux ont lini par a\oir un cachet local bien marqué par suite d'une habitude de lanj^age de\enue en quelque sorte normale, comme le retranchement, l'addition de certaines lettres, la substitution de di\crses lettres à d autres ou encore leur interversion, (^es modifica- tions. d(~)nt nous indiquerons tout à l heure les plus caracté- ristiques, portent généralement sur les voyelles et sont comme une satisfaction donnée à l'euphonie dans le but de rendre la prononciation plus douce et plus coulante ou ont été faites au contraire pour donner plus d'énergie à 1 expression. D autres portent sur le changement de genre d'un certain nombre de mots, ainsi de substantifs masculins en français qui ont con- ser\é leur ancien genre féminin, ou de mots féminins en français qui ont passé au masculin. D autres ont trait à la prononciation de certaines svllabes ou à la désinence de certains mots, variant avec les cantons et d une façon en quelque sorte régulière, ce qui se rencontre du reste dans beaucoup de patois locaux.
Peut-être aurait-il fallu pour ne pas allonger la nomencla- ture des mots patois, éliminer de ce dictionnaire beaucoup de ceux dont nous venons de parler : mais, en agissant ainsi, nous aurions craint de lui enle\er une partie de ce caractère d'ac- tualité locale que nous cherchions à lui conserver.
On pourrait nous faire aussi, par inxerse. le reproche d être incomplet. Je dirai presque qu en pareille matière il est impos- sible de ne pas 1 être. .Mais le résultat auquel nous sommes arrivé méritera d être complété à son tour. Oc n est qu'en multipliant les recueils de ce genre qu on arrivera, chacun faisant appel à ses souvenirs et par des travaux réitérés, à un recueil à peu près complet des expressions locales de la langue populaire.
Faisons encore une autre remarque. Une simple indication des mots patois avec leur signification et leur usage serait restée bien aride. Aussi nous sommes-nous efforcé de rendre notre travail plus substantiel et plus intéressant en y joignant le résultat des recherches étvmologiques sur la dérivation ou l'origine des mots. (( L'étymologie. comme l'a dit Littré. a toujours excité la curiosité. Il est peu d'esprits qui ne s'inté-
IV
ressent à ce ^enrc de recherches : et plus d'une fois ceux qui s'occupent le moins de létude des mots on[ 1 occasion d inxo- quer une oriffine à 1 appui d une idée ou d une explication. Cet intérêt n'est ni \ain ni de mau\ais aloi. Pénétrer dans l'intimité des mots est pénétrer dans un côté de l'histoire ; et. de plus en plus, l'histoire du passé devient importante pour le présent et pour l'avenir ».
Pour le même motif nous avons ajouté les locutions patoises, proverbes ou dictons \ ulfi^aires les plus en usa^^e et nous avons donné aussi quelques citations d'anciens auteurs venant comme preu\e de 1 origine romane pour les mots provenant du vieux français.
D'une manière générale, et c'est l'opinion de Littré sur l'autorité duquel nous nous appuierons plus d une fois. — en le citant avec 1 indication abré\ iative (L). — nos vocables des dialectes et patois déri\ ent pour la plus grande partie du latin ; pour une plus petite partie de 1 allemand ; et. pour une plus petite partie encore, de la langue primitive du sol.
Si, en effet, quelques-uns de nos mots patois sont d origine celtique ou gauloise, et d autres, peu nombreux aussi, d'ori- gine tudesque ou germaine, c est le latin qui tient la place la plus importante dans la composition des mots. 11 avait pénétré dans la Gaule avec la conquête romaine et son mélange avec quelques éléments de la langue celtique ou primitive et quel- ques autres des idiomes tudesques ou germaniques apportés par les nouveaux envahisseurs a\"ait formé la langue romane, d où naquirent le Français. I Italien, 1 Espagnol et aussi les divers patois. C'est pourquoi nous avons rattaché par de nom- breuses citations notre idiome local à celui du moyen âge et du \ieux français et rappelé de très anciennes locutions restées dans le langage pr)pulaire.
Le patois varie, suivant les cantons et souvent même suivant les communes, et prend une physionomie diverse comme la prenait autrefois, d une façon plus marquée, l'habillement des habitants, comme la prend encore aujourd hui la coiffure des femmes: mais s'il varie ainsi, c est surtout, c'est même unique- ment on peut le dire, dans ses nuances, sa prononciation et la désinence des mots.
Nous n'avons pas voulu chercher à établir la phonétique et la grammaire du patoi'^ de la Bresse Louhannaise pri*; dans
son ensemble et dans ses \ ariatii'>ns. Pinir le laire ci une façon suflisammenl complète, il aurait lallu une étude lonj^'ue et approfondie. Nous mms bornerons à rapporter ici les t)bser- vations faites par Ka^'^ut dans si^n ou\ ra^^c de statistique sur le département de Saône-et-Loire.
Il a distin*;ué dans ce patois quatre dialectes ou plutôt quatre parlers différents : i" celui de Krontenaud. X'arennes. Le AliriMr. cest-à-dire de la partie en plaine du canton de Cuiseaux.et comprenant aussi Ste-Croix. Montpont. Chapelle- Thècle. etc.: _'" celui de Cuiseaux. Joudes et (>hampai,mat ou de la partie montaj^ncuse du cantiMi de (>uiseau\ : y celui de St-l'suges. Montag"n\ . Montcony. P'ran^y. l^e Fay. compre- nant aussi St-Germain-du-Bois. Serley . .Mer\ ans. etc.. .: 4" celui de .Montrêt et de tout le canton de ce nom et même de com- munes voisines. Lessard. Saint-Germain-du-Plain. Thurey...
1" Le patois Je Froutcnaud i^u de Li partie sud de l.i Bresse Chalomuise se rapproche beaucoup de celui de la Ivresse du département de lAin. La prononciation est douce, traînante. Comme caractéristiques principales le .; prononcé du bout de la lanjTue placé entre les dents remplace le <^. le / et le .s" inter- vocal, comme dans les mots leiifie, :{itie. iiuncti. pour jeune. juge, maison... Ch s'adoucit et se transforme en .s sifflé, ou en ts dans sauip. ts.inip pour champ, sapé ou tsapé pour chapeau. tsui pour chien. La terminaison e et quelquefois le son or se change en .7. //;/.7 haouj pour une bague, un poa poui" un porc. /o-T pc)ur tort. P^au se change en é. Isapé pour chapeau. joiiisc pour oiseau, surtout du côté de Montpont : et .7/ en ère : je l'appaleve pour je l'appelai. En se rapprochant de la Bresse de 1. Vin. mais pas à Montpont. les syllabes .7;? et en se pronon- cent en i)i ou .7/;? : qiiittince pour quittance.
2" Le patois de Cuiseaux. Joudes et Champaotial se rapproche du précédent, mais en diffère par une prononciation plus dure, plus rude, .\insi le ^' remplace aussi le i^. le 7 et le .s entre voyelles, mais est renforcé d'un /ou surtout d'un ./. /:.ou d:.. ainsi dzeune pour jeune. Le patois de Cuiseaux termine en o guttural les mots que le patois de Frontenaud et de Montpont termine en a. comme ha^^o pour ha i; a, bague, et pedio pour pedia. pitié. La terminaison de limparfait est en ire. il irive pour il avait.
Y' Le patois de Sl-[ suites et autres communes indiquées diffère assez sensiblement des patois précédents. Eau se change en iau : ainsi i'/.7//. coutiau. chapiau. pour veau, couteau.
\ I
chapeau. Pourtant on dit V.iii^iic pour 1 eau. le \ ieu\ mot fran- çais a été iîardé. Al se chani,'"e en -7/^ : on dira un chcvjii pour un cheval, un jouniMi pour un journal. ()// se chan^'^e en o. on dira un hoqiiin pour un bouquin, une foichc pour une fourche, de même /o pour jour, co pour cou. cmir et court. F.e / simple se mouille s il est précédé dune consonne et sui\i dune voyelle : bllic pour blé. hllijiic pour blanc, /lluiic pour ilanc. La terminaison oi se change en .7/ ou en cl, ainsi Jcl pour doigt. ^\t/ pour soir et pour soi. /.7/ pour t(^i. cndrèt pour endroit. Le se change réciproquement en oi . chandoile pour chandelle. Le double .s ou le c a\"ec cédille se change en c/z, m.iichou pour moisson, ojchofi pour garçcMi... etc.
4" Le f^.iinis du cj;;/n;z Je Mouirci. comme le précédent, mouille le / simple précédé d une consonne et sui\ i dune voyelle, bllic pour blé : il change cjii en un. tkiu pour \eau. ViMi pour leau : il change ou en o. mais aussi par réciprocité, IV) en Ou, on dira voubc pour robe, routic pour rôtie, couchan pour cochon. Par autre réciprocité il change la terminaison plurielle .lux en .7/.s-. on dira des chevals pour des chevaux. La terminaison un se prononce iu. on dira chaquin pour chacun ; t'/ se prononce oi. noi;j^e pour neige, nunne pour veine: cr est prononcé .ir. l.irrc pour terre, charchcr pour chercher : crt devient à long. Plibà pour Philibert : la terminaison // des verbes à la troisième personne est changée en .7 ou z'j. ainsi di.i pour dit. pren.i pour prit... mais avec réciprocité, ainsi on dira il s.iutit pour sauta, iiuiii^il pour mangea : hi termi- naison des noms en eur et en eux, se convertit ordinairement en ou. comme cluntou pour chanteur, chaissiou pour chasseur, pou pour peur, pourou pour peureux. Mais le caractère le plus distinctif du patois de Montrêt est la prononciation de la svUabe on en .m et réciproquement .7;; en on. ainsi on dira M.inhet pour Montrêt. Brona^cs pour Branges, contan pour canton, c.inséquoncc pour conséquence, etc..
Dans le cours du tra\ail auquel nous nous sommes li\ré' sur le patois du pays et surtout en ce qui concerne l'origine des mots et des locutions populaires, nous avons indiqué nombre dou\ rages et cité bien des auteurs : nous en donnons la liste ainsi qu un index bibliographique d"ou\rages utiles à consulter.
L G.
INDEX BIBLIOGRAPHIQUE
D'OUVRAGES A CONSULTER
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Les Xoi'ts bourguignons de Gui liaro'^ag suivis des Xoëls Maçonnais du parrain liliaise, publics avec la traduction en regard du texte patois par F. Fertiiult. Paris, Aiil.ry, 1858, in-16.
Noëls (Glos'iaire), par Aimé I*iron, édité par Mij,'n:ir(l. Dijon, IS'iS, ir\-lfi.
Les ;Voè7."f Bressans (de P>r.issard de Monlaney et Horjon), tr'xle et traduction par Philibcrl-lr-Duc. In-10. Rourg. Martin Urotlier, 1881.
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He vue des longues rufnanes . M.iisonnouve, dcp. 1870.
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Homania, recueil trimestriel consacré à l'étude des lingues et de«i littératures niinanes.... Paris, Vieweg, dep. 1872. Melusme, Lechevalier, 1877, 1878... et 188i...
En voie de publication : yolicc sur la commune de Sayy, canUm de lieuure- patre f Saonc-et- Loire J, par P. -M. Alix et F. Boivin. avec la collaboration des incMibrcs de la Société des Amis de l'Instruction cl d.; l'Agi iculture de Sa^v. C-hap 111. Larujaije, l'aUns, l'ronoruialion, (tratnruaire, Ificlons et Locultoiu. Louhaus, im|)r. Au^'. Koniaiid. \'M)\.
LISTE
DES AUTEURS ET OUVRAGES CITÉS
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Les portée /raiifaù deimis le Xll* tiède juxquH Malherbe, par P.-K. Aujjuis.
Rutebœuf. ^Euvres, publ. par Jnbinal, 3 vol. Dafth. Paris 1874.
Recueil de motet.% français lies XII* et Xllh siècles, par C Raynaud.
Le Homên de la Rose, par Guillaume le Lnrris et Jehan de Meung, édition revue et corrigt^c par .M Méiin, Paris 1813, 4 vol m 8". Edition Didot. Paris, pub. par Francisque .Michel.
Le Roman du Renart, publié ilapres les manu:'crits du XI II», \IV« et XV» siècles, pir M«*on. Pari» 4 vol. \Si*y
Evangile des (J*mnoiUes. Lyon. Jean Mare^ohal, I4y;i, in-4». »f«>ih. — Ed. nouv Jann* t. Paris. I85Ô.
Gabriel M>'urier Tre.ior dei sentence*. XVh siècle.
Nouvelle hahnque des excellents traicts de venté. XVI* siècle. Jannel, I^ari"", 1853.
Pbilik>ert Hégemnn. La Colomhiere.
)lo»ceaux choisis des ijrands écrivains [rawais du X\'l* siècle, par Auguste Brarhet.
Œuvres de Rabelais, de Ronsard, de Sait, de Villon, de Clément Marot, de Relier....
Le Moyen de pêrvenir, contenant la raison de tout ce qui a été et sera, avec démonstration certaine selon la rencontre de.« effets de l.i vertu par Béroalde de Verville. revu, corrige et mis en meilleur ordre par Paul-L Jacob, bibliophiln. Paris, Charpentier, 1841.
Le plaisir des Champs, divi'c en «juatre livre* selon les qu <tre saisons de r;in .ée, par Claude Gauchet. 1583. Edition annotée par Blaochemon. Paris 186'J.
Propos rustiques, balivemerxes. Comtes et discours d'Eutrapel, par No*'! flu Fail, seigueur de la Hérinaye. 1585. Eilit. annotée. Paris r>o?selin, I84i.
Les Poésies d'Eustache Deschamps.
La Micropédie de Jean Parradin. de Loubans, Jean île Tournes, Lyon 1546.
fEutresàe Guillaume et de Claude Paradin, de Cuiseaux.
Virgille virai an Borgunjnon (glossaire), par G. Peignot et .Amanton. In-I8. Dijon. 1831 ; id. Lamarche et Droueile, 1856.
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(Amtt\s, fdhles, l('(ieiuies eu nitoiut' liourijuuiium, par le D' M. Berlhaut. (Uos- saire abrégé par E. B. « avec aeeenluatioii toute nouvelle pour écrire absolu- ment comme on prononce )^. Petit in-S». Dijon, Darantière, 1885.
Les Lainentalions d'un paiirre laboureur de Bresse, par Bernardin L'charcI, poème en patois bressan dw XVII*" si«>cli'. édité avec une intruduclion et un glos- saire par Edouard IMiilippon. Paris, H. Welter, 1891.
I>iclionnair€s des Proverbes, par divers.
Le Livre des Proverbes frani'ais, par Leroux de Lincy. Paris, i vol. 184:2.
A pour DE : <^( La (îUe « Jean-Piei're » ; (c To veindi'à à boiuie^heure >•>, tu viendra^; de bonne heure.
A. AL pour ELLE, contraction « A m'a dit, Al a dit ».
Abajoue, bajoue, partie de la této de cochon, depuis l'(Bil jusqu'à la mâchoire.
Abattre de la besogne, faire beaucoup d'ouvrage, se dit d'un bon ous'rier, — locution vulgaire admise du reste dans le dictionnaire (Littré).
Abergement, maison, logement, abri, nom de hameau comme i' Abergement de Sainte-Croix ; — de commune, comme l'Abergement de Cuisery.
Du bas latin et roman, albergamen.
Aberger, arriver, aborder ; (ibcrr/c, exclamation au bate- lier, aborde, arrive à la berge.
Abîmer, frapper, meurtrir, « abîmer de coups » ; — gâter, salir, déchirer ses vêtements « il a tout abîmé sa culotte ».
Abîmer (s'), se faire mal, se blesser. « Il s'a tout abîmé le bras en tombant ».
Ablager, tout renverser, tout abimer. « Le grand vent a toutes ablafjé mes faviouics (haricots).
Aboirer, aboirou, abreuver, abreuvoir : « aboirer les bestiaux ». Se dit aussi en plaisantant des hommes : « I s'a bin fa aboirer >) il s'est fait payer à boire.
Abouelion, sur le visage, contre terre, à plat ventre ; « Tomber à bouchon ; se coucher à bouchon ».
Du mot bouche, sur la bouche ; aboucher, mettre face à face. Littré.
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Aboucher (s"), tomber sur son visage : « S'aboucher sur son Ht pour pleurer ».
Abouler, donner, apporter, pousser vers : « Aboule moi çà », mot très employé par les écoliers. « Allons, aboule ton argent, aboule tes yards», ou tout simplement «aboule».
Aboutener, aboutoner, loc. pour boutonner; — « Abou- tonne, donc ta culotte ». ' )n dit aussi raboutoner dans le même sens.
Aboutonner (s'), attacher son vêtement avec des boutons. On dit d'un homme qui se laisse mener par sa femme qu'il a s'aboutonne avec des épingles », c'est une manière de dire que les rôles sont intervertis et que c'est la femme qui porte •les culottes.
Abre, arbre, « queu beau àbre », quel bel arbre î
Od aurait autrefois prononcé abre, même à la Cour, selon Vaugelas. Pour l'amour du buisson va la brebis à l'abre. Leroux de Lincy, prov. Ir.
Abrier, lancer : « Il était trop abrié, y n'a pous su s'arrê- ter » ; s' abrier, se lancer en se reculant : « A brie te pe sauter le taro fossé) ».
Abrivent, paillasson dressé contre le vent, la gelée....
Acagnardir (s'), locution vicieuse pour s'acagnarder, (Littré), s'accroupir, rester au coin du feu, s'y tenir avec paresse.
Vient du mot cagne, chien fainéant, du latin canis.
A cause, parce que. Souvent à cause est aussi employé comme parce que, par celui qui ne veut pas répondre : « Pourquoi que t'as fait ça V — A cause ».
Accords, accordailles, fiançailles, réunion pour signer un contrat de mariage, publications de mariage : « la Jean- nette se marie, les accordailles sont faites. »
Accreire, accroire, désinence du dialecte bourguignon. « T'veu m'en feire accreire ».
Accroche cœur, boucle de cheveux appliquée avec coquetterie sur la tempe, (L.)
Accrues, broussailles d'un pré, pousses d'épines venant sur un terrain. Mot français ; d'après Littré, accrue, agran-
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dissement d'un terrain par le retrait des eaux, par l'exten- sion des bois.
Etymologie : accroître.
Accuiller, acculllir, aiguillonner, piquer les bœufs, pour les faire avancer ; — Au figuré, aller sans crainte : <{ Accuille^ accuiUe^ ça ira bin. »
Achatir,alïriander, attirer par des séductions, des caresses, des friandises dont on se servirait pour un chat;— Allécher, séduire, adoucir: « Son mari était bien mauvais, bien diffi- cile, mais elle l'a achat i^ elle en fait ce qu'elle veut ». — Autre sens : difficile, délicat, gourmand : c( Il est tellement ai'iali par tous ces bons diners qu'on ne sait plus coniment le nourrir.
De a, ad et chat, comme un chat, devenu chat.
Le monde ou vice at échailti
Devein vo polu tan pàti ?
Ai n'en éto pas daigne.
Noëls Bourguignons de La Monnoye. X.
Acoup, accident, coup imprévu.
Vieux mot français, La Curnc, dicl. hist. de l'ancien langage français.
Acouter, écouter. « acoute donc, écute donc ».
Se rapproche plus que écouter du latin auscultare, italien aicoUare. Vieux auteurs, acouler, ascouter ; mais selon le dictionnaire de Trévoux, ce n'est que la populace qui parle ainsi.
Acropetonner (s'), s'accroupir : — acrepoutd, à croupeton, accroupi.
Acul, à cuya, acuilla, « être à cul, être à oui/la », être à bout de ressources, être acculé. V. A quia,
Acuîé, éculé « ses souliers sont aculcs», usés sur le talon; bottes éculées, s'abaissant par derrière sur le talon.
Adjutorion, chose ajoutée.
Du latin adjutorium.
C'est, dit ïoubin, dans son supplément au dictionnaire des patois jurassiens, in Mémoires de la Société d'émulation du Jura, (1809-1870), un jeu de mots né de la ressemblance d'adjuvare et d'ajouter. Un fait analogue se présente en fran- çais : justesse venant de Juxta, et justice dejustus ont créé le môme adjectif juste.
Adret, adroit. S'entend non seulement de la dextérité, mais de l'intelliiîence et du savoir. « C'est un médecin ben adret » ; — rusé, « T'es trop adret ».
C'est une ancienne prononciation :
En la forest fut Bcrihe Qui est gento et adroite. On écrivait adroit, mai< on prononçait adret, et cela encore du temps do Cor- neille et de Molière :
D'abord j'appréhendais que cette ardeur secrète Ne fut du noir esprit une surprise adroite.
Mol. Tartuffe, 111. 3.
Afaini. afainir, gagner avec peine, difficultés, douleur : « il a des liards (de,' l'argent), mais il les a bin affaini. »
Afaire, affaire : outre ses nombreuses acceptions, mot employé souvent dans un sens vague, chose quelconque, « p'tiote affaire » ; ustensile, « y est un afaire en bois »: durée, « v est l'afaire d'un mois ».
Affilée, file, rangée, longue suite : « Quelle affilée de voitures ! »
Du latin, ad filum, en suivant le fil.
Affilée (d*), de suite, sans interruption, tout d'une traite, sans s'arrêter: « Il a fait deux lieues d'affilée ; il a travaillé dix heures d'affilée ».
Affistoler, parer, orner, arranger. « Ah, elle est bien affistolée, la Pierrette ».
Affligé, malade, infirme, locution vulgaire très employée: (( elle est affligée, elle est bien affligée » ; se dit d'une per- sonne atteinte d'une infirmité grave, d'un aveugle, d'un sourd-muet, d'un paralytique. On dit aussi « aflligé d'un bras, d'une jambe, affligé des yeux » en désignant la partie du corps atteinte par l'infirmité.
Affranchisseur, celui qui châtre les animaux, le chdtrou.
Affreusetés, méchancetés, calomnies. « Elle a dit toutes sortes d'affreusetés ».
Vieux fran-^ais.
Affreux, affreusement, mots français fréquemment employés ici avec le sens de beaucoup, énormément : « Il y avait affreusement de monde ; que de monde, c'est affreux ».
AfTutiaux, objets divers d'un usage journalier, ustensiles, outils : « Jvais prendre mes affutiaux » ; Littré indique le mot affutiaux comme terme populaire pour bagatelle, brim- borion.
Du \alin fustis, baguette,, branchage de peu de valeur.
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Aga, interjection, voilà, vois, regarde ; a(ja don, regarde donc. S'emploie aussi pour agacer un chien : « aga, Azor, mords le ».
Vieux français. On a cherché dans le grec Agao, j'admire en suspen», dit le jardin îles racines grecques, et inènic dans riicbreii, l'origine de ce mot aga ([ne le I*. Labbe a cru être une expression naturelle dadmiration, d'ctonnometit, dt vurprisî ; mais ici, comme dans Icauconp de provinces il signifie, regarde, vois un peu ; on en peut conclure que c'est une abréviation de l'impératif agarde.ii Aga, menémi, men frère, touls les dyables sont aujourd'hui de Nopces ». Rabelais.
Du vieux verbe arregarder, agarâer, regarder, « aregarde donc, ag.idon »
Agacia, acacia.
Agace, agasse (L. , aguaisse, Pie, Jaquette (voir ce mot).
Vieux mot français.
L'agace eut peur ; mais l'aigle, ayant fort bien diné La rassure La Fontaine, Fables.
Bas latin, aijasia, dérivé peut-être du grec aga:^o, voir avec admiration ou avec chagrin, le plus souvent en mauvaise part. La pie passait pour être d'un Hicheux présage : « Je vous assure que quant agaches ou piez gargonnnent dans une maison, que c'est signe de très mauvaises nouvelles ». Evangile des quenouilles. Peut-être le mot agace en raison du cri aigu de l'oiseau, vient simplement du verbe agace/', mais on peut encore invoijuer une étymologie inverse.
Agacin, calus, durillon, cor au pied, ce II a des agacins » pour des cors aux pieds.
L' agacin, le cor aux pieds s'appelle aussi œ// de perdrix ; en certains lieux œil de pie, de i.à l'origine du mot agacin, de agace, pie, ou simplement de agacer, le cor au pied a quelque chose d'agaçant.
Le mot agacin est cité comme populaire par divers dictionnaires français, notamment par celui de Trévoux
Age, genre du mot changé: c( quelle belle âge ; c'est une bien belle âge ».
Anciennement le mot âge était des deux genres, Malherbe l'a employé au
féminin :
Que d'hommes fortunés en leur âge première...
Age (d'), locution pour âgé; (olé d'ja d'âge, l'père Toinot».
Agenoiller (s'), s'agenouiller ; agcnoifles^ agenoillons, â genoux.
Vieux français.
Ageter, ajeter, prononciation habituelle de acheter ;
C'est un adoucissement de prononciation, connme il en existe pour beaucoup de mots.
Vaugelas s'en plaignait déjà dans ses Remarques de la langue françafe ^27» remarque) « pour l'avoir ouy dans la chaire et dans le barreau. »
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Agoniser, agonir, injurier, invectiver : Agoniser de sotti- ses, iiccabler d'injures: « Peux-tu bin l'agoniser ainsi >>.— Pousser à bout, réduire au dernier point.
Du grec agôn, combat, dispute.
I.ittri' donne agonir comme mot populaire ; on peut se demander s'il ne serait pas pour ahonir, verbe ancien, encore usité en Normandie pour faire honte.
Ag-otiau, égoutiau, écope, espèce de pelle creuse, à rebords dont on se sert pour vider les bateaux.
Du français égoutter, tarir, mettre à sec. .\gouler, pour égoutter. Vieux français.
Agraper, agroper, agripper, prendre, saisir vivement.
Vieux français, du latin nrripere.
Toujours elle hape Ce qu'elle agrapc.
(Al. r.uillaumc 1500)
Agrelis, angrelis, aigrelis, agrifon, houx ; d'un indi- vidu difficile, maussade, auquel il ne fait pas bon se frotter, on dit « c'est un vrai buisson d'agrelis ».
Agrillon. terre ferrugineuse, stérile, terrain rouge avec peu de sol arable.
Agripper, forme d'agriffer, attraper avec les doigts, les ongles, les grilfes ; prendre, saisir avidement, agrq,pper.
Vieux français.
Aguier, aiguier. évier, lavoir.
De aif/ue, eau. Vieux mot français.
Aguigner, faire .signe des yeux, exciter, pruvuquer. regar- der avec convoitise.
Vieux mot français, Lacombe.
Ahan, exclamatinn pour exprimer la fatigue, la peine, la
lassitude, mot populaire, très usité partout jadis, tombé en désuétude.
Dans la basse latinité, lerram ahanarc signifiait cultiver la terre, comme laborare qui exprime le travail et la fatigue a donné plus tard le mot laboureur.
Aïce, terme avec lequel on s'adresse au bœuf de droite d'un attelage en le piquant de l'aiguillon pour le faire aller à gauche ; de même que Dii est le terme avec lequel on s'adresse au bœuf de gauche pour le faire aller à droite. — Aux chevaux on dit Hiioty à droite, Dia à gauche.
Aichon, petite hache.
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Du bas latin Aùjro. Jaubert, dans le Glosxaire du centre de la France, écrit « aigiieron », recherchant rétymologic dans le mol aiguë, eau : Oiseau d'eau.
Aiguë, iégue, eau ; c( baille de Viéyuey). Vieux mot français, conservé dans le patois ; du latin aqua.
Ain, hein, exclamation interrogative dans le sens de (( que dites-vous ? » et de « n'est-ce pas? » Partout on se sert communément de cette exclamation pour engager quelqu'un que l'on n'a pas bien entendu à répéter ce qu'il a dit.
Air, température. On donne volontiers à ce mot le genre féminin: (( L'air est frède ce matin. »
Ce mot a donné lieu partout à de nombreuses locutions familières, proverbiales et figurées : On ne vit pa>i de l'air du, temps, c'est-à-dire de rien, de peu de chose. — Prendre Vair^ sortir : Je rais prendre l'air,, je vais me promener, respirer le frais (L.); — Coup d'air, fluxion ou douleur qui survient c^ la face, au cou, aux mâchoires et qui est souvent causée par l'impression d'un air froid (id.); — Prendreun air de feu,^e chaulTer un moment (id.) etc.
Aireaux (les), qu'à Louhans on écrit très mal à propos les zéros ; c'est en certain pays un nom de localité très répandu.
Vieux mot français. Airal, petite maison, logement, cabane (centre), terrain (le médiocre qualité (sud de la France'.. A Louhans il y avait la rue des Ah'eaux, devenue rue du Preuil ; le cavruge des Aireaux, terrains bas, marécageux, comble depuis plusieurs années. Ce nom rappelait à Louhans un souvenir du moyen âge, les cabanes pour isoler les lépreux, à l'emplacement qui fut un des noyaux d'extension de la ville en dehors de ses murailles. La dénomination de *a rue des Aireaux, qui était à conserver, a été remplacée il y a quelques années par celle de rue du Breuil, ù cause du pré voisin. C'est encore il est vrai, une autre dénomination du passé.
Aironee, éronce, aroiice, ronce.
Comme dans beaucoup de mots, c'est la confusion du nom avec le nom aug- menté de l'article: laironce pour la ou lai ronce.
Alsseter, asseoir: « aiss'tez vous proche du fu », asseyez- vous près du feu.
Aitelles, ételles, débris, éclats de bois, <c étellrs d'équar- rissage. ételles d'abattage ».
Du latin hastella, petit bâton ou axtula, éclat de bois, mots qui ont dû don- ner aussi atelle, éclisse de bois qui sert ù maintenir les os dans les fractures-
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Aitres, parties d'une habitation : « A n'a pas besoin de lumière quand on connait les aitres do la maison ».
C'est à tort que l'on ('crit êtres. Aifres est un mot do vieux français. (Dict. Lnciirnc île Saintc-Palafie), dérivé du latin Atrium, entrée, vestibule, et par extension toutes les parties d'une habitation, de niêuic que le mot feu signi- fiait toute une tamillo: « Le astre demiirra al pùné », la mnison sera au puiné. «
Ajouer, mettre au joug, appareiller ; « Deux bœufs bien ajt^ués », deux bœufs bien appareillés.
Aligre, alègre, agréable, avenant, gai, vif, joyeux, dispos.
Du latin alacris.
Alléluia, oxalide, plante ({u'on appelle aussi vulgaire- ment pai/i (le coucou.
\]'[*o\ée alléluia parce qu'elle fleurit quand on chante alléluia d:ins le.s égli- ses, au temps de Pâques. Dict. de Trévoux ; Jaubert, Gloiisaire du centre de la France
Aller, verbe dont les temps ont, dans le langage patois, de nombreuses variations: J'a/lo^is, je rons^ f allions., f irons.
i^ocutions vulgaires diverses, entre autres : Aller aux... pour aller chercher, ramasser certains produits, aller aux pelosses, aller aux champignons ; — Aller en blonde, aller en bonne fortune, faire l'amour ; — Aller aux portes, mendier, chercherson pain; — S'enaller, s'enfuir, s'échapper en paidant, d'un liquide ({ui s'échappe d'un vase en bouillant : << le lait s'en va » ; — Aller sur, atteindre, « il va sur ses vingt ans »; — Aller le Diable, aller très vite, grand train ; — All^r en champ, mener paître les bestiaux, aller en champ les vaches^ les cayons, mener paître les vaches, les porcs ; — Aller en rabattant, sentir diminuer ses forces, vieillir ; S'en aller ^ môme sens ; — Y aller, payer, agir sans se faire prier ; « y aller d'une tournée » : — ne pas s en aller sur une jambe, boii'e un second verre ou une seconde bouteille.... etc..
Allonger quelque chjse, donner un coup quelconque, coup de pied, coup de poing ou soufflet ; « tâche de te taire ou j'te vas allonfjer quelque chose », comme on dit aussi € .le vais t'foutre un atout. »
S'allonfjer, se laisser choir.
S'allonger, s'étirer les bras en baillant.
Allumer, activer, exciter un cheval h. coups de fouet ; Allume, allume, terme employé en .s'adressant au cheval pour l'exciter.
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Allumé (être), être échauffé par le vin, ôtre légèrement ivre.
Allumettes, jambes longues et maigres.
Alognes, noisettes, grosses noisettes, avelines.
Du latin, Avellanca, Corijlm avellana.
Aluré, déluré, qui a des allures dégagées.
Amati, amatir. apaiser, qu'on dit aussi appoisi. S'amatir, s'adoucir : « il être ben ancre (ardent), mais i s'a ben amati. »
Ambitionneux, ambitieux.
Ambilionneux dérive inimcdiatemcnt du français ambition, amldlieujc, tandis (ju'ambitieux est plus près du latin ambitus.
Amener, dans le sens de produire : « la vache a amené, a amené le veau ».
Amener (s'), arriver: «. 11 s'est amené », il est arrivé, il est venu.
Amignoter, cajoler, flatter, caresser, terme employé le plus souvent en parlant des enfants qu'on gâte « à force de les amignoter ».
Vieux mot ; déjà les auteurs du Dictionnaire de Trévoux (1771) faisa-ent reniari{ucr que ce mot « n'est pas de bon u=;.igc et ne se dit que parmi le petit peuple ».
Anvijoier,Amijoter, enjôler, séduire :«all l'abin amijoté».
Amouiller. Emmouiller, donner les signes d'une pro- chaine délivrance, en parlant des vaches prêtes à vêler.
Du vieux français, Amoillev, mouiller.
Amouilles, glaires de vaches en vêlage qui annoncent qu'elle va mettre bas. Littré dit : nom vulgaire du premier lait d'une vache qui vient de vêler. Au ligure, « la Brenotte emmouille », il y a bonne apparence, se dit au jeu quand les atouts abondent.
Amourette, amourette tremblante, nom vulgaire d'une graminée, briza media^ brise moyenne.
Ampiges, entraves qui lient les jambes d'un cheval que l'on met en pâture.
Ampigé^ empêtré, pris dans ses entraves, un cheval qui a les pieds liés.
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Du latin inipingcre, mettre «lo force, imposer. Am, Em, An, En au commen- cement des mots sont fréquemment employés dan^ le patois comme dérivation de la préposition in. latin.
Ampouler, produire des ampoules : « Les brûlures font ampoulcr la piau n.
Amuseux, amuseur, enjôleur. « Un amuseux de filles ».
Adieu, galant tror.îpcur, Amuseux de fillettes ; Tu as mon cœur en gage, A présent tu t'en vas. En passant la rivière, Galant, tu périras.
(Chanson du centre, Jalbeht.)
Ancien, pour vieux.
Ancienneté, locution du pays dans le sens de maison patrimoniale, maison transmise de père en fils. « L'ancien- neté des X... »
Ancre, ardent : « il est ben ancre. »
Andain,|ce qu'un faucheur abat d'un seul coup de faux, traînée de foin abattue par le faucheur en marchant.
Vieux trançais. Peu à peu détourné de son sens, il signifiait enjambée, puis ce qn'on peut abattre d'un coup de faux, puis les javelles couchées en rang par la faux.
Ital. andare, marcher.
Arrivez dans le pré, d'une main mesnagière >"e laissent clairvoyants un seul brin en arrière.
L'un des Andins retourne
Gauchet. Le plaisir de Champs, 1583.
Andaiver, enrager, pester, être hors de soi, « faire andaiver quelqu'un » le contrarier, le contredire, le taqui- ner outre mesure.
Ccu d'Heu et cou d'Aneire andaive De n'aivoi fai chaufToi le for. Ancien Noël Bourguignon. Mignard. — Hist. de l'idiome Bourguignon.
Dijon, 185G.
De Desvèa, vieux français, de Via, voie, hors de la voie, hors de soi, de viaré avec la proposition in.
Andées (des), Désandé, de suite, sans retard, à l'instant. JJret vote a le même sens que désandé : «: vas y dret rare », tout droit.
De l'italien andnre, aller ; andain, enjambée,
Andier, gros chenet de cuisine, landier. 11 y a le gros et
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le petit chenet : le premier; avait toujours autrefois au sommet une sorte de bobèche pour porter l'écuelle où l'on trempe la soupe, et des crocs le long de la tige pour porter la queue de la poêle.
Vieux français.
Andouille, homme sans caractère, sans énergie.
Il y a, dans Rabelais, un saint de ce nom. Gargantiui, liv. I. chap. 17.
Dépendeur d'andouillcs, homme grand et maigre. Andouille ficelée, un sot, un maladroit.
Angrelets, Angrelis, \\o\\\ ; voir CK/relis. Les luuirclis^ coin d'un bois, à l'écart.
De Engrelé, vieux français, dentelé, d'agrifoliiim.
Anguille de buisson, serpent, couleuvre.
Rabelais dit dans le même sens, anguille de hoijs, Pantagruel. Liv. IV. ch. LX; et Antoine Oudin, dans ses Curiosités françaises, (lO-i'.J; dit aussi que, de son temps le peuple employait la locution anijuille de haie pour signifier cou- leuvre.
Aniile, béquille (L.).
Terme d'ancien langage, assez employé.
Animaux, animal.
Pluriel substitue au singulier et vice versa : un cherau, des chevals ; un mau, des mais ; un mat-échau, des marécltals, comme dans le mémoire adressé à Philippe le bel en 1205 : « Je Benect Zacharie amirau générau du très excel- lentissime roi de France. i*
Anroté, enroté, ce qui est ralenti ou arrêté dans sa marche par la boue, le mauvais chemin.
De in, dans, rota, roue, ornière.
Anse, bras, offrir son anse, locution vulgaire partout assez vé^^\iû.\XQ, comma faire le panier à]deax anses, se promener avec une femme à chaque, bras. Il y a, pour ce mot, d'autres locutions anciennes et bien connues, comme faire danser L'anse du panier qui se dit d'un domestique qui ^trompe sur le prix des denrées ;qu'il achète.
Ante, super ante, super ante te,5paroles magiques qu'on prononce avec signes de croi.x pour guérir les; tranchées, les entorses. A cette formule le reboutou ajoute souvent: Forçiire, reforçurcje te force, je te reforve.,. etc..
Ce mode d'incantation signalé dans de nombreuses localités est probablement d'origine gauloise, car nos ancêtres avaient déjà bien des pratiques de ce genre,
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ainsi qu'on le voit par les formules du médecin gallo-romain, Marcellus Empiri eus, qui vi au V»' sii'cle.
Apanter. épanter, chagriner, tourmenter, préoccuper.
« Il est tout épanté. »
S'(ipan(ci\ s'étonner, s'effrayer ; « Ne t'apante pas », ne t'elfraye pas. « Oh que je m'en apaute », se dit poui- une chose dirticile ilevant laquelle on hésite, on recule. « Il s'épante de tout ». il manque d'initiative, recule devant tout projet.
Aparcevance, vue. sentiment que l'on a d'une chose : « Suivant mon aparccvance^ ça pourra finir ainsi «.
Vieux français, apercevance.
Apoiiituser, rendre pointu : (( baille me ton cutiau que j'apoi?iluse mon crayon ».
Apondre, allonger, ajouter, attacher, se dit de^ cordes, des fils...
Apondu. ajouté.
Du latin apponere, placer après.
Aponse, ajouture. allonge, pièce que l'on met à un objet de vêtement ou à un meuble pour l'agrandir, Vapondn' : (( y a fallu mettre une aponse ». Apo7isf^, apondre, correspon- dent aux mots Allonge, allonger. On dit ailssi : Raponsn .
Aponser, allonger à l'aide d'une pièce, d'un morceau ; on dit aussi rapomer.
Apostume, postunie, pus, sanie : Pour Littré et l'acadé" mie, abcès.
Appendis, appentis, petit bâtiment adjoint.
Appliée de charrue, durée d'un labour.
Applier, mettre les bœufs sous le joug.
De adlUjarc, attacher ensemble.
Après, pour «, en train de : « La clef est après la porte ; il est après diner » pour la clef est à la porte, il est à diner, en train de diner. «. Grimper après un arbre »; <^c courir après quelqu'un », le poursuivre. S'emploie fréquemment à la fin d'une phrase où figure un pronom personnel : « Je lui ai crié après ; je lui ai couru après ; Fais donc ton ouvrage ? — Je sut après ». Elm après, surveiller, avoir soin, « il est toujours après moi )^ s'occuper de.
— 13 —
« Ça, de par le cleablc, vous n'avez pas la paine de gouverner les entants, ne il ne vous coûte guères ; je suy jour et nuict après ». Les XV joies du mariage.
Ces acceptions sont du reste très usitées en divers lieux dans le style familier. Le mot après exprime souvent en vieux français non le sens du latin post, préposition n'arquant la postériorité, mais inie idée de suite, de poursuite, de presse, de rapprochement.
A quia, voyez acul, à bout de ressources, acculé dans une situation désespérée.
Latinisme. Selon Lorédan Larchey (dict. hist. d'argot) ce mot se serait dit d'abord des logiciens pris en défaut qui ne sachant plus quoi répondre, don- naient un parce que (quia) pour toute raison.
Par hasard disputant, si quehju'un luy réplique Et qu'il soit à (piia : « Vous êtes hérétique ! »
Régnier, Sat.
Aquintcr. rencontrer, trouver, dans le sens de avoir eu chance : « j'ai pas vendu mes pods (porcs), j'ai bien aqainlé ; il ont venu cher »,j'ai bien rencontré, ils sont devenus chers.
Araire, charrue sans avant train, avec un soc triangu- laire olfrant deux ailes de faible dimension et versoir en bois. C'est l'ancienne charrue du pays, instrument primitif employé encore surtout pour les terres blanches.
Arbe, herbe. Ce mot se prononçait ainsi dans le vieux français. Rabelais écrit « arboriser » pour herboriser. Rien d'étonnant donc à ce qu'on dise encore populairement « arbo- riste » pour herboriste.
Arçon, chose courbée en arc, arçon de berceau.
Vieux français arson, archon.
Or est Renart en grand péril Il drece la qeue en Varçon. (Roman du Renard)
Areigner, taquiner, railler, agacer, exciter, provoquer une personne ou un animal: « n'faut pas areiynfr les bêtes ».
Vieux français, arainer, araigne)- et dialecte bourguignon airer, du latin irasci.
Qui es, vasax, qui si m'as arcgnié ? Crois-tu en Dieu et es tu baptizié ?
{A(jolant).
Areigneur, areignou, querelleur.
A reneva, à la renverse, sur le dos : « il a chu à reneva », il est tombé à la renverse sur son dos ; c'est le contraire de abouchon, (sur la bouche).
Argarder, agarder, arregarder, regarder, voir.
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— 14 —
Vieux fiançais.
Argent, est presque toujours leminiu à la campagne ; (( Ma pauvre ar2:ent, de la bonne arirent ».
Argenté, qui a de largent. Désarcjcnté, qui n'en a plus.
Argonier, mauvais ouvrier, propre à rien, rôdard. — Autre sens, chicaneur, diseur de mauvaises raisons.
Peut-être de anjufare. arguer, cliercher chicane.
Arguelisse, réglisse. Arguigner. piquer, agacer.
Peut-être du latin arguere, attaquer.
Aria, arria,'harria, embarras, clameurs ; terme bour- guignon moins usité dans le Louhannais que dans la Côte- d'Or et l'Yonne.
Arié, arri, arrié, maintenant, certes, enfin, en effet, au contraire, sans doute, d'un autre côté, désormais. C'est une locution explétive, une sorte d'interjection de sens assez variable ; elle marque aussi l'étonnement. l'impatience, le désappointement, la mauvaise humeur comme le regret, le retour sur un incident pour le blâmer ou le regretter.
D'autre m^ré montcin si aivan Qu'elle siguarrein d ms le tan (Dijon en joie, ITIG. Il s'agit ici des fusées d'un feu d'arlifice) De ad rétro, au sens de désormais, de rechef, enfin, mcnic ; — ou de ad Itoram ; ou plutôt de haro, clameur, du vieux verbe Jiarier ; les poésies du moyen âge donnent à ce mot, d'après Charles Bigame, Palais et locutions du pays de Beaunc, le sens d'insulter en criant ; on l'appliquait aux querelles de ménage.
Vous aultres jeunes maries Vous serez tansez, liariez De vos femmes â tout propos.
Armana, almanach.
A ro, a ras, très près, « L'ai prou vu, il ère dret« ro ma», je l'ai bien vu, il était tout près de moi.
Aronce, éronce, ronce.
Arotter, enroter, être arrèté.avec un char. Voir anroler.
Du latin m rota,
Arpi, arpie, grande perche armée d'un crochet en fer et d'une pointe k l'usage des bateliers.
— 15 —
Vieux mot ; in Procès-verbal de dégradations par les coups de rames et iVarpis que donuenl les mariniers conduisant les bateaux. Arclt. Chalon, 1(368. Du latin arpa.
Arpions, doigts des pieds, pieds : « Plomber ou schlin- giier des arpions », sentir mauvais des pieds ; (( Le châ (char) lui a passé sur les pî ; i l'y a tout écafouillé les arpions ».
Arpion se dit encore pour eri^ot, griffe.
De arpa avec un suffixe dim. qui parait être illon, syncopé en ion ; arpillon, arpion.
Arcxiiebuse (Eau d'), eau d'arquebusade, remède vulné- raire très populairement employé pour les chutes, coups, évanouissements.
Arquepincer, prendre, arrêter : « il s'a fait arquepincé ».
Arracher, mot qui a donné lieu à diverses locutions populaires : « il faut lui arracher les paroles du ventre », se dit d'une personne qui ne répond pas ou très incomplète- ment aux questions qu'on lui adresse, etc.
Arrête, pour arrêté : « l'horloge est arrête » ; « c't'enfant est trop vif, y ne. peut pas tenir arrête » il ne peut re.?ter en repos. Arrête se dit aussi pour tranquillité « cet enfant n'a pas d'arrêté^ n'a pas un moment d'arrêté. »
Arrête bœuf, nom vulgaire des bugranes [ononis) dont les fortes racines gênent les labours, — toute plante à lon- gue racine qui arrête le soc de la charrue.
Arrié, voir arié.
Arriver, réussir (L.) : « Cet enfant est intelligent, il arrivera ».
Arroser, célébrer par de copieuses libations une circons- tance favorable : « Arroser le coup » se dit à la pêche, au jeu de cartes..; « arroser un grade ».
Arroser (s') le gosier, boire; « se faire arroser le gosier», se faire payer à boire.
Arrou (être en), en patarrou, animé, excité, en train, en bon arroi.
Arsouille, terme de mépris usité à la campagne comme dans les villes ; souillon, personne malpropre ou de mau- vaises mœurs, mauvais sujet.
— JG —
Selon Du Méril ce mot est une aphérèse de qarsouille : « Viles personas quas garciones vocant »• Mathieu Paris.
Artaban. nom propre souvent cité dans ce proverbe « il est lier comme Artaban », héros d'ancien roman, /e Graful Ci/rus de Mademoiselle Scudéry.
Arté. orteil.
Artes. mites, teigne, insectes, artison, petite teigne qui ronge les étolïes, les draps, les pelleteries, etc..
Vieux français, arlre. nrluson. Ce mot se retrouve dans un grand nouilire de dialectes.
Artichaut sauvage, joubarde des toits.
As de pique, extrémité du croupion d'une volaille: « il est fichu comme Vas de pique », mal bâti, mal vêtu.
Aspi, espic, aspic, vipère. Langue d'aspi. mauvaise lan- gue, médisant, calomniateur.
Nom vuliiaire de la lavande ; de .s/j/c, lavande, on a fait aspic (Acad.j, « de l'huile (ïaspi ».
Vieille locution déjà employée au Wll*^ siècle (d'Assoucy, les rimes redou- blées).
Assagir (s'), devenir sage.
Vieux français : « Ce verbe a vieilli ; c'est dommage, dit Littré, et bien employé il pourrait renaître ».
Assai. hier soir.
Assarper. couper, tailler grossièrement à la sarpe, avec le goyard ou serpe à long manche.
Assavoir, faire assavoir, faire savoir.
Vieux mol.
Assau(r), tect à porc. Voyer .so^
Etym . Sus avec préfixe ad et suffixe ellum.
Assec, état d'un étang qui n'est pas en eau, qui est en chômage, dans ïévolarje, régime alternatif d'empoissonne- ment et de culture d'un étang (L.).
Asseter (s*), s'asseoir, « assetez-vous, sites vous don, aschetez-vous don, sêtes te don », asseyez-vous donc.
Du latin, ad sistere, arrêter auprès.
Assetu, trépied en bois sur lequel on as.seoit !'^ envier pour couler la lessive.
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Assommoir, personne qui importune, qui fatigue par son bavardage.
Assotte (àr). esseuta (àT). à la sotte, à l'.ihi'i de la pluie. « Se mettre à l' assotte », se mettre à l'abri de la pluie : « Nous sons itié à la soula », nous sommes ici à l'abri.
Vieux français, essoule. En italien nll'asciutto sî-çnitie à sec ; esiôle en boiir- yiiignou. Ainn- l'iioii a dit dans sa pièce des Halranijou de Dijon : » *i l'essùt d'un grand cliaipea » et dans celle de lai liôpe gaillade :
« D(j devan que lai violette Fleurisse au prinlau ai l'essote
De la bise, elc » in Mignard.
Ou latin sulilua, probahlenient par l'italien solto, lieu inli'M'ieur à un autro.
Et que de grau vergogui En la sont du cayon vifo s'alei cacliié (Le banquet de la Faye.— Pièce dauphinoise. 15(31). )
Assoumer, assommer. « Assoume le don ».
Asthme, pour asthmatique. (( Il est asthme », sujet à l'op- pression qui résulte de l'asthme, comme aussi des affections cardiaques et pulmonaires : on donne ainsi an malade le nom de la maladie.
Asticoter, tracasser, piquer sans relâche.
Delmasse fait dériver ce verbe de l'aslic, os creux de cheval ou de mulet dont les cordonniers se servent pour lisser certaines parties du soulier et dont la cavité leur sert à mettre le .suif dans lequel ils enfoncent souvent leurs alênes.
Atiquet, carrelet, tilet de pèche carré : « T'as perilu la grenouille de ton atiquet ». \'oir Grenouille.
Atou. itou, aussi.
Atout, coup bien appliqué. « Il a reçu un fameu.v atout ».
A tout, un propre h rien ou plutôt un propre à tout, d.iiis un sens de déconsidération absolue, un vaurien.
Abréviation de propre à tout dans le sens de propre à rien,
Atraux, morceaux de veau roulés avec farce au milieu,
vieux mets du pays. En Comté, ce sont des boulettes au foie de cochon.
Vieux français, astréaux, astériaux ; eu roaiau hdtriaux, foie.
Attaquée, atteinte d'une maladie de..; " elle est attaquée de l'estomac, attaquée de la matrice ».
Attieutâ, écoutant^ se dit d'une personne qui parle peu,
2
— 18 —
qui écoute^ qui est long à se décider, têtu : « Te ne pou ran faire de li, zé te n'attieutà ».
Attieuter. écouter, obéir : ^^ J'te c'mouande bien, atii'cute me ».
Attifiaux. i)rneinents de rubans, de denlelles.
De attifer, parer, verbe français familier.
Attrape, pièij^e nour attraper les animaux ; — tromperie, chose qui attrape, une attrape [\j.).—Couvetit de l-aitrapn,^ jeu de mot-^ \uM\v dire le mariage.
Attrapeux, atrapou, attrapeur, rusé, trompeur
Aujedeu, aujoud'hui.
Auquel, un propre à rien, un homme sans parole : « C'est un au(/uel ».
Aval, bas, côté de la plaine, oppo-é à Autant, côté d'en haut : « en aval, en amont d'un pont ». Noms de lieu : le bout (l'Amont, faubourg de Pierre.
V. franrais.
Moult regarde, amont et aval.
(Roman du Henard).
Avaler. Parmi les nombreuses locutions figurées, avaler .va UuK/ue, ne dire mot, l'ester muet : (( Tu as donc aiuUé la laïujue ? » — Expirer, mourir : « il a acalè sa langue », trivia- lement.
Avale tout cru, goinfre, glouton, affamé, qui mange beaucoup, individu dont on peut dire encore, en langage du pays, qu'on a meilleur temps et plus vite fait de le char- ger que de le remplir (le nourrir, le rassasier^.
Avale royaume, itiancje-tout, panier percé.
Avalolre, Avalouère. pharynx, gosier, œsophage, locu- tion populaire iL. ; appétit, facilité d'avaler « quelle avaloire ! quelle bonne avalouère ! »
Vieux mot fr. Avaloir, qui est en pente.
^vant. profond, profondément « aller bien avant, aller plus avant » ; — loin : liop avant, trop hnn.
Avau. avaute. profond. profonde : " La revire estavauta )>, la liviere est profonde.
Avaser, évaser, ébouler : « ce terrain s'est avasé », évasé.
— 19 —
Aveine. avoine.
Accaej veine « il s'est coupé les avènes du cou ».
Aveiui, événi, sans force, failile. anéanti ; de même que dans l'argot on dit maintenant « vané », allailili, exténué.
Vieux français, Aveinir, défaillir. Du latin vaniis, vain, f.idc, mou, vanetcere.
Le cucr li avoinist, arrière s'en tourna.
{Vieux poème, Doon de Maience)
Aventer. atteindre, amener, tirer à soi. retir(^r. Du latin adventare.
Aveuglon (à r), aveuglotte (à T), pour à l'aveuglette, à tâtons, sans y voir, dans l'obscurité.
Avier. mettre en train, en chemin : donner son lait : (.( cette vache a un grand défaut, elle ne veut pas avier ».
Du latin i'ia, route.
Avilie, abeille.
Du latin cpicula, changement de p en v.
Aviser, regarder, apercevoir, considérer ; signification conservée dans le langage familier : « avise don » pour regarde, vois donc.
Vieux français. Dans le verbe français aviser le sens d'apercevoir est le plus ancien, dit Littré, mais il est devenu familier. Les puristes du XVi!» siè-le le condamnaient; toutefois, il a survécu et heureusement, car c'est un des jolis mots de notre langue française.
Avives, terme de vétérinaire, gonflement des parotides du cheval ou les glandes mêmes derrière la mâchoire (L.) ; quelquefois coliques dans notre langage populaire.
Vieux français.
Avoine, donner de l'avoine, au figuré, nourrir large- ment, régaler. « Il est bien aroiné », comme un cheval qui a eu une bonne ration d'avoine ; « il s avoine bin ». Ce mot s'entend aussi de la boisson.
Avoine de curé, le poivre. « Passe moi Vavoine de curé » se dit à table pour passe moi le poivre, familièrement.
Avoir, (verbe), ']oas^ \avo7is^ '] avions^ pour j'ai, j'avais. Participe passé, avu^ écuy etc....
Avoir de quoi, être riche.
— 20 ~
Avons, prononciation par syncope de avez-vous. On pro- ncnc-'ut souvent ain^i, dans lo vionx français :
Kazjuit nos cliaiii|)s. dites, avons point vn Cc5lo beauté qui tant nie fait la gnoi-rc ?
Ronsard.
Avri, avril : « Entre mars et nvri on sait si le coucou est mort ou en vie » : cet oiseau commence alors h arriver et h se faire entendre.
A vue de pays.huuition exprimant un aperçu général, sans y reirarder de trop près.
Ax. acs. terme pour agacer, exciter les chiens les uns contre les autres ou contre quelqu'un : « A,r, ax, saute lui- dessus ». On dit aussi A (/a. Voir ce mot.
Terme dérivé peut-être du verbe agacer., ancienne tonne aacer. Près de Paris on dit aguicher un chien.
B. être marqué au B, location satirique ((ui sicjiiifie être bigle, borique, bossa, bancal ou boiteux. De niéine on a «lit iajurieusement et abusivement des Bressans qu'ils sont marqués aux quatre ailes (jeu de mots, quatre L) : lourd, long, lent, làcbe.
Baba, donner à baua^ donner à boire aux petits enfants : (K veux-tu baba^ mon petiot ? ».
Du latin bihere.
Babet. diminutif d'Elisabeth. On dit aussi M Hdb-ttc.
Babieau, homme à grosses lèvres.
Babo. bobo, en parlant aux enfants : « Il a b ibo à ses ralea », il a mal aux dents. Voir bobo.
Babouin, petit enfant ; terme employé avec acceptions différentes, soit de caresse, soit au contraire dans un sens méprisant ; — niais, sot ; — espèce de mannequin lialnllé, d'aspect ridicule et grossier, placé dans les champs comme épouvantail pour les oiseaux : a on a mettu des baboui/is dans le chenôve (chanvre), p'épater les usieaux » ; on dit aussi : « peut(vilaini comme un babouin ».
« On n'emploie pas soulcinent les personn'îs à chisser les oiseaux îles che- nevières, mais les choses mortes qu'on appalle au pays les Babouins », D'aubi- gné, Fœn.
Vieux mot bourguignon-français babouin, ital. babbeo, boulTon, esp. babulno, qui a sans doute pour raelical uu mit des patois allemands bappe, mufllc. (L.)
« Que vault un homme, si n'est fin ? On l<> tient pour un babouin » (Tii. U\)
Babouiney, babines, lèvres, grosses lèvres ; c'est le nom vulgaire des lèvres [babines , chez certains animaux. — « S'en
— 2l^ —
lécher les babouines », manifester le plaisir qu'on a éprouvé en manf^eant ou buvant quelque chose de bon:(( La marande (dîner) était si lionne qu'une heure après, on se léchait encore les babouines »; — « s'en donner par les babouines ». faire un bon repas. man!2:er son bien (L).
Même l'tymologie que babouin. Onomat ipcc, d'après de Chainburrc, dans son glossaire du Morvaii ; le radical serait bab (|iii est le premier son qui s'échappe des lèvres d'un enfant.
Bâche, bâchu. compartiment du bateau percé de trous pour permettre à l'eau d'y pénétrer et qui sert <à conserver le poisson ; — Espèce de colfre percé de trous que l'on immerge pour le même usage ; on l'appelle aussi alors tavouniau.— Pièce de toile ou de cuir dont on recouvre les voitures, les gros bateaux, pour protéger la marchandise.
Ktyin. Bâche est un vieux mot ([uc l'on retrouve dans divers dialect^'s, ainsi que 6ac, auge... encadrement pour toute sortes d'usages. Rad. celt. bac, comme pour bassin, baquet.
Bacon, chair de cochon salée, lard.
Ce mot a à peu près disparu du langage : Vieux français.
Bacons mal salez En charnier empire Ce dit lit viliains.
Ptov, (le VU. M* de St-Germuin.
Richelet dans son dictionnaire (ITiîS) disait que ce mot était alor-; encore employé dans quelques provinces, parmi les paysans.
Badigoinces, lèvres. <( s'en lécher les badi(ioinces. »
Vieux mot français : c La bonne dame, à ce qu'elle disoit, en s'en délayant les badigoinces, eut bien voulu avoir souvent telles pratiques « Beroalde de Ver ville, le nwijen de parvenir. Le mot est également dans Rabelais : « la mousse lui est creue au gosier par faute de remuer et exercer les badigoinces ».
Badrouiller, vadrouiller. courir de cabaret en cabaret.
Bâfrer, manger gouliiment L.) « Il ne mange pas, il bâfre » ; — Dépenser en faisant bombance: « Il a tout bâfré ce qu'il avait «.
De bafer, bas-latin, baferare, .s'emplir la panse.
Bâfrée, repas copieux pris gloutonnement : « il s'est fourré une bâfrée ».
Bagasser, plaisanter bruyamment.
Du vieux français, bagasue femme de mauvaise vie, fille (dans le sens de aller voir les filles) ; idée primitive de l'expression, plaisanter avec les filles.
— 23 —
Bage. baige, étoffe de laine grossière, qu'on fabrirjuait aiilrofcis à la uKiin dans les villages. « Il èro tout v(Hu de l)age », mal habillé, pauvre, voii- Hcf/e
[). .Monnier faisait venir « bagaiidos » de ce mot ; les révoltés de 1 1 Ci.iule auraient été ainsi nommés parce qu'ils étaient vôtus de « bage ». Etym. italien hajetla.
Bagnat, eau-de-vie de {/r/ir- (marc).
De OrbiKjna, village du canton de Beaufort (Jura), réputé pour sa bonne ean-de-vie de cjéne.
Bagou, loquacité, babil ; bavardage où il entre de la hardiesse, de l'effronterie, l'envie de faire illusion ou de duper î^.i; ou encore sorte de langage où les idées se suc- cèdent sans présenter de sens. « 11 a du bar/ou ; — as-tu fini ton bcKjoj ».
C'est un terme d'argot partoul répandu.
Du vieux mot fran^-ais bagouler, parler. Ce mot vient-il de ba, particule qui exprime l;i dépréciation et gueule iL.), ou a-t-il pour racine, le mot bai, bour- guignon, pour bec (Mignard» comme dans bairo:iai, bec rosé.
Bagues, bardes, habits, linges, vêtements, joyaux, bagage; dans un contrat, les a bagues et joyaux d'une mariée », son trousseau, ses bijoux.
Vieux mot. L'expression » vie et bagues sauves » était très employée dans les capitulations ; le mot bague a subsisté pour anneau : « il 1 y a po.ssé la bague », il en a t'ait sa femme.
Bai, exclamation, cri de la nourrice (jui ayant d'abord caché l'enfant en disant coucou, le découvre subitement.
Bai, baie, se dit, en outre de l'acception commune, de l'animal de race bovine ou chevaline qui a une tache ou grande raie blanche sur le front ce chaval bai » ; la tache, elle-même, « son cheval a une baie » : animal de race bovine, à robe noire ou rouge, ou jaune et blanche,
Baïard. bayard. ([uiaune baie, une mai\:{ue blanche à la tète ; nom de bœuf : « .\ïsse, bayard ».
Vieux français comme liai, avec la dite acception. L'étymologie est le latin badins.
Baigne, endroit de rivière disposé pour le bain, où l'on prend pied. A Louhans, la baifjnc des dames, la baigne des Cordeliers.
De bahjnev.
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Bailler, bayer, bèyer, donner (L.) : « baille me tes ya » des liards, de Tarifent -, « y promettont prou, y baillent ren:>), ils promettent assez, mais ne donnent rien ; — la bailler belle, « chercber à en imposer. — Au jeu de carte, « à qui la baille », à qui la donne ?
Vieux mot français, du latin bajulare, porter, apporter, diriger.
Baise-cul, locution ironique employée sous forme de plaisanterie par les enfants : « L'as-tu vu ? — Qui ? — Baise cul ! », ou familièrement injurieuse « Tais-toi b.... de baise- cul», imbécile, maladroit. — On fait croire que tout jeune enfant qui va pour la première fois dans une ville doit baiser le cul de la viei/le (la mère baise-cul] et donner deux sols pour cela, singulier droit d'entrage.
Baiser, en outre des acceptions communes, s'emploie aussi pour attraper, duper : « Je suis baisé ».
Peut-être cette dernière acception vient-elle du vieux français boiser, frauder, frustrer ou du provençal bauzia, Irahison (L.j ; — bausia, hausiare, bas latin, du Gange.
Balan. équilibre, mouvement d'oscillation qui le précède: ((. être en balan », être en balance ; au figuré, en suspens, en perplexité, comme dans un mouvement d'oscillation, hésiter : '< Veut-elle se marier, ne veut-elle pas, on ne sait : ail est en balan » .
Balayette, petit balai.
Balette, belette ; serait-ce du nom de ce petit animal qu'un écart de Juif tirerait le sien, la Ba'ette ; divers noms d'animaux se retrouvent ainsi dans des noms de lieux, la Chevrotiére, La Bouvatière, hameaux de Montpont, la Poupelte, à Chapelle-Naude, Chantenierle à Sagy, Montpont..; un hameau de Brienne s'appelle les lippes du loup.
Ballot, balles 'd'avoine, de blé..., réunion des petites pailles qui servent d'enveloppe au grain et restent après le battage. « Il couche au ballot », sur une coètre de ballot. au lieu de plumes.
On fait dériver ce mot du celtique, ballasg, ballan, peau, glume, gousse ; ou de balai, dans le sens de balayure : le bas-latin baleium, halleium s'appliquait à la fois au balai, aux criblures et aux balayures des granges.
Balote, mot d'appel pour les oies.
Expression due, peut-être, au mouvement de ballottement de ces volatiles dans la marche.
— 25 —
Baluchon, petit paquet de liardes, ordinairement contenn dans une serviette ou un mouchoir dont les quatre coins sont noués ensemble ; bagage qu'on emporte avec soi : «la pas longtemps qu'i vint dans le pays d'avé son baluchon i bout de son bâton », il n'était pas riche alors.
Terme d'argot partout populaire. Esp. Balija, valise de voyageur.
Bambaner (se), flâner, se promener à l'aventure.
De banban, boiteux ; Esp. bauibanear, vaciller ; celui qui baguenaude mar- che volontiers en se balançant.
Banban, boiteux, qui marche en se balançant. « la mère Banban ».
Bancroche, qui a les jambes torses.
Banniole, carriole, vieille voiture.
Etym. Celt. Voy. Benne La ^annc était une voiture des Gaulois, grand panier en osier tressé, placé sur quatre roues, comme les charbonniers s'en servent encore aujourd'hui.
Banque, comptoir, table à compter, à serrer l'argent : « le marchand est derrière sa banque ». il est à son comp- toir.
Baptiste, dicton : « tranquille comme Baptiste ».
Est-ce par allusion à St-Jean-Baptiste ; tranquille, doux comme un petit Saint-Jean ; Ne serait-ce pas plutôt à cause de ce personnage du nom de Baptiste, qui dans les anciennes farces avait un rôle de niais?
Baragne, baragnon, bord abrupte en rivière, baume. — Coté de la pièce de terre, joignant le porte-bœuf ordinaire- ment garni de ronce), fossé qui sépare: au figuré : « il est bin dans le baragnon », bien ennuyé.
Même étym. que barre, barrer, du bas-latin barra ou celt. bar.
Baragouin, langage embrouillé, incohérent, inintelligi- ble (L.), dialecte d'un autre pays. « on ne comprend pas son baragouin ».
Baragouiner, parler un langage incohérent, marmotter.
Baral, barrant, petit baril contenant moitié de la feuil- lette, ancienne mesure comtoise (le 1/5 du muid), toutes les mesures variaient selon les lieux.
Barbette, diminutif de barbe ou plutôt bout du menton,
— 56 —
tonne employé seulement daiis ce jeu partout répandu où deux enfants se tenant le bout du menton, chantonnent :
Je te tiens par la barbette. Le premier de nous deux Qui rira Aura la (apeltc !
Barbouillon. liduime sans tenue, sans parole.
Barder, aller vite. « ça barde » ; et aussi aller de côté et d'autre, résultat de la vitesse en parlant d'une voiture : « l^e cheval a pris la worl aux dents, il allait comme le vent, la voiture bardait. »
Etym. inconnue. Il y a en vieux français bavd, civière, dcrivé de l'alleuiand, qui a fait aussi débardeur...
Bardoller, barioler ; « des œufs bardoUés ». œufs de Pâques; « bâton ôa/Y/o/Ze», auquel, pour renjoliver.les enfants ont enlevé des spirales d'écorce. On dit aussi barricoler, peindre en plusieurs couleurs.
Bardot, Ijariolé, de différentes couleurs; œufs de Pâques, « les cocos bardots » ; une poule bardot te ; — nom de bœuf.
Etym. barde, armure qui a fait bardé, chevalier bardé de fer, {,Mgot bardé de lard ; ne dit-on pas aussi être bardé de cordons, c'est à dire porteur d<; décora- tions de divers oidres.
Barger, bargère. berger, bergère.
Barguigner, hésiter, être indécis, m;irchander (L.) ; répondre sans barguigner, sans éluder la question.
Du bas latin, barcaniare, marchander.
Baronfler, respirer bruyamment et péniblement.
Rapprochez de Bourrenjle. Voyez ce mot.
Barquette, petite barque ; barquette de Lyon, petite pâtis- serie lyonnaise en forme de barquette, à pâte mince et sèche, se vendant beaucoup à Louhans autrefois; se vend encore, sous ce nom, à Lyon et à Paris.
Barquot. petit bateau, barque.
Barron, barreau d'échelle, de râtelier... On dit d'un petit magnat qui courtise une grande fille : " il l'y laudret n'échella à trois barrons », il n'est pas si grand fju'elle.
Bas du cul, homme de petite taille.
Basselon, besselon, sarcloir; son bassclon est toujours démangé (déinanchéK il n'aime pas travailler, il démanche son basselon pour ne rien faire.
Dérivé d'un vieux mot Irançais beisse, bêche.
Bassin, espèce de vase ou plat creux, en cuivre ou en fer battu, muni d'un long manche, très en usage dans les maisons, qui sert à prendre Teau dans la.sc///e, \e siau (seau) de la cuisine. Les gens de campa;Q:ne, beaucoup aussi à la ville, boivent au bassin.
Même ctymologie que pour les autres acceptions du mot bassin, du celt. hac creux : L'usage de ce vase à boire rustique paraît en rlTet remonter jusqu'aux Gaulois: Grégoire de Tours le mentionna ensuite sous lu nom de bacchinon. On trouve dans l'inventaire de la co.T.tesse Mahaut d'Artois, 1313, l;i mention « Bacins à puisier yaue » ; et dans un poème en langue romane:
Si prist de l'aiguë en un doré bacin.
Bassin d'or, renoncule, petite plante à la fleur dorée Ijien commime dans nos prés humides.
Vierge plus Ijlonde que bacin.
(M a rot';
Le guyschet qui cstoit de charme M'ouvrit adonc une pucelle Qui estoit assez gente et belle : Cheveulx eut blons comme im bassin, La chair plus tendre qu'un poussin.
Guillaume de Lorris. Roman de la Rose,
Bassiner, « bassiner ses sabots », y mettre de la braise ou de la cendre chaude pour les échaufi'er ; — « bassiner un lit ».
Bassiner, ennuyer, importuner, « Tu me bassines ».
Baciner a été employé autrefois pour sonner les cloches, de même que bacin pour cloche et tocsin.
Bassinoire^ personne qui ennuie, qui l'atigue. On dit encore bassin : «. quel bassin ».
Bastringue, bruit, tapage, « faire du baslrinyuf' » ; bal de goguette (L.)
Bastrinrjuery courir les bals publics, les lieux où l'on boit et fait du tapage.
Bataclan, attirail : « le v'ia avec tout son bataclan »
Batafi, petit bout de corde mince pour relier, boucher, terme de batellerie. Il y a un terme de maçonnerie analogue.
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Bataille, dépouille, jeu de carte, jeu de la campagne tout à lait primitif : chaque joueur recouvre la carte de son partenaire ; quand il abat un atout, l'autre ou les autres joueurs mettent chacun une carte ; celui (|ui n'a plus d'atouts est battu ou dépouille.
Batiau, bateau ; au figuré, « son hatiau prend l'eau », il n'est pas bien dans ses alTaires.
Batrasse. batraisse, pluie subite et torrentielle ; grosse pluie battante: « il pleut à batrasse. y>
Etyni. — Radical battre.
Batteure, baratte : « y faut rincer la bailcure. » Batton. battain, petit lait, lait battu, lait de beurre, liquide blanc assez épais, résidu du battage de la crème pour faire le beurre (battre le beurre) ; « on mouille ses gau- des avec du batton »
Etym. battre.
Bauche, jeu de boules.
Bauche (la), nom de lieu où il y eut des huttes en pisé. La bauche signifiait primitivement bois, petite maison près du bois.
Baume, bord abrupte en rivière, creux formé par effon- drement ; en montagne, rochers abruptes.
Ktym. bahna, grotte
Baume, on appelle ainsi toutes les espèces de menthe et en général les plantes aromatiques, thym, serpolet, de la famille des labiées.
Bavou, qui bave, bavard, rabâcheur, menteur : « ne crois pas ce qu'il dit. c'est un baoou ».
Bazaine, étoffe employée jadis surtout dans les costumes de femmes; « de la bonne bazaine », espèce d'étoffe do laine, de bonne tiretaine ; — Se dit aussi pour ventre, peau du ventre : « je vas te crever la bazaine. »
Etyin. Voy. Baije, ital. hajetla.
Bazarder, vendre un objet à vil prix, vendre ses meu- bles, ses biens. « Il a tout bazaidé ce qu'il avait ».
Bé-a-ba, l'abécé : «. il sait à peine son bé-à-ba n.
Beau, tout beau, voy. bellement.
oq
Beaiine (de), de reste, de côté, « être de lieautie, se trou- ver (In Braune « être de reste, être laissé de côté.
Lociilioii employée par liiilleric. On sait que Bcaunc et les Bcaunois ont été souvent raillés depuis Piron.
Bébette, hcte. nom que les petits enfants donnent aux animaux.
Bec de cane, un des noms vulgaires du brochet.
Beefi, bec figue, petit oiseau.
Bécoter, liicoter, embrasser tendrement, amoureuse- ment : (( Ils sont comme deux tourtereaux, ils se hicolent toujours ».
De bec.
Bedon, boidon, cage ou panier h terre pour les jeunes poulets (poussins) ; espèce de panier dont on se sert aussi pour pêcher surtout la carpe au moment du frai ; espèce (le luge ruuhiiite uù l'on place un enfant pour l'essayer à marcher. — Bedori^ en argot veut dire aussi ventre, comme bedaine^ gros ventre.
[)ans l'ancien français, bedon signifiait tambour.
Bège, beige, voir Bage. sorte de toile ou encore d'étoffe de laine et fil, fort grossièrement fabriquée autrefois, par les tisserands de village et servant à confectiorner des vête- ments grossiers et solides, des rideaux de lit, des jupons de femme et même aussi des vestes d'homme, qui étaient inu- sables.
Vieux français, bouje. « Cfiacun qui vend drap, hoiije ou toille à laune » Chartes bourguignonnes, Garnicr.— « De toutes hoiges, lyretenncs, polaingiz de lannc et estamines », Rançon du roi Jean, 1300, Arcli. nat. in Godefroy, Dict.
Bège, beige, de couleur jaune clair : « linge bège, robe bèf/'' » ; — se dit aussi d'une étoffe, d'une personne peu propre.
Bégutte, chambre des morts à l'hôpital de Louhans ; en certains pays on dit bégude.
Etym. très incertaine. On trouve en divers pays les mots bihutte, bégaies , pour cabane, bicoque, maison en ruines ; — Béijude, bégute, |»ctite auberge cabaret où les joueurs se rafraicfiissaient, vieux bourguii^'uou (G. PeignotK
« Ils boutèrent le tu es bégutes où leurs gens avaient logié », Trahis, de France, cliron. belge, Godefroy, dict. de l'anc. langue Française.
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Bêler, crier en pleurant : « i bêle comme un viau ». il pleure très fort, en criant.
Sorte lionomalopée, du latin balare (L.)
Belin, joli, petit, se dit des enfants : « Vins donc, mon petiot belin ».— Se dit aussi du petit mouton, du petit d'une chèvre: ^( la chèvre a fait trois helins ».
lie/ in, Belin, mot d'appel pour les chèvres, comme on dit
tiers, tiers aux cochons.
Vieux IVanrais, helin, petit Itélier, petit mouton. lielin est la personnification du mouton danî« le roman du lienanJ, etc.
Qui plus est soz et lioltelins Que li motons sire bellins.
(G. (le Coinci. Mir). Ualien bellino, joli.— On a fait venir encore le mot belin, joli, de Hel, lielen Jielin, Dieu des Gaulois, Dieu soleil.
Bellot, bellotte, diminutif de beau : « Un enfant bellot une petite iille bellotte » (L.;
Belle, terme de jeu, partie finale entre deux joueurs qui ont gagné chacun une partie: « faire la belle ».
C'est la bf'Ue, la bonne partie, celle qui décide.
Bellement, beau, doucement, halte là, arrêtez, modérez- vous î — Usité à la chasse quand on veut retenir les chiens (L.' ; « Tout beau, tout beau, Tapageaud ! », doucement, attention.
Tout belU-inent, tout bonnement, sans méfiance.
Vieux français : « La guérison qui se fait tout bellement est toujours mieux assurée ». St-François de Sales, Philolhée.
Ben, bin, syncope de bien: « il a bin du mau »; marque d'étonnement: « bin mâtin ».. etc.
Ben s'est dit en vieux français :
Vous avez mult l»en dit.
Chanson de Roland.
Bénéf. apocope de bénéfice : <^ J'ai cent sous de bénefy).
Benêt, nigaud, niais ; grand benêt, vocable très en usage.
Benêt, qui veut dire bénit a été employé pour désigner un niais à cause de cette opinion vulgaire que les simples d'esprit sont favorisés du ciel (L.).
Bénissoire, goupillon; — (( il are fauta d'être béni d'ave na grand bénissoire », il lui faudrait plus de moyens qu'il n'en a
On disait autrefois bénitoir, vieux français : « ung bénitoir de cœuvre », de cuivre, Inventaires du AT'- siècle.
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Benne, sorte de grande manne ovale garnissant toute l'étendue d'un charriot et servant au transport du char])on; hotte {L.) ; se dit aussi pour ruche d'abeille ; au ligure, « il a rentré en mère benne », il est revenu chez ses parents.
Du radical celtique , Ben crcMix ; Ben, heniia, signifiait aussi en Gaulois espèce (le voiture. Le tV.iuçais a adopte la ïonm^ banne «jui a les mêmes sigiiili- calions, mais est moins ancienne.
Benon, petite benne, corbeille à pain : « ah, elle est bin, ta vache ; elle a vu le henon ». tu lui as donné de la farine (dans le benon .
Berbis, brebis, par métathèse, transposition de la lettre r.
Du bas latin berbe.v.
Bercliot. beurche, édenté, brèche dent.
Berdiii, voy. bredin, métathèse de r.
Berdouiller, bredouiller, parler sans articuler distincte- ment.
Bergère, bergeronnette, hoche queue (petit oiseau).
Berloque, breloque, petit bijou qu'on attache aux chaînes de montre ; mauvaise montre : « battre la berloque «, bavarder sans raison, divaguer.
De ber on bre, pariicule péjorative, et de loque, cloche ; il y a un vieux mot français locltier (jui veut dire mouvoir, mettre en mouvement. On dit d'une personne qui bavarde sans raison qu'elle bat la beurloque », parce qu'elle mène sa langue à tort et à travers.
Bernauder. lambiner, perdre du temps.
Berrot, voiture ancienne avec des ridelles en clayonnage.
Bers, berceau.
Vieux français.
Ce qu'on apprend au ber
Dure jusqu'au ver.
Prov. La Monnoie signale le bourguignon bré, brei.
Bers, signifie aussi ridelle de char, sorte d'échelle placée horizontalement de chaque côté du char.
Vieux français.
Besaller, courir ; même sens que beze/\
Italien bahellave. Beser, vuy. bezer.
Besses (les), nom de lieu, lieu bas, pâturage. Lat. Bessx, i^gloss. du Gange).
Q-^
Besset, bezet, ])htisie, tuberculose des bovidés ; a donné le verbe besac/ter : « Ma vache bessache^ a le bezeù ». Se dit aussi de la toux opiniâtre de certaines personnes : « Je ne peux rien dormir, je besache toute la nuit ».
Besson, becho, boisse, jumeau ; se dit aussi pour per- sonnes ressemblantes: (( Pierre et Jean ne sont pas parents; pourtant on dirait deux boissca ».
Du latin bis,
Bestiau, bétail, les bêtes à corne principalement.
Co lenne appartient ù bien <les patois, Herry, Morvan, etc. .
Quand j'étais chez mon père Tout petit pastouriau Je n'avais rien à faire Qu'à garder mon bestiau.
(Gloss. du centre).
Bêta, bêtard, sot, niais, stpide ; « grand bfta ».
Bonaventure des Perriers a dit en parlant des petits d'une pie : « Ils faisoient les htatals, et vouloient toujours retourner au nid, pensant (|ue la mère les deut toujours nourrir à la beschée ». Contes.
Bétasae, même signification. Bétassoie, bêtise, naiveté, niaiseries.
Bète au bon Dieu, coccinelle, insecte.
Bêtiser, s'amuser à des riens, à des bêtises ; perdre son temps : « il est là à bêtiser » ; — se dit encore pour paroles déshonnôtes ou galantes : « ce garçon dit toujours des bêtises aux filles ».
Beugne, bugne, beugnon, contusion, coup plus particu- lièrement à la tête, bosse ou enfiure provenant du coup ; « Il est tombé et s'est fait une fameuse beugne ».
Cabeugne, [cab et beuyiié), jjosse à la tête.
Buyne^ se dit encore d'une personne sans énergie; « Quelle
biujnc ! »
Vieux français, higne, tumeur à la tète <iui provient d'un coup. — Beignet, pâte qui se gonfle en cuisant, a même étym.
Et une fois il se fait une bigne Bien m'en souvient, à i'estal d'un boucher. (Villon, Grand Test.)
Beugner, faire une beugne : (( T'vas t'faire beuyner. » Se beugner^ se battre ; se faire une bosse, à la tête princi- palement : je me suis beugne.
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Beurdaîer, brodaler {DicI . do Ti^'youx), fairo du hriilt on [jarlaiit du fuseau d"un rouet à lilcr : — s;.' dit d'une voitui'e en mauvais état ou mal ;!^raissée, (]ui fait du l)ruit on rou- lant;— se dit aussi des taureaux ({ui poursuivont une va(die en commencement de folie.
HcMinlaîoi- sérail le frôqiM.'ntalif du vieux mol tVanrais hunier, jouer, folâtrer' i'.iire (lu bruit, du tapage.
Beurée, averse de pluie, giboulée, se dit aussi pour « volée de coups : v( Y se disent du mal, gare la hcurce ». Voy. bros- sée.
Dérivé du cellitiue bru pluit.», ou du radical latin huerc, iuiltihcr, (|ui se ii'oilve dans iinhuere.
Beurilion, boui-illon, nombril.
En dialecte bourguiijfnon, breuillô, breuilles, ciitraillos. Koqucforl fait venir ce mol de la liasse latinité Inrhalia.
Beuriociie, jjrioche. lî-àteau de fête.
Beuriii, berlu, homme qui a la berlue, rpii a la vu(3 basse, myope ; au figuré, étourdi ; •' ])Ougre de A^/V / / »
Même étym. que le mot « berlue », du préfixe bev, qui a un .sens péjoralil", et lue, forme dérivée de /«cere, luire (L.)
lip.ufluc. berlue, mauvaise vue ; « 11 a la beurlan », voyez breinc
Beurnicler, luucher. — Vowv iojicher. 0:1 dit aussi bislirr^ mot (jui ne peut s'écrire comme il se prononce. lie uni ic/o u, personne qui 1 0 u c ! 1 0 .
l/cxclaniation /;e;*r//?c/e qui signifie (fu'ou iw. voit goutte à une rliose. virui peut-être de l'iulerjcction hei niqnt qui exprime un espoir rb'-çu.
Beurniclos, bernicles.. luneti''-. bosic-es.
Etymologie de heuiuiiclca, henrnicky, voir ei-dessus ; ou expression corrom- pue de vcniirles. locution apnronriép ;i;i\ verres drs lunettes, de rUriculii.
"Bo'iiraOw, ij(:ii:rnotte, .ioin lUj uœui uu de vache, tire de sa couleur brune.
Voy. Brenof , brenotle ; voy. aussi amuUler.
Beurre de bique, expression employée dans lo dicton « donner du beurre de Inque ». qui signifie qu'on ne donnera ])as ce qui est demandé, attendu '^i^''!' ^e fait pas de beurre avvec le lait de kl bique (chèvre).
Beurrot, beurotte, brun, brune, de couleur sombre, se dit des gens (surnom) et des bestiaux.
Vieux mot qni parait dérivé du XdXm hurrus, roux.
3
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Bezer, courir de coté et d'autre, d'une manière désor- donnée, se dit des bœufs, des vaches, qui se mettent à cou- rir de tous côtés lorsqu'ils sont en gaité ou piqués par les mouches ; s'eiïaroucher ; dans une acception phis étendue, mui^ir.
Vieux mot français, u Ai)rès list Jinid qui tant cstoit loiirroucéc la vache bezer ot chasser par tout rnniversel monch' cl courir comme hcstc lorsencc muiçissant et bravant sans avoir aiilciin repos. (>. Mansion, lUhl. dcf Port, dr nielain. I i',ll}. w Bcscr comme les vaches. » Trium ling. DIcl. KlUi.
Serait-ce une onomatopée de hue, bsi i|ui exprimi; h' sitllement des monehi's, chis sarins (taon.«<) ; ou viendrait-il de bos, bd'ulou encore du latin vesanus, insensé, courir comme un insensé? C'est ainsi iju'ou se perd souvent dans la recherche des étymologics.
Les patois lombards ont bisia, besia, piquer, {Dict. Lacurnr) ; l'alh mand bisx, morsure.
Bi, Ijief, bief d'un moulin, fossé alimentant un étang.
Biane, biance, blianc. blianche, (ill mouillés), blanc, blanche, bian, par adoucissement de la lettre l en i ; — «N'être pas blanc » signifie se trouver exposé à un danger, à un châtiment.
Biau, beau. En patois^ beaucoup de mots terminés en eau se prononcent ainsi, Ex. batiaa^ bateau ; chépiaa. cha- peau ; rétiau, râteau....
Biau, vieux français.
Il est biau et je suis geiite.
(Le Lai de la dame de Fayel.)
Biaude, bliaude, blaude, nom donné à la blouse, vête- ment de toile ayant une ouverture pour passer la tête, géné- ralement bleu, quelquefois blanc.
Du vieux nint français bliaut <pii exprimait cette sorte de vêtement ; s'emploie aussi pour mhe.— Ktym. bas latin, biiawlua; ancien haut allemand, biau, hh'u \ suisse roman, bliau bleu..
Bien on devrait avoir à son plaisir Chevaux et robes et bliaux à vestir.
Clianson de geste de Guillaume au court nc-i. De rnoult riche bliaut fut la dame parée.
Parise, in Godefrov.
Au figuré, on dit encore : « na grand'bliauda » un monsieur, un haut personnage.
Biberonner, boire, boire comme un ivrogne, passer son temps à boire : -< Il passe son temps à biberonner. » Hiberonier^ celui qui aime à. boire.
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Bibi, imbécile, benêt : « grand bibi », grand benêt , — terme (ramitié, -< mon l)il)i, mon p'tit I)ibi », adressé à de petits garçons. — Faire bibi, eml)rasser, baiser, te)'nie enfantin ; « Allons, lais bibi », embrasse, donne un ])aiser.
Bicliet, ancienne mesure de grains, variable selon les lieux : à Cuisery, Cliapelle-Tliè'^le.. etc, l sacs ou 15 dou- bles-décalitres, îiirhrt a fait biclielée^mi^^wvQ, agraii'e, ceffu'on pouvait semer de terrain avec un bicbet de blé.
Bidet, numéi'o un : c( il a amené le bidet ». /j/V/^//6', petite jument, féminin qu'on a donné a bidet, ((iii est français : « attelle la bidelte ».
Bigorne, nom vulgaire de l'bydromètre, insecte qui court sur l'eau avec ses longues pattes (|u'il projette en avant et qu'on aura pris ponr des cornes, d'où, vraisemblablement ce nom.
Bigot, engourtli i);ir le froid : avoir les doigts biaots, ou doigts viais, engourdis. D'où bigot signifie encore ni.iis: « quel grand garçon biçot ».
Le Uicjot est une S(trt'> «le pioche à deux fourchons.
Vieux mot iVani.ais, hiijot : « le inary (ricelle l'euinie curoil Testable à \\\v^ en- clin appelé bigot (Ducani,'(!i. Du bas latin higo ; (mi du Gaulois bec, beg. hec à cause de la forme de l'instrument. Cette forme crochue de l'iusti-ument doune-t- cAc rétymoloi?ie relative à l'autre sens, (loitjls bigots, crochus aussi, à cause de l'eni;ourdissemeut du froid les empêchant d'ouvrir?
Bilette, billette, Gabriel.
Billa-billa, pitio, iritio, mot d'appel pour les jeunes porcs.
Billes, eng>/rgen:ent des ganglions du cou cliez les porcs.
Du mot t)lUe ou huila, houle.
Bilo bilo, bouijou bouyou, mot d'appel pour les veaux. Pour bouijori^ bouvillon, jeune bœuf.
Bin. bien : « J 'avions bin », j'avais bien.
Biolée (la), Billets (les), noms de liameau, dus à la pré- sence du jjouleau.
Bique, nom familier de la chèvre ; 6/r/M^^, petit d'une chè- vre : biquette ieune chèvre (L). — Pleurer comuie une bique, se dit d'une femme qui se met à pleurer sans savoir pourquoi ; — Bique, se dit aussi pour mauvaise, « quelle sale bique. » l^e dicton bizarre : Je t'en vais pondre du beurre de biqw^ si- gnifie qu'on ne fera pas droit à la demande.
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Biquer. bequer, bicher.big-er. Ioniser, embrasser, cares- ser.
Vieux relVaiii liii pays sur l'air : J'ai du bon tabac.
Tout le long du bois, j'ai liiqué Nanclte
Tout le long du bois, j'iai bi^iuée trois fois.
Si le bois avait été plus lonj:^.
Je l'aurais bi(|uée Uuil du loni^. De bicfoTine de bec. pour bouche, radical coït. « Baille me ton bic », embrasse-uioi.
Biquot, I)iqiiet. petit de la chèvre, se dit d'uueiirant a mon p'tiot biquol r> .
Biri, grand cuvier à lessive : « le hiri est bin étivé. »
Bicliot. loquet : cc le bicliot de ta poatia é brama inolagi à eiivri ». le loquet de la porte est bien malaisé à ouvrir.
Bisbille, querelle, dispute sur objets futiles : « être en bisbille. « Vieux français. — ilal. hisbiglia, murmure.
Biscancorne (à la), à la bisquencone, à califourchon : « porter à la biiscancorne », porter un enfant à cheval sur le dos, en lui tenant les jambes avec ses deux bras, les bras de l'enfant entourant le cou du porteur. On dit encore porter à cobdle, et du côté de Montpont... porter à coniebaisson,^ à ror- iiebisoa
Etym. inconnue ; faut-il voir une analogie avec biscornu.
Biser, biger, embrasser, dans le langage enfantin : « bise-le, fais bibi ». embrasse, donne un l)aiser.
Bisquer, éprouver du dépit, être vexé, mot très popu- laire, employé déjà par le.s auteurs, \'. Hugo etc., admis par l'Académie (1878), indiqué encore par Littré comme banni du langage sérieux : Larousse croyait ce mot spécial au midi. — 11 existe dans le pays un jeu de billes très connu des écoliers appelé : la bisque; « jouons à la bisque ». Règle du jeu : chaque écolier n'a qu'une bille ; depuis le but il la lance près du creux ; le plus rapproché du creux joue le premier, il fait son creux, c'est à dire, lâche de faire entrer sa bille dans le creux ; il fait ensuite sa chique, c'est à dire doit toucher la bille d'un autre joueur ; alors il a fini, i.e dernier, celui qui n'a pas fait sou creux et sa chique bisque, c'est-à-dire qu'il essaye de faire arriver «a bille au creux ; mais chaque joueur a le droit de tirer un coup sur la bille
depuis !e creux et de la lepous.ser plus luiu. 11 a fini de bisquer quand il peut introduire sa bille dans le creux. Alors la partie recommence.
On a ildiiiK; ciiniiiic clymolou,ic bii'^a, amicu aiiLclais haishe, aii,'i('.
Bite, chassie des yeux, humeur qui se forme au bord des paupières.
BiloKx, hitouz^^ ayant les yeux chassieux, ayant la bite aux yeux, de la cire aux yeux ; par extension au figuré, malpropre, mal lavé.
liitoux. a fait le verbe clcbiton-ci\ se nettoyer les yeux : '« Je dobitousoii nos ouille », \'ir{/i/n Dire en bourguignon. Mignard.
Elyin. lat. hitumen, inaUèrc gluante.
Biture, repas copieux, « se flanquer une biture, s'adnii- nistroi" nuo bitni'e soignée ».
Blette, bette ou poirée. plante potagère, « manger des feuilles de blettes ».
Blezir, bletir, devenir b/ct, se dit des fruits trop fciHs^ qui dépassent la maturité. Blettir, blet (Littré). Voy. blesse, pour blette.
De Tancien haut allemand hlei'^a, tache, contusion, dialecte bourguignon bliiiir, meurtrir; ou du celtique, hlijddit iL.)
Bliaude, voy. biaude. blouse. Bliaudon, petite robe, petit bliaut.
Vieux français.
Blonde, lUMiti'esse, bonne aiuie. 11 vn voir sa blomlc ; — alUr ru blonde, aller en bonne fortune, aller voir sa bonne amie, aller courtiser une fille.
Blondir, rendre blond ; « faire blondir », terme de cui- sine, comme on dit aussi faire roussir.
Vieux français. Dict. Godefroy : user d'art pour rendre blond.
Blesse, blette, dont la chair en parlant des fruits, sans s'être gâtée, s'est tout a fait ramollie ; « poire b/osse ». Les nèfles, les sorbes, le^ poires sauvages ne sont bonnes .'i manger que lors({u'elles sont « h/osses » iblettos , c'est-à-dire lorsque l'acide végétal qu'elles contenaient s'est transformé en un principe sucré ; les poires, au contraire, et d'autres fruits, perdent leur qualité en blettissant. — Voy. blezir.
— 38 —
Bobo, lésion insigiiiliante, petit mal sans consé({nence, des bontons sur la peau..., terme enfantin : « ce n'est qu'nn petit bobo. » Dans certains villages on dit boubou.
Celte exprossion scrait-eHo d'originr celtiqiir : vieux mot, hibel, petit mou- cheron.
Bochon, liuisson : «. j'me seu caichi doré le bochon )>. liochcncrnt, petit buisson isolé.
Elym. Allem. busch, iuiisson.
Bccon, (piantité que Ton donne chaque fois à un poulet, en YnbojU'nit : — ( )rdurede mauvaise odeur.
Enboconn^r, sentir mauvais, « tu emboconnes ».
Docon, botcoii, en v. français, voulait dire morceau, l)ouchée. liai, hoccone, de bocca. Latin, bucca, bouche. Dans le sens de mauvaise odeur, serait-ce par allusion à la mauvaise odeur qui s'exlialc de la bouche de certaines personnes.
Bœu, bœuf. On donne aux bojufs. souvent sulon leur couleur, des noms qu'ils entendent fort bien, et avec les- (juels on les dirige ou excite au travail : Blondin. Froincnlin, Jious.sol^ jMoirot^ Labourou...^ voy. Bu.
Boidon, sorte de cage d'osier ; — '< au moment de la fraie, on prend les carpes au boidon ».
/^//yr/o/^ V. français, mot que l'on trouve dans l'ilist. de Lvon de Guillaume Paradin, de C'uiseaux : « fust ordonné aux vivandiers de ne tenir par les rues aucuns buydons^ gènes ou cages à tenir poulaiiles )), édit. 157.^, p. 101.
Boinon. benon. catre d'osier, corbeille d'osier.
Vieux français ; de benne.
On en fait des boinons, des Irions et des cages Qui tiennent prisonniers les oiseaux des bocages.
(Phil. Hegemon, la Colombière et la Maison runlhiue.
Boire, repas souvent très liquide des cochons : « le boire des cochons ».
Dans le Jura, le iJoire, boisson, se dil aussi pour piquette.
Bois, locution employée pour désigner la couleur et la nature des cartes à jouer, caries d'un seul bois, de lout bois...
Bois, sabots : « tu t'es mis dans tes bois ».
Bois blanc, terme générique qui désigne certains arbres, comme le i)cu[)lier. le tremble, l'aune, le saule. Quand il s'agit du chêne, bois blanc veut dire aubier. « La
— 3!) —
construction avec du bois blanc ne dure pas ». — Pour le poisson il y a un terme géntérique de même ordre, le poisson blanc comme brème, gardon, chevenne, etc....
Boisson, piquette, boisson qu'un obtient par la macé- ration et la fermentation de certains fruits sauvages, notam- ment les prunelles [pelosses]^ les pommes et poires sauvages, etc.. ou avec le marc [(jéne) de la vendange, dans de l'eau.
Boissonner (se), boire avec excès, s'enivrer.
Bombonne, grosse bouteille, Dame Jeanne, entourée le plus .-ouvent d'osier : « une bombonne de kirsch ».
Forme de bombe, grosse bombe, ital, bombola.
Bon, « ça pue bon », cela sent bon.
Antitlièse ou aiililogic.
Bonder, bondener, brondener, se dit du silFlement d'une piei re lancée, d'une fiarde.
Vieux franrais honder, liondif, qui signifiait retentir, sens conservé jus(|u'au W*^ siècle, où apparaît celui de sauter [tour bondir (L.i
Si durement les (cloches) fait sonner Teritir, honder, et résonner Font la vile et toutes les rues.
{G. de Coinci, Mir.) Brondener, se rapproche de bourdonner.
Bonne amie, bonne émie, maîtresse.
Bonnes (êtres dans ses), être bien disposé, de bonne humeur.
Bonnet de curé, baie du fusain que les enfants s'amu- sent à enfiler en chapelet.
Ainsi nommé à cause de sa ressemblance avec la barette ou bonnet carré des prêtres.
Bonnot. bounot, bonnet d'homme.
Boque. gobille plus grosse que les autres ;— tète; — à un enfant qui tombe la tète en bas, on dira: « ramasse ta bonucyi
Boquée. becquée, petite portion de nourriture ; « allons, mère, donne la boquée à tes p'tiots ».
Boquer. embrasser, comme biquer^ becquer.
Etym. latin hncca, ital. bjcca, bouche, boc, bec. Rabelais emploie bousiller dans le même sens.
Boquin, bouc, bouquin ; au figuré. « vieux boquin », cou- reur de femmes.
- 10 —
Borde, bordet, bordiaux. noms de hameaux, primitivo- mont, cabane, forme, mélaino, habitation rurale.
On appelait aussi hordes autrefois, ces feux qu'on allu- mait le soir du premier dimanche de carême, en beaucoup de lieux à la campagne. — Le jour des hordes, le dimanche des hrnndoiis, le premier dimanche de carême : c'est l'épo- que de changement des domestiques de ferme « Je sus vé mon maitre depis les hordes. -^
Vieux fr.iiiçais, horde, brandon, huche (Godcf. Dict.): — Maison champêtre, cal». me : Bor, ci\ ancien lanL^aiço linlcsciue, signilic un domaine, mulairie ou ferme dos champs, e' de là est liri* l'ancien mot français bord", i|!ii sii^uifie la même chose. Bas latin cl ital. borda, cabane.
Ce n'est pas to-it d'avoir plaisante forme.
Bordes, troupeaux, riche père et puissant. (.Maroti.
11 ^arde avant, voit un chastel
Enmi la lande fort et bel
Et n'i vit borde ne maison
Fors la porprise ipourprix) d'environ.
(Perce val, in God.) Dedans ma borde en repos je dormoye. (lîaïf. Eclognes.)
Los lïord/'s, nom de localité très commun ; c'est le nom faubourg de Louhans,où iln'^" '^ it primitivement qu'une petite métairie.
j.e Bordiau, hameau de Montret, et • Hordet^ hameau de La Chapelle-Thècle.
Bordel signifiait en vieux françai^i, cabane, petite ferm ; ; le sens de ce mot a
dévié.
Couvertes orent de t,'enestes
Et de fucilles et de rainsiaux Leurs bordeles f'\ leur chastiaus.
{Rose. M. Cor>ini, in. God.) Ne il n'y treuvc ne vile ne l)ordeaul.
(De Charlem. et des pairs, loCOj-
Bordeler, fréquenter h*s m.iMv,ii->: linnx. se livrer à des pratiques de débauche.
Eiym. du sens dévié du mot ; vieux Iranrais.
Bordiaine. bourdiaine, hanneton, appelé encore dans le pays, quincome. V. ce mot.
Le nom de bourdiaine doit venir évidouinn'nt du bourdoMiifioint de cet in.-^ecte. Onomatopée. Odt. r.idical bitrd, signifiant bourdonner.
Borgeois, bourgeois : « Nut" borgeois, not' borgeoise > disent les gens de campagne en parlant de leurs proprié-
— 41 —
taires. Les artisans appellent souvent leur femme la borynoiso; c'est un Innencre eonimun à l)eauc()U]^ de pays.
Borgne, nom de r<n-vei, \h\\\i sr-rpent.
Ainsi nommé (le co que vnlg lircmont on le croit aviMij^Ic,
Borgnat, bécassine sourde Borgnotte, bornotte, voy. bournotte.
Borne, trou : « le rat est rentré dans sa boni'' ».
Borne a fait cwborncr, entrei' dans un trou : <( I^e renard n'a pu être tué, il sent r)nbornc .» ; — et f/rbonicr. sortir de son tl'ou. de son repaire : < Le sanglier a drbonir. du bois » ;
— et encore éborner, faire une borne, un trou : « ce p'tiot gas. en courant sans sabots, il a tout ébonié ses chaussons ».
Bornii, creux, vide, présentant une cavité : .. arbre bornu >■ creux, troué.
Vieux IVançais.
Dessoiibs ormeaux bien feuillez et bornus.
' u-radin de Louhans, Micropœdlc, p. 'Jô.
Boscot. boscotte, petit homme, petite femme contrefaits, bossus.
Bot, gros crapaud; au (iguré, terme injurieux, «gros bot».
Vieux français ;
Rongiez et crnbordcz sera Tos jors comme 6os barbotera. {D. de Normandie. 111, 530.) Plein es de venin comme boz (Renarl). Le radicnl bot en latin s'applique aux objets gonllés comme dans bofulns, boudin ; butt (allemand), bolo (espagnol), corps épais ou obtus ; — peut-ôlre onomatopée à cause du cri du crapaud : c bo, bo » Ce mot, comme inen d'autres du vieux français, est resté dans beaucoup de patois.
Bon, bois. Les Grands Bous, hameau de Chapeile-Naude;
— '( Les p'tiots Bous .», à Bantanges.
Boucan, bruit, tann^-e • rr i':i\ro dti bnuran '). faire du tapage.
D'après Munagr, ce mut vi^'iidrail <i im célèbre imisici'.'M, nivijuijur ù nu,; danse appelée la Bocanc. Littré y voit une allusion à la vie bruyante et désor- donnée dos hn;icaniers.
Bouchât (le), nom de lieu.
Ba> latin, boscum, bojs ; allem. buscit, buisson.
\-2
Bouchon (à), voy. abouchon, renverse de son long sur
la liiiure, la bouche contre terre : ^^ il est tombé à bouchon ; il s'est couché à bouc/ion »
« Fut à bougons coiuhce et son derrière dcsiouvert assez avant », Louis XI, Nov II. « Ledict .Maliot fut altatu à bouchon ». Olivier de la Marche, Mcin. I.
Bouchon, dans le sens de couvercle, « mettre le bouchon sur la marmite ».
Bouchon, petit bouquet ou fagot de verdure, ordinaire- nuMit de genévrier ou de houx, servant d'enseigne de caba- ret ; — le cabaret lui-même : « il s'ari'ête à tous les bou- chons ».
Vieux mut iVaiKjais. bouche, faisceau de branchage ; ail. biiach, buisson (L.)
Linicre met toute sa gloire A se soûler comme un cochon Et prend plaisir à boire De bouchon en itouchon. (Hichelet. Dict. de la langue française 17:28)
Bouchonner un cheval, le nettover avec un bouchon de paille, poignée de paille tortillée (L.)
Bouchot, un bouchot de bois, agglomération d'arbres sur un point — On dit encore, par altération, mouchot, qui veut dire réunion.
Du bas latin boscus, alleni. busch.
Bouchure. haiC; clôture. Boucle, ampoule.
Etym. buccula, bosse, bouisoullure.
Boudre, bouillir : — au figuré, .-^e mettre en colère, « te me
fais boudre le sang dans les aveines ».
Vieux français.
Fait chevaliers armes verser,
Cuers des mentir, cervelles boudre.
(Guiart, Roy. Ivjn. !2315. Huchou.)
Bouenne. benae, bouenoa, panier en osier pour le pain, ruche d'abeille.
Même élym. que benne, banne ; radie, cclt. ben creux.
Bouer (se), se crotter.
On dit surtout, se (jouillcr^ la boue étant la (joui lie U'oyez ce mot).
— 43 — Bouffer, hàlVer, iiuuiger comme un glouton, dépenser.
liai. hn/J'arc, suiililer. « En boulVant lùcii, les joncs se u^onilcnl ».
lioull'(i(\ se disait aussi des li((uides en vieux français :
Tiens, Gobin, < roLMiue cestc prune, Et puis boyras une boutrée.
(Miistè)-e des actes des Apôtres).
Bougonner, murmurer, gronder entre ses dents, répri- mander.
Du mot lie ba«sc latinité houjonalor, ipii s'appli(|uait aux inspecteurs de la
(Irapciic qui devaient avoir de fn''(iuentes réprimandes à faire |»o'jr lurcer les
maroiiands à ne pas contrevenir aux règlements (Litlré) ; vieux français, bon-
jonneur, « boujonneurs jurez de mcstieis ». dans le même sens d'inspecteurs
pour la draperie.
Bougrasser, mal faire, mal travailler. Se dit d"un indi- vidu ([ui déplait : Que vient-il boiujrasser ici ?
Expressi(m qui vient vrai>enddablemenl <le bougre, terme de mépris et île jurement, très usité dans le laniçage populaire.
Bougre, bougresse, terme populaire de mépris etd'injuie L. « Vilain bougre, mauvaise bougresse»; — gaillard, luron, « c'est un bon boiujre ; — ce bou(/)r là. — .lamais compliment, dit on, ne fit plus de plaisir à Bourdaloue que ce qu'il entendit dire de lui à une poissarde qui le voyait passer sortant de Notre-Dame, précédé et suivi d'une foule de monde qui venait de l'entendre : ce bougre-là, dit-elle, remue_.tout Paris quand il prêche Dict. de Larousse).
Etym, On sait (ju'il y eut autrefois une hérésie des bowjrcs, débauche contre nature.
liouyre^ exclamation <( Bougre ! qu'il fait froid ». Bougrement, extrêmement, « j'ai bougrement soif». Vieux français, à la manière des bougres, bouijreriei, actes vilains...
Boni, local spécial aux oies et aux canards.
Bouillon, ondée, averse ; « j'ai reçu un bon bouillon » ; au figuréré.primandes, reproches : « donner un buuillon ».
Bouillon pointu, lavement ; — bouillon d'onze heures, breu- vage empoisonné, coup mortel.
Bouillon^ endroit de la rivière où l'eau forme un tournant.
Elymologie : bouillir.
Vieux français. Bouillon, ballon, houllon. Godcfr. Dict.
Bonis, buis.
Bouchon l.i:
Nov II.
Bouchon.
<uv ia iii
Bouchoi.
IIK-llt ' •
rot : —
Boufl
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— /i4 —
Celte jirunoïKialiuii est 1res ani'iL'iino, et au XVII" sièclo Ménage la si^rnalait comme étant toujours en iisaj;c à la cour et la seule correcte :
Pcii^nc de bonis, la mort aux pous ! f/est la santé de la teste Et aux enfants l'aire teste ; Et ç;ucrit les chats de la toux. {Les cris de Paris).
Boule >perdi'i . . . ])pi'i]r(^ l-i tpf-o, ].] riisi',!).
Bouli, hoiiilh. iiiDrceaudu bœui du pi'l au feu. qui a fait « la soupe grasse >'.
Bouîic, liouillie.
Vieux français : « Si tu en vculz faire boulie, si desniclie t.i Heur et ti)n lait et du sel, puis met Imulir . l][éna(jier de P't/m.
Bouîiguer, hrasser, brouiller, mêler, déranger, boule- verser.
Du vieux français bouler ipii voulait dire bousculer, agiter.
Boulot, boulotte, îsvrx nf rrr:i-^ '!, , im gros OoLi/ot ; une petite boulotte >;.
Bouîotter, manger : « allons bouioiler » ; s'emploie aussi au figuré: « il a tout boulotte l'avoir do son pèr^ ».— Aller doucement, faire de petites affaire^3 . on parlnit <\o In santé (( ga boulotte > , ça va tout doucement.
Bcnlu, espèce de soupe, composée de lait frais ou cailli. dans lequel on coupe du (jâteau de maïs, et qu'on laisse bien bouillir : « j'ai bien soupe, j'ai mancré doux assiettes de boulu. »
Bounot, lionnet. Les gens de campagne portaient, il ih'y a pas Longtemps encore, comme coiffure pour le travail de la journée le vulgaire bonnet de coton ; — au figuré. « tins, bon ton bonnot », prends garde à toi.
Bouquin, boquin. bouton qui vient aux lèvres ; bouton de fièvre.
Boura, buso : - L;i 0',/ira t pi'is ma poulaijle y.
Bourenîle. bouronfle. enflé, bouffi par enflure, oîdènje ou bydropisie; on dit du m.ilade qui respire alors si bruyam-. ment. « il est bourenfle ».
Bouienjle est poin- fïovrrriflt'.. comi'io oii dit (jonjtf: p(jur gonflé.
— 4o —
De bourré, eiillù, on plutôt du vieux tranrais bort'onjleinent soulèvement furieux, i|ucrcil(', bataille, rad. honr.
llluec cumaicnce li grans borrullemcns Dout furent mort chevalier ne sais fjuanl. [Gar. (le Loh. l*^'' clians.)
Bourg, un ;ip[)elle ainsi non seulement un grand village aggloméré, niai:s la pi'incipal(3 agglomération d'habitations ayant un clocher, rut-elle réduite à un très petit nombre de maisons. — C'était autrefois la partie territoriale d'un lieu dans laquelh.^ la liberté était circonscrite ; dans ce sens bourg el franchise étaient synonymes. Le mot bourg est resté à plusieurs noms de lieux à Branges, Sagy, Mervans, x\uthumes, Huurgchàteau.
hirg, luot germanitjue latinisé en binguni.
Bourguignon salé, sobriquet que l'on donne aux habi- tants de la 13ourgogiie.
('e sobriquet est d'origine très douteuse, historique selon les uns. et selun d'autres, à cause des différends, des procès qu'avaient occasionnés les salines du comté de Bourgogne (i''ranche°Comté).
Bouri, bouri, mot d'appel pour les canards, canetons, auxquels on dit aussi (joulus, goulus ; — de môme qu'aux petits poulets on dit : p'iU:> p^tUa ; — aux oies, ouyons^ omjons ou iounea, iounes ; — aux pigeons, llbi^ tibl ; — aux chèvres, beliii , belin ; — aux moutons, p(''i)c, pépô ; — aux vaches, tins, i'ins ; — aux cochons, liers^ tiers qm tiea, lira...
D'eu vient ce mot boui-i, bouri ? L'ctymologie en est simple. En vieux fran- çais, boiire signil'uiil cane. Godefroy Dicf. (!e l'anc. langue française : w Pour la nourrecture des canars et boin-es )>. On nommait boure la femelle et botirols les petits.
« Se pensant moucher, elle s'arracha le nez tout net du visage sans y penser et le jeta à terre, avec la roupie (lui pendoit au bout. Une boure (\ni là cstoit le print et l'avala tout de gole. » Nour. des cxc. traits de vérité.
Bourillot, Ijouriilon, numuril, vuy. beurillon. — (c II a mal au bourillou », il craint de se baisser, se dit du parf^s- seux, fainéant.
Mol formé du roman. einbouriQue, qui a la même signification.
Bournotte, borgnotte, trou, sombre, coin où l'on n'y voit guère, petite cachette où le paysan met ses objets pré- cieux, dans des petits interstices qui se rencontrent dans l'intérieur des murailles, entre des pierres mal jointes....
10 —
Embournoter. luettro (iaii< l;i bournotte.
Bouroiiette, brouette.
Bourouetter, traiisportor tlnus une brouette.
I,:i liroueUc ;iv;iil autrefois (U'iix roues, .loù l'élyin. bU vola.
Bourra, bourrette. étoile de laiue grossière ou phitot étoile grossière faite avec du gros til d'étoupes croisé, qui servait de surtout au lit eu place de Cnta/ofjfi" : (couverture do coton). — \'ieux proverbe :
A la Cbaudoille
La bourra semble de la toile.
Qu'aile vcgiic, (|u'alle vegne, ma Liaudiii-na Qu'aile vegiie, (lu'allc vegnc quand ail voudra : La meUrai à la para (muraille) L'y baillerai on cart ((juartier) de mon bourra. La bure, le bureau, v. franrai.^, était une gr(»sse ctolTe de laine. P.as latin burn dérivé de buvrus, roux ; — bora, tapis de laine, God. Diet.
En son lulel prend un borat Qu'a tout runi^ié souris ou rai. ((i. de Coinci. Mir.)
Bourriau, bourreau, cruel. lîourriaudcr, tourmenter, maltraiter :
Vieux tVanrais.
(( As-tu fini de me bourriauder ». Se dit aussi des mau- vais traitements qu'on fait subir aux animaux.
Bourrer, se dit du maïs quand il commence à grossir, quand il met la bourre^ c'est-à-dire, la fleur mâle au-dessus de la tige.
Bourrique, ànesse : « grosse bourrique », gros ignorant. Ce mot a donné lieu à diverses locutions : faire tourner quelqu'un en bourrique, lui faire perdre la tête. De bourri- que on a fait bourriqaer, mot obscène.
liourriquot, bourriquet. Espagnol, borrico, ànon.
Bousin, faire tapage, vacarme, scandale: « faire du bou- sin «; — Taudis, mauvais lieu, lieu de débaiiclie.
Vieux français bousin, clairon, trompette. En Anglais boivsing, cabaret, niau- vai.s lieu.
Bousot. bouserot, excrément.
De borne, dont élym. douteuse. Vieux français, bouson, (ange ; roman, boc, boue ; allem. bulze, montceau, tas.
Boussarouge, rouge-gorge.
47
Boustifaille. bonne chère ou plutôt grande chère, abon- dance de vivres ; provisions de bouche, « aimer hx bousti- faille. »
Ntx'l, Noi'l va veiii Nous mangerons de la boustifaille... (Noël liressan)
Honsli[(iill^i\ faire grande chère, manger abondamment. B()usli[(iillciit\ goiii-mand.
Boulier a pu servira former ces moLs.
Bout, a donné lieu à diverses locutions, ainsi k à tout bout de ''lianip » à clKUfue instant : « Si vous m'interrom- pez à tout boni de champ, je ne dirai plus lien ».— l'u peu, petit : (( \'\\ p'tict bout de viande », — « Un bout d'homme », un petit homm(\
Bouteilles, cloques que font sur les ruisseaux et les pavés les gouttes de pluie d'orage tombant avec force : « elles font de.s bouteilles » ; — fruit du nénuphar.
Bouteneire. bout'nire, boutonnière. — Plaie en jjouton- nière : (^ 1 s'ont battus ; y a fait des boufnires », ils se sont donné des coups de couteau.
Bouter, mettre, placer.
Vieu.K français :
Faictes bouter la nappe.
[Farce de Remet qui va au vin. Ane. th. fr. I)
BoutilloQ, petite bouteille, burette à renfermer l'huile à brûler.
Bouton d'or, nom vulgaire des renoncules à fleurs jaunes.
Boutrou, J3oute-roue (L.) borne de pierre préservant les angles des rues.
De bouter et roue, expression (jui vaut mieux que le mot borne, j.uisque ces bornes ne bornent rien du tout.
Bouyon, bouvillon, dimniutif de bccuf ou plutôt jeune ba}uf d'un âge moyeu entre celui du veau et du bœuf ; — se dit aussi pour veau: « Nouta vache a fait un bouyon c'tu se ».
Brame, brème. Bramet^ petite brème.
Brament, suffisamment, en abondance, l)eaucoup, bien : « aller brameril », aller bravement, tranquillement; — « par- ler 6mwewi », parler bien, dire la vérité.
Syncope de bravement.
— 48 —
Bramer, pleai'er tort, gémir, crier comme le cerf rpii brame. ^ Peut-OQ l)ramer couimo ça ? »
Brandevin. eau-de-vie.
Elym. vin l)rù!é, rculic. iillom. bnuid, incendie, ({iii a t'iif aussi hrandou.
Brandons (les), dimanche des Brandons, le piemier dimanche de carême ; aiiiï^i appelé en beaucoup de provin- ces.parce qu'on avait l'habitude d'allumei' des feax et d'agi- ter le ^oir des brandon-^ allumés.
« Comme il soit de coustui. .a,.. Lhascnn >.... h; jour des JJ-andons,
après soupper. fpux niixir.pls los bonnes c!;^'n^ ont acooustumr d'i""!!!? as^omblor >.. Du Cange_.
Branler, aitiiLiu cii iiiuu\ l'uichl. -a branle lui l^uiiu, uji'oui'.
La bran/ire est une longue ficelle attacb lierc'eau
suspe>ndu, servant à bnuilcr ^bercer) l'enfant. Au iiguré, « Il tire touje la branlire »; il a encore de petits enfants.
Brcuihr [se], se balancer: « -v' branler sur une escarpolette".
Branloire, balançoire.
Braque, étourdi, ecervele, un peu fvU. un peu folle.
Brave, joli, beau, bien habillé : « il est bien brave » ])ien vêtu : on dit aussi d'une jolie fille qu'elle est hrnve.
Brechia, brecîiie, cruche, pot à eau.
Du grec hrekein, mouiller, arroser.
Bredandouille, Ore/i d'anioaiUc ^Builet . eau dans
laq'r'' •^' ■ 'ndouille • '"' '^i^'- ■ ■'"" *^ 1^ la brcdan- douiitd.
.Lii-Ciuiii, Dredine, simpiL- uczi^jm, uiaic, dourdi, idiot, fou.
Etym. brcdir, crier, ancien Irauçuis d uu vi'. \cii\i. ijrc'i'j:uLct:i , uegayer, ijal- butier.
Bredouiilon, brouillon.
Homme de peu de créance, qui cause à tort et à travers. « on ne creit pas ce qu'y dit, y est un bredouiilon > .
Du vprbf franrais bredmiiliT.
Breiinguc;, iiireimgoc, lUauvai nuiru ; — u lu
verbe brcHnyii'r. sauter. En jouant aux c.irtes, ne pas faire de plis : <>- marque des pions, il est brelim/ué ».
Du mot berline dénaturé.
— i9 —
Brelu, voir Berlii
Brelue, mauvaise vue ; au figuré : « y n'a pas la brelue )>, c'est un malin, un rusé.
Brenot, brenotte. noms do bœuf, de vaclie. de cou- leur brune, très employés ici.
Diminutif de brun ; bruno, csp. et it.
Brenoux. breneux, sali d'ordure : « tout brenoux ».
Bresi, bois de Brésil, bois rouge avec lequel on leiiit les œufs de Pâques ; « sec comme du brèsi » viendrait, selon Littré, lie sec comme du bré^il, du bois du Brésil, extrê- mement sec.
D)'èsi pont avoir le luè.ne r.ulical que braise (Ducanp;e), à cause d- la eoiiipa- raison avec la couleur r«uigc ou de feu. Le brésil, bois de Brésil, connu hieu lonijlemps avant la (N'couvortc de l'Anicrique, ne tire pas son nom du Urésil ; c'est lui au contraire qui aurait donné son nom à ce ij;rand pays ou ce bois est très abondant.
Bresiller, briser en petits fragments, en miettes. Bresi tics, menus morceaux de bois ; — bresilles de pain.
De Brésil, hraisil, à proprement parler, braise fine. « En brési » tout en braises.
Breter, tourner. V. Rebrater.
Breuil, nom de lieu, anciennement petit bois, taillis, fourré, parc dans lequel on enfermait des bêtes fauves.
Ce mot n'est resté que dan^ les noms de lieux et de famille : « Le Breuil » à Louhans, terrain actuellement en pré, à côté de la ville ; Dabreail, nom propre comme Dubois
Du cclt. et du bas latin hroilnm, broj'iliis.
Cil i)assèrent une montaijjnc Et puis un broil les une plaigne. (3rut.)
Breziner, tomber des gouttes : ce y urezine ». il commence à pleuvoir.
De braisa, pris dans le sens de gouttes avec suffixe diminutif, iner.
Bricole, mot qu'on emploie aussi dans le sens de toutes sortes de petites occupations.
Bricoler, travailler à petits profits, vivre d'expédients, entreprendre beaucoup et ne rien finir..; — acheter de la bricole (objets de peu de valeur) pour la revendre...; » i'
— ni) —
bricole par ci par là », il tripote par ci par là, il se livre à toutes sortes de petites occupations.
On emploie une bricole pour Iriiîiicr une voiture à bras.
Briu. peu de chose, un rien: « donne m'en un briny)] — « pas un brin », rien du tout.
Brin, menu ; bran, son, celt.
Brin, au figuré, jeune personne bien faite: « c'est un beau brin de fille ».
Brindesiugue, ivresse. Ne s'emploie que dans la locution « être dans les brindesimjaes », être ivre, et, comme on dit encore, être dans les vignes du seigneur.
Ce mot brindesingue est usité dans divers patois. Contejean, dans son glos- saire du patois de .Monlbôliard, le tire du patois « brindîé » trinquer et de l'alle- mand « singen » chanter. DelbouUe, ilans son gloss lire do la vallée d'Veres et dialecte bas normand, rapproclie c•^ mot du vieux mot français « briudes », ivresse, de l'anglais « brandy » eau-de-vie et de l'italien « brundisi ». toast.
Bringue, femme mal L)àtie, longue et dégingandée : une grande brinyuc ». D'un vieux mot fr. espringuer, ital. springare, trépigner.
Brique, débris, éclat, pièce, mo/ceau ; mcltrc, en briques^ casser, mettre en morceaux. On dit en Bresse: « une brèque de pan », une brique de pain, pour un petit morceau de pain : autre acception du mot brique, carreau de terre cuite.
Même dérivé que briser, allem. brechen, casser. La biique est proprement un fragment, sens qu'on retrouve dans les patois (L.)
Briquet, homme sans caractère, qui se laisse mener ; — surnom donné à quelques personnes, avec cette acception.
Brisac, Brisaque, qui b/ise, brise tout : se dit surtout des enfants qui cassent, abiment, déchirent tout ce qu'ils ont : « Mon garçon, y é pas on p'tiot c'ment n'autre; y é-t'on vrai brisac. »
De briser ; mais celte désinence en ac ou arjne est spéciale dans sa forme, peu commune en Bourgogne.
Broche, aiguille de bas, aiguille à tricoter : « j'ai des chausses faites à la broche. »
Broche en vieux français signifiait arme pointue, les aiguillons du héris- son, etc..
Broches, bûchettes de paille : « jouer aux broches », tirer à la courte paille.
Bronde, bronda. brondilles, branches, momies bran- ches, fiih'iie ; « j'ai acheté hi brondd ^\q<> cliènes ».
Broquette, bruche, petite broche. — Ce mot s'emploie aussi pour designer la verge des petits enfants.
Brossée, volée de coups ; ce qu'expriment encore nom- bre d'autres expressions assez métaphoriques : racler., iri- polèc, pcifjnée, rincée, beurrée, dé(jclée, hrù/cn, ])ilc, (jraisse, rouléd, torc/iéc, Iretnpe, latouiUe... etc ». Il faut remarquer que tous les noms terminés ou français par ce. se prononcent m à Brauges, ChateaurenauJ, Bantanges et 6 du côté de MontpjUt, Cuiseaux (brossée, brossin, bioussô,— dégelée, déyelia, dé(jclô; — JjrCilée, bràlia^ b ni 16 y) — (< l's'ent chamailli. ape apré i s'en foutu na bonna brûlin ».
Brosses, broussailles;— nom de lieu, « les liro<scs^^, tej'rain inculte en broussailles ou tel anciennement : — les Hros^rs, hameau de Romenay...
Mot celiique, il'o'i est venu b)'Oussailles (|iii en est le ilimiiiiilit.
Brouasser, bruiner, se dit d'une petite pluie line qui tombe : « il brouussc ».
Verbe formé de broiiée, coiilracUon de brouillasser, brouillards.
Brouillarder, brouillasser, faire du brouillard: « il brouil- tarde » ; on dit aussi : « il brouill isse ».
Bvoussailleux, qui est plein lo brjujsailles.
Vieux mol français, JJlcl. Lacurne.
Bruant, verdier : « liinot bruant ».
Bruchier, bruche, cruche : « t'n'ubiero po d'époti la bruchia d'aiguë », tu n'oublieras pas d'apporter la cruche d'eau.
Bruiller. bruilli, brailler, beugler ;— causer fort, ciianter mal : « i ne chantant pas, i braillant ».
Brûle, brûlure, brûlé; — « icoerle brûle » se dit d'empii-iquos qui prétendent guérir la brûlure par des signes, croyance très répandue encore aujourd'hui dans la Bresse;— « il sent \q brûle ICI y>. pour le brûlé, de mémo qu'on d'il fjoj/fle pour gonflé, (( il est gonfle «,— Iremp'^ pour trempé, ^< la soupe est trempe ». — D'un homme qui fait la quête pour (( la maison brûlée », on dit : « il cherche pour le brûle ».
r:.-)
Brûlée, volée de coups ; voir Brossée : « il a reçu une fameuse brûlée ».
Brûlot, eau de vie sucrée brûlée: « jouons nous un brû- lot à la quadrette » ; — sensation de chaleur et de séche- resse au gosier et à l'estomac qu'er. médecine on nomme pyrosis : on attribupit le brûlot à l'usage du pain de turquis, surtout de tur^fuis blanc.
Bruno, breuno, breunote, brun : noms qu'on donne aux bœufs, aux vaches. Ital. bruno ; allem. braun.
Bû, bœuf ; ainsi dans le vieux dicton « é ne pos les pe grands bus qyxo. laborant les pe grandes tares », ce ne sont pas les plus grands bœufs qui labourent les plus grandes terres ; c'est-à-dire, quoi qu'il soit petit, il peut faire autant qu'un grand.- « Le pos di bû », le pas du bceul", lentement : (( Note volot, y'é fin boun'enfant, mé i va touje le pos di bù », il ne fait guère de besogne.
Bûche de paille, brin de paille: i( tirer à la courte bûche)).
Bûcher, travailler fort, frapper fort; — dégrossir : « bûcher une pierre, une piècedebois»; — se dit pour rosser quelqu'un, « bûche le don ».
Se bûcher^ se battre : « ils se sont bien buchés »,
Bûcheur, travailleur.
Bûchettes, jonchets, petits bâtons fort menus avec les- quels onjoue.
Bue, buer, lessive, lessiver : c« ma mère a fait la bue auje d'heu : on la lavera demain ». Le mot bue s'emploie également au figuré pour il a blanchi, il a été malade : (f que qu'il a donc, Jousé, il a ben fait la bue ! » de même qu'on dit il a fait une fameuse lessive; — « elle est bavarde comme une laveuse de bue », comme une laveuse de lessive.
Buge, écurie ; « oh, Jean Yaude, y s'en tirera ben, ses bu(jcs sont pleines », il a beaucoup de bétail.
Même ctyinologic que howje, chamlne, demeure obscure et malpropre. Du bas latin, bugia.
Bugne, bugnot, beignet, sorte de gâteau cuit dans l'huile; bugnols s'emploie aussi pour accordailles, fiançailles, en ce
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sens, « la Jeannette a fait ses bufjnots ». Au figuré, personne sans énergie, sans caractère, « ((uelle bur/nef »
Même élymolo^ie que beugne, hiig ne. x. heutjne, bosse, cnlliirc. Le bciv^net est en effet une pâte qui se gonllc en cuisant.
Buffe, coup, tape.
Vieux franraiji.
Buissonée (la), nom de lieu, écart de Menetrouil.
V. fr. biiissonoi (God.), lieu ou croissent les arbrisseaux, lailli'^, fourré, buis- son, ronces.
Bure, vase en fer blanc où l'on met de Thuile.
Le français moderne a le mot huvelte, diminutif il'' hiiire, vieux mot français applique à certains vases. liiire n'est que du langage populaire ; mais e'est un mot ayant SI sigiiilication spéciale et que l'Académie ferait bien d'adopter à la place de hiiire. Dure eonnne httire est du reste d'étymulogie douteuse: ital. bu)-a, trou, creux et par extension vase, du ratical latin buere, imbiber, q li se trouve dans hnbuera. V. fr. bn\ie, cruche.
Butin, bien, fortune, mobilier, bardes, ol)jets diver.s : « // a mcnujé son butin ».
Buvailler, boire sans cesse à petits coups et fréquem- ment, godailler: (< il est toujour.s après banaiUer », il passe son temps à boire.
Buvatier, qui aimccà boire, buveur d'habitude.
Buvocher, boire souvent, même sens que buvailler : «il buvoche toute la journée.»
G
Ça. contraction familière de cela, admise par l'académie, a donné lieu partout à bien des locutions dites vicieuses (jue nous n'^Miumérorons pas ici:— « ça pleut bien », pour il pleut bien.
Gabassc, cornuelle, cbataigne d'eau.
r,ab:i>se signifiai ancionncmcnt r/ros.îe /e7e, cclliqnc !;ih; roui m, cah ; l.iliii, taput. Il y avait des casques appelés cabasscts.
Cabeugiie. bosse à la tète. — Cabeurjn^r. faire une bosse à la tête, taper sur la tête.
Du V. français cflfe et bcugne ( voy. ce mot).
Caboche, tète ^L.;; c'est une bonne caboche ^y, — tête dure, « (juelle cahoc/ic » ; — clou à ferrer. Tf'ln (le cahochn. têtu, opiniâtre, mauvaise tête.
Vieux mot, kah, cab, tète, avec le suffixe oche.
Entrant je me heurte la caboche ft le pié.
Régnier. Satires
Le sens de lôtu, mauvaise tète viendrait-il, par allusion, de Simon Caboche chef des caboclii«^us dont î'eniêtcmcnt et la fureur, à une époque lugubre de notre histoire de France, abo'itit à une nuit d'égorgemcnt, le 21) mars 1418.
Cabosser, cambosser, déformer, bossuer un objet en frappant dessus ou le laissant tomber: «■ son chapeau est tout raOïs.sé », « il a cabosse la boite de sa montre » ; — meurtrir, déformer la tète.
De cah, tèle ; par extension aux autres objets. Vieux français: " Et en grande véhémence d'esprit, il le trépoyt, le cnhossoijt » Ralielais.
Caboulot, réduit, petit, cabaret ; <( un petiot caboulot».
.\ vraisemblablement la même ctymologic que cabane, Rac. celtiq. cah.
Cabournot, réduit, cachette, ces trous qui, dans les
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anciennes maisons, sont faits dans le mur, des deux côtés de Tâtre.
De caverna.
Cacafoiria, diarrhée.
Gacafoiiie, par corruption du mot cacophonie, son désa- gréable à l'oreille.
Cachot, cache-cache, jeu des enfants: « jouer au cachot ».
Cachottier, qui fait mystère de tout.
Mot familier, admis par Liltrc. Etym. cacher.
Cadet, petit domestique, garçon de café. Cad^t a divers sens : celui de moindre, « c'est le cadet de mes soucis » ; — derrière, « veux tu hiiisev cadet . »
Cadette, pierre de taille propre à paver (Acad.)
.Mot français très employé par les i^eiis du métier pour toute pierre de taille mince pour dallag;e (des arcades, par exeaiples ) ou bordure, etc..; par extcn.sion, dit Puitspelu ( Dict. du patois Lyonnais), pierre formant banc, parapet.
Ktym. selon l'uits pelu, pierre cadette par rapport à d'autres plus grandes, plus épaisses. I/adjectif est devenu substantif.
Cadole, cabane, baraque, retrait, hangard. /.es Cado/es, nom de hameaux.
Cafard, nom vulgaire de la blatte des cuisines, insecte ; — au figuré terme d'écolier, rapporteur, dénonciateur.
Café, poche, on raconte volontiers cette petite historiette: Le chantre d'une paroisse faisait cuire des raves. Quand sonna le dernier coup de la messe, il n'eut que le temps d'en mettre quelques-unes à la hâte dans sa poche. Pendant l'office le curé, s'en apercevant, chanta: Dominus vobiscum, ta cafa brûle ; et. au lieu de cum spiritu tuo, le magister de répondre: « pardonnez-moi, monsieur le curé, ce sont des raves qui fument ».
Cafa, enveloppe de la fève et des pois.
Cafournot, petit cabinet sombre ; — encafotiDier, cacher dans un lieu secret.
Du rad. celt. caf. creux.
Gagne, cagnard, mauvais chien ; — se dit au figuré de toute personne lâche ou fainéante : « Avoir l'air car/ne ». Dicton : « quand on veut se défaire de son chien, on l'appelle cagne ».
— :^c^ —
Elym. faire le chien, du lat. canis, cliieii ; ilal. caijna, ehiennc. On trouve dans une vieille chanson (Martell. (/lofts. vend.), le sens lâche, appli- qué à une chose :
Le pot comme le Champagne
Avec bruit pousse un bouchon. La vessc a le cœur |ilus cngne, C'est l'image du poltron.
Caichi. cacher : " va t'caichi ». Caichot, cache-cache.
Cailli. lait caillé non égoiUté, avec lequel on fait le fromaf/e blanc.
Cala, noix, noix de la jGji'osse espèce.
Ce nom paraît venir du mot français écale, partie enveloppante du fruit, verbe ècdler.
Calé, riche, cossu: « il est bien ca/ô » ; ou dit. par inverse, if il est uial cd/n ».
Participe pa";sc du verbe caler: calé, au fig. a'^sujetli avec une cale.
Caler, rabattre de ses prétentions, céder (au fig. Acad.) ; se taire quand il faudrait parler : (( tu le feras c lier ».
Se dit pour caner ou réciproquement.
V. français, caler: Bas-Iat. clialare, lâcher.
Caller, jeter : « i m'a callé na pierra » ; au figuré « Jean ape la Xanette se callant pas des piarros », ils s'aiment.
Calorgne, caliborgae, louche, borgne, qui a la vue basse.
V. mot français, calorgne.
S'il est bossu ou s'il est borgne,
Boiteus, contrefait ou calorgne...
( Eust. Deschamps, poésies ) Caliborgnc serait-il altération de quasi borgne'!
Calot, petit bonnet collant sur la tête, coiffe de femme.
Diminutif de cale, bonnet, coiffure, v. mot français d'où est d(':rivé calotte : — Latin callus.
Carabin, combien. Cambosser, voir cabosser.
Cambre, écrevisse, écrevisse cuite; « alrougeaïec'mouent un rruiib-r. n. elle a le teint coloré, se porte bien.
Cambuse, masure, vilaine maison, pauvre chaumière.
Campagne (en), à la campagne; — « aller en campagne » aller à ses affaires en dehors, faire une course à la campagne. Batlre la campafjne^ délirer.
Campaine. clochette do bestiaux, petite cloche qu'on attache au cou des vaches.
Du lalin campana, clorhe. v. fr. canipanc.
Son père avoyt empourlc les campanes de Noslre-Daine pour aUacher au ool (le sa jument. Rabelais II. 7.
Camper (se), se mettre à l'ouvrage : « Allons, campe toi après ».
Camp volant, homme qui ne se fixe pas ; })ohéniien ; — au figuré, d'un individu : « c'est un camp-volant )^, il n'est jamais chez lui : — « un établissement de cawp-volants y), de bohémiens qui viennent séjourner près de la ville ou du bourg, en hibitantsous des tentes ou plutôt dans des voitures.
Canaillon, épi de maïs au({uel on ;i enlevé ses feuilles et ses grains. On dit encore et surtout panouillon.
Cancan, canard : « les petits cancans ».
Onomatopée. — Signalons l'analogie entre cancan, bavardage, nialui propos et canard, racontagc alisurde, billevesée.
Cancoire, canquoirne, quincorne. hanneton.
En raison, d'après Delmasse, de la forme de cet insecte qui a|>procIic do celle qui est figurée sur le zodiaque sous le nom de cancer. Joubert donne ce mot comme d'origine celtique, d'après Chevallct. v. Kincorne.
Candoile, Chandoile, chandelle, « allume la cafidoilc ».
Du lat. candela, flamlieau de suif ou de cire.
Caneçon, caleçon, nom que les] enfants donnent à leur caleçon de bain.
Par altération d'une lettre.
Caner, hésiter, reculer par crainte, montrer de la poltro- nerie ; faire caner quelrjuun, le faire reculer, céder, bouder : c( tu canes ! «
Est-ce par allusion au canard qui fait !<' plongeon à l'approclio du danger? Est-ce altération de caler ?
Canepin, portefeuille ; « y né po su mon canepin », au figuré, pour je ne l'aime pas.
Altération de calepin;— pourtant v. français, canepin, bourse iDlct. Godef.)
Gangrène, gangrène.
Cani, cheni, chenil ; familièrement : « José est y sorti di cani ? », est-il levé.
De cnnU chien.
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Caniche, vieille vache maigre : « il a deux mauvaises caniches ».
Canic/iou, mauvais boucher de campagne, qui ne tue que des caiiiches.
Canne-major, tambour-major, mot employé populaire- ment; celui qui, avec la canne ornée, précède les cérémonies, les groupes de conscrits....
Canon, sorte de mesure pour le vin et l'eau-de-vie.
Allons, amis, les deux mains dans nos poches, Boire un canon chez citoyen )*oncet ; Nous y trouverons les clercs de la basoche Qui tous ensemble discutent le budget.
(Vieille chanson louhannaisc de 1848).
Canot, caneton, petit canard.
Canoter, m ircher comme les canards, boiter : « elle marche e\\ canotant. »
V. français, Cancter : « (icux qui habitent le- pays montueux se foulent les nerfs des jambes, d'autant plus qu'ils marchent en canefant, allongent plus un nerf que l'autre « (Bouchet, Sérées).
Canquouin, marmotteur, bavard, qui dit des balivernes au lieu de travailler ; — lent, paresseux, teignard : « la mère Canquouine )>.
Canquouinei ^ perdre son temps, trainer dans son travail à cause de son bavardage.
Serait-ce une altération de cancan, c ancaner, ou allusion à un dijonnais flu nom de Cancoin dont parle Lamonnoyc (.>ooï borguignon de Gui Barozay, glossaire).
Canule, personne qui fatigue avec ses discours importuns. Il e>t aisé de comprendre comnient ce petit instrument a pu désigner une personne ennuyeuse, assommante.
A fait le verbe canuter ; partie, présent, canulant : « est- il canulant ! »
Cape, espèce de coiffure, de bonnet pour les villageoises.
Capctte, petite cape ; en plusieurs communes, elle est bor- dée de rangs de tulle superposés.
Capot, diminutif de cape.
La cape était autrefois le manteau à capuchon, fort en usage et dont hommes et femmes se servaient.
Du latin cnput, tète V. Français, chapelle, cnpelte. Des vilains aux blanches chapettes
(Cf. fie Coincy, Alir.)
— :/.) —
Capoute, faire capoute. mourir.
Oe mot, \ulgaiic en Alloinagne, est, selon Jaubrrt, un souvenir des guerres d'autrefois; ii est passé dans le vocabulaire familier de nos soldats et ensuite du peuple.
Capucin, gros lièvre ; nom plaisant qui lui est donné à cause de sa couleur.
aaquer. faire se.-5 excréments avec bruit.
De caca, h lin cacare.
Caquillou, petit baril de contenunce variable, baral, demi-feuillette...
Diminutif de caque, tonnelet, avec le suffixe illon.
H La caciuc sent toujours le hareng ».
L'étymolngic du mol caque est li'zarre : holland. kaaiien, Otor les ouies, de Uaaken, unies, mAclioirc, puis mettre en tonneau ; d'où caque, le tonneau lui- m«":'me. C'est ainsi qu'un mot signifiant mâchoire en csl venu à signifier tonneau. (L).
Caravottes. inégalités de terrain, grandes ornières séchées : « la route, le terrain est tout en caravottes » ; — nom de lieu ; un écart de Jouvençon s'appelle les Caravoltes.
Carcan, vieux cheval qui ne peut plus se traîner, rosse ; « quel carcan ».
Au point de vue étymologique celle expression se ral'ache plutôt à carcasse, restes, débris d'un animal, qui en Berry se dit carca, carcan, (ju'au mol carcan avec son acception de collier do fer, qui aurait pourtant une signification inju- rieuse puisqu'il servait à attacher les criminels au pilori.
Carcul, carculer, calcul, calculer.
Par corruption, changement de la lettre / en r.
Caribandène, «courir \i\ caribandène y> c'est courir les cabarets.
Du latin cahjba, treille et calyhita, (jui liante le cabaret.
Carimentrant, carmentrau, carême entrant, ou mieux en français, carême prenant, commencement ducarème.
Carmeiilran^ prénom donné quelquefois à des enfants nés à cette époque de l'année.
Du V. français carcsme enh'ant, pour carême prenant : le mardi gras ou même les trois jours gras avant le mercredi des cendres et particulièrement le mardi. 11 y a un vieux proverbe qui dit : < il faut faire carême prenant avec sa femme et Pâques avec son curé. »
— GU —
Carlou, raccommodeur de souliers.
Carnabeau. scorzonère ou salsifis des prés, plante des prés humides que les enfants recherchent pour hi manger ; dans le Jura on dit Barnabe.
Garuier, carnassière, sac où l'on mot le izibier.
Mot partout très usité ; il ne figure dans le dictionnaire de l'académie que depuis 1878. De caro, carnh, chair, comme carnassier, carnassière.
Carouclier, jeter des pierres, des mottes de terre durcie caroc/ics) sur quelqu'un....; se caroucher.
EcarO'/chcr, rompre les caroches, briser les mottes ; on a aussi appelé ccarouchoir un instrument pour rompre les mottes ou caroches.
Les Espagnols disent ayrrojor. C'est notre mo' auquel nous ;tvons ajouté un C— On dit en certains pays ^Poitou) (jarrocher : on a fait venir ce mot de garrot, v. français, trait d'arlialcle, bAlon.— Caroche, carouclier qu'on peut écrire avec deu.\ r viendrait jdutôt, d'après le D'" Gaspard, de carreau, m^i très usité pour britjue de terre cuite.
Carpaille. menue caipe, petite carpe d'empoissonnement ou plutôt carpe de deux ans. Suivant l'âge, il y a : la feuille à cause de sa forme analogue aax feuilles de saule, l'empois- sonneinent et nourrain lorsqu'elle a environ i pouces [\() h 12 centimètres] de long et est assez forte pour servir à em- poissonner un étang. Le cent de carpes est de 128.
Carquelin. voir craquelin.
Carre, coin d'une pièce, coté, place, compartiment.
De carre, de côté : vire te de carre », tourne-toi de côté.
Carrer (se), se redresser, se donner des airs d'impor- tance : " i se carre comma un poux sur une galle ».
Même origine que carré fL.); en effet, l'homme qui se carre dresse la tête et se donne une attitude qui fait valoir sa taille, sa carrure.
Carron, carreau, brique pour le carrelage. Carroner, carreler.
V. français; c'est le même nii»t que carreau: -< voyans que les maistrcs tuilliers et qui font la brique et carrons faisoyent marchandise non loyale » Paradin, hist. de Lyon . In autre bourguignon du Louhannais, le sieur de Montconis, dans ses Vofiagef, 111, 18, parlant d'un vieux palais: « les allées sont carronnées ».
Garronage, carrelage. Carronier, fabricant de carreaux.
— Gl —
Carruge, place vague près d'un village, pâturage commu- nal ; — point de rencontre de plusieurs chemins. Nom de lieu, le Cairu<je.
V. françiiis carroge, carrefour, croisement de plusieurs chemins {Dict. Godef.) — do charrière, lieu ou p:issent les charrettes, carrian.
Cartable, sorte de portefeuille ou de carton servant aux écoliers à porter leurs papiers et leurs livres (Littré n'a introduit ce vocable provincial que dans son"isupplément au dictionnaire de li langue française, 1883).
Même racine que carton, ilal. caria [ apier ; lai. cUarta.
Gasaquin, corps de l'homme : « il lui en a donné sur le casaquin». il l'a roué de coups.
Bourguignon, Quaisaiquin, justaucorps. Même ctym. que casaque, sans doute de casa, vctf ment de maison (L.)
Gaseau, casiau, présure, matière qu'on trouve dans l'estomac du veau et dont on se sert pour faire cailler le lait, caillette du jeune veau.
Du latin caseus, fromage; casw, gaël.
Casse, poêle à frire, instrument de cuisine: « sauter à la casse ))^ « des œufs à la casse ».
V. français, du cclt. crte;-; bas latin cassa, Ducange ; « une poésie ou tasse bien nette », Olivirr de Serres.
Casserolle n'est qu'un dérivé, un diminutif de casse ; on a dit aussi casotte.
Casse (queue de), têtard de grenouille. Par ressem- blance avec la cas'ie o\x poêle à frire.
Cassé (être), avoir une hernie, expression populaire et explication fantastique de cette infirmité.
Castafouiiie, excréments, ordures : « c'est de la casta- fouine ».
Castrer, châtrer.
Du \i\\.\ncastrave. Pourquoi c<' mot a-l-il fait en français châtrer, et non castrer qui est patois ?
Casuel, cassant, fragile.
Mot français : qui dépend des acciilcnts. Du latin casus, chute, accident ; cas, chute, fracture, vieux français.
Catales, fiente de mouton.
Catalogne, sorte de couverfure de lit, en laine ou coton.
Castalognc, Oudin, Dict. Cet auteur du 17^ siècle, nous apprend qu'il y avait
— li-J —
des couvertures de laioe blanclic qui portaioiit ce nom, parce qu'cUos venaicn lie Catalogne.
Cataplàme, cataplasme. S'emploie populairement dans cette expression « il a un bon cataplàme sur l'estomac », il vient de manger une bonne soupe, bien épaisse.
Catéchime. catéchisme.
Catio, plui, pot, vase : « Tout catio trouve son (/aeuclo », tout pot trouve son couvercle, comme un dit encore : « tout fagot trouve sa riorte (lien) ».
Caton, grumeau de pâte, qui se forme dans les bouillies mal délayées, dans les gaudes ; — un petit morceau : « baille m'en on p'tiot calon ».
Calonuer, s'agglomérer en catons.
Décalonnrr^ défaire les catons.
Du celt. calt, compact.
Catouillon. grumeau, caton : « ce plat est tout en catouil- lons » ;— caillots, « des catouillons de sang ».
c:atrofle, catrouille, pomme de terre.
Ponunc de terre, en allemand, se dit Kœrtofjel.
Caule, nénuphar, plante aquatique à feuilles très larges et longue tige dans l'eau, dont le fruit est appelé vulgaire- ment bouteille.
Du vieux français, caule, tige, chou à longue lige, Oudin et Nicot disent caule d'herbe pour tige. (Dicl. Lacurne).
Causette, petit causerie iL.; mot familier, mais très reçu, quoique omis par l'académie ; — « faire la causette », deviser babiller, jaser.
Cavale, jument.
Cayon, petit cochon, porc.
V. trançais provençal ; peul-ètre radical celt. cagl, fange. On tuait des cayons ou pourceaux et y faisoit on saucisses, andoilles et lioii- dins lAlector, romanj.
Remarquons (\uccaijon fait au tV-minin caye que nous prononçons gaiUe, truie;
Cemetière. c'metière, cimetière.
C'en mien, c'en tien, c'en sien, ce qui est à moi, à toi, à lui: " il a pris cen sien ».
Cerf volant, lucane, insecte remarquable par l'énorme développement des mandibules.
— I) > —
Cérimonie, cérémonie.
On a ôcrit autrefois sérimonie (Christine de Pisan) ; étymologie très douteuse. Faut-il rappelf^r ici ce singulier exordc qu'on débite avant de dire un coutc^ pour amuser les enfants :
Sermoni, sermona,
Ma chemise entre mes bras,
Mon bonnet sur ma tête... etc.
Gétu^ celui; cetu-vi, cetu-cjai^ celui-ci ; ceta-là celui-là.
V. françats, cestui, celui, celui-ci. La Fontaine et Voltaire dans leurs contes, ont encore employé cestui.
Cha, tsa, chair, viande.
Chac (fîiire), rater : « son fusil a îaitchac ».
Onomatopée.
Cha deux, pour dire deux à la fois. L'expression cha deux est employée encore dans des amusements d'enfants se poursuivant pour se jeter simultanément un objet, un œuf.
Dans le patois lyonnais cha, a cha signifie la quotité de choses mises au jeu ; on dit a cha un pour dire un à lu fois, a dia deux, etc.— La seconde acception, indiquée ci-dessus, a pu faire dire aussi que cha deux venait de cha d'œux, caciue d'œufs, chiade d'œufs.
Gliafouiu, d'apparence grêle et sournoise, figure de cha- fouin, qui tient du chat et de la fouine (L.).
Chafouin, chat foin, fouine.
Ghâgne, chône.
Chaigne (la), nom de lieu où anciennement il y avait des
chênes. Ghaintre, chintre, pré généralement près de la maison,
entouré d'une haie, « la chaintre, le pré de la chaintre » ;
— On a appelé aussi autrefois de ce nom le contour des
champs qui n'est pas labouré et donne de l'herbe.
Du latin, clnctura, ceinture.
Chairs vives, bourgeons charnus des plaies, en voie de cicatrisation.
Ghaissou, chasseur: «y est un fameux chussou, y revient toujours bredouilla ».
Chambarder, jeter au loin avec colère, briser, anéantir : « il Y a tout chambardé ».
Ghambe. jambe ; a fait chambiller, tituber, chanceler sur ses jambes.
— l)i —
Champ, ce mot adonné naissance à des noms de lieu : le champ cliapaau à Menetreuil, etc..
, En champ ^ loc. adv. aller en champ les vaches, les oies exprime l'action de conduire et garder ces animaux au lieu uù ils doivent trouver leur nourriture. « Jeter en champ, foutre en champ quelque chose, jeter quelque chose dehors, dans la cour, dans la rue.
Champoyer, pâturer dans un champ ; — champoijar/e, action de champoyer, champ où l'on champoic.
Ces nmts se rencontrent dans les anciens actes ; ils ne sont ni dans le dict. d«' rAcadémie, ni dans celui de Littrc : comme bien d autres, ils mériteraient de l'être, c*«'st à dire d'avoir été conservés, car ils sont de l'ancienne lani^ue.
Chancre, aphtho, petit ulcère dans la houclie; - espèce d'ulcère malin qui ronge les chairs, cancroïde.
Chancre btanc^ muguet, aphthes, stomatite, inflammation de la houche.
Vieux mots, restés d'usage.
Chandelouse, Chandeleur, (à cause des cierges dont on se sert^ fête de la purification de la vierge.
A la chandelouse
L'hiva s'en va c'momenl de la bouse. Du latin car»dela, chandelle, cierj,'e.
Chandoile. chandelle. On dit qu'un enfant a des chan- delles au nez quand il a besoin d'être mouché.
Chandelle s'écrivait autrefois (il y a plusieurs siècles) Cliaiidoile et s'eniplovait- pour cierjce.
Châne, chagne, chêne.
Celt. Kaër, qtie'^.
Le mot chêne a donné naissance à des noms de lieux Chanay. la Chanée^ le Chanel^ la Chenerie.
Changer (se), changer de linge, de vêtements : « Y faut que je m'aille changer^ je suis tout trempe ».
Chantemerle, nom de lieu, nom de hameau, à Montpont, Sagy, etc..
Chantou, chanteur.
Chapiteau, porche d'une église ; presque toutes les égli- ses avaient autref(as leur chapiteau à la porte d'entrée, en
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dehors. C'est là où la plupart des hommes restaient pen- dant l'office. De cappa, cliappe, abri, avec suffixe i/us, itraa.
Chapeler, chapler, re})iquer les meules usées par le frottement ; chap/ou^ l)iqueur de meule.
V. français chapler, frapper, tailler, mettre en pièces, chaplon, déconibrcs, (lélritus etc..
Ils bnislèroiil et chaplèienl loiilcs les images. (Le levain du Calvinisinc 11)11.)
Pierres détail cliapplres, (inrentairea XVt' siècle./
Le dict. de l'Académie, 1878, donne encore cliapelor en ajoutant «pi'il n'esl^ guère usité que dans cette phrase : chapeler du pain, nter le desMis de croule du pain et chapelures, croûte de pain rà|)ée et pulvérisée.
Chapon, croûte de pain frottée d'ail.
Mot formé ironiquement, d'après Bigame (patois de Beaune), la IVolli'e d'.iil étant souvent le plat principal, \c chapon {\u pauvre paysan.
Si tu le trouves sans chapon, Sois content de pani et d'oignon.
(Dict. des pror. français).
Chapoter. chapouter, couper du bois en menus mor- ceaux ; dégrossi)" une pièce de bois, découper maladr-dte- ment, frapper à petits coups.
V. français ; à rapprocher de cltapuis qui signifiait autrefois cliarpeulier.
« Il tournoit, viroil, Iripotoit, cliapolnii. » Rabelais, Panla'jruel. III, (tro-lngue.
Cliapoalou^ qui coupe, travaille maladroitement, mauvais charpentier ou menuisier, gâcheur d'ouvi-age, « c'est un chapoutou ».
Char à banc.sortede voiture. Il y a aussi {Qc'iar à foin, ., \e char à (jlacr, sorte de tiaineaii rndimentaire qu'on fait aller sur la glace, à l'aide de deux bâtons ferrés.
Charbon de pierre, charbon de terre.
Charbon, furoncle, anthrax, abcè> ; expression fréquem- ment employée, même pour des lésions peu graves.
Charbon calant, expression de médicastres, adai)tée à bien des maladies de l'espèce humaine et des animaux, mal de • langue, inflammation, petite tumeur...
Charbouiller, barbouiller, noircir, gâter le papier, la muraille...
Charhouillc, qui a le visage barbouillé, noirci par le clmr- bon. malpropre.
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Se charhoin'f/er, so noircir, se barbouiller, s'assombrir « le temps se cliarbouiUe ^\ devient nuageux. ùêc/iarboui/lcr. débarbouiller, nettoyer le visage.
Etyin. carbiincuhre, de carho, cliaibon (L.). ,
Char de Vénus, la lleui" de l'aconit.
Ktym. La Heur renversée a l'.ipparence dun char.
Chardounet, chardonneret.
V. français : Le chanlonnct non moins agréable à rteil que doiilx et plaisant à roreille. Liébaut. médecin dijonnais, Maison rustique.
On pas à pas le long des buissonnets Allois quérant le.s nids des chnrdonnets. (Cl. Marot, Eyl. au Roi).
Chareter, trainer. voiturer, ((. se faire ckarclcr ».
V. français [Dict. God.)
Chareti, local généralement placé à l'extrémité des maisons pour y mettre à couvert les chars.
V. français, resté dans le patois, charti (Ménage, Ducange), charretie {Roman du Renarl).
Chargement, charge: « j'en ai mon cluircjeniont ».
Charité (la), on appelait autrefois une VJiarilé un établis- sement charitable : La Charité, ancien établissement à Louhans. maison d'instruction et orphelinat, devenu le collège de jeunes filles qui a conservé le même but, avec un orphelinat annexe.
Chariot. Nous indiquons ce mot pour rappeler ce chariot pour les enfants, qu'on voit encore dans beaucoup de ména- ges à la campagne.
« Ces petites chariottes triangulaires où l'on met les enfants pour leur appren- dre à marcher». V. franc. Vigeri, cit. par Cod.)
Charmois (le), charmette (la), noms de hameaux... dûs à la présence du charme ; autrefois lieu planté de charmes.
On donne le nom de charmois en <iuelqucs endroits aux bois où le charme domine (Dict. d'.\gr. 1809).
Charneuri, chardonneret; — au figuré, gendarme: « te vas à la chasse, t'as point de permis, gare ez ckamcuris ».
Charpène, charmille.
Gharriere, chareire, voie par laquelle peut passer un chai;, une charrette (L.); chemin de forêts où passent les
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chars, les voitures ; chemin k voiture; iiu figure. — «courir par les charrières », avoir perdu la tête, être atteint de folie.
V. français. — Bas latin, vlae carrerix ; Ksp. carreria ; liai, carrera. La seconde manière de voie qui fust fête, si lu do !iuit pies de largue et l'apel'on carière. ^Beaumanoir).
Il voit qu'ele est en la charière. (Roman du llenarl).
Chat, friand, gourmet, gourmand, p rté sur sa b')!iche ; on disait autrefois « les chats de (Jhalon ».
Chatterie, acte de friai.dise, friandises, coquetterie, fausses caresses (L.)
Ghatiau, château ; à la campagne, toute maison .'i un étage est un château. Chatillony nom de lieu à Sainte-Croix.
Chatière, petite ouverture dans les toits des greniers, par où les chats trouvent passage.
Chatillons, chatouillements, « faire les chati lions ».
Châtrou, jeune bœuf nouvellement châtré. En Bourgo- gne on appelle ckâtron, le mouton ; le bélier se nommait coiUart.
Vieux mot français : « troupeau de châtrons » Très, des Chartes, 1387. « Li chatron.s paierai 1 d. de païaije » {Péoqc de Dijon).
Châtrou, châtreur. celui qui châtre les animaux dans nos campagnes.
Chaud et froid, fluxion de [).»i!.i'ine, pneumonie, pleu- résie ; « Il a pris un chaud et froiil. »
Chaut (il ne m'en), il ne m'importe.
Vieux Irançais, chaloir, importer, se mettre en peine, se soucier, du I;iliu calare.
Amy de ces joyes mondaines
Ne me chault et m'en suis forclus.
[Dance aux aveugles, lu llo(|ucrniij.
Chauveau, petite mesure de vin, le quart do la pinte qiù elle-même était d'un peu moins d"un litre, ('J ; centilitresj ; « allons boii^e un chauveau ».
V. français [Dict. God.); Bas latin, calvea, mesure poiii- les i;r,iius ; du latin calva.
Chavannes (les), nom de lieux, de hameaux, à Bosjean,
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Dommartin, Branges. Montpont, Savigny...: la Cltavan- naiae, à Montpont ; Chavanette^ à Chapelle-Naude...
Chavoine, ohevanne(Ll. poisson blanc du genre des ables; on l'appelle encore meunier et trivialement brochet de cor- ilonnirr.
C/iaroniau. petit chavoine.
V. tVan(;ais chevesne.
Chazeaux (les), nom de lieu, à Menetreuil.
Auicnienlalif do citez ; <lu latin casa, cabane, channiièrc.
Chemin à talon, petit sentier l)attn on Ton ne passe qu'à pied, sans brouette.
Ghenailler, mot obscène, parassimilation aux actes obscè- nes des chiens.
Gheneteau, jeune chêne. « un p'tiot cheneteau ».
V. français, clieaneteau.
Tandis de mes amours sur leur cscorce tendre Gravon ces chesneteau.
(Baïf, Eclog.)
Ghenêve, chenove, chanvre (plante), chanvre roui, sa filasse ; « é vo ja mis voûte ckenove à l'aiguë », avez-vous déjà mis votre chanvre à l'eau ; « dans les veillées d'hiver, on teille le chenôve».
Vieux mot, anciennement employé aussi pour toile de chanvre, [Dicl. God, Péage de Dijon); a^ fait en français chenevière, chenevolte, chenevis.
Gheni, grain de poussière, «j'ai un cheni dans l'œil. » Clierds, balayures, poussière qu'on enlève en balayant les appartements.
l'robablement de clnis cendre. .\'e parait pas avoir l'étymoloiçie du chenil, ieu où l'on enferme les chiens qui vient de canis. (L.)
Ghenique, ch nique, eau-de-vie.
Difninutif de chenu, V. après.
Cheniqueur. ch'niqueur. buveur d'eau-de-vie.
Ghenu. en langage populaire signifie bon. excellent, fort L. . f( Voilà du vin qui est chenu. »
Gheper. cheuper, appeler de loin : a cheupe le don ». appelle le donc, en criant fort.
Chercher son pain, mendier.
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Chetel, cheptel, capital en bestiaux attaché à la ferme et confié par le propriétaire au fermier.
Bas latin, capitale, lire de caput, trtc.
Cheter (se), s'asseoir, « chetez-vous don ».
Clieti, chetite, ch'ti. ch'tite, chétif, faible, malins^re. et au ligui'é mauvais sujet, malin, malfaisant ; - de mauvaise qualité, de peu de valeur : « une ch'iile maison, une cliiitn soupe, un cliti gas, du cliti monde ». On dit souvent: « ckii comme Vitry », par allusion ù un assassin nommé Philibert Vitry, qui au siècle dernier, répandait la terreur dans la Bresse chalonnaise et fut capturé enfin par la maréchaus- sée de Louhans (arc/i. de p. Saône-et- Loire C. 70).
IJouri-iiiiT. cheti ; vieux tranrais chetif, «In latin captiuus, captif, et de là faible et misérable (L.)
Maijrrcs esloit et onouit chailis
(Roman du Renart) Li cor est mèv^res et meniiz Trop est chaitis n'a que les os (id.)
Chetivité, malice, méchanceté, mauvais acte, ou qualité de ce qui est chétif. D'une mauvaise personne on dira : elle a toutes les clitivités du monde.
Chetivité, dans l'ancien français sii;;niriait captivité et état chétif ^L.), et aussi, par extension, chose mauvaise, lâcheté (God.)
Cheudre, choir, tomber, « t'vas le faire cheudre ; - il a chu )) ; « e tresale mais ne cheut po », il tremble mais ne tombe pas.
Du latin cadere.
Gheupran. chupperan, chat huant, hibou. Cheuvre, chèvre, grosse sauterelle.
Insecte qui saute comme une chèvre.
Cheux, chez.
Chevalin (le), l'espèce des chevaux, race chevaline.
L'académie n'admet le mot que comme adjectif féminin, chevaline.
Chevau, ch'vau, cheval ; un chevau, des chevals.
V. français :
Le roi vmt à son chevau et monta.
(Mélusine)
Chevenotte, pour chenevotte, tige de chanvre dépouillée
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de la tilasse. « un bon feu de chevenottes ». On se servait aussi des cliovonottes pour faire des allumettes souffrées.
Par corruption de chenerotles, mot français, (iitniniitif de chanvre par un intorniédiaire tel que chonevis. Villon dans son (inind testament nous représente des vieilles accroupies A petit feu de chcnevottes Post allumées, tost estaintes.
Chevret, fromage de lait de chèvre, de forme carrée, fabriqué eu Comté.
Chicanou. chinaneur. celui qui chicane.
V. Iranrais Rabelais parle lieaucoiip des chicanoux.
Chichine, cliose médiocre: « c'est de la cldchine » ; — mau- vaise viande, viande de rebut.
Espairnol, cliicha.
Ghiquot, hoquet.
Cliicoter, avoir le chicot, avoir le hoquet.
Ce mot a vr.iiscmblahlement la niruie origine que cluquet. chiqueler, partie d'un tout, mettre en morceaux.
Gliie en culotte, petit garçon, petit morveux, sale.
Chie-en-lit, petit garçon sale.
Chien fou. chien enragé ; chien errant, vagabond.
En V. français, folle r a signifié courir rà et là.
Chiffre (la), l'arithmétique : « Il apprend la chiffre ».
Chin. chien.
Chintre, voy. Chaintrc.
Cihiotte, privé, latrines.
Chipoter, taquiner quelqu'un, être vétilleux, hargneux... manger avec dégoût et du bout des dents ; Littré ne donne ([lie l'acception : f.iireun travail avec négligence ou lenteur.
0.1 donne Tétym. de ddpe, roj,'nure, le verbe anglais io chip signifie couper en morceaux.
Chipette, miette : (f belle chipette », rien.
Chipie, femme avare, pingre, mauvaise femme « quelle chipie ».
Chique, morceau, < on lui a donné une grosse chique de pain »; — terme de jeu de billes : « faire sa chique, faire son creux et sa chique ».
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Chiquet, ilimiiiutif de chique, «un p'tiot chû/uct de pain " : on dit encore « belle chif/ueite ».
Chiquer, manger de grand appétit.
D(''jà Rahehiis a employé ce mot dans ce sens.
cihogne, (iente, ordure, bouse de vache;— fiente de gros l)étail ; « p'tiot, va ramasser des cliognea ».
Chose, machin, mots d'un grand secours dans la conver- sation familière à ceux qui parlent d'une personne ou d'une chose dont le nom ne vient pas à lear mémoire: « Dites à cliosc : — il a l'air cliosr ».
Choser, s'occuper de, travailler à..; « il est à choser ».
Choiie, choue, exclamation pour chasser les poules.
Chouette, Ijcau, superbe : « cQ^t chouette ; — voilà une chouette moisson » ; — pour l'idée contraire a ce n'est pas chouette.
Chouettement, ])ien, très bien: « c'est fait cliouetlonrnt,
Littré donne cette acception ])opulaire du mot chouette: \\ est peu probable (|ue chouette vienne dn nom de l'oiseau quoiiiu'il y ait d.ms Rabelais « ma femme sera jolie comme une petite chouette » ; ce mot parait être plutôt une corruption du V. fiançais so?fe/", doux, suave, latin suavis.
Chougner, chouiner, pleurnicher, pleurer. Ch'ti, syncope habituelle de cheti ; voi" ce mot. Chuppe, toufïe de plumes sur la tête.
Cigogner, sigogner, tirailler, secouer une personne ou une chose en lui imprimant un mouvement de va et vient : « il m'a tant sujogné que j'en ai le bras tout démanché ».
1 /origine du nom est dans le mouvement du cou de la cigogne. t'Ayognc s'est écrit aussi anciennement siciogne.
Cin, cinq.
On est par trop grammatical : on ne veut pas prononcer le q devant une consonne, on dit cin sous, tandis qu'on pro- nonce cinq devant une voyelle ou une h muette: cinq enfants, cinq hommes ; on ferait bien mieux de suivre l'habitude, générale à Paris, de prononcer le q, de même que celle de faire sentir le t à sept, i^et sous, habitude bonne, car elle fait mieux saisir et permet d'éviter l'erreur.
Cintième, pour cinquième.
Cisiau, ciseau.
Clairer, flamber, « faire durer Ux chandelle », la moucher pour hi faire mieux hiire ; « faire clairer le feu ».
Du latin clarescere.
Clampiu, piresseux. fainéant, traînard (L).
Forme <lc ranck'ii verbe norm;inil ncclampev. Ii<*r, aUacher.
Claquée, stn'io de clacpies. « donner une claquée ».
Claquer, avec l'cicception manger son avoir : « il a tout claqué en rien de temps ».
Claques, nippes, défroques : « ramasse tes claques et f. .. le camp. »
Claveau, claviau. hameçon.
Vieux mot, claveau, clarel, clou, dard. Du latin, clavetliis, petit clou, dimi- milif do claviis. Le claveau est l'Ii imeçon |)rimitir, un morceau de Ter recourbé.
« En l'autre il portoit force provisions de haims et de claveaulx, dont il accou- ploit souvent les hommes et les femmes en eompaignies où ils estoycnt serrez. » Rabelais.
Claviot, cramiau, clajiiau, gros crachat, expectora- tion, flegme qui s'était arrêté dans la gorge : « un gros cla- viot », un crachat très épais.
Peut-être de crâ, diminutif de cracher, Berry crat, onomatopée du raclement de la gorge, avec sufli.Ke iau, ou peu'-ètre viau. moule de rivière; « quel viau »> disent les «Mifants d'nn crachat visrjueu.K:— peut-être plutôt de l'anglais c/«mmi/, visqueux, gluant. L'auteur du glossaire genevois indique le mot clamean et ajuule qu'on peut soupçonner une origine celtique à presque tous ceu.\ de nos idiotismes qui ont du rapport avec l'anglais.
Cliau. claie, barrière à claire voie.
Clic, clac, onomatopée), bruit que l'on fait en faisant claque) un fouet.
Clion. flan ; « je me rejouis d'aller à la fêta pour mougi du clion ».
Cliousieau, pré clos près la maison.
Cliques et claques, meubles, outils : f( Il est parti arec bcs cliques et ses claques et on ne l'a plus revu ».
Cloche pied, jeu d'enfants où l'on va sur un pied, en clo- chant et poussant devant soi un palet, dans diverses cases dessinées sur le terrain: c'est ce qu'on appelle encore le jeu de palet.
Clocher, boiter, aller mal : « ça cloche ».
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Cloquer, crocer. glousser : on appelle encore mère croque une mère poule, vraisemblablement de ce qu'elle glousse pour rassembler ses pousins.
Du latin (7/odn% l'r a remplacé 1'/. Kii v. iVanrais on disait f/OM.sser, qui se rapproche plutôt du latin crocire, crocitare.
Closse (mère), poule mère ou encore poule qui veut couver : la mère closse.
Esp. gallina clueca.
Go, COU, « j'ai mal au co »;— coup; — cour, « mets-le à la co », à la cour, dehors ; — court.
Coat, quoua, queue.
Coballe (porter à), porter un enfanta cheval surson dos, à cou la balle, à cou belin, à col le mouton, comme on dit en d'autres localités.
Elym : peut-être simplement corruption de porter comme balle. Dans certaines localités de la Hourgoj,'iie on dit : porter à la biscanconie ; dans le .lura on dit porter un enfant à coucou barillet.
Cochon de cave, cloporte (insecte d'aspect repoussant). Cochon de mer, cochon d'Inde.
Cochonnade, cochonnaille, vi;inde de cochon, toute espèce de mets qui a pour base cette viande, le sale, les sau- cisses, le boudin : « elle est après faire sa conhonnade ».
Cochonner, faire mal, grossièrement, a cochonner un ouvrage »,
Se cochonner, se salir, « comme tu t'es cochonné ! » Cochonnier, ordurier, crapuleux.
Coco, œuf, terme enfantin; — terme familier de moquerie « c'est un fameux coco » ; -- terme d'encouragement à un cheval: « hue, coco ».
Cocote, terme enfantin pour déoigner une poule ; — petit carré de papier plié de manière à présenter quelque ressem- blance avec une poule (L.)
Etym. vraisemblablement de coq.
Cocotte, fièvre aphtheuse du bétail. Cocotte, voir aussi coquelle,
Coeffe, coiffe.
Bas latin, cofea ; anciennement coiffe s'écrivait souvent coeffe.
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Coëtre, lit de plumes. V. coutre. Coffe, cosse de poix.
Du latin coffa, coiflo.
Coffre, ventre : « je m'en suis fourré dans le coffre ».
Coffrer, incarcérer, emprisonner : « on l'a coffré. »
Coignâtre, connaître. « je te coigna bin », je te connais bien.
Vieux français, Coignoistre.
Coillot, voir coulou.
Coincoin, craquement des souliers neufs ou trop secs.
Coisi vo, taisez-vous.
Se tenir coi, v. français.
Colas. Nicolas, (par aphérèse).
Colidor. corridor, (par altération d'une lettre).
Coller (se), s'accoupler, en parlant des chiens.
Combe (la), nom de lieu;((la Combe Buzon », à Champagnat.
Combe signifiait, en v. français, petite vallée peu profonde et sans ruisseau ; vallon, enfoncement, pli de terrain. Ce mot parait d'origine celtique (L.)
Combien, quantième : « le combien est-ce aujourd'hui », quel quantième avons nous.
Commère, marraine.
Communs, commodités, cabinet d'aisance ; « aller aux co)timuJis. »
Compère, parrain.
Compèïe babillard : c'est l'enfant qui dans un baptême, croit jouer le rôle important de parrain et en réalité n'est rien.
Compère Loriot, bouton sur la paupière, orgelet.
Comprenotte, entendement, intelligence, faculté de com- prendre: (( il a de l'a. comprenotte »
Comunau. terrain communal, qui appartient à une com- mune.
Ce mot répond au fr. commune.
Confirmer, pour souiïleter : « je vais te confirmer », pour je vais te donner un soufflet.
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Confondre, gâter, souiller, abîmer : <.< je in'suis tout con- fondu » ; — détruire, saccaio^er: « la grêle a tout confondu les récoltes ».
V. français.
Confusionner, donner de la confusion, de la honte: « j'en suis tout con[usionné », confus...
onséquent, important, qui en vaut la peine, considérable; « c'est une somme conséquente ; un domaine conséquent ; il a une fortune coiLséquente .
Gonsire, jet de terre le long d'une haie. Voir Contour.
Consommer, consumer.
Le langage populaire a conservé cette confusion entre consomme)- et consumer, confusion qui a existé longtemps dans la langue, qui se retrouve dans les anciens auteurs, mais qui n'est pas maintenue par l'Académie.
Consulte, consultation : « les médecins ont fait une con- sulte ».
Contenuance, action de continuer: « il boit de conte- nuance », il boit constamment.
Contour, chemin d'assainissement d'un champ, espèce de plate-bande à surface plus basse que le champ, où s'amasse la terre entraînée par l'eau des pluies et qu'on reporte pério- diquement sur la pièce en t^ulture : « lever les contours. »
Leur nom vient de ce que c'est sur eux que le laboureur retourne sa charrue pour tracer un nouveau sillon.
Dans le sens longitudinal des sillons et le long des haies qui leur sont parallèles, on pratique encore d'autres che- mins creux comme les contours, larges d'un mètre au plus, appelés concires, consises ou baragnons, lesquels sont destinés aussi, soit à l'assainissement, soit surtout à prévenii- l'extension des racines des haies.
Contrevention, contravention.
Goquecigrue, baliverne, objet chimérique ; — celui qui dit les balivernes ; — personne ridicule, originale, d'un caractère bizarre, revêche.
Ce moi aurait été dans l'origine le nom d'un animal imaginaire.
Coque fredouille, homme qui se mêle de tout, dans le
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ménage et ailleurs, personnage indiscret et inconvenant, touche à tout qui tàte l'œuf au ventre de la poule.
L'étymologie est inconnue. (L.)
Coquelle. cocotte, petite marmite à manche ou casse- roUe en fonte pour la cuisine.
Du latin coqucre, cuire.
Coquetier, marchand qui va aux foires acheter les œufs, les poulets, le beurre et même les fruits, les légumes ; mot très connu à Lyon, s'adapte aux maraîchers comme aux revendeurs d'œufs.
Corbeau, nom qu'on donne quelquefois injurieusement à des personnes qui, par état, sont obligées d'être vêtues de noir. On dit aussi coua, onomatopée.
Corée, les poumons et le cœur d'un animal : (( corée de mouton ».
Vieux mot français, du latin cot', qui désignait à la fois cœur et estomac.
L'ondor des roses savourée M'intra ens jusquos as corées. (Roman de la Rofse)
Cori, corre, courir, aller vite.
V. français.
Renard conit la voie estroite.
Et Isengrin cort la plus droite.
{Renart}.
Montrez moi comment il sait corre.
(id.)
Corne, chausse pied, ustensile en corne qui sert à chau.*;- ser plus facilement les pieds: « il me faut la corne pour met- tre mes souliers ».
Corner, donner des coups de corne: « prenez garde ! cette vache corne ».
Se corner^ se dit des taureaux et des vaches qui se battent à coups de cornes : <f ces expressions, qui sont de la campa- gne, devraient être reçues, car elles ont été faites là où seu- lement elles pouvaient se faire » (L.)
Corniau, c/ilen corniau^ chien mâtiné, chien bâtard qui tient du chien de chasse et du chien de race vulgaire.
Cornichon, sot, niais, crédule, ridicule.
Corniole,corniolon, gosier, estomac, ou plutôt œsophage,
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conduit par où les aliments descendent du gosier dans l'estomac, « ça fait du bien à la corniole.
De corne pris dans le sens de conduit, {Va corne est un objet creux), comme cornet, cornet de poêle ; — suffixe péjoralif, ola.
Corniotte, espèce de petit gâteau ou plutôt pâtisserie épaisse et nourrissante que l'on fabrique surtout à Louhans, de forme triangulaire, les bords relevés comme ceux d'un chapeau à trois coi'nes, d'où son nom. Il y en a de deux espèces, avec du coumeaii ou fromage blanc ou avec de la bouillie à l'intérieur. Le terme de corniotte est également employé à Chalon-sur-Saône ; mais c'est surtout un terme et un mets louhannais, il s'en mange par centaines et par mille, certains dnnanches et fêtes, surtoutlejourde l'Ascen- sion.
De corne, qui a signilif' aussi angle recourbé, comme dans l'acception fai)e une corne à un livre.— De même, faire une corniotte se dit d'un coup d'éper- vier mal jeté.
Got, arte, mite, teigne, larve d'un petit papillon de nuit qui ronge les étoffes de laine : « mes habits étaient tout mangés par les cots «.
Du latin cossis, cossus, larve.
Côtis, morceau de côtes de porc légèrement salées. Coua, queue.
Lat. cauda, par altération coua, qui peut-être du reste aussi bien altération de queue.
Couche-te, couchi-vou, couche-toi ou tais-toi, taisez- vous, (expression d'étonnement).
Couci-couça, comme ci comme ça.
Comme s'est autrefois prononcé coume; de coume-ci ou a fait coud, par abré- viation.
Coucou, terme enfantin, en jouant avec les enfants : (( coucou ah ! le voilà )^. — Outre le nom de l'oiseau bien connu, le mot coucou désigne aussi une plante, la primevère des bois.
Coudre, codre, courge.
Couenne, imbécile : « espèce de couenne » ; - honteux, interdit, « a-t-il l'air couenne ».
La couenne (mot français) est la peau d'un cochon, raclée. Ce mot parait venir du latin cutiSy peau, par un dérivé cutaneus.
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Couessi, couver : ce j'ai mis couessi na croca )\ j'ai mis couver une poule.
Couetton, privé de queue.
Cougnêtre, connaître. CoïKjiK'chance, pour connaissance.
Goui, petit étui ou godet de fer blanc que les faucheurs attachent à leur ceinture et où ils mettent tremper dans l'eau la pierre qui sert à alfûter la faulx et qui portait aussi le même nom dans l'ancienne langue.
Item une gaync ouvrée à la faron de Turquie en laquelle a une coux à esguiser.
{Comptes du roi René). Dans Roquefort, le coyer est la pierre à aiguiser et aussi l'étui qui la renferme. Latin, co», pierre à aiguiser ; v. français Keus, Xlll« sicele [Blonde et Jehan, Dict. Lacurne).
Couille, testicule.
Latin, coleus.
Couillon, poltron, lâche, mot grossier dérivé du précédent.
V. français coion.
Couillonnade^ bêtises, niaiseries : dirr. des couiUonnades, dire des choses grivoises. Couillonner, railler, se moquer.
Couiner, chouiner, crier en pleurant, bêler, grogner ; se dit aussi d'une porte qui grogne sur ses gonds. Couinard. qui crie, pleurniche et grogne.
Sorte d'onomatopée. V. français couinner, gémir. Cltouiner est une variante.
Coulant de serviette, rond de serviette. Couleurer, colorier.
Coulire, corbeille ; coutiron, petite corbeille. Coulon, pigeon sauvage, ramier.
v. français, coulon, conloinh. Du lat. columba, colombe.
Coulon, bœuf de couleur blanc jaunâtre, nom donné au bœuf de cette couleur.
Coulon, eoillot. couloir, passoire qui sert à couler le lait qu'on vient de traire ; ce n'est souvent qu'une sorte d'écuelle à fond de toile. Le coulou doit être toujours tenu très propre; c'est par l'état du coulou qu'on juge si une femme est bonne ménagère.
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Citons le proverbe :
Coulou bien lavé
Fumier bien relevé
In(li((uent fille à marier, car le fumier est à Ir vue des passants, le coulou aussi séchant au grand air, à la porte, hors de la maison.
Coumeau. comeau, kemeau, bouillie de fromage blanc (|ue l'on met sur les llans oii gâteaux avant de les mettre au feu.
Coumèle, espèce de champignon comestible qui vient dans les bois.
.\insi appeli', dit Jauhert igloss. du centre) parce qu'il rroit en roiiipaiïiiie (altération de commère).
Counille, quenouille : « p'tiota, met don de l'œuvre k ma cou n il le ».
V. IVanrais cannoulle, de canne, roseau,— ca/m, bâton blanc, cannus (Gloss. lai de Du Cange).
D'aguilles, canoullc et fuseaux.
(Eust. Dcsch. Poèsiea).
Coup, mot qui a donné lieu partout à bien des locutions populaires.
Coup de chien, manœuvre perfide, déloyale.
Coup (Vair, refroidissement résultant de l'action brusque de l'air froid.
Le coup (le soleil est bien l'érythème sur la peau, résultant de l'action brutale du soleil ; mais prendre un coup de soleil à l'ombre^ c'est se griser.
Boire le coup de l'êlrier, c'est boire une dernière fois avant de partir.
Etre aux cent coups, ne savoir plus où donner de la tête.
Faire les quatre cents coups, mener une vie déréglée.
Coupant, tranchant d'un outil ; on dira le côté du coupant, pour le côté du tranchant.
Coupe-chou, frère ignorantin; on a voulu dire: plus apte à couper les choux qu'à instruire : on a appelé ironiquement ainsi les élèves des frères ; nous ne disons pas que ce fut toujours avec raison.
Le mot vient de ce qu'on appelait autrefois frère coupe-choux, dans les com- munautés, le religieux qui était chargé des plus bas détails.
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Coupe, copon. copa. mesure de froment, variant avec les localités.
Coupelle, plus particulièrement mesure de farine et de grain au moulin.
Diminutif de coup, cclt. coupe. '
Couperot, couperet.
Courailler, courir la prétantaine, de côté et d'autre, en mauvaise part.
Courande. danse.
Courante, diarrhée; avoir la couvanlc, avoir le dévoiement
Courater, corater, poursuivre qu'elqu'un en courant.
Couratier, coureur, s'applique à ceux qui ne peuvent se tenir à la maison, coureur d'aventures galantes, coureur de femmes.
Etym. altération de coureur
Courdjon, cordon. On dit volontiers : « baille me encor un p'tiot courdjon », donne moi encore un petit coup à boire.
Peut-être du cordon formé par le liijuide que l'on verse, (h; la eriiclie par exemple.
Courir les garçons, courir les filles, les -rechercher par amour ou amourette.
Courtil, curtil, courti, curti, petit jardin attenant à une maison de paysan (L.), nom de beaucoup de champs qu'on rencontre dans les anciens titres de propriété et dont la dénomination subsiste encore aujourd'hui.
V. français :
La vieille sortit en ung courtil ou vérifier près de sa maison (Rab. Pantagruel).
La bonne dame del Mesnil A overt l'uis de son corlil.
{Roman du Renarl). Du bas-latin curtile, eiirtis, rortis dérivé du latin chars, cors, basse-cour, plutôt (jue hortus, jardin Cors a fait également cour.
Les Cours, noms de lieu à Bruailles, à la La Racineuse.. ; les Courts Guilrnes à Branges, courceile à Bruailles, de curti- cella diminutif de curtis...
De curtil^ vient encore courtilière qu'on appelle encore vul- gairement arrête, insecte destructeur des légumes, qui habite les jardins, les eourtils.
— 81 —
Goutance, coût, prix d'une cIkjsg, dépense.
V. IrarKjais, constance. Bas-latin custancia, couslantia ; du latin conslart coûter.
Couteau de miel, rayon d'un gâteau de miel.
Couteler, couteler les draps, les étendre pour les plier après la lessive.
Couterie de fil, aiguillée à coudre.
Goutieau. eutiau, couteau.
Gouton, coton.
Coutre, coutro, coutrotte, lit de plumes, coussin de lit, matelaS; couverture.
V. français, coite, du latin culcitra, coussin, oreiller, matela.s, ou coopertura,
couverture.
Et quant par nuit dormir voloicnt
En leu de coites aportoient
En lor casiaus monciaux de gerbes
De foilles ou de mousse ou d'erbes.
(Roman de la rose).
Couture, couturer, culture, labourer trois fois la jachère.
Ancien mot français signifiant culture.
Couvert pour couvercle : « le couvert de la marmite » ; on dit aussi le couvert pour le toit d'une maison.
De couvrir, cooperire.
Couverte, couverture d'un lit.
Couverte de porte, pièce de bois ou de pierre que l'on met en travers au dessus de l'ouverture d'une porte ou d'une fenêtre pour soutenir la maçonnerie.
Cra, Grau, corbeau.
Grachie, crachée, résidu, écume du beurre f fondu et bouilli. Dans le Jura on dit cramaclie : on mange la cracliio en tartines, en rôties.
Etym, cracher, ce que le beurre crache.
Crafe, croûte qui se forme sur une écorchure.
Crai, cret, pellicules farineuses, petite croûte crasseuse sur la tête des tout petits enfants : « il a la tête pleine de crai ; cet enfant a du crai y).
De crasse.
— S-2 — Craire, croire.
V. franvais, creyre, du lat. credere.
c.ramper (se), s'attacher rortemeut à uu ouvrage, se cramponner.
Crape, crapa. dépouille de turtpiis : a lait le verbe décra- pci\ ôter la dépouille du maïs, ce qu'un t'ait Ljénéralement le soir : « Jean, te vindras décraper c'tu se ».
Crapaud voulera, crapaud volant, engoulevent, sans doute à cause de la forme de sa tête.
Crapiau, crapeau.
Craque, menterie, hâblerie, mensonge par exagération et gasconnade.
Te"me populaire achTiis par Litlré. D'oriç:ine incertaine ; on se demande, dit- il. si c'est la pièce de Colin d'Harleville, M. de Crac dans son petit castel, f|ui a siKjgeré la locution de craque ou si c'est la locution ipii a sugi^éré le mnii du jtersonnajre.
Craquelin, carquelin, sorte de pâtisserie qui ressemble à l'échaudé de l^aris, biscuit léger que l'on donne aux oiseaux et aussi aux enfants.
Le verbe craijuer, qui est une onomatopée, paraît être l'orij^ine de ce mot : le craquelin craque en etîet sous la dent. ('/• st un vieux mot lyonnais et bour- guignon : (' Legs à Thôpital de C.lialon pour distribuer des cracquelins tous les vendredis de carême à tous les pauvres de l'hospital » (acte de 1611M
craquignole, le croquant dans les viandes, le cartilage, l'ureille : on dit crossignolc en quelques localités de la Bour- gogne (Mignard).
Craquiller, diminutif de cra'/uer : lui grain de sable cra- cfuUle sous la dent
Craquou, menteur, qui dit des craques.
Crasse, vaurien, liomme ou femme ignoble: a quelle sale crasse » . Faire unf crasse à quelqu'un, lui faire une vilenie.
Crassou, crasseux, malpropre ; — quelquefois sobriquet.
Terminaison qui reproduit le suflixc latin osus et remplace le français eux.
Gré, cre matin, cré cof/uin.
Par aphérèse du latin acris, acre, aprc ; se dit d'une chose d'un goût tnii et désagréable, sensation qui a pu produire l'exclamation dont il s'agit.
Creire. Craire, croire : — se/i creire, se croire quelque .îhose. s'enorgueillir ; creyu, part, passé de creire.
— (S;i —
Crêmer, se dit de la pièce d'eau, de la liviùre, (jiii coui- nience à se congeler : « la rivière coinmonce à cnhner.
Crêpé (sou), monnaie de cuivre crénelée sur les bords et servant à jouer au bouchon. A r('p(j(iue où ce jeu, rendu plus facile par les dimensions de l'ancienne monnaie, était plus fréquent qu'aujourd'hui, cette expression était assez usitée, ainsi surtout que celle de sou piquant, qu'on s'elî'or- çait de faire prendre place près du bouchon. La seconde pièce de monnaie servant de palet, lancée plus vivement en rasant le sol pour faire tomber le l)Ouchon, s'appelait /Mc/ir; on se plaçait avec le sou piquant, on rouchait avec la bâche.
Cresson de cheval, véronique beccabun^^'^, plante ({ui croit dans les fossés, près du cresson de fontaine.
Creuse, coquille de noix ou de noisette.
Crevaison, mort, ternie trivial (L.) « Il a fait sa crevaison » il est mort.
Crevât de faim, mendiant, meurt de faim (Acad.) ; un homme sans aucune espèce de ressource.
Crevés, crevures, crevasses aux mains, gerçures.
Cricri, le grillon du foyer.
Onomatup<''e.
Criquet, un petit cheval (L.); — par extension, une per- sonne de petite taille.
Crire, chercher.
Corruption des anciens vcriies querre et quérir, du la', qwvrere.
Gristau, sous carbonate de soude du commerce, parce que cette substance se vend en cristaux : « .J'vas acheter pour deux sous de cristaux ». Quelques-uns, croyant mieux parler, disent : de la carbonate.
,Croa, coa. corbeau. Voy. cra.
Onomatopée.
Croche-pied, croc en jambes : « 1 m'a bailli on croche pi que m'a foutu pe terra ».
Crochet de restomac. On attribue ici au décrochement de l'estomac, bien des maladies gastriques : « Il a le crochet
— 8i —
(tê l'estomac demettu »; les commères ne manquent pas, qui le reriiettent, le raccrochent.
Crochot, crochet, objet recourbé.
Crôler, agiter, remuer, secouer un arbre pour en faire tomber les fruits.
Croper, cocher, monter sur le croupion, se dit du coi| qui couvre la poule.
Ktymologie rad. oelt. crup, bosse, émiiience qui a donné en trançais croupe, croupion.
Cropeton (à) voy. croupeton.
Croque, croca, poule couveuse, mère croque.
Crosser, malmener, maltraiter : a il l'a crosse de main de maître.
V. français, croiisir.
Crot. creux, trou, fosse ; — a fait encrolter.
V. français ; du bas-latin crotum.
Crotou. boueux, crotté, barbouillé ; visage marqué de variole, " tout crotou », tout galeux.
Crotet, morceau de pain, croûton de pain, dérivé de croûte, croûton « un p'tiot crotet de pain ».
V. français croste, croule.
Crouler, secouer, ébranler.
Ancienne acception du mot, conservée.
Croupeton (à), à cropeton, accroupi: ^c se mettre à crou- peton ». se mettre en ployant les jambes dans une situation accroupie.
Klyin. croupe, V. français.
Ainsi le bon temps regretons Entre nous, pauvres vieilles sottes, Assises bas à croppetons Tout en ung tas comme pelottes.
Villon, les Rerjrels).
Croûton, chanteau, morceau de pam avec de la crouto» Le chanteau ou croûton de pain bénit s'offre à la personne qui à son tour offrira le pain bénit à la grand'messe du dimanche suivant: « j'ai eu le croûton, je ferai, le pain bénit ».
Croûte, croûton, homme arriéré, ignorant.
C'tu ci,c'tuqui, c'tu là. c'té la, celui-ci, celui-là, celle-là.
Ctttwj, moyen âje.
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Gu (être à), être poussé à bout, être acculé, être en mauvaises affaires. Voy. à cul^ à quia.
On a rapproché Texpression être à cul de celle : être à quia, mettre à quia, être réduit, réduire (juclqu'un à ne pouvoir répondre. Pour Littré, être à quia représente la situation de celui à (jui dans la controverse on pose une question cur ou quare, pourquoi, pour quelle raison, et qui répond quia, parce (|ue, sans pouvoir aller plus loin. Mais peut-ôtre, avons-nous dit déjà, être à quia, n'est-il qu'une corruption, une forme de être à eu, être acculé, poussé à bout, mis dans l'impossibilité de répondre.
Gublan, cul blanc, petit oiseau, le motteux, qui a des plumes blanches sur le croupion.
Guchot, faîte, sommet, comble, tas, monceau, petit tas de foin : un petit tas de fourrage est un cuchot, un gros tas est une matte ; — «au cuchot d'un arbre », au haut d'un arbre ; « le fin cuchot », tout en haut.
On dit aussi le cuchot de la lête, le haut, le sommet de la tête.
Etyin. inconinie.
Gueiller, pour cueillir.
Le français lire son futur, je cueillerai, de la torme populaire.
Gueillère, cuillère.
Gueudre, cueillir.
Gueure. cuire,
Gueussche, cuisse.
Guite, état d'ivresse : « avoir une cuite », être gris : «: 11 a pris une fameuse cuite. »
Gui, ce mot a donné lieu à bien des expressions triviales et populaires :
On dit d'un entêté que « quand il a quelque chose dans la tête, il ne l'a pas au cul » ; — « donner la pelle au cul à quelqu'un », le chasser ; — « être à cul », être sans res- sources ; — « courir comme s'il avait le feu au cul », se hâter, marcher très vite ; — « lever le cul », ginguer, ruer en parlant des chevaux, veut dire en parlant de l'homme décamper avec la caisse ; — « se lever le cul le premier », être de mauvaise humeur ; — « cul de plomb », h(tmme sédentaire, bon bureaucrate ; — « cul serré, serre-fesses », avare ; — « lèche cul », flatteur, celui qui témoigne à un autre une soumission servile ; - « cul bénit », un dévot
— i; —
qui fré(iuente continuellement les églises. Cette dernière expression, assez répandue dans nos régions, est citée aussi par Ch. Boauquier dans se> Prorinciaiismes du Doiibs. FA\e n'est pas nouvelle, dit-il, e'I « a même du précéder, comme la cause précède l'elTet, cell 3 de péteux (V église qui avait jadis la même signification :
I/un avecqiie prudence au ciel s'impatronise Et l'aulre en fut chassé comme un péteux d'église.
(Math. Régnier. Satires),
« Oratte-cul », fruit de Téglantier : — « Cul de singe ou cul de chien », nèlle, nom donné à ce iruit à cause de sa forme ; — « Tape-cu. », voiture à deux roues ; — « le cul du char, le cul du bateau », le derrière du char, du bateau ; — « coup de cul ». montée brusque....
Littré a consacré quatre grandes colonnes de son diction- naire aux diverses acceptions du mot cw/, dont la plupart ont cours presque partout dans le langage populaire. 11 rap- pelle cette phrase de Voltaire dans son discours aux Velches : « on vous a déjà reproché de dire... un cul d'arti- chaut, un cul de lampe, un cul de sac ; à peine vuus per- mettez vous de parler d'un véritable cul devant des matro- nes respectables et cependant vous n'employez pas d'autre expression pour signifier des choses auxquelles un cul n'a nul rapport. »
Culot, dernier né d'une nichée d'oiseaux qui est ordinai- rement le plus faible et reste, dit-on, quelques jours de plus au nid ; — le dernier d'une portée chez les mammifères qui font plusieurs petits, comme les chiennes, les lapines, les truies : — le dernier né des enfants dans une famille.
De cidy culot, petit cul.
Curé, libellule grosse et noirâtre.
Curieux, désireux, location qui s'applique à un goût quelconque : '< il est curieux de vin », il a envie de vin ; — <f cette fille est curieuse de se marier », a bien envie de se marier.
Curtil, enclos de maison de paysan. — Voy. courtil.
Cutiau. coutiau, couteau ; — cutiau de miel, couteau de miel, rayon, gâteau de miel.
V. franc, coutiau.
Et de coutiaux tranchanti; et de hache émoulue,
A maint .Sarrasin ont la cf rvelle espandue.
{Ld chanson d'Antiocfie, XIl^ s.)
I
— 87 —
Cutsi, coucher : « va te cutsi », va te coucher.
Dâ, dard, faulx : « Enchaple ton lUi pr'a^er saï (taucherj demain ».
De d<ir(f, — provenral daillc, — v. fnin*;. dail : " la mort avec .son dail... » llahelais.
Dada, dadais, homme niais et gauche, nigaud : « grand dada ». — Vax terme enfantin, un cheval.
Dadô, dodô. lit, berceau, sommeil ; « le p'tiot est dans son dodo : il fait dodo. »
Dait, Dà, doigt : « J'ai niau au dait ». Vuy. Dét,
Tanta Liaiida
Fiicassant dos pas (|iois)
Goûtant la saui;a
S'a brùlo le dàt.
(Rigodon liressan.)
Dame, titre des châtelaines, appliqué jadis aussi aux fées ; selon les légendes, des noms de lieux en proviendraient : « le bois des Dames... etc. » — Grain de maïs qu'on a fait éclater, au foyer, sur la cendre : « faire des dames » ; les grains qui éclatent à peine sont appelés Mossieurs. *
Dame, masse de bois dont se servent les paveurs et autres ouvriers pour battre et enfoncer la terre, les pavés. (L.
Damer, battre les terres et les pavés avec la dame.
Danse, volée de coups : « il a reru une fameuse danse ».
Dansi, danser ; — DansoUy danseur.
Les finales en / et ou reviennent pour Ijeaiicoup de mots. La linali; / | our les verbes dansi, danser; mangi tnanger; travailli, travailler, etc.; la finale ou pour les noms dansou, danseur; rémoulou, rémouleur; causait, causeur ...etc.
Darbon, taupe; — au fig. homme noir comme une taupe. Darbonnière ^ taupinière.
Darculons, à reculons : « aller darculons » ; au fig. se défaire : mon pore mérioge s'en va d'à reculons », mon pau- vre mariage se défait.
Dare-dare, tout courant, à la hâte, avec vitesse : « il vient ddre-ddre. »
De l'ancien verbe darer, lancer vivement : « dàre, dàre, dàrc, voilà un homme qui vient en cabriolet, comme si le diable l'emportait. » Diderot, Le neveu de Rameau.
- 88 --
Darte, dartre, maladie de la peau.
Daubée, volée de coups.
Dauber, battre : « il a é \ daubé comme il faut. »
V. français, garnir, munir, [licl. God.)
Davant, devant : « davant que; davant hier ». V. Devant.
Daveu, avec : « vin d'aveu moi », viens avec moi.
Davivi, cri des enfants pour indiquer que le jeu de cachette est suspendu et que chacun doit se montrer.
De. entre autres acceptions, à, à la, à la place de : « de file ». à la file ; — ^< si j'étais de toi, je ferais comme ça. »
Dé de la vierge. Gant de la vierg-e, digitale pourprée.
A ravise de la Heur qui a la forme d'un dé.
Débine, état de celui qui doit beaucoup, ruine, misère : « il est tombé dans la débine. » (L.)
Débiner, décrier : débiner quelqu'un, le discréditer en disant du mal de lui par derrière, en dessous (L.)
Wallon, déltiner, dépérir ; — ou peut-être lat. debere, devoir.
Dé bô, cri» poussé par les enfants pour demander un repos, une interruption dans leurs jeux, à la tape... etc. : « j'ai dit dé bâ y). Ce mot parait venir de déboter.
Dëbondener. débonder, ôter la bonde d'un tonneau.
Débouler, tomber, rouler, sortir en hâte : « allons, déboule d'ici » ; — se dit du lièvre qui part brusquement, en se roulant d'abord comme une bjule.
Débounoter. découvrir, mettre à nu : « débounoter une anguille », en enlever la peau.
Débrener, dégarnir l'hameçon de l'amorce ; le contraire est embrener^ amorcer.
Dérivé de bren, bran, son, excrément, de même (\\\cmbrtner : on amorçait, on embrenait avec du bren.
Décaler, diminuer de volume en séchant : « le foin décale grous c't'annia », le foin se diminue beaucoup cette année ; — au fig. maigrir.
Décaloter, retirer l'enveloppe : s'emploie souvent dans un sens obscène.
— S\) —
Décaniller. sortir du chenil, fuir comme un chien, décamper : « j'te vais faire décaniller. »
Rad. canis, chien.
Décarêmer (^se), se tlédommager par un bon repas de l'abstinence du carême (L.) ; — au fig. prendre du bon temps, faire débauche.
V. français, .se desquavesme)-, sr)rtii de earème. (D/c^ Ood.)
Décarrer, partir, fuir, déplacer : « je vais te faire décar- rer », je vais te faire partir, quitter ta place.
De carre, que nous avons iiuliiiué comme signiliaiit cuin, place; — ou peut- être de char, |iartir avec la vitesse d'un char.
Décati, usé, qui n'a'plus ni jeunesse, ni beauté.
Décatir (se), s'user, 's'enlaidir : « elle se décatit de plus en plus. » On dit aussi : elle se dégoinme^ perd son brillant, à l'inverse de gommciix^ mot passé dans l'argot.
Par allusion au décalissage qui enlève le brillant d'une étoffe, ne décatir a ainsi pris, en langage populaire, une acception partout très usuelle. « Elle sentait la panne venir, elle se décatissait. » Les Etudiants.
Décatonner, défaire les catons, écraser les grumeaux qui se forment dans une bouillie, dans les gaudes : « Pierrette,
i t'fdut décatonner les gaudes. » •— Au fig. dire à quelqu'un
son fait, ses vérités : « il l'a attrapé, a pis l'a décatonné
c'ment i faut. »
Décesser, cesser : « il ne décesse pas de parler. »
Dé, prclixe et cesser : c'est un barbarisme populaire •'L.),car le préfixe, ici, est f-ugmentatif au lieu d'être privatif.
Décharbouiller, nettoyer le visage et les mains.
C'est le contraire de charbouiller.
Décharbouter, débrouiller, démêler plus particulière- ment du fil.
Vieux mot bourguignon que nous trouvons employé ligurémcnl dans ces vers de Devillc, cités par .loubert, dans son Glossaire du centre :
Bouvot doncques par son adresse
Du public a bien mérité.
D'avoir si bien descharboté
Tant de points mis en controverse.
D'épineuses difficultés,
De doubtes et d'obscurités
De notre coustume ancienne.
(Deville, sur Bouvot, Coutumes de Bourgogne).
Déchargeoir, ouverture de décharge, écluse ou portion abaissée d'une chaussée par où l'excédent des eaux s'échappe.
— 90 —
Dèche, gène, pauvreté : c( être en dèckc, tomber dans la dècIie ».
Du fr. déchoir de, ne piK oonseivor, décln't (!<• rortunc on de position.
Déchicoter, déchi((uetei'.
Déchirée (n'être pas trop), se dit (liiue feninie encore jenne. jolie, appétissante.
Deci. dega. d'un cn[o : aller deei de là », d'un côté et de l'autre.
Ma oominôro, ([nand je danse, Mon cotillon va-t-il l»ien ? — Il va de ci, il va de lu. Il va fort Ijjen comme il va.
(Vieille chansonnette i.
Décroché, à signaler une expression bien répandue, avoir l'estowac décroché, locution bizarre qui s'emploie pour dési- gner ce que l'on crttit être une soulTrance, une maladie de l'estomac.
Décrocheter, décr )Clier. oter le croclicL : c( Il dé-rochcte toutes les portes ».
Décrotter : fr. dans l'acception commune ; — mais se ditaus/-i pour manger avec avidité : « comme il vous a dé- crotlé (i,(i plat. »
Déculotter, oter la culotte ; ^c déculotter^ ôter sa culotte, de même que renculotler s'emploie pour remettre la culotte, et iie renculotler^ remettre sa culotte ; — au lig. poursuivre quelqu'un pour le faire payer, le ruiner : '< il veut le décu- lotter complètement. »
Dedans (mettre), en prison : on l'a mis dedans, — tromper, mettre dans l'erreur; « donner r/c^/rms, se laisser tromper.
Dédite, pour dédit, révocation d'uue parole donnée ; — sans dédite] — une dédite de cent écus.
Défendu, dans le sens d'impossible : « ça m'est bien défendu, » (;a m'est bien impossible.
Déferrer, appuyer sur les mancherons de la charrue pour faire sortir le fer 'sor-).
Définir, expirer, toucher à sa lin : — " j'ai cru qu'il allait définir dans mes bras. }>
— 91 -
Dé/inir (sé)^ se détruire, se suicider. Défénissement , fin, mort.
Vieux mot, du lat. finis, fiu. Daus l'aucicn fraix.ais, definer siguiliait linir, dép(''rir, mourir, terminer : «... Saisie iTuni' maladie assez f'-trange et plus obstinée pour laiiuelle il iléfine peu à peu et de jour à autre. <> (L'amant ressusc.)
Dégaber, vomir.
Kn vieux français, dégaber signifiait rire de quelqu'un, le tourner en ridicule; ilêfiabement, nn'pris.
Dégabouler, dire des sottises, vomir des injures contre
quelqu'un. En certain pays on dit Débagouler, de liagou, v. ce mot.
Dégelée, volée de coups : « il a reçu une bonne dé- gelée. »
De défjeler; comme un éboulement multiplié de glace, de neige.
Dégeler, mourir; — dégelé, fondu, mort.
Dégêner, imiter par dérision les manières de quelqu'un, terme enfantin.
Dans le patois d'autres provinces, on dit enijaner, défianer. Ces mots parais- sent dériver du même radical fjan, ganne contraction de l'ancien saxon gamen, hadinage, dérision.
Dégigougnier, disloquer, disjoindre. Dégobillage, matières vomies.
Dégobiller, vomir — « il n'a fait que dégobiller tout le long de la route. »
Vieux mot, c'est le contraire de gober.
Dégommer, destituer d'un emploi: on Y i\ dégommé; — s'enlaidir : « elle se dégomme, se décatit de plus en plus, » perd son brillant, sa beauté.
Dégotter, faire sortir, chasser quelqu'un de sa place et s'y mettre en son lieu, le supplanter; — être plus fort, l'em- porter, surpasser ; — mettre quelqu'un en mouvement pour le travail. — « Je te vais dégoter. »
Ce mot, d'origine inconnue, est admis maintenant par l'Académie, depuis l'édition d' 1835 ; peut-être est-il une variante ou corruption de défjouter (L), faire tomber comme une goutte, ou encore de déjouer.
Dégouailler, dégoiser, parler beaucoup.
Dégouliner, couler, dégoutter, ruisseler ; « il était si trempé que l'eau dégoulinait dans ses sabots. »
_ qo
Dégouline, Roulotte, petite rigole; comme j^oulot de bouteille, dimiiiulit de ijoule, gueule.
Déffrené, so dit d'une pompe ({ui ne fonctionne pas parce qu'elle n'est pas amorcée : c'est le contraire d'engrené.
Dégueulement, action de vomir: — (/(>(/ uru/adc, matières vomies.
De (ivgueiiler, rejeter par la j,Mieulc, vomir.
Déhonté, éhonté.
V. mot. on disait autrefois rfe.s/jo/i/cr {)our déshonorer.
Comment ! dans un cliûtcau dont ranti(|uité lirille, Venir de guet ù pcns deshonter une lille !
Th. Corneille.
Déjeté, décheté. mal fait, mal venu, détérioré. — « N'être pas déjeté.y^ avoir bonne mine ; « elle n'estdéjà pas ^idéjetée » se dit d'une fille jolie, bien faite, bien conservée ; — affaibli, fatigué : « il est bien déjeté. »
Le mot iléjeté est français : se dit du hois mal venu, courli(^, — de même se déjeter, se courber. Lai. iléjectare ; — peut-être pourrait-on faire dériver simplement décheté, qui a subi du déchet, des mots déchet, déchoir.
Délire, trier, clioisir : « Sais te lire? - Non; mais je sais bin délire. — Que? — Les petiotes poumes d'aveu les grousse.s. »
Déluré, dégourdi, vif, alerte.
Ce mot qui n'est pas dans le Dict. de r Académie est indiqué par Littré. Dé, préfixe et leurre, qui ne se laisse plus piper par le leurre.
Démanché, mot français qui veut dire qui n'est plus dans son manche, a donné certaines expressions au figuré: grand démanché^ homme qui se tient mal ; — bras démanché^ bras démis, luxé : « il s'est démancké l'épaule. »
Démarrer, déplacer, changer de place ; se mettre en mouvement pour aller et venir, pour travailler. « Est-ce que tu ne vas pas démarrer bientôt. »
Ce mot est français, — employé familièrement. Etym. Dé, préfixe et un radical qui est dans ambrer.
Démêler, mélanger avec de l'eau une farine qui prend une consistance semi-liquide : « Démêler les gaudes. »
C'est une accception du verbe français démêler^ faire cesser l'état d'embrouil- lement ('par ex. du mélange où les calons commencent a se former).
Déménager^ faire des extravagances : « il déménage ; — mourir. Etym. de préfixe ot ménage
— ij:. —
Demeurance, demeure, habitation : « C'est \h votre de- meurance. »
V, français, demorance.
Démiger, démanger.
Démouadre, démordre.
Démortir, tiédir l'eau ; eau démortie^ eau tiédie.
V. fr. « Fomente la partie avec de l'eau froido on un peu démortie. » Dalosch Chir. éd. 1570.
Demouner (se), se démener, se donner du mouvement. Dépatrouiller, ^se\ se (lél)arrasser. se dépêtrer.
V. fr. Oudin. " Mille personnes vcullont assommer Balde, tombé sous raille pierres, mais il se dexpatrouille habilement de dessoubs le monceau de pierre. » Merlin Coccaïe.
Dépandeur d'endouilles, homme grand, maigre, mauvais sujet, à qui sa haute taille permet de dépendre, c'est-à-dire d'enlever les saucissons ou andouilles que les charcutiers suspendent devant leurs boutiques pour leur servir d'ensei- gnes ; — se dit d'un niais, grand imbécile, mauvais sujet, (( grand niquedoaille, grand dépendeur d'andouilles. »
Dépiaucer dépiauter, écorcher, dépouiller, ôter la piau (peaui; se dépiaucer, se battre jusqu'à s'arracher la peau.
Dépieoter, égrener, enlever grain à grain; à Lyon on dit dépicoler.
Etym. dépicoter, enlever le fruit du picot {voir ce mot); — dépicoler, dépiciuer, avec suffixe dim. ol, ce même suffixe qu'on trouve dans rigoler, de tire.
Déplayer, déplayi, dételer les bœufs du char ou de la charrue; le contraire de applier.
Etym. dis et plicare, de même que applier venait de adligare, attacher en- semble.
Déplumer (se), perdre ses cheveux, devenir chauve : (( il commence à se déplumer. »
Dépocher, tirer de la poche, donner, débourser. (L).
V. franc, despother in Rabelais, de dé, préfixe et poche.
Dépondre, décrocher, dépendre, disjoindre, contraire de apondre ;« en tirant trop, ça s'est dépondu. » — Au figuré, (( il ne dépond pas de parler, » il ne s'arrête pas de parler.
De dis elponere.
Dépouille, enveloppe de l'épi de maïs ; -^ dépouiller le
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turquis. ùter à l'épi ^t?s enveloppes, fanes, qui ilevienneut la dépouille^ les ccheiîles. De, iMéfixe. et spoHum, iléponille.
Dépouille ou bataille, jeu de cartes tout à fait primitif.
On disait autrefois « le jeu au roy drpouilic; >» jeu dans le(|uel le roi est en etTet dépossédé, dépouillé, pièce à pièce ; il y eut aussi « le jeu au ministre dépouillé. » (Uéroalde de Verville, le Moi/en ilr parvenir).
De quoi, fortune, aibance : « il a de (/uoi », il est dans l'aisance, il est riche.
Dérailler, sortir des rails : au ligure, tenir un langage dénué de raison, délirer.
C'est un mot nouveau ; Litre l'écrit dérailer, et regrette que l'on ne suive pas la prononciation ani;laise de >ail, rél; la mauvaise prononciation et la mau- vaise orthographe populaire rapprocheront à tort dérailler «le railler.
Derlinguer , drelinguer , sonner: « qu'a-t-il donc à drelinguer comme ça. »
De drelin drelin, (inomatopéc qui représente le son d'une clochette.
Dernier, derrière: « il demeure dernier chez nous. »
Dérocher, tomber, précipiter, s'écrouler ; 'c ue monte pos sur la salla (chaise), t'vas déroché. »
Vieux mut fr. De De prétixe, au sens d'éloignemcnt, et roche; proprement précipiter du haut d'un rocher; le mot s'est employé en général, pour jeter à bas, tomber tout d'une pièce : f se li mur desroicliciit... H censiers doivent ayder à charoyer la pierre. » In vieilles chartes.
Déroter, sortir un char de l'ornière ; au flg. donner un coup de main : «^ attends, je te vas déroter. »
Dérouiller (se), se façonner, se polir : ce ce jeune homme commence à se dérouiller. » [L).
Derrier. derri. darri, dernier : « le dcrriei de tous, » le dernier: — derrière, « derri chez nous. »
V. français. Dicl. God. Nombreux exemples; peut-être les deux mois, deniere, dernier, ont-ils le même radical latin, rétro, de rétro,
Désaboutonner, déboutonner : « il a toujours sa culotte désaboutonnée >;. Vieux français, desboutonner.
Désacrocher. décrocher, séparer.
V. français (Lacurne, dict.)
Désandé. des andées, dez andez, de suite, immédiate- ment, sans retard, à l'instant : « il est gentil, ce p'tiot ; ce qu'on l'y c'mande, il y fait désandé. »
À
'.If)
V. tr. Adés, alors, maintenant, qu'on retrouve ilan>; «les locutions patoises de diverses provinces ; italien, ailexso; du 1 itiii '/ die. dus ce jour, ou d'après Lacurne, de ad ipsiim, sii|)|d. lemptts.
Adès adès serviray
Boine amor tant cum vivrai.
Ane. poëtes l'r. M. S. S. avant 13UU. Ou ce mot viendrait-il île andare. aller ipii a l'ait andain, enjambée. IMcard, Norin. — Lacurne dit encore (|u'on trouve en V. français, de< en des, peut-être avec la formation du latin; dédie in diein •' tous ces médecins qui ont taché d'acquérir bruit, par quelque nouvelle inven- tion, n'ont eu d'autre dessein que de s'enrichir dei en dez au danger de nolrt' vie » Traduct. de Pline, par Du Pinet...
Désandener, faner le l'oiii l;i première fois, défaire les andains : « Prends ton f)r<^!ii)n, a pi t'iros désendener. » Descente, hernie.
En laissant pleurer les enfants, nu Inu- fait i;- igner des descentes. » .l.-.l. Rous- seau. Emile.
Descente de matrice^ abaissement de matrice (L.j.
Désempiger, dépêtrer.
Des fois, loc. adv. pour quelquefois, parfois, souvent : « j l'ai vu bien des fois, des comptes de fois ».
Desserte, chemin de dessert'', chemin qui dessert une propriété, qui la met en communication avec le grand chemin.
Dessoiffer, boire sans cesse, sous prétexte qu'on a tou- jours soif : « 11 ne dessoi/f'e pas. »
Dessur, dessus, très près : « ùte toi don de dessur moi ».
Det, doig't : « j'ai mau au del » ; « baille li don sur les dets ».
Détente (dur à la), se dit de l'homme qui vCallonr/e pas volontiers son ari.i:ent.
Détention d'urine, rétention d'urine.
Détour, foulure, entorse ; « Il est tombé et s'est fait un détour. »
Détrier, sevrer, élever au sein; — être détrié, boire seul ;