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Yan Hasselt fit paraître le premier volume de Cléomadès^ la Commission académique chargée de la publication des anciens écrivains nationaux, a, dans le domaine de la poésie, mis au jour une série de douze volumes, comprenant l'œuvre poétique de Baudouin et de Jean de Coudé (3 vol.), de Watriquet de Couvin (1 vol.)» d*Âdenés li Rois (5 vol.) et de Froissart (3 vol.). Ces publications ont, dans leur ensemble, obtenu un accueil très-encourageant dans lé cercle des personnes vouées à rétude de Tancienne littérature et de l'ancienne langue françaises ; aussi la Commission ne faillira-t-elle pas i la tâche qu'elle s*est imposée, de faire paraître successive- ment les principales œuvres appartenant au contingent qu*ont fourni les provinces de Tancienne Belgique au n INTRODUCTION. Parnasse français, et d'ëpuiser la liste des sujets qui figurent encore sur son programme. En attendant qu'elle mît sous presse qttelque composi- tion plus importante sous le rapport de retendue, elle adopta, dans sa séance de mai 1875, la proposition qui lui fut faite de réunir, en un volume , un certain nombre d'opuscules en vers que l'intérêt et le mérite littéraires « qualifiaient suffisamment pour faire partie de sa collection . C'est ce volume de mélanges que nous soumettons au public. Un grand nombre des éléments qui le composent ont déjà été imprimés, mais à part qu'ils se trouvent dissé- minés dans des recueils divers et spéciaux, la plupart d'entre eux ont été livrés à la publicité d'une manière si peu conforme aux conditions que la science d'aujourd'hui impose aux éditeurs d'anciens textes, qu'il y avait utilité à en refaire une édition nouvelle et critique, fondée sur les manuscrits originaux. Nous avons donc consacré à la réunion des pièces qui suivent, à leur transcription et coUationnement, à l'établissement d'un texte fidôle et rela- tivement correct, et aux éclaircissements qu'il comporte, non-seulement deux quinzaines de travail à la Bibliothèque Nationale de Paris, mais bon nombre de veilles d'étude au foyer domestique, et nous osons exprimer l'espoir que notre livre rencontrera, chez les amis et les investigateurs des lettres anciennes , le même intérêt et la même faveur que nos publications analogues antérieures. Les 72 pièces dont il se compose se répartissent sur IHTROftUGTlON. VU trme auteurs divers et se subdivisent, sous le rapport du genre poétique, en 65 chansons d'amour, jeux-partis et pastourelles, 4 dits, 2 fabliaux et 1 narration satirique. Toutes ont été composées dans l'espace de temps qui s'étend de la fin du douzième à la premlôre moitié du quatorzième siècle. Nous allons, dans ce qui suit, passer en revue les diverses parties qui ont concouru à la formation du volume, en 7 joignant quelques renseignements concernant les auteurs, ainsi que les sources qui nous ont servi pour la publication de leurs œuvres. L Les CHANSONNIERS out fourni la plus large part de nos mélanges : ils sont au nombre de 10 ; savoir : 1. QuBNSS DB Bbthunb (1) (14 pièccs). Des détails biogra- phiques sur ce personnage, célèbre à divers titres, se lisent dans tous les ouvrages traitant de l'ancienne poésie fran- çaise ; ils ont été le plus complètement mis en œuvre dans l'article qui lui est consacré dans la Biographie nationale hdge^ à laquelle nous renvoyons le lecteur. Nos études ne nous ont pas mis à même ni de les enrichir, ni de les modi- fier sensiblement. Les 14 chansons, que nous réunissons (1) QiteiMi est, comme on sait, la forme nominatiYe de Canon^ et ai noaa n'easaions paa hésité à braver la routine, noua aurions partout cité ce nom, en dehors des anciens textes où il se trouve au caa-sujet, 80U8 la forme de Canon de Béthune. CVst ainsi, nous l'avons déjà dit aiUeurs, qu'il faut dire Adenet le Bot p. Aden/t li Bote ; de même Beuton(p. Bueva) de Commarehis, Philippe J^ousket (p. Mouskes on Mouikés)^ etc. Tlll IRTRODIJCTIOM. ici pour la première fois (1), ont déjà toutes, u par groupes, paru dans divers recueils publiés en en Allemagne et en Belgique (ils sont indiques notes introductives des chansons) ; toutefois parmi les textes qui ont eu cours jusqu'ici, il en est peu qui ne mëri* tassent d*âtre revus sur les manuscrits et notablement épurés. 2. GuiLiAUMB DB BÉTHUNK, le frère aîné de Queues (2 pièces) (2). Voyez, à son sujet , FHistoire littéraire de France, t. XX, 610-11, Dinaux, Trouvères, III, 216 et la Biographie Nationale belge, II, 367. 3. Henri III, duc de Brabant (4 pièces) ; nous nous contentons de signaler, au point de vue littéraire, l'Hist. litt. de France, t. XX, 679, et Dinaux, Trouvères, IV, (1) Dinaux, à la fin de sa notice sur Bôthune (III, 407), indique, comme Tarait déjà fait La Borde {Essai. II, 315), le début de trois chansons qu*il qualifie de « connues » et ajoute quUl s'abstient de les reproduire afin de ne pas allonger outre mesure sa notice. Le fait est qu*il aurait eu bien de la peine à les découvrir. La Borde les avait citées sur la foi de la table du ms. 844 (notre ms. C) ; or cette table est trompeuse, et pour Tattribution des pièces, et pour le con- tenu réel du volume ; ce dernier, en tout cas, ne renferme pas les trois pièces en question. D*ailleurs la deuxième , débutant par Dex est assis en son saint,, n'est autre chose que la 6* strophe de notre n<> 1 (p. 4). Les deux autres Au point d^fver et OenU nCest la saison d'esté, si toutefois elles sont de Quenes de Béthune, restent encore à trouver. (2) La chanson On me reprend damours, attribuée par La Borde (II» 310) à Ouillaume de Béthune, est placée dans le ms. 1490 de la Vaticane sous le nom de Jehan le Petit (voy. KeUer, Romvart, p. 273) ; nous n* Tavons donc pas admise. IMTtOOUCTIOM. IX p. 103, et quant à sa qualité de personnage politique, outre Butkens, Trophées de Brabant, I, 252-278, le travail tout récent de notre savant confrère, Â. Wauters, Henri III ^ duc de Bràbant (Bulletins de l'Académie roy. de Belgique, 2* série, t. XXXVIII. tf 12. et 39, n» 2). 4. GiLLBBBRT, DE Berneville (32 pièces). Ce poëte belge de talent, ami et compagnon du duc de Brabant, a des articles spéciaux dans Dinaux, Trouvères, II. 188 et III. 205, dans l'Hist. litt. de France, t. XXIII, 578-687, et dans la Biographie Nationale belge, II, 282. 5. Mathieu de Gand (7 pièces). Voy. Dinaux, II, 297, et l'Hist. litt. de France, t. XXIII, 657. M. Paulin Paris voit dans Mathieu de Gand et dans Mathieu le Juif un seul personnage ; nous ne saurions, sans preuves, partager cette manière de voir. \, 6. Pierre de Gand (1 pièce) (1). Voy. Dinaux, II, 341, et Hist. litt. de France, t. XXIII, 683. 7. Renaut de Trie (1 pièce). Voy. Dinaux, IV, 638, et Hist. litt. de France, t. XXIII, 707. Les deux ouvrages (1) Dinaux, dans son article sur Pierre de Gand (Tronyèrea, II, 343), joint à cette pièce unique deux autres (Fune débutant par An mai la matinée^ Fautre par Aman me font souvent ehanieir), qu*il attribue également à Pierre de Gand. Cette attribution est due à une I négligence regi*ettable ; lesditea chansons se trouvent en effet dans le ms. de Berne, ainsi que dans la copie Mouchet (Dinaux écrit Mou- chp)y à la suite de la chanson que nous donnons, mais elles y sont anonymes ; Fauteur des Trouvères ne parait pas avoir remarqué que le ms. de Berne range les pièces (anonymes et autres) dans Tordre alphabétique de la première lettre. X INTRODUCTION. allëguës identifient ce poète avec Renier de Trith, le compagnon de Baudouin de Constantinople, personnage # glorieusement mentionne dans les mémoires de Villehar- douin ; ils s'appuient, pour justifier cette identification, du fait que dans la chanson dont il s*agit, on voit paraître les noms de Syrie et d*Ancel de Lille. Nous trouvons l'ar- gument trop faible pour nous rallier à cette opinion, d'autant plus que le mot Syrie ne se présente que dans la locution banale « pour tout l'or de Syrie ». Il y a d'ailleurs une trop grande dissemblance entre le nom de Renier de Trith et celui de Renaus de Trie^ sous lequel la chanson figure dans le manuscrit de Paris, pour ne pas réclamer des preuves plus concluantes. Sans insister sur le Renaud de Trie qui vivait en 1219 et qui fonda la branche des seigneurs de Fontenai, personnage écarté par M. Dinaux lui-môme , nous rencontrons à plusieurs reprises un preux chevalier français du même nom dans les Tournois de Ghauvency, par Jacques Bretex ; il serait tout aussi facile, malgré la difi'érence des époques, d'attribuer notre chanson à ce chevalier-là qu'au Valenciennois Renier de Trith ; seulement, en le faisant, nous perdions le droit de le faire figurer dans ce volume, du même chef qui nous interdisait l'insertion des productions du trouvère Jean de Trie : la famille de Trie appartient à llIe-de-France. 8. Jean de Tournât (1 pièce). La seule pièce que nous ayons découverte sous ce nom est un jeu-parti échangé avec Colart ; elle est restée inédite. Nous nous abstenons de INTRODUCTION. XI toute conjecture à Tëgard de ce personnage, qui est peut- être le mdme que celui dont il s'agit au n^ suivant ; il reste tout aussi douteux si son partenaire est Colart le Bouteiller ou Colart le Changeur. 9. Jehan de la Fontainb db Touknay (1 pièce). Voy. Dinaux, II, 270 (article fait d'après de La Borde, Essai sur la Musique, II, 194 et 331), et Hist. litt. de France, t. XXIII, 642-43. 10. JocELm DB Brugbs (2 pastourelles). Voy. Hist. litt. de France, XXIII, 634. Le ms. de Berne renferme encore sous le nom de Jocelins tout court, une chanson débutant par Or chanterai corn hom desesperm. Comme il existe encore d'autres trouvères de ce nom (ainsi Jocelin de Dijon) et que la chanson en question sort du caractère propre à celles que nous reproduisons, nous ne l'avons pas admise. r Nous passons à l'énumëration des divers manuscrits d'où nous avons tiré soit les textes mêmes reproduits dans ce livre, soit les variantes consignées au bas des pages ; nous la faisons dans l'ordre des lettres que nous avons, comme marque abréviative , assignées à chacun d'eux. Chaque piôce de nos chansonniers est précédée d'une note indiquant le ms. reproduit et ceux qu'il nous a été permis de coUationner. A. — Ms. 389 de la bibliothèque de Berne, vélin, 13* siècle, 249 fol. — Cette précieuse source n'a point été consultée par nous directement ; nous pouvions nous en dispenser après la reproduction qui en a été faite de 1867 XII INTRODUCTION. à 1868 dans les tomes 41 à 43 de YArcAw fit das Stu- dium ier neueren Sprachen^ par le D' Jules Brakelmann, jeune romaniste allemand, sur les travaux duquel la science fondait de grandes et légitimes espérances, quand, en 1870, un boulet français vint le frapper à mort dans les plaines de Oravelotte. Cette reproduction n*est pas, à la vérité, faite sur l'original, mais sur la copie qui existe à la Biblio- thëque nationale (fonds Moreau 1687-1689, anc. Mou- chet 8) ; toutefois, en considération de l'exactitude reconnue de cette copie, le travail de Brakelmann peut à bon droit tenir lieu du manuscrit. Les passages âont rares où l'on oserait soupçonner son texte d'une infidélité involontaire (1). Nous avons jugé utile d'abandonner les traits phonétiques particuliers au dialecte bourguignon, dans lequel est écrit le manuscrit de Berne, ainsi que le suivant ; c'eût été un excès de fidélité que de propager le^ produits de nos chan- sonniers dans une langue qui n'était pas la leur, mais celle d'un scribe qui les accommodait au parler spécial de son public. Dans ce travail de transposition du texte bourgui- gnon en langage proprement français, nous n'avons pas procédé avec toute la rigueur systématique que compor- terait un monument littéraire d'une valeur supérieure ; (1) Des d5 chansonB qae nous publions, 21 sont tirets du ms. de Berne ; dans ce nombre, nous nous sommes servi du teste de Brakei- mann exclusÎTement pour 1 1 ; pour les dix autres, nous avions la ressource des recueils de Wackernagel (5 pièces) et de Hofmann (5 pièces), qui ont été faits sur le manuscrit même. ITITHODUCTION. XIII cependant, nous ayons visé à ne point pêcher contre Tusage et la règle de la langue d*oïl de Tëpoque. B. — Bibliothèque nationale de Paris (B. N.) , mss. français, 20050 (anc. St. Germain 1989), 173, fol. pet. in-8, 13* siècle ; manuscrit de jongleur, avec 426 chansons (en grande partie pourvues de notation musicale) ; les noms des auteurs font défaut. C. — B. N, 844 (anc. 7222) , 215 feuillets in-fol. , 13» siècle, avec notes, miniatures et vignettes (dont l'en- lèvement a cause des mutilations regrettables dans le corps du volume). Les fol. 1-185 contiennent 463 chansons (de 84 poètes). D. — B. N. 12615 (anc. suppléra. franc, n* 184), désigné par Laborde comme ms. du duc de Noailles, 233 feuill. ' in-fol., fin du 13* ou commenc. du 14* siècle, avec nota- tion musicale (les portées, toutefois, sont souvent laissées vides) ; les chansons françaises qu'on y trouve, sont au nombre de 435 (sous 71 noms d'auteur). E. — B. N. 845 (ancien fonds 7222* = fonds Cangé 67), 190 feuill. in-4% fin du 13* siècle, avec notes et vignettes ; 399 chansons de 76 auteurs, et 93 anonymes. F. — Bibliothèque de l'Arsenal à Paris , belles-lettres françaises 63, 211 feuill. (420 pp.) In-fol. ; renferme 342 chansons (notées) de 81 poètes, et 139 anonymes. Ce manuscrit est de la même main que le précédent et pré- sente, en ce qui concerne les pièces communes aux deux, absolument la même leçon ; cette circonstance, combinée XIV INTRODUCTION. avec le défaut de temps, m'a détermine & le laisser en dehors de mes opérations de collation. G. — B. N. 847 (anc. fonds 7222^ = fonds Cangé 65), 228 feniU. in-8% 13* siôde ; il renferme, de fol. 1 à 203, 190 chansons de 60 auteurs, et 114 anonymes. H. — B. N. 846 (anc. fonds 7222' = fonds Gange 66), 141 feuill. gr. in 8"* avec notes et vignettes, fin du 13* siècle; 351 chansons sans noms d'auteur et rangées dans l'ordre alphabétique du début. Dix feuillets de parchemin ajoutés contiennent en outre des pièces soigneusement écrites par le marquis de Cangé et tirées de nos mss. CDE. I. — B. N. 24406 (Lavallière 59) ; 155 feuill. in-4 ; 14* siècle, avec la musique ; 330 chansons sans noms d'auteur. K. — B. N. 12581 (anc. suppl. franc. 198), 429 feuill. in-fol., 14* siècle ; renferme, mêlées à des pièces en vers et en prose de tout genre, 59 chansons sans noms d'au- teur. L. — Ms. Clairembaut, 13* siècle, 284 feuill. in fol., renferme 490 chansons (notées), dont 328 ayec noms d'auteur, 130 anonymes, et 32 consacrées à la Vierge. Ce manuscrit, bien connu par l'usage qu'en avait fait La Borde pour son Essai sur la Musique^ etqui avait depuis long- temps disparu, s'est retrouvé récemment ; M. Gaston Paris, chez qui il était temporairement déposé lors de notre voyage à Paris en juin dernier, le mit obligeamment à notre disposition, et nous en avons largement fait notre INTRODUCTION. XY profit, sauf en ce qui concerne Qaenes de Bëthnne. Ce poëte faisait l'objet de notre deuxième voyage en septembre, et malheureusement alors, Tabsence de M. Paris nous priva de Favantage de revoir le précieux volume. Il ne doit, d'ailleurs, renfermer que très-peu de chansons de Quenes, et en tout cas, à en juger d'après une liste des noms d'au- teur que nous possédons , elles se trouvent parmi les anonymes (1). M. — B. N. 1591 (anc. 7613), 184 feuill. in-4 ; 81 chan- sons de 50 auteurs, et 172 anonymes. N. — Ms. de la Vaticaue n^ 1490 (fonds de la reine Christine), ms. très-connu ; nous ne l'avons utilisé que d'après les extraits authentiques donnés dans la Romvart de M. Keller. Nous aurions manqué aux obligations d'un éditeur con- sciencieux si nous avions négligé d'indiquer, pour chaque chanson, les ouvrages où, à notre connaissance, elle avait (1) On avait pendant longtemps identifie le ms. Clairembant avec le n® 845 (notre ms. E) de la Bibliothèqae Nationale, qui en effet présente des analogies frappantes en beancoap de points. M. Brakel- mann, séduit par l'antorité de plusieurs philologues distingués, avait, dans son travail sur les chansonniers français (Herrig's Archiv^ t. XLII, p. 52} également affirmé cette identité, mais un examen atten- tif de la question, dont il exposa les résultats dans sa notice a manus- crits perdus » (Jahrbuch/Ur romanische Ziteraturt t. XI» pp. 94-108) le fit revenir sur cette opinion. Le fait de la découverte du ms. en question a pleinement justifié Targumentation de M. Brakelmann. Nons apprenons que le ms. Clairembaut est sur le point de rentrer à la Bibliothèque Nationale, d'où quelque accident Tavait fait sortir. ' I Xfl INTRODUCTION. déjà para (1). Ces ouvrages n'ayant ëte cites que sommai- rement, nous réunissons ici les titres, en ce qui concerne les principaux d'entre eux, d*une manière plus exacte. /• B. de La Barde. Essai sur la musique ancienne et moderne. Paris, 1780, 4 vol. in-4. Paulin Paris. Le Romancero français. Histoire de quelques anciens trouvères, et choix de leurs chansons ; le tout nouvellement recueilli. Paris, 1833, in- 12. Arthur Dinaxm. Trouvères, jongleurs et ménestrels du Nord de la France et du Midi de la Belgique (4. vol. in-8). T. I. Trouvères Cambrésiens. Paris (Valenciennes), 1838. — T. IL Trouvères de la Flandre et du Tournaisis. Ib. 1839. — T. IIL Trouvères Artésiens. Ib. 1843. —T. IV. Trouvères Brabançons, Hainujers, Liégeois et Namurois. Bruxelles 1863. J. A. 0. Buckon. Recherches et matériaux pour servir à une histoire de la domination française aux XIII*, XIV* et XV* siècles dans les provinces démembrées de TEmpire grec à la suite de la quatrième croisade. Paris, 1840, gr. in-8. Le Roux de Lincy. Recueil de Chants historiques fran- (I) Dans ces indications nous n*avons tenu compte que des publica- tions faites sur les manuscrits ou donnant certains éclaircissements ; c*est pour cette raison que nous avons passé sous silence le mémoire de M. Van Hasselt, couronné en 1838 par T Académie royale de Bel- gique et intitulé : « Euai s%r Vhisioire de la poésie française en Belgique* » INTRODUCTION. XVII çais depuis le XII* jusqu'au XVIII* siècle. Paris, 1841, 2 vol. in-12. Adettert Keller. Romvart. Beitraege sur Kunde mittel- alterlicher Dichtung aus italiaenischen Bibliotheken. Mannheim, 1844, in-8. A . WackemageL Altfranzoesische Lieder und Leiche aus Handschriften zu Bern und Neuenburg. Basel, 1846, in-8. Ed. Maetzner. Altfranzoesische Lieder, berichtigt und erlâutert mit Bezugnahme auf die proyenzalische, altita- lienische und mittelhochdeutsche Liederdichtung. Berlin, 1853, in-8. C. Hofmawn, , « Sitzungsberichte » (Bulletins des séances) de rAcadëmie royale de Munich, années 1865 et 1867. Karl Bartsch. Romances et pastourelles françaises du XIP et XIIP siècles. Leipzig,* 1870, in.8. £àrl Bartsch. Chrestomathie de l'ancien français (VIII*-XV* siècles). Accompagnée d'une grammaire et d'un glossaire. Troisième éd. corr. et augm. Leipzig , 1875, gr. in-8. Il nous importe de déclarer que nous nous sommes abstenu de discuter l'attribution des pièces que nous publions ; il y a lieu , par ci, par là , de la contester, la même chanson étant souvent, dans les divers manuscrits, placée sous le nom de divers auteurs. La critique sur cette matière délicate est encore fondée sur des bases trop peu solides pour oser s'y engager ; toutefois, nous avons eu XYUI IMTRODUCTIOIf. soin de signaler les cas assez rares où on doute de cette nature pourrait se produire. Notre première idëe avait été d'établir un romancero belge aussi complet que possible ; mais des difficultés mul- tiples nous ont fait renoncer à ce projet et nous restreindre à Tassemblage des productions de nos trois anciens lyriques les plus renommés, Queues de Bétbune, Henri III de Bra- bant et Giilebert de Berneville, en y joignant quelques noms de moindre réputation, mais non moins dignes de trouver place dans ce recueil. Nous aurions volontiers incorporé dans ce volume le bagage poétique de Gauthier de Soignies, dont la mémoire est si chère à la ville belge de ce nom ; c'est moins l'incertitude qui règne encore sur la véritable nationalité de ce trouvère, qui nous a déter- miné à remettre cette tâche, que l'impossibilité de l'accom- plir avant longtemps. En admettant que les droits de la petite commune de Soigny en Champagne soient finale- ment reconnus supérieurs aux prétentions traditionnelles de la ville hainuyère, nous nous croyons autorisé à nous approprier Gauthier de Soignies tant que les titres con- currents ne sont pas péremptoirement établis. Et en ceci nous nous prévalons du sentiment exprimé tout récemment par un philologue français dont la bienveillance égale la réputation scientifique (1) : c Quand bien même la Belgique (1) Gaston Paris, Romania, t. V, p. 115» à propos d*un compte-rendu sur les trois ouvrages d*Adenet le Roi publiés en dernier lieu dans notre collection. IHTEODUCTION. XIX « 8*aimexerait sans preuves absolument concluantes tel ou « tel auteur jusqu'à présent sans patrie, nous ne lui en s ferions pas un grand reproche, puisque cette naturali- « sation plus ou moins régulière vaudrait à cet auteur « d*étre imprimé plus tôt et au moins aussi bien qu'il pour- « rait rétre en France. » II. Jagqubs db Baisibiix. Dits bt fabliaux. Avant les communications que nous avons faites en 1869 au BihUo- pkUe belge, on ne connaissait de Jacques de Baisieux que deux fabliaux, intitulés l'un : Des trois chevaliers et del chainse, l'autre : La Vessie à prestre. Le premier a été analysé par Le Grand d'Aussy dans les Fabliaux et cofUes (t. I, p. 229, éd. Renouard) ; puis on en trouve la traduction en prose dans le 3* vol. des Mémoires swt FanciefiM chevalerie par Sainte Palaye (pp. 138 et ss.) ; enfin il a été imprimé en 1823 par Méon, dans le tome I, p/91 et ss. de ses nouveaux Fabliaux. Le second, la Vessie à prestre, fait également partie et du recueil de Le Grand d'Aussy (t. IV, p. 177) et de celui de Méon (t. I, p. 80-90). C'est d'après les auteurs cités qu'ont été faites les ana- lyses insérées par M. Le Clerc dans X Histoire littéraire de France (t. XXIII, pp. 157 et 171), et que M. Dinaux a rédigé son article Jacques de Baisieux, dans le 4* vol. de ses Trouvères, p. 383. Le seul manuscrit qui à notre connaissance renferme les cinq pièces réunies dans ce volume, est le précieux codex XX INTRODUCTION. de la bibliothèque rojale de Tarin coté anciennement g. I, 19 (yoy. le catalogue de Pasini, n"* LXXXIV, p. 493) et désigné maintenant par L. V. 32. C'est le même qui nous a été si ntiie ponr notre édition de Baudouin de Condé, et qui a fourni le fabliau La VewDe de Gauthier le Long publié en 1866 et réédité ci-aprôs , ainsi que Le roman des JffUs, inséré dans le t. XXIV des « Annales de l'Académie d'archéologie de Belgique » (1868) (1). Les deux pièces faisant partie du recueil de Méon ont été puisées à la même source, mais par l'in- termédiaire des copies Mouchet conservées à la Biblio- thèque nationale de Paris (fonds Moreau 1727). Les nombreuses fautes qui déparent le texte de Méon nous ont fait regretter de ne pas avoir, à l'époque où nous dispo- sions du manuscrit de Turin, transcrit également les deux fabliaux publiés par le philologue français, au lieu de nous borner à noter fugitivement les écarts les plus saillants. Il est juste de remarquer que plusieurs des erreurs de Méon sont imputables à la copie Mouchet, dont il nous a été loisible de prendre une rapide inspection à Paris. Nous laissons au lecteur l'appréciation de la valeur litté- raire des productions de Baisieux ; nous avons lieu d'es- pérer, toutefois, qu'il ne leur contestera pas quelque intérêt (1) Un dépouillement détaillé de ce manascrit a été donné dans les t. I et II du Bibliophile belge^ et reproduit dans Topascule inti- tulé : Notice et extraits de deux mss. français de la Bibliothèque royale de Twrin^ par Aug. Scheler. Bruxelles, 1867, in-8<». INTRODUCTION. XXI tant an point de vue des sujets et de l'invention, que sous le rapport du style, de l'ordonnance et de la langue. Deux des poëmes (ce sont ceux qu'a publies Méon) appartiennent au domaine du fabliau chevaleresque et anti-monacal ; les trois autres s'élèvent dans les hautes sphères du symbo- lisme et traitent d'abord de la signification mystique atta- chée aux diverses parties de TÉpée, puis de l'inféodation à l'Amour, le céleste seigneur, enfin des vertus médiatrices de la Vierge. Nous n'avons rien de nouveau à dire sur la personne de lauteùr. Si Baisieux est bien le lieu de son origine , trois localités peuvent se le disputer : l'une appartient au département de la Somme et à Tarrondissement d'Amiens, une autre se trouve à 12 kilomètres de Lille, la troisième enfin est la commune belge de ce nom située dans l'arron- dissement de Mons. Une seule circonstance milite en faveur de la Flandre : c'est que Jacques déclare avoir traduit la Vessie à prestre du thiois (1) en roman. Nos recherches ont été infructueuses jusqu'ici pour retrouver le poëme thiois qui a servi de modèle à notre trouvère ; l'un ou Tantre de nos philologues flamands réussira peut-être mieux dans la solution de ce problème. La comparaison des textes que nous avons fait paraître dans le Bibliophile belge il y a sept ans, ainsi que celle des (1) Vers 319. La copie Moachet donne fux au lieu de tiex ; cette choquante bévue , Sainte Palaje , Méon, Téditear de Le Grand et Dinaux Tout reproduite sans le moindre soupçon. XXII INTRODUCTIOH. éclaircissements dont nous les y ayons fait suivre, tëmoi- gnera du soin que nous avons mis dans le redressement des défectaosites qae nons y avions laisse subsister. m. GiiuTHiBR Lb Lono» trouvère tournaisien. La Veuve, fabliau. Cette pièce était inédite lorsque, en 1866, nous la présentâmes à l'Académie d*archéologie de Belgique, qui la fit insérer dans le t. XXII de ses Annales. Elle reparaît ici avec de notables améliorations tant en ce qui concerne le texte, que dans les notes explicatives. Ce qui captivait particulièrement notre attention, en la rencontrant au fol. 167 du même ms. de Turin qui renferme les compositions de Jacques de Baisieux, c'est moins son mérite littéraire (lequel d'ailleurs n'est en aucune manière inférieur à celui de la plupart des pièces du genre), que la circonstance que le nom de l'auteur appartient à l'histoire littéraire du pays et que cette unique pièce du poëte tour- naisien n'était connue encore que par une sèche et impar- faite analyse, faite il y a près d'un siècle par Le Grand d'Aussy (Paris, Onfroy, .1779, in-S», t. III, p. 55). Voici ce qu'on trouve à son sujet dans X Histoire litti- Taire de France (t. XXIII , p. 172), qui , ainsi que M. Arthur Dinaux dans les Trouvères de la Flandre et du Towmaisis (p. 185) , range Gauthier parmi les poètes du XIII« siècle : a C'est encore un fâcheux tableau des ménages de la bourgeoisie que les aventures de la Veuve qui, après avoir fait parade de sa douleur à la mort de son premier époux INTRODUCTION. XXllI et avoir refasë tour à tour en mariage, par coquetterie plutôt que par desespoir , un riche bourgeois de Tournai, puis le jeune Baudouin, Godefroi, Favin (1), Guillebot, Jean, choisit enfin, comme Théroïne du fabuliste, un malo- tru dont il faut qu'elle endure la mauvaise humeur, les reproches et même les coups de bâton. Le récit de Gauthier Le Long ne saurait âtre comparé aux deux fables de Lafon- taine (liv. VI, fable 21 ; liv. VU, fable 5), mais ne manque cependant ni de vivacité, ni d*esprit. Imbert (t. I, p. 268), cette fois, en a fait une assez jolie nouvelle. » Dire que le poëme est un fabliau du moyen âge retraçant une scène d'intérieur de la vie bourgeoise, c'est faire pré- voir que le ton en sera quelque peu libre et que le langage des personnes qui j figurent portera l'empreinte de cette crudité d'expression qui se mêlait si facilement aux expan- sions du vieil esprit gaulois. Au point de vue de la langue nous n'y avons rien remar- qué qui distinguât notre auteur ; en ce qui concerne le tour et la grammaire, on y retrouve toutes les particula- rités de l'époque. Par contre, nous avons été frappé par un certain nombre de termes nouveaux qui paraissent appartenir au terroir et dont nous ne sommes pas toujours parvenu à déterminer, ni même à deviner, la signification. Quelques passages sont restés obscurs par suite de la défectuosité de notre texte. Malheureusement , Le Grand d'Âussy ne nous a point indiqué le manuscrit qui lui a servi (I) \jSa/b% Focwin, XXIV INTRODUCTION. pour son analyse (le mot traduction ne convient nullement), et MM. Le Clerc et Dinaux qui, après lui, se sont occupés de Le Long, se taisent à leur tour sur ce point. Cela nous a prive de Tavantage de recourir à un collationnement pour parer à l'inintelligibilitë de plusieurs endroits de notre fabliau. Les quelques corrections que nous avons introduites dans le texte et qui sont signalées au bas des pages, seront pour la plupart, pensons-nous , admises par les érudits compétents. Nous laissons la question de la nationalité de Gauthier Le Long dans le vague où elle se trouve ; la mention de Tournai au v. 336 peut n'être amenée que par la rime, il est vrai, et n'autorise pas à autre chose qu'à placer la scène du fabliau dans les environs de cette ville. Cepen- dant on est en droit d'inférer de certains traits du poëme, surtout des nombreux noms propres qu'il renferme, que Tauteur connaissait parfaitement le théâtre sur lequel il produit l'héroïne de sa composition, et en attendant que la lumière se fasse , nous qualifierons Gauthier Le Long de trouvère tournaisien. IV. Le Triomphe des Carmes ou, selon la rubrique du ms., le Combat de Saint- Pol contre les Cannois, Ce poëme, écrit dans un style vif et coloré , est sans doute inspiré par une intention satirique, mais cette inten- tion est plutôt dirigée contre l'esprit de lucre qui s'est manifesté de tout temps dans le sein des corporations reli- gieuses, que contre les institutions mêmes de l'Eglise. L'au- INTRODUCTION. XXV teiir» qui dst reste absolument inconnu, ne montre aucune hostilité contre le clergé, mais il trouve son plaisir à en dépeindre les faiblesses ; son récit a Tair de ne pas avoir d*autre but que de rappeler aux habitants de Valenciennes un événement ecclésiastique qui s'est passé chez eux à l'occasion du service funèbre d'un grand personnage, et dont il décrit les épisodes avec malice, mais sans tristesse et sans fiel. Le Triomphe des Cannes a été pour la première fois édité par M. Dinaux en collaboration de M. Aimé Leroy, dans le t. III (1833) de la première série des Archives historiques et littéraires du nord de la France et du midi de la Belgique (1). Le texte qu'ils ont reproduit était mal- heureusement un rajeunissement fait par un auteur du XVI* siècle, étranger à la grammaire et aux formes lexiques du commencement du XI V^ ; c'est dire qu'il pullule de fautes grossières et contre les règles grammaticales et contre la versiBcation. S'il faut pardonner aux éditeurs de 1833 d'avoir hésité à dépouiller le poëme de l'habit moder- nisé dont on l'avait, fort inintelligemment, afi*ublé , nous serions sans excuse si nous le remettions sous presse dans la forme pitoyable dont il a fallu se contenter jusqu'ici. Louis de La Fontaine, seigneur de Salmonsart, né à Valenciennes en 1522; mort à Liège en 1587» avait uti- lisé le récit rimé du combat de St. Pol contre les Carmois pour en faire le 29* chapitre de son ouvrage sur les anti- (1) 11 en exût6 des tiréB à part : Valenciennes 1834, 33 pp. in-8. XXVI INTBODUCTION. qoitës de Valenciennes, ouvrage resté inédit (1) ; il Tavait, comme il le déclare lui-même, « copié hors d*uDg bien yieulx libvre escript & la main de langaige depravet et rhé* torique inusitée , ledit libvre fort maulvais à lire et la lettre fprt effacée ad cause d'antiquitez » . Outre une copie également rajeunie du XVIIP siècle, en possession de Tun d'entre eux, MM. Dinaux et Leroy n'avaient à leur dis- position que la leçon factice du seigneur de Salmonsart, dont l'œuvre repose en un manuscrit du XVI* siècle i la bibliothôque de Valenciennes (2), et ils s'y sont servilement attachés, en cherchant, dans leurs notes et éclaircis- sements, moins à redresser les altérations, qu'à dissiper certaines obscurités produites par ces altérations mêmes. En l'abscence d'un manuscrit du temps (3) qui nous eût révélé la rédaction propre de l'auteur, qualifiée de d^ravée par un lecteur du XVP siècle, nous avons pris le parti de rendre, par voie scientifique, son costume naturel et primitif an texte défiguré que nous ont livré les éditeurs de Valenciennes. A première vue la chose nous parut très- faisable, et ne requérant que peu d'effort pour quiconque (1) n Tétait da moins en 1833. (2) Un antre ma. des AntiquUéi de Valenciennes se trouve à Mons ; un troisième, enrichi de grandes ^gnres coloriées, a été acqnis au commencement de ce siècle par M. Bourdon d*Hérj, d où il passa à un M. Evrard de Douaj. (3) M. Dinaux, dans Tarticle quUl a consacré à notre podme dans le 4* vol. de ses Trouvères , pp. 33-42, nous apprend que M. Motteley en avait déniché un, qui avait attirél ^attention de Monmerqué, mais il ne dit pas ce qui en est advenu. ihtroductiom. xxyii 8*68t familiarise avec les allures et les formes de la langue d*un contemporain et concitoyen de Tauteur, le trouvère et chroniqueur Jean Froissart. Les romanistes jugeront si nous avons accompli cette tâche avec succès ; Findication scrupuleuse des leçons modifiées est destinée à leur fournir le moyen d'exercer leur critique. Tout en nous attendant à quelques censures de détail, nous espérons qulls ne nous accuseront pas d*avoir été trop présomptueux ou trop hardi dans notre tentative de restitution. Les notes explicatives qui terminent le volume ont, comme celles d^t nous avons accompagné nos précédentes publications, un double caractère : elles sont destinées, d*abord, à guider le lecteur dont la connaissance du vieux langage ne dépasse pas les notions essentielles, et à le préserver de méprises et de fautives interprétations ; puis elles signalent tous les traits et faits qui nous semblaient solliciter Tattention du linguiste et pouvoir profiter à Ten- richissement de la science. Bruxelles, en mars 1876. Àuo. SCHELER. / ï. CHANSONS DE QUENES DE BETHUNE. i. Cette pièce se troaye, k ma connaissance, dans les mss. soirants : A n» 3, C '4tf», D 100, F p. 93, G 29, H 90»», I 74, L fol. ?., M 40, N 23^ ; en oatre, en français italianisa, dans le Codex Estensis (n® 49 des pièces attribuées à Moniot). Bile est placée sons le nom de Bôthane dans ADMN ; sons celai du Châtelain de Coucy dans CPO ; anonyme dans HI. Le nombre et la succession des strophes varie ; le ms. A qne j*ai sniTi, en donne six et nn envoi de 4 van ; CD, six sans envoi, placées, retativement à notre texte, dans Tordre suivant : 1 2 6 5 4 3 ; H, six (dans notre ordre) ; GIMN, dnq, ainsi rangées : 01 : 1 2 4 6 5, MN : 12 6 5 4. Les impressions sont nombreuses ; je citerai : Sinner, Catal. codi- cum manuscriptorum biblioth. Bemensis III, 305, et Wackemagel, AltfnuDZ. Lleder nnd Leiche, p. 23 (diaprés A) ; De la Borde, Essai ;rar la Musique II, 302 (d'i^près G) ; Fr. Michel, Chansons du Châle- lain de Con^, p. 86 (d'après A, mais avec des variantes) ; Paris, Romancero français, p. 93 (d'après divers ; on n'y trouve que nos 1 2 CBAMSOm 8tr. 1 2 65 3) ; sur ses traces, Leroox de lincy, Chants historiques 1, 113 ; DinanZy Trouvères III, 397 ; Buchon, Recherches et matériaux pour servir à l'histoire de la domination française en Orient, I, 421 (d'après D); Keller, Romtart, p. 254 (d'après N), reproduit, avec corrections, par M&tsner, AltfiransOsische Lieder, p. 7, où Ton trouve aussi en supplément (pp. 86 et suiv.) les textes publiés par De la Borde, P. Paris, Wackemagel, Dinaux et Fr. Michel ; enfin Bartsch, Ghrestomathie (3* éd. 1875), p. 222 (d'après C). A T, amors, corn dure départie, Me covient faire à perdre la millor Ki onkes fust amée ne servie ; Deus me ramainst à li, par sa douçor, Si Yoirement com j^en part à dolor I Deus, c'ai je dit ! Jà ne m'en part je mie : Se li cors vait servir Nostre Signer, Tous li miens cners remaint en sa baillie. For li m*en vois sospirant en Surie, 10 Ee nus ne doit faillir son creator ; Ki li faura à cest besoing d'aîe, Sache de voir faura 11 à grignor, Et sachent bien li grant et li mener Ke là doit en faire chevalerie, 15 G*en en conquiert paradis et honor Et les et pris et Tamor de s*amie. i H Omn, I haï, — 3 CDHMN Me eovanra faire de la m., GI por lam. — 4 H ramtrint, I remaint. — 5 IMN Si vraiement. GDM que m*0fi part. — 6 GDM La$ (p. Deus). — 7 Gf Ainz m mes cors. — 8 GDGM N Li euers {Mes cuers G) rtmaini del tout ens. b. — iO GDM Car je ne doi. •» Il N la (p. li) ; ce doit être un lapsus — 13 GI Sachiez de voir qu'il fintdra à greignor ; GDMN Sachiez que ii li f. — 13 OH Et saehiés, N Si saeent. — 15 GI C*ofi t c, M Oi» î c, GDN Oà on t. — 16 CÙGÏiU Et pris et hs. — DB QUENBS DB BBIHURB. O Lonctens avoua esté prea par oisease, Or i parra ki à certes iert preus, E*il Toist yengier la honte doloreuse 20 Dont tons li mons est iriés et honteus, Quant à no tens est perdus li sains leus Où Deus por nos soffri mort angoisseuse ; Or ne nos doit retenir nulle honeurs D'aler vengier ceste perde honteuse. 25 Ei or ne veult avoir vie anoieuse, Si voist morir liés et baus et joieus. Car celle mors est douce et savereuse Où conkis est paradis et honeurs, Ne jà de mort n*en i morra uns seus, 30 Ains vivront tuit en vie glorieuse. Et sachiés bien, ki ne fust amereus, Moult fust la voie et bone et deliteuse. il-U. Cette strophe manque dans GIMN. ^ 17 CD Dieui, tant awnu (awm), ^ 18 D Or verra on. — 10 £D S^irom vengier. — H Veeeu avone à A. d. — 90 CD Dont ehatctnu doit estre i. et A.— 31 C Qu*à noetre tang. — 32 Notre ma. A a le lapsus engoisse p. engoissouie. — CD Mort glo- rieuse. — 25-24 CD 5*or t laissone nos enemis morleus, A tous joure matr iert no vie honteuse. — 25 GDGIMN Ki ci ne veut ; H Q*or veut avoir hotUe et vie ennuioute (leçon contraire an sens). — CI Vie honteuse» — 26 GI S^aiile morir por Dieu liez et joieus ; CDMN Si voit (on voist) pour Dieu morir Ués etj. — H joianz (contr. à la rime). — 27 GI Car ceste m. ; M Que telie m. ; W Que celé m. -^ GI bone et glorieutc-^tè CDMN Dont on conquiert le règne preeieue ; 1 Con i conquiert le règne glorieus. — Ce vers manque dans G. ^ 29 Le ms. A porte : Nejà des mors n^en i aurait (ae aura) un soûl ; comme la rime appelle la forme sous (nomin. sing. nasc.), j*ai substitué à cette leçon celle de tous les antres manuscrits. I^ ▼ers manque dans I. — 30 G Ainswstront tuit, CDN Ains nesteront en v. g.^ M ne$teron> •— 31-32 CD Qui revenra moult par ert (D mouU sera) eOreue A tous jours maie en iert honore ^etpeuse ; GI Je nH soi plus, qui ne fiut amoreuê^ Trop fust la voieet b. et d. ; dans I, ces deux vers for- ment le 0*et7«dn couplet (le 5« manquant) et sont suivis d*un %t qui dérange là succession voulue des rimes : Pour Dieu vengier le père pre- eieue, «- Nos deux vers manquent dans N. 4 cfliJisoiis Tait li dargié et li home d'eaga Ki de bienfaifl et d'amones vivront , 35 Partiront toit en oeet pèlerinage, Bt les dames ki chastement vivront Et loianté portent céans ki iront ; Et s'eles font par mal conseil folage, A laskes gens manveses le feront, 40 Car tait li bon iront en cel voiage. Deas est asis en son saint héritage, Or i parra com dl le seoorront Cai il gita de la prison ombrage Qaant il fa mis en la crois ke Tare ont ; 45 Certes toit cil sont boni qai n'i vont, S*il n*ont poverte ou mellée oa malage, • 35. A porte, cootmirement à U règle, clergiés. Il frat on tenu H élargie, comme ont GDM, oa, au pluriel, iuit li ekrgié, selon Hl ; tout li élargies de N est également fiiotif. — 34 GIN {tid m aumoineg et en bien fet {fe$) fnan- roHi {maindrout); CDU Qui en amnoene et en bien fais vunront; les mss. DHN ont 6i0ffu fais, — 35 Notre ms. porte en cest ; j*si mis à eest confor- mément à tons les autres mss. et à la construction habituelle parlû* (pren- dre part) A qqcta. ^ 36 GI ehasteé (chateé) tennmt, H ehastes se tenroni, — 37 Mon ins. a Kt loiaUeis porte; c'est évidemment une erreur p. el loialteit portent, que J'ai reçu dans mon texte ; G se loiauté font à eeus qui % vont ; H Kt loiatUé portent ces qui iront. — Notre vers manque dans GDIMN. — 38 Les mss. GM, ainsi que A, écrivent celés ou celles; ce n'est qu'une variante orthographique de s^eles.^ 39 I^a leçon do mon ms. Etais keHg gens menasees lor feront est le résultat d'une méprise ; Je Tai corrigée d'après G ; M A lasses gens et à (cet à est de trop) tnavex le feront, G A reereanz et nuiuvais le f, DN As lasches gens et mauvais le /., I Aus lasches gens maueaises ; H Ha, les quelm gens mauioesu le f.-^ 4^0 G s*en vont en cest v, ^ HM viage. ^ 41 H haut, I droit (p. saifit). — 42 H Or parra bien. — GDtecî^Naeti. — 43Dj«l0. — 44 GDN fu mors. —Notre ms. A porte tuit p. turc, qui est la bonne leçon ; ce lapsus se retrouve dans HI ; M a turs (qui est un nom. sing.). — 45 GI Biensont honi tuit cil quiremauront, CDMN Saehiés cil sont trop honi qm n'iront (M n*t vont). - 46 GI Se nés retient poverteg ou malage ; GDHN S^il n^ont (N si n*ont) poverte u viellece tf m. — A donne maillege p. malage. DE QUBRES DB BETHDNE. Et cil ki sain et jone et riche sont, Ne porront pas demorer sans hontage. Las, je m'en vois plorant des eus del front 50 Là où Deus veult amender mon corage, Et sachiés bien c'a la millor don mont Penserai plus que ne fais à voiage. 47 G riche ei sain et fort êeront ; M tain et riche et jone êont ; H jone et sain et ridie êont, I riches et fort et saint seront, — 48 GI /Vî pueent, CDU Nepueent. — 49-52 manqueni dans tons les autres mss. 2. Jeu-parti» publié d'après A n^ 4 ; il se trouve encore dans la Bod- léienne d*Oxford, fonds Douce 308 (n<* 27 des jeux-partis). Imprime par Dinanx III, 406 (avec maintien de Torthographe lorraine de roriginal), et par Hoûnann, Sitzungsberichte, 1867, II, p. 486. Bien que cette pièce soit inscrite au nom de « Cunes de Betunes », il est peu probable qu'elle soit de lui, puisque les interlocuteurs s'ap- pellent Bertran et Guichàrt. A, .mis Bertrans, dites moi le millor D'un jeu parti, de vos le veul oïr : Ki de s'amie auroit eu l'amor, Et amplement de li à son plaisir. \ I 4 binnwL Et parlement. 6 CHÀlfSONS 5 Et scelle adont sans forfait s'en partoit Por autre amer, et puis pais refaisoit, Por lui tenir de samblant sans plus mais, Likés vaut mieus, tous jors guerre ou tel pais ? — Sires Guichars, sachiés ceste dolor 10 Ke je vos oi reconter et jehir, Ont autre fois ett tost li plusor ; Sovent voit on ceste chose avenir : Tel dame lait son bon ami sans droit, Ki s^en repent quant elle 8*en parcoit ; 16 Guerre en amors n'est proes, por çou m'en tai ; La pais vaut mieus servir à cuer verai. — Amis Bertrans, U cuers verais, por voir, Est partout bons, ce sai certainement, Et cil est fous, selon le mien savoir, 20 Ki fausse dame aime à son essient, Ke bien savés qu'en reprouvier dist on Ke leres est li compains à laron. Et cil est fous et fait gaber de lui, G'on sert de bordes et on festoie autrui. 25 — Sires Guichars, or puet on bien savoir Ke vos d'amors savés pou ou noiant, Car je veul mieus toz jors de li avoir K'elle m'esgarde bien debonairement 10 Din. oî (qui fansseJa mesure j* — Ms. reseonieir, ^11 Hoftnann cor- rige toit en tuU, ^ 14 Ms. pensait ^ Din. partoit. ^ 15 Ms. tais, — 28 Ms. tn*esgairce (forme insolite). DE QUERBS DE BETHCNE. A bel samblant et à douce raison, 30 C'avoir & li mellëe ne tenson ; Soflrirs atrait amors, certains en sui, Et orguels fait à mainte gent anui. — Amis Bertrans, vostre sens n'est pas grans, On on vos a espoir en vain chargié, 35 Ke tout prendrés à gré com peneans ; Aine ne tî home de si pou apaier : Quant d*an semblant et d'un très povre ris Vos puet tenir, trop estes vrais amis ; Celui semblés oui on tout son chastel, 40 Ki puis en prent de teste un bel juel. — Sires Guichars, jà nus sages amans Ne m'en tenroit por ce mal afaitié Se j'en gré pren douz mos et biaus semblans, Ains ke tôt laisse ; ce seroit malvaistié. 45 Encor vaut mieus avoir, ce m'est avis, Pou ke mains, car de ce sui toz fis Ke par douçor fait on savage oisel Sage et privé et guerpir son rivel. — Par Deu, Bertrans, vos par mentes moult bel, 50 Mais n'i aurai avant talent novel. 39 Ms. â doux raiam. — 32 Ms. gem. — 37 Din. wâ (p. ru). — 40 Din. tatL —46 Yen défectueux ; peut-être faut-il Vnpoui le ms. écrit marUf comme an t. 82 eompatu p. eampains. 8 cHAmom 3. Il y a peu de vraisemblance que cette chanson soit composée par Qaenes de Bethane, bien qu'elle porte son nom dans le ms. M d'où je Tai tirée, et dans D, qui a servi au teite de Buchon. Outre M 10 et D 98, on la trouve sous la rubrique « Cevaliers » dans G 22, sous celle de Jacques d*Espinais dans F p. 215, enfin sous celle de Gautier d'Espinais dans B 100 et Ë 104, C, 135, H II. Je n'ai eu le temps de coUationner que les mss. D et G. La pièce a été imprimée, d'après D, par Buchon I, 419, et d'après M, par Dinaux III. 387. l\\ .a oomancier de ma nouvelle amour Ferai chançon, car pris m'en est talens, Et*)[>roierai à celle que j^aonr, Pois que du tout sui ses obediens ; Pour Dieu li proi ne me soit desdaignans, Ains dainst vouloir que par moi soit servie, Si en serai plus liés toute ma vie. Ce ne me doit nolz tenir à folour Se je désir estre ses bienvoillens, 10 Puis que biautés fait de li mireour Et en tous biens est ses entendemens. 3 D car nCen ett pris. — • 3 D d oetî. — G 5t prière ma dame qui, — 4 C A qui je $ui del toui o6. — D It m o6. — 5 D ne ntt (a m'i ?} êoU ; Gqu^UneioU.^6Udaiivoloir,Bdaintif)ahir.'^Q quedemoi.^B D 5e ne. — M bieA vattlene, D 6iene voithau, G 6 Le mot floal amis maoqae an ms. — 94 G me$ fine euers... avec maî (!;. — Buchon a le mot impossible firat p. fine. — 95 G « «*efl en êi haui lien. — 97 Ms. M îfe na (n'i) p. Nejk.— G. Nejà por mal quHl ait ne. — 30 D fiuf amane, — G ntu ne doit de bone amor p. 10 GHAMSORS Qu'en pou d^eure rent elle tel louier Qae nnlz n*auroit povoir du deservir. Por ce li weil bonnement obeïr Et weil proier à ma dame hounorée 35 Qu'avec biauté Boit pitiés assemblée. Quens de Quelle, riens ne puet avencier Tant comme amours celui qui à li bée ; Entendez i, s*iert vostre hounours doublée. 35 D Por foii la vot/ , G Por cela («- ce la). — 35 Ms. bUuUéê. — 36-38 manquent dans G.^ 3711s. 6 G chanterai chant d'amour, — 7 Mon ms. porte me face hien ; le sens inspose la leçon ne face bien de GM. — S G du tof, M Au chief du tout. — Ms. tes plus sages (contre la rime), G li pi. s. (contre Is syntaxe), M le plus s. (seul admissible). M. P. Paris, isolant notre vers du précédent par nne virgule, met A ehêef dou tor foloient li plus sage. kAAX tiré la variante foUrieni du ms. E« que je n*al pas va f Mes trois mss. présentent tons foloier. i 18 CIAMSQHS Tel blasme amors qui en toute sa vie 10 Leaos amors ne bone ne conut^ Et tel i a qui coide avoir amie Bone et leal qui onques ne le fut : Pour moi le di oui ele a decett, D*une en cuidai avoir la aeignorie ; 15 A chief du tor ne so que bes^te fn, Jamais d'aroors ne quier avoir envie. Jà fu tels jors que les dames amoient De leal ouer sans faindre et sans fausser. Et chevalier large qui tout donnoient 20 Por pris et los et par amors amer, Mais or sont il esohar, chiche et aver, Et les dames qui cortoises estoient, Ont tôt laissié pour apenre à borser ; Morte est amors et mort cil qui amoient. 0-!6 Ce couplet est le Uoiaième dans OU. — 9 6 7«{ plami Saman. — GM qui aifu (G one) jor de ia vie. — 10 B (et Psris) Iooim amor ; il ûint ou leal (ou loial) amor (GM) Ou Uaus amon, — G total am, ne wt ne ne quenui. ^ il B (et Par.) leaue ; j*ii corrigé^ selon la grammaire, leal (GM loiaX). — Paris ^ ne la fu^ leçon iDcorrecte de G ; M a te et B Tëquivalent Um, — 13 G et Par. qu'une enad.^ M qu'amours ont, — U G Quanifen euide (k lire etiW >» cuidai)^ M QuatU je CMÛtat. — 15 M chief du tout. -^Unesot qnel^ G ne «oî quH (m», dans le texte deParis^estliiatif).— 16 GUJamaiidam. nemepnndrae.^îl" 14. Ce couplet a le cinquième rang dans G et le quatrième dans M. ^ 17 G Vn jor fa jà^ M Je vi un jour, — M en dames. — 18 M De euer Mal loiaumeni sans f. — î9 G Ces chevaliers larges^ M Li chevalier Mai. — 10 G Pour los et pris avoir de bien amer^ M Pour los et pris et honneur atkUer, — 11 G Or sont esehar et chiches et aver^ M Or sont il tous et esdiars et avers. — H G Ces ehevaUers larges qui tôt donoieni^ M Et ces daenes qui pour amour vatoieni. -* 13 M pour aprendre à guiUier, — 14 GM Morte est amors, mort sont cil. DE QUE1IB8 DE BETHDNE. \9 25 Mainte en i a çainte d*ane corroie Qui lor amis ne font fors de guiller; Cestai yoelent et & cestai s^otroient, Celui tienent, cestai laissent aler. Qui en porroit une leal trover, 30 Bien en devroit ses cuers avoir grant joie ; J'en sai une, se me voloit amer De bone amor, asettrés seroîe. Fous est et gars qui à dame se torne, Qu'en lor amor n'a point d'afiement ; 35 Quant la dame se cointoie et atome, C'est por faire son povre ami dolent ; La joie en a U riches faus qui ment, Et à povre se fait eschive et morne ; 25-3S. Ce couplet manque ans mss. 6 et 11 ; il y est remplacé par le suivant, occupant dans G le quatrième rang et dans M le cinquième : Or est amers et remise et raillle, Li fans amant Tout fet du tôt faillir. Par leur barat et par leur tricherie, Par leur faus plaindre et par leur faus souspir ; 5 Qant il voelent décevoir et traîr, La plus estrange apelent douce amie. Puis font semblant et chiere de morir Li traltour qui* le cors Dieu maudie. [Nous avons donné le texte de G ; variantes de M : — 1 amoun et tokmliM faiUie, — 3 lA fol amant le» on fait défaillir, — 5 Par barat {letir est sauté). ^ 5 ttouloient, — 6 appellent il amie, — 8 Lî /r., Damedieuê 33-40. Deuilème couplet dans GM . — 33 Mon ma. a $e done au lieu de u tome^ que J*ai pris dans G à cause de la rime ; M donne $*{^owrHê. — 35 G M tient cointe. — 36 B Ce por. ^ M ami rifhe dolent ^ mais riche est barré. — 37 GM Et la joie est au riche faue (M fol) qui ment.. -* 38 M Vers le povre $r fait egquieue et morne ; G Et au p. te tient et chiche et m. 25 — u Par Deu, ma dame, j'ai bien oï parler a De vo biaaté, mais ce n'est ore mie, « Et de Troies ai je oï conter a K'elle fu jà de très grant signorie, « Or n*i puet on fors la place trover ; 30 tt Por ce yos lo, dame, à escuser (( Ke cil soient reté de tricherie us lo ainsi, EG Par tel raison vos *ai préféré la leçon de B dans Tintérét de la TersiAcatlon, qui veut ici une rime en anee. — GD ont : Or m'i doint Dex (D Or Dex m'en doin$t) trover uraie espérance. — 31 GD Qu'en tout te mont n'a orgueil ne fierté. — 32 D ptaier. 10. Ms. C 45, coll. avec D, 09. — Cette oélèbrs chanson se voit impri- mée dans : Romancero fr., p. 83 ; Leronx de Linoj, I, 30^ Dinanx, III, 389 ; Buchon, I, 420 ; Bartsch, Chrestomathie (3« éd.). p. 222. M out me semont amours que je m*envoise, Quant je plus doi de chanter estre cois. i h j'en m'envaiic. 36 cBANsons Màs j'ai plus grani talent que je me coiie ; Por oe s'ai mis mon chanter en defois 5 Que mon langage ont blasmé li François Et mes chançons, oiant les Champenois, Et la contesse, encor dont plus me poise. La roïne n'a pas fait que courtoise, Qui me reprist, elle et ses flus li rois ; 10 Encor ne soit ma parole Françoise, Si la puet on bien entendre en françois. Ne cil ne sont bien apris ne courtois Qui m*ont repris se j*ai dit mot d*Artois, Car je ne fui pas norris à Pontoise. 15 Dex, que ferai? dirai li mon corage ? Li irai je dont s'amor demander ? Cil, par Deu, car tel sont li usage Qu'on n*i puet mais sans demant rienz trover, Et se je sui outrageus durover, 20 Ne s'en doit pas ma dame à moi irer, Mes vers amors qui me font dire outrage. SD tie fitt pas. ~ 13 D mo$, •— U D fus, — 16 D Virraijtdmt, — 19 D outraige. — 21 Le mt. G est lacéré à la fio de la strophe et ne va que Jasqn'au mot duûece vers. Le reste de la strophe est tiré de D. ~ Ce dernier porte au v. 19 frover, que Je tiens pour fautif. — 31 Bartsch imprime, sans nécessité, et contre le ms., foU an Ueu de foni. DE QUIiMBS DB BKTHONE. 127 H. Ma C 46^, coll. avec 99^. — Imprimé par Huchon, I, 421, et par Dinauz, III, 392. S, ^6 rage et denrerie Et destrece d'amer M*a fet dire folie Et d'amours mesparier, 5 Nus ne m*en doit blasmer ; Se à tort me faunie Amours que j*ai servie, Ne me sai ù fier. Amours, de felenie 10 Vous vaudrai esprouver, Tolu m*avez la vie Et mort sans defBer ; Là m*avez fait penser U ma joie est perie ; 15 Celé qui je en prie Me fait d'autre espérer. Plus est bêle qu'jmage Celé que je vous di, Mais tant a vil corage, 20 Anuieus et failli» Qu'ele fait tout ausi Com la louve sauvage I. D Cesi raige, » Din. rage de derverie. — 6 D S'ele à tort mi fausnie (Bachon imprime fausrie /) . — 15 Bochon em ne. — 33 D ieuw. CBANSONS Qui des leiu d'un boschage Trait le poieur i li. 25 N'a pas grant vasselage Fait 8*ele m'a trahi, Nus ne l'en tient pour sage Qui son estre ait oï. Mais puisqu'il est einsi 30 Qu*ele à tort me dégage , Je li rent son homage Et si me part de li. Moût est la terre dure, Sanz iave et sanz humour, 35 U j'ai mise ma cure ; Mais n'i queudrai nul jour Fruit ne fuèille ne flour. S'est bien tans et mesure Et raisons et droiture 40 Que li rende s'amour. U D pieur, ~ 25 C Quapoê; J'tdopte la leçon de D. -- 50 C mi de gage, D mi deeha$ce, — 54 D eve. 12 Mb. a n» 474, coll. avec B 28. — Imprimé : Wackernagel, Lieder, qo 24, Dinaoz III, 405. S^ 'i voirement corn oele dont je chant Vaut mieus ke toutes les bones kl sont Et je Tain plus ke riens ki soit ou mont, S me doinst Deus s'amor sens décevoir, DB QUniBS M BBTHUfIB. 99 5 Ke tel désir en ai et tel voloir» Ou tant ou pins» Deoe en sait la verte ; Com li malades désire la santé. Désir je li et 8*amor à avoir. Or sai je bien ke riens ne puet valoir 10 Tant com celi de coi j*ai tant chanté, G*or ai veU et li et sa biauté, Et si sai bien que tant a de valor Ke j'en doi faire^et outrage et folor ; D*amer si hant ne m*averoit mestier, 15 Et nonporcant maint povre chevalier Fait riches cuers venir à haute honor. Ains que je fuisse sospris de oeste amor, Savoie je autre gMit conseillier, Et or sai bien autrui jeu ensig^nier, 20 Et si ne sai mie le mien juer ; Si sui com cil qui as eschas voit der Et ki très bien ensaigne Tautre gent. Et quant il jue, si par pert si son sen K'il ne se sait escourre del mater. 25 Elas, iriést je ne sai tant chanter Ke ma dame parçoive mon torment, N'encor n'est pas si grans mes hardemens Kè je li os dire les mans que trai, • 7 B 5t cofi maUuUi.'^ 10 B oon eeît de euija (I. faijà) chanté. — 13 bje àoi. — 14 B Ae lie m'aurait meêtier (avec cette leçon il Uni lier Smmr ti hoMi à la phrase précédente). — 17 ^je omis (ce qoi oblige li lire fyXne). — 18 A emignier ; oe mot< terminant aussi le vers suivant, J'ai donné la préféreace à la leçon de B.— 19 B (fattruî/etf.— 33 B lî /lerf ti\ — B4 A de maier, B doii ma/fr.^ts BHeku dolan$. — 28 A traù. 30 GHAN80HS Ne devant li n'en os parler ne sai, 30 Et quant je sui aillors devant autrui , Lors i paroly mais si pou m*i desdai K'un anui vaut li déduis que j'en ai. Trestout devis oomant je li dirai La grant dolor ke je trai sans anui, 35 Ke tant la dont et désir quant g'i sui Ke ne li os desoovrir ma raison ; Si va de moi corne dou champion , Ki de lonc tens aprent à escremir. Et quant ce vient ou champ à cous ferir, 40 Si ne sait riens d^escut ne de baston. 31 A fMtrùuls, — 32 Ce Yen a été sauté par le scribe du nis. A ; il est donc tiré de B. — 33 Ni Wackernagel, ni Dînaoz, en copiant le ms. de Berne, ne se sont aperçus de romiasion du vers précédent, et Ils ont fait de celui-ci le dernier de la str. i. — B Encor dm». — 34 B fm trais, — 37 B cofi fait del ch, — 39 B ot cox f. 13. Ms.  no 499 (anonyme), coll. avec C 45b et D 99 (str. 1, 4, 2 ; Quenea de Bethune). — Imprimé, d^aprAs D, par Biichon, I, 420; diaprés C, par Dinaux, III, 390. T ant ai amé c^or me covient haïr, Et si ne quier mais amer S'en tel leu non c'on ne sache mentir Ne décevoir ne fausser. 3 CD nW (p. nmi) ; trahir. DB QUBNBS 0B BETHCNB. M 5 Trop longuement ai Boflért eeste paine C'amon m'a fait endurer. Mais nonporcant loial amor certaine Poroie enoor reooTrer. Assés i a de oelee et de clans 10 Qui dient que j'ai mespris De ce qu*ai fait coverture de saus Mais 11 plnisor ont mespris' i* De son anel ke je mis en traîne, Car à bon droit i f u mis, 15 Car par l'anel fu faite la saisine Dont je sul mors et trais. A moût bon droit en fis ce que j*en fis, Se Deus me doinst bons chevaus ; Et cil ki dient ke je i ai mespris, 20 Sont paijuré et tnit faus. Por ce deschiet bone amours et descline, Car on lor sueffre les maus, Et cil ki cèlent les faus covines Font les plusors desloiaus. 25 Ki or vodroit loial ami trover, Si yeigne à mon loz choiMr, 5 CD m'a duréce$te p. — 7 CD Et nonpourquoiit. — ' 8 C Vaudrai^ D Votcrat.^ 10 G que je meeprie, ^ H CD que fis couvertures,-^ 12 Notre le- çon est inspecte à cause de la répétition de meeprit ; D Mme à mfmli bon étroit le/te;C MmU à bon dr. te fie (vers incomplet). — 15-14 CD Et de ToMel qui fu mie en traXne Dont U miene eore fu trahie, — Je trouve dans mon BM. teraimte p. traîne. « 15 CD Cor par eetm, — 16 CD Dont je emeimatbaiUie(ei omit dans D) — 17-24 Ce couplet manque aux mss. CD. — Us. ftoM cheval, ^ 19 J'ai, pour la mesure, corrigé que fat en que je • m. — 25 Vers incomplet de deux syllabes. ~ 25 CD Qui vaudrait (tNiii- roii) or toial amour trouver, ^ 26 CD Siviegne à moi pour ehoieir. 32 CHANSONS Mais belle dame se doit bien garder Ke ne m'ainst pas por tra&, K*elle feroit eom foie et oom vilaine, dû S'en poroit bien mal oïv^ Ensi con fist la fausse chapelaine Oui toz 11 mons doit haïr. tl CD Maiê ôîeit $e daU bone dame garder. *- tt CD ICele ne m'aini, — S9 CD fiie (p. oom). -- 30 CD Si Ven porraii maue venir. — 31 CD Au$i. u. Les strophes 1-3 sont tirëes de  n* 51Ô (qui n*en a pas davan- tage) et eollationnëes avec \GS^ et D 2Ô^ ; les str. 4 et 5 de C, coll. avec D. Dans CD la pièce porte le nom de Ooillaiime le Vinier. — Imprimé, d*après notre ms. A (copie Monchet), et dans Torthographe propre à ce ms., par Dinaux, III, 404. V. oloirs de faire chanson Mo muet par tel covenant Ke faire me font cest chant Cruel mesdlsant félon ; » Si chant por aus sans raison, Mais jel faic de cuer dolant, Car ne sont tel ne si bon C*on doie dire en chantant Lor murdre et lor traïson, 10 Miens avenroit c'on deïst en plorant Lor mesdis et lor envie. A A offre ei$î au lieu de cruel, qui est la leçon de CD et qui seul con- Tient à la mesure. — 9 CD martre. — 10 CU aferUt. — li CD mesdit. DE QCBNBS DB BETHUNE. '>> Tant ont fait li mesâisant K*il sont de si haut renon Qu'es chans mon signor Gassori 15 Sont ramentu tout avant, Et maint autre bon chantant Chantent de lor mesprison, Enoor soit ce en plorant ; Il en sont là à bandon 20 Et plas de mesdire engrant ; Ce lor done de mal dire okeson K'il plaignent la tricherie. Pou saivent li mal laron Kel joie est de fin amant 25 Cui amors trait à cornant ; Cil prise pou maint sermon Ke font mesdisant félon, K'adès vainquent li souffrant ; Ne rit li savages hom 30 Kant il pluet ? car bel atent Ki li tôt sa sospeçon ; Ki soffrir seit, ne se voist jà doutant C'amors ne li face aïe. ISA K*il resont, — M La leçon de mon ms. Kt sem (p. Qtiet chans CD) a dû être abaodonoée, comme contraire au sens. — 15 A ramentuU^ CD amentu. ~ i6-17 A porte littéralement Et mahi autre bon. ont tant cltan- tei d. l, m. J'ai redressé les fautes diaprés CD, qui tooterois ont, an lieu de bon, l'adv. bien qui me semble pouvoir être admis. ^ 18 CD en plaignant. — 19 CD sontjai et bourdon. —21-32 CD Cil lor donnefU de mesdire oehoison Qui plaignent lor tricherie, — Je remarque Ici que mon ms. a se pour ce, mais c est son habitude de confondre ortbograpbiquement s et c. — 23 C Bien savent, D Peu «. — 25 CD Qu*amotirs tient à (D en) son c. — 26 leçon de CD ; le vers est corrompu dans A : SU (=» cil) ploraissent par m, s. — 27 CD glouton. — 29 Mon ms. porte Dont saibt li s, h. ; cette leçon ne m*oCfrant pas de sens, j'y ai substitué celle deCD. —30 D^tie bel. 54 CBAHSONS DE QUEUES DB BRTHUNK. En ce me vois atendant, 35 Quar tout puis soufi^ir son bon, Si servirai dusqu'en som Celé qui me vait penant, Qu*amours dit qu'à mon créant Fera de mon guerredon ; 40 £t si me rêvait disant Que saveurs faut en fuison Se désirs nel fait plaisant ; Plus me fera ce dit plaire mon don Que se fust pieça m'amie. 45 Diex m'en face vrai pardon, Un pou la vois mescreant, Quar je n'en vois ri^nz plaignant Se la maie fuison non, N'en puis avoir guerison 50 Sanz plainte tout mon vivant. Amours, si vous en semon, Tenez moi mon convenant^ Qu'encor tient & un chardon Celé de qui vous m'alez afiant , 55 U trop est fort atachie. 31 D Qu'il H taut — Mb. â topixion, — 54-55 Nos deux dernières strophes ne se trouvent que dans CD. — 38 D dût. — 44 G «>( fust, D M0 fust, — 30 L'orthographe plente de D me rassure sur la valeur de plainte dans G ; SI s^agit de plentè. IL CHANSONS DE GUILLAUME DE BETHUNE. 1. Ma. A n® 249, oollationné avec C 183 (nos str. 1, 2, 5, 4, maiB trte- variées), E, 151 «t G 105^. La pièce se trouve aussi dans F, p. 316, et, quant aux trois premières 'str., dans B 167. Elle porte Tinscription ce li voies de Betune » dans A, mais dans BEF6 elle est anonyme, et dans C attribuée à Jean de Nneville. — Imprimée, diaprés A, par Dinauz, III, 220. K .ant 11 boscage retentist Dou chant des oisillons en mai Et la rose el vergier florist. En icel tens joious et gai, 5 Lors chanterai de cuer verai, Car quant 11 maos d'amer me prist, El plus haut Heu del mont me mist. 2 Le mot chant est ssuté dans A. — 3 C Qite la. — EG el rosier. — 5 C /»r« amerai drnter entier. — 7 C M lieu. — CEG m^nsûl. 36 CHANSONS Grever me puet segorement, Ke jà conrois n'en sera pris, 10 II ne sent pas les maus ke sent La nuit quant me sui endormis ; Pechiet fera s'or m'i fait pis, Car quant resgart son cors le gent, Plus double mon loiaul talent. 15 Douce Dame, quant je vos vi A celle fois premièrement. Ne cuidai pas k*il f ust issi De tout en tout à vo talent ; Por vos languis à esciant, m 20 Et quant n'i puis merci trover, Bien veul morir por bien amer.* 8 G legieremetU, — 9 G Nejà, — Mon ms. A a fautivement carrfnu ; E eorroit, — 10 G Car ne Met, EG Nh$ ne set, — Il G quant dot esire auerit ; EG quaiUje (£ me) sui aaeri, — 12-14 Le ms. G rend la fin de la strophe de cette façon, en continnant la «phrase introduite an t. 10 par Car ne tel pa$ : La bêle por [cui] sui pensis, Si sai si liez que je l'ain tant Que toz li cors m*en esjoTst. Ges vers répondent à nos ?▼. 26, 28 et 20, mais modifiés selon le besoin d'un arrangement particulier. — 12 E $'ele me fet, G iel mi fet, — 14 EG Plui nCocil fium (E ton) 1. 1, •— 15-21 Gette strophe, la 4« dans EG, manque dans G. — 10 G A omis. — 17 E ctitde (lisez cuidé =» cuidai). — G enit. — 22-28 Strophe 3« dans EG, aussi dans G, où elle se présente avec cette rédaction-ci : Ausi com ti solaus luisans Est en mai clers et seiguoris, Est ele bêle et avenans, Plus ke rose ne fleurs de lis, La bêle pour oui sui pensis. Et del monde est la plus Taillans ; Se 8*amor ai, toz sui manans. DE GUILLAUME DE BETHUNE. 37 Ensi com li solaus losaus Est biaus et clers et signoris, A m'amie cors avenant 25 Plus ke rose ne floars de lis, La belle pour cai soi pensis Et del monde la pins Taillant, S'en soi moult liés quant je Tain tant. Trestous li cuers m*en resjoïst 30 D'une douce dolor ke j'ai ; Si tost com la yi, me sosprist Li siens avenans cors verais Et la bouche dont je morrai, Ki si très doucement me rist 35 Ke por un pou ke ne m'ocist. S2 E ilttfi.— S4 EG Est m" amie au con,-^ 26-28 EG : Pècbië fera s*ele m'ocit. Car je raim tant Teraiemeot Que riens fors li ne m'embelist. 29-36 Au lieu de cette strophe, on trouve dans EG i*envoi suivant : Chançonete, tu t'en iras A ma dame (G m'amie) et si di li (G li di) Qae quant la mer sèche sera Et l'en Ira II pië par mi — Ce ne fù onquei ne n'ert jii, — Lors partira m*amor (G m'ame) de li. Notre dernier eoaplet est le 3« des 4 dont se compose la pièce dans C. — 51 C m*ot souprii. — 32 Cors manque au ms. A ; je trouve dans G : Ses amiables cors li gais. — Ce dernier ms. intercale après ce vers le surnuméraire suivant : De mon tuer fui lors dessaisis.^ ^C Et sa bouche pour cui morrai, — 34 C ùont si. 38 CUANSONS 2. D*aprè8 N 128, en suivant le texte authentique publia par Keller, Romvart, p. 314 ; c'est de ce dernier recueil que la pièce a passé dans celui de Maetzner, p. 68. P uis que jou sui de l'amoureuse loi Que Jhesucris vaut croistre et essaucier Quant par amours fist de son cors envoi Pour nous sauver, moi voel esleechier. 5 Or devons proier A Dieu, le roi de lassus. Qui vaut descendre ç& jus Pour nous faire haut monter, Que li nous doint si amer 10 Qu'en nous soit reçus. Il fu reçus, disnement et en foi, En la Vierge, quant il si vaut logier, Et il i vint humlement en recoi En volenté de ses amis aidier. 15 Sans li empirier Fu neuf mois en li repus ; Ançois k*il en fust issus, Eut il pris à li armer, Car et sanc, pour racater 20 Tous ses loiaus drus. 5 Ms. Or de vous proier, — 10 Ms. Que nous, — 13 Ms. il vint. DE GUILLAUME DE BETHCTIE. 3V) Armés s'en fu, si ala el tournoi, U il soufri ses armes depechier ; Sa digne car percièrent li don troi Pour ses menbres en la crois ataciei*. 25 Pour noua calengier, Fu el cors à mort férus ; Là fu ses sans espandus, Dont bien nous doit ramenbrer, Car pour pechiés essorber 30 Fu en croîs pendus. Moût doit peciës estre haïs en moi^ Quant & pendre fist men père jugier, Et s*ensamble nous tenons ambedoi, Me doit mes pères amer ne tenir chier ? 35 Ains m*en doit cacier Hors de ses biens moût ensus, S*en nul pechiet demeur plus ; Jhesucrist à adosser, Je n'i voel plus demorer, 40 Si ne face nus. Bien est entrés de boine amour el ploi, Qui de sen gré veut les peciés laissier, Prenc que veraie repentance ait en soi De cou k'onkes osa Dieu courecier. 33 Us. Et ton samble. — 34 Ms. Ne doit m. p. amer. — 34 Mâtzner cor- rige ce vers alDsi : Ne me doit mes amer ne t, ch. Cette correctIoD me semble Inutile pour peu que Ton doone, au profit du mouvement poéti- que, le caractère interrogatif à la phrase. L*ad verbe aint a la valeur de « plutôt ». — 37 Ms. pechier. — 38 M s. J, a dosser, — 43 Mi. vraie. Pour remédier à Tinsuifisance de la mesure, Mâtzner laisse subsister vraie et cbaDge preuc en poreuc. — Ms. repoitance. 40 CHANSONS DE GUILLAUMB DE BETHUNE. 45 A li justicier Doit estre en volenté mus ; Gis biens li ert mieus rendus Que cuers ne porroit penser, Quant venra s'ame tenser 50 Li dous rois Jhesus. Maugré Tavresier Mandons la dame salus, Qui nous puet armes livrer Pour Tanemi afoler 55 Si k*il est vencus. m. CHANSONS DU DUC DE BRABANT (HENRI III). 1. Je n'ai rencontre cette chanson que dans C, fol. 6, d où je l'ai trans- crite. Elle se trouve encore ailleurs, ainsi dans le ms. Egerton 274 (fol. 1 1 6b) du British Muséum. Imprimée dans : de Laborde, Essai lii, 174, Willems, Oude Vlaamsche Liederen, p. 7, et dans Dinaux, Trouvères, t. IV, p. 109. La coupe des vers a été bien mal comprise par Willems. A mors m'est u cuer entrée, De chanter m'a esmeii, Si chant por la bêle née A oui j^ai mon cuer rendu Ligement, Et sachent la gent Mercier i'i CHANSONS Ne doit on de mon chanter Fora li 10 Gui j*aim si Que j en ai cuer et cors joli. Se j'ai dolor endurée Por amor, et mal sentu, Il me plaist bien et agrée ; 15 Quant j^ai si bien esleu, N'ai talent D*amer faussement ; Amender Vueil et loiaament amer, 20 Por li Oui j'aim si Que j'en ai cuer et cors joli. Amors est en moi doublée Plus que onques mais ne fu, 25 Si servirai à durée ; Dex doint c^on m*ajt retenu Temprement, Amoureusement Sans fausser, 30 Car je ne puis oublier Celi Oui j^aim si Que j'en ai cuer et cors joli. Et s'amors les suens avanct , 35 De moi li doit souvenir, V. 10 Le ms. porte et cver, qui gâte la mesure. — 15 Willems cl Dioicz oDt eu ion de rattacher ce vers à ce qui précède. — 30 W. par li. DU DUC DE BRADANT (UEMRl Ul). 43 Car je sui suens sans faiUance, A toz jors sans repentir ; Eotentis Serai mais tous dis 40 I>avancier Amors et son nom haucier, Porli Oui j*aim si Que j'en ai cner et cors joli. 45 Adès me croist ma poissance Et Tolentés de servir ; Sans celi où j'ai fiance Ne porrai mie guarir ; Si conquis 50 M'ont si très douz ris ; Sans cttidier Sai que ne puis eslongier Deli Oui j'aim si 55 Que j^en ai cuer et cors joli. « Cuens jolis De Flandres, amis Gui j*ai chier, Me sauriés vous conseillier eo De li Oui j'aim si Que j'en ai cuer et cors joli ? 39 Dinaux fausse le sens eo écrivant de son chef serez p. serai. 44 CHANSONS 2. Ma. N 24, pièce transcrite par Keller, Romvai*t, p. 256, d'où Ta tirée Maetzner, Altfranz. Lieder, p. 10. — Notre chanson se trouve encore dans an ms. de la ville d'Arras, écrit en Tan 1278 par Jehan d*Amien8 le Petit ; c*e«t dans ce dernier que Dinaux a pris le texte qa*il a inséré dans ses Trouvères, IV, p. 111. S, 'e cascuns dei monde savoit Coument boine amour set ouvrer, Jà nus ne s'esmerveilleroit De cou k'ele mi fait canter. 5 Assés i puet on trover Plus grant pooir de ceatui ; Foie gent plaine d*anui, Trestout cil qui ami sont Guident la meilleur dpi mont 10 Avoir coisie ; C est encor plus grant maistrie. Dame et amours, on ne me croit Que vous me fachiés chans trouver, Ains dient aucun orendroit 15 K'autrui i fais pour moi penser, Mais ce ne me puet grever, Car jou ne cant pour nului • \ K. (Keller) tatiier, fanle de lecture évidente , redressée aussi psr M. (Mfttzner). — D. 'Dinauxj De çou ke H me, sans doute une faute de lecture. — 5 D. i omis.^ li K. Davie est amours ^ M. corrige avec raison et amours; D. donne es amours. — 13 D. faictes, — K chaos p. chans. DU DUC DE BBABANT (hEECBI UI). 45 Fors pour vous à oui jou sui, Et Yostre amour m'en semont, 20 Qui me maint el cuer parfont ; Là Tai sentie Et ferai toute ma vie. Je sai bien que, s'amours voloit, Le plus lié feroit soupirer 25 Et ausitost, s'il li plaisoit, Le feroit joie démener ; Et tant vous os bien conter Que des siens n'i a celui Qu'ele ne feroit ancui 30 Plourer des iex de son front Et puis rire ; esgardés dont S*à la foie Puis canter, s*ele Potrie. Dame, à cui j'ai trestout donné, 35 Et cuer et cors entireme^t, SU vos daignoit venir en gré, Fait m'averïés biau présent ; Et tant saoent toute gent Que TOUS estes mes confors, 40 Ma joie et mes depors, Et pour ce vous pri merci Que pour grever vostre ami f9 D. Metuemoui(l). — 20 1>. partout, — 22 D. £f serai. ^ 23 D. çiie ranuntr votoU. ~ 24 0. Le plus ke feroit. — 25 K. M . et D. ft It plaisait qai n*esl pas admissible. — 26 D. cio mener (en deux mots). -*- 29 D> imprime Ke te p. ICele. — 30 D. feroit autrui. — 31 K. es gardes (faute redressée par M.; D. esgarder.^ 32 D. A 2a fois. — 33 D. «e le totrie. — 38 D. toutes. 4 46 CHANSONS Ne créés mie Mauparliere gent haïe. 43 D. fi« crtM mte.^44 D* Maupliere (cet éditeur a sans doute oégligé le signe abréYiatif placé aa-dessos da p).— K. mau par litre, — On voit que le ma. de Rome ne diffère en aucun passage de celui d*Arras, et que les diYorgences signalées dans le texte imprimé par Dinanx ne sont que des bévues de lecture. 3 {Pastourelle). Cette pastourelle se rencontre dans nos mss. E 1 18^, F 242^, 6 90b, H 147^, I 137b (anonyme dans celui-ci), L 162^ ; copiée, sauf correc- tions, diaprés E. — Imprimée dans de Laborde , Essai, II, 172 ; Willems, 1. c, p. 1 ; Dinaux, IV, 1 12 ; K. Bartsch, Romances et pastourelles (Leipzig 1870), p. 248. L 'autrier estoie montés Sor mon palefroi ambiant. Et pris m'estoit volontés De trover on nouTiau chant. 5 Tôt esbanoiant M'en aloie ; Truis enmi ma voie Pastore séant Loin de gent ; 10 Bêlement Lasalu Et li dis : « Vés ci vo dru. » \ . 1 fi^cstoie, — 3 E volerUé. — 7 I par tnt. — 9 E tony.— 12 G Puis W. DU DUC DE BRABANT (bEMRI III). 47 — Biau sire, trop vos hastés, » Dist la tonse, « j'ai amant, 15 « n n*68t gaeres loing aies, - i3 EL vo gieu. — 24 E Toi aiUeun, I Car tnHours ai. — E tendu, — 51 E soee. — 51-52 L Cloée de soie. Ouvrée d^ar- gent. — 56 I Quanqu^a dit .i. seitl festu. — 57 E ahiz. 48 CHANSONS « VoBtre parole gastés, 40 a Que je ne pris mie un gant, « Ne vostre bobant a irameroie ; tt Vo don ne prendroie, tt Ne si n'autrement 45 tt Vostre argent ; tt Vo présent « N'ai ett ; tt Maint prometeus ai veû. — « Damoisele, carprenés 50 tt La ceinture maintenant, « Et le matin si raurés « Trestout Tantre convenant. » Lors va sorriant, Et j'ai joie : 55 Tant fis qu'ele otroie Mon gré maintenant ; Le don prent Bonement, S*ai sentu 60 De quel manière ele fu. AOEJetw vous prit, — I pas un, — 41 C beubatUyV beuban. — 42 E Ma- tneroie, — 43 I Krw dom, — 44 I Aisi n" autrement, — 45 I £n pramU, — 48 E premeteoTê, Gprameteun^ I prometettri, — 50 E eeinleure, — 5f HI êi aurés. — 57 dom, — 58 HI JUainlmofU. — Fautes du texte de Willems : 40 priie (p. pris) ; 44 si atUrement (p. H''autrement) ; même faute daos Dinauz. DU DUC DB BRADANT (HENRI IIl). 49 4 (Jeu'-parti). Ms. A, n^ 75, collationné avec B 114^ (anoayme et incomplet), C 6, E 1 17, G 89 ; H 147i>, L 161 . On trouve encore ce jeu-parti dans F, p. 241, Vatican 1522, fol. 160, Bodlôienne d*Oxford, ms. Douce 308, n^ 26 des Jeux- partis ; il a été publié par Jubinal dans « la Complainte et le Jeu de Pierre de la Broce », Paris 1835 (Notes) et dans son Rap- port au Ministre, p. 44 ; par Wackernagel, 1. c, p. 56, Willems, 1. c, p. 9, Dinaux IV, 1 14 (les 3 prem. strophes), et Bartsch, Chrestomathie, 3* éd., p. 339. B iaus Gillebers, dites s'il vos agrée, Respondés moi à ce ke vos demant. Uns chevaliers a une dame amée , Et si sai bien k'ii en est si avant 5 Ke de li fait nuit et jor son talyit, C*amors a si la dame abandonée : Dites s'amors va por oe aloignant. — Dus de Braibant, jà orés ma pensée : Jà li amors n'ira por ce faillant, 10 Aingois seroit en loial cuer doublée. S on li faisoit bonté et biau semblant ; • t C Hé GiUbert. — 2 L Responéi. ^ 4 BC £< si (B se) vos di. — 5 G Que nuit et for fait de li son cornant ; B que it en fait neut et jor ses talans. — 6 BG Tant ont amors la, L si ont am., G si ont la dame am, ab. — 7 CL vait, G vet, EH vont. — ECHL esloignant, — B Car me dittes vont amors défaillant. — 8 Les mss. varient entre Breban, Breben, Brebant et Braibant, — tGHjan orroijs, Lja m orrez. — 9 BG Ja bonc amors, — 10 EGHL sera, — BG c'oiif aU (qu'on a). -;- 19 EGHL Ne m^aUe pat tpt parolet disant. -^ Cdece apretidant, B deceu aprenant. — 90 EGHL Plue e$t, — 21 GEGHL QuatU (on can) la dame se garde, — 22 Les dernières strophes du poème manquent dans G. — L vo parole. -^ 24 EGHL Qtutnt mal me fet amors^ et meuz [ou melz) m* agrée, — 25 EGHL me truis, — 27 EGHL Plus tost auriez (G aurez, HL atirots). — 29 B /« to moult bien. — 31 EGHL Puisqft'on fet (L voit) tant que la dame. — 32 EGHL e*on aime. DU DUC ME BRABAKT (ttfiNRl lll). SI N^est pas amor où on va mal querant Dont sa dame poroit estre blasmée ; 35 Nus ne le fait qui aime loiaument. — En nom Deu, dus, ce est chose passée, Je ne croirai k'il soit si faitement Ke par bonté soit dame refusée, Ains la doit on servir mieus que d'avant. 40 Or nos metons en loial jugement, S'iert la raison de nos dous desevrée, Car nos estris dure trop longuement. — Gillebers, soit ! j*en preng por mon garant Le bon Raoul de Solssons, ke sevrée 45 Ne flst d*amor nul jor de son vivant. — Dus, et j'en preng le bon conte vaillant, Celui d^Anjo ; la chose est bien alée, Car cist dui sont de bon entendement. 33 it otc 2« va. — 36 EGHL Du$ de BriAani, ce at. — 37 G crerré. — 38 EGHL Que por bontez soit dame mains amée. — 39 EH Lors la, — KGHL plus que devant. — 41 EGHL S'iert la tençon,,. desemrée (HL défi- née)» -— Mon ms. A portait : Si iert' la raixon de nos dous partie ; la coupe du vert et la rime m*ont engagé à modifier cette leçon. — 43 EGHL li estris. — 43-45 EGHL : GilUbert, soit, je preng sans demorte Le bon Raoul de Soissons à garant, Celui qui onques ne fist desevrée De Urne amur nul jor de son (E sont t) vivant (GHL qu^U fiist vivant). Celte version se trahit comme factice et par la correspondance boiteuse avec le dernier tercet, et par la mauvaise facture du troisième vers. Elle est fondée sur le désir /de faire des deux tercets finaux une stance de rime analogue aux précédeateit. — 46 EL £f je praign. — 47 E hien omis. — 48 EHL cil dui. IV. CHANSONS DE GILLEBERT DE BERNEVILLE. 1. Ma. E 133 (ne se trouye qae là). A dès ai este jolis, Bien m'en vant, Encor le serai toz dis Mon vivant, 5 Et ferai chançon plus lie Conques ne fis, por itant Que celé oui j'aim m*en prie Et dit à moi que je chant, S'en ai le cuer plus joiant. 10 Sa biautez et si dous ris Plaisent tant A moi que j*ai en li mis Ligement DE GILLEBBRT DE BERNETILLE. 85 Mon caer, qui ne se faint mie 15 De faire tout son cornant, Loiaument, sans vilenie ; Quant remir son douz samblant, S'en ai le cuer plus joiant. Li trahitour mal apris, 20 Souduiant, Ont tant fait que lor amis Ne demant A estre ; Dex les maudie ! n ont esté mi nuisant, 25 Mais celé a tant seignorie Qui j'aim, que nés proise un gant, S*en ai le cuer plus joiant. Dex ! por quoi suefre anemis A tel gent 30 Qui ont en fais et en dis Loiaument Toz jors bone amor chierie ; Et de tant vait malement As félons de lor envie ; 35 Se dolent premièrement, S*en ai le cuer plus joiant. Qui seroit loiaus amis, Yraièment Vos di, et s'en sui toz fis, 40 Doublement Seroit de painne merie. Anchiel de Ghastel, mon chant Vos envoi, car cortoisie M*avez fait et bonté grant, 45 S'en ai le cuer plus joiant. .'>4 (:RA?(snRs 2. Ce jea-parti est tiré du ma. A, n? 6, où il est intitulé : « Jugemans d'amors ». Il se trouve aussi dans le ms. Douce 308 de la Bodlëienne I d*Oxford (n<* 28 des jeux-partis). Il a été imprimé en partie par Dinauz, Trouvères, II, 53, et en entier par Hofmann , Sitzungsbe- richte, 1867, I, 488. A mors, je vous requier et pri Ke vos me faites jugement D'une amie et de son ami Kl entr'amé sont longuement, 5 Despuis k'il furent jovencel. Or sont si grant ke del doncel A on pièce a fait chevalier, Et c'est prous, mais j'o tesmoignier Ke il ne poroit barbe avoir : 10 Puet amor durer ne valoir ? — Oillebers, por verte vos di Ke la chose est si faitement Ke puis que Tuns l'autre a choisi. Je vuel k'il aince loiaument ; 15 Quant il est l'un et Tautre bel, L*amor ferme de mon saiel. Et quant li du! cuer s'entr ont chier, Je les vuel ensemble laissier ; Cil iront outre mon voloir 20 Kl les en voront removoir. 9 Dinaux paroii, — 15 Hs. un et Cautre ; Hofmann corrige de même. «• »" DE GILLKBKRT DE BERNËVILLE. O*' — Amors, se ne dotoie si Vostre ire et vostre maltalent, Jà aariés la tènson à mi. Quant obeiîssiés à tel gent ; 25 Ne sont digne d'avoir juël K*à dame soit ; nés un chapel Ne de roze ne d'aiglentier Ne lor devroit dame baillier, Et celle feroit grant savoir 30 Se oelui met en nonchaloir. — Gillebers, por vostre merci, Parlés un pou plus bellement ; Tuit ne sont mie si joli Com vos estes, mien escient. 35 S*une dame aime un garsoncel. Si 11 semble il pers de chastel ; Là fai je mon droit avancier Et ma signorie enforoier, Ke puis c*on aime ou blanc ou noir, 40 Tuit semble bon, si com je croi. — Amors, je croi et sai de â K*elle n'a désir ne talent Ne cuer ke puist amer celui : Par enfance a comancement, 45 Sans tricherie et sans rivel. On ne poroit un sec passel Î7 Mi. auglentiir (peut-être une forme lorraioe). — 36 Ms. 5e là. — 40 Croi eonstltoe une rime cboquinte , je corrigerais volontiers : à dire wnr. — TuU n*est pas correct non plus ; il Dindrait tout, ou bien, comme a ùlt HoAnaDD, mettre êcmbUnt. — 46 M«. «oc paxel — AS Ne manque aums. 56 CHANSONS Faire florir ne verdoier ; Nient plus ne puet monteplier L*anior de lui, jel sai de voir, 50 Ne il ne doit amie avoir. — Gillebers, vos pariés enù Com uns bon sans entendement ; Se j*avoie celai traï Et vers lui ovré faussement, 55 Je sembleroie le rainsel Ki se ploie à ebascun oisel, S^en feroie moins à proisier. Vos me volés mal consillier. Si com je croi ; au mien espoir, 60 Querons ki nos en die voir. — ^ Amors, la contesse en apel, Se nus bom qui a tel musel Doit par amors dame embracier. — Cbastelains, venés moy aidier, 65 De Biaume, tost ferés paroir Le droit, et le tort encbeoir. 57 Ms. aproixier ; x, dans le système phonique et orthographique du ms. de Berne, équivaut à s doux on fort (cp. paxel «= panel que je viens de mentionoer). — 59 Ms. a mien (a sa al, au). DE GILLEBBRT DE BERMETILLE. 57 3. Mts. A, n<^ 29 (c'est la yersion que je reproduis); B 115, E 67, F, p. 144,0 115^, L 92; rattribotion à Qillebert se Toit dans AEF6L ; la pièce est donnée sans nom d*auteur, dans M 91. A mors, por ce ke mes chans soit jolis, Vos ai nomë en cest comencement, Et Deus garisse toutes les Beatris ! Por une en ai salué plus de cent, Dont pas ne m*anoie ; Huimals ne poroie Avoir grant torment, C*k amors me rent, Ke vuel ke jes croie. 10 Et jes croi si que gM ai trestout mis Et cuer et cors en son comandement ; Se nul bien sai, je Tai à 11 apris, S*elle ne fust, n'en setisse nient ; S^encor ne Tamoie, 1 Bpor tant, — 3 BEGL fiomée aoant premieremeni. — 3 Tous les autres mss. Et Dex gart Aui.^ Mon ms. s trestouteê, qui fausse la mesure. — 4 B Une an iaà mon eomancement,^EGL TeU (ou celé) ai nomée à cett cotnancement. — SB Kcpas, EGL Qui pas. — 7 EGL nul torment, B nvs. — A grans tormens (contraire à la rime). — 8 EGL Car Amors. — GL mi rent, — 9 EGL Qui veut qu'en U croie ; B con (» qn*en)^h'.-> 10 BEGL Et g*icroi tant tout le cuer (B tout mon ctter, G que le cuer) i ai mis. — 11 BEGL Et tout le (B mon) cors, — 13 EGL de H. — heU lou m'aU (» le m*a) apris. r)8 CHANSONS 15 De chanter perdroie Mon entendement, Mais je n'ai talent Ke partir m^en doie. N'en doi partir, car trop est li nons dous, 20 Joie et honors de li vient et descent ; Un en i a desor les autres tous, Celui reclain adès sovrainement. Si m'en vient ma joie Et me met en voie 25 D*amer loiaument ; • Si joli présent Nuit et jour m'envoie. i Bons nons et biaus, tu ies à la milior Ke nuls hon puist veoir ne esgarder. '30 Hé, Deus, g'i ai et cuer et cors mis tout ; Ce ne di pas ke me doie grever, 18 GL en doie. — f9-3!â EGL : Ainz mes ohançoQ de si lié cuer ne fis, G*i ai noumez des hauz noDs plus de cent, Mes li UD8 est desor touz de grant pris , Geli reclain adès souvrainement Texte de B : Ans mais de chan ne fui si ébahis, Ke j'ai oommeit de hais nons plus de cent. Dont en i ait desor tous de hait pris, Seli recors adès souvrainement. — 23 A Se nCen^ B Ke »»•«».— 26 EGI- CejoHfpre$ent, — 27 LCha$cuft jor. — 28 B Htilê nons, — 29 A hon omis. — 30 EGL Elc a mon tuer, ii Vaim de bone (L si bone) amor ; B He Uiis mon cuer je Vains de botie amor. — Le mot tout de mon texte doit être fautif. — 31 BEGL Mes (B Je) tie di pas ffu'à moi doicprnser, — 32 B iTr sa. DE GILLKRKRT DK BKRNKVILLK. U9 Car sa signourie A moi n'afiert mie ; Mieas la vuel amer 35 Sans mercit trover, K*en fust abaisie. CiiaiisoD, va Ten à Cortrai sans sejor, Ke là dois tu premièrement aler ; Di ma dame de par son chanteor 40 K elle te face bien soventre chanter. Quant f aura oïe, Ne t'atargier mie : Va sans demorer Erart saluer 45 Ki Valeri crie. 34 B /Ce to doie. «- 56 B ICe fuist, EGL Qu'el fust. — Après notre 4« sir., EGL ont la 8ai?ante : Nos n*e8t si bons ne tant ne set d'onor C'oncor ne paist, s'il la toU, amender ; Tant a de bien, de sens et de valor En son franc cors c*onqaes n'i pont entrer Noie vilainie ; Bien set cortoisie Et i^ire et mostrer. Ne Ten Yit lasser Nas qui soit en vie. 37-45 Cette strophe finale manque dans L. — 30 EG âfa damt di. ~ 30 J'ai substitué, dans mon texte, la forme soventre i somnt, qui est con- traire à la mesure. — h Ke se li plaist ke te /aicet efutnteir, EG Se if li plaist que te face chanter, — 42 EG Adonc ne t'oublie. — 43 EG sam arester. 60 CBANSOMS 4. Ne se trouve que dans C, fol. 133. A mors, vostre seignorie M'estaet recorder ; Vos faites à la foie En cuer oublier 5 Raison ; je Toublie Par trop haut penser ; Mes por ce desconforter Ne me doi, qu^amors m*afie Que j'aurai amie. 10 Ma dame ai de moi saisie Sanz deshireter, Âmors Ten a fet baillie, Ne m'en quier serrer. Que bon m'est, s'en prie 15 Pitié qu'esprover Se veuille en bien assembler Ceste^amor, que gent haïe Ne le sachent mie. Quar par lor grant felenie 20 Font maint cuer irer, Mainte joie ont atargie Par lor controver. Félon, vostre enyie Fait moult à douter, 25 Quar il samble à vo parler Qu'il n'i ait pas courtoisie. Et c'est tôt boisdie. BB GILLSBKKT OS BERNBVILLB. Oi Mais j'eapoir qu'aurai aïe, Ce me fidt chanter ; 30 II m*e8t vig, que que nus die, Par bien espérer A on plus jolie Joie qu'à penser C*on ne poroit achiever ; 35 Puis qu'espérance est faillie, Joie est abaisiot Nonporquant aim je la vie, Qui sanz destorner Me fera, que que nus die, 40 La mort endurer, Se don ne m'otrie Dont puisse amender, Amors qui si set oyrer Que sens et raison maistrie 45 Et droit affeblie. 5. Copié d'après A, n« 48 ; collationiié avec B 140^, E 70, H 9, I 44^, L 230^. Se trouve en oatrd dans F, p. 152, M 89 et dans le ma. Egerton 274 (Britiah Mnaenin), fol. 99^. Le texte de ce dernier (moins le pre- mier couplet qui a été gratté) a été inaéré par M. Paul Mejer, dana lea Archivea des miaaiona acientiflquea et littérairea, 2* aérie, t. HI, p. 290. A L mu novel tens ke li yvers-se brise, Ke rosignor chantent et main et soir, I KHIL Au noifotau Um ke yvers se debrise, — 2 EIL roft^nol. Gi CH4NSÛH$ De bien amer a fait mes caers emprise Celle à cui 8ui liges sans decevQir ; 5 Par ma chanson li ferai à savoir Ma grant joie on mon pesme juïse ; Or soit del tout à son cortois voloir. Douce dame, amée sans faintise De cuer, de cors, de deair et voloir, 10 Bien ai ma mort porchaasie et quise, Se de vos n*ai ki me face valoir. Hé ! franche riens, où j*ai mis mon espoir, Aligiés moi, par vostre gentelise. Des cruels maus ki si me font doloir. 15 Chascuns se plaint d^amors ki le justise, Mais j*en sui liés plus ke de nul avoir ; Bien est ma dame adès en itel guise Ke mal me fait quant bien devroie avoir ; Cil ki bien aime, en gré doit recevoir 20 Les maus d'amers, c*amors a tel franchise Ke nus sans li ne'puet grant joie avoir. S BIL a me» cuen fait,— 6 EIHL mon mortel j.-^l EL Lors soit,— 9 E et «otNnr, L de detir et de iawir (sic) ; Egerton de dair, de voUnr. — 10 EHL /m 6t0fi ma m. et p. et çutfe, I porch, et porquiee, -<- i 1 A voloir (lap- sus du copiste).— Egerton Se je de vos noient ne puis avoir. — i% Egerton en cui f ai mion espoir, — 14 EHIL que me (L mi) fêles avoir, — Kg. Cest cruel mal qui si me fet doloir. — 15 EHIL Aucwu, — Eg. c*amor trop lej. — 16 EHL et Eg. Et j'en. — 1 Pltu en sui lies que de nul autre avoir, — 17 EHIL Que (I Car)j'ain ma dame.— l teU, — Eg. Car faine tousjors m. d. en itiel guise. — 18 EHIL Quant pis me fait, et pis voudroie avoir ; Eg. Grant mal me fait et pis vauroie avoir. — 10 EHIL Qui bien aime, il doit (nen r, ; Eg. Ki bien aime, en gré d. r. — 90 L et Rpr. man* d'amer. — EL et Eg. r(tr elc «, H car il a, l quanf vtr a. DU GlLLlùBËHT D£ BERiNBYlLLK. t)5 Dame, en coi sont tait li bien à devise, Plus en i a k'el char David d'avoir, Cil me het bien ki devant moi vos prise, 25 Quant je ne pois de vos ma joie avoir. Hé| bone amor, je fis de vos mon hoir, * Tout vos donai, quant je vos oi aprise ; Itel maistre devroit chascuns avoir. De ceste amor ki m'aiume et atise 30 Ne me quier jà partir ne removoir ; En mon cuer est com aimans assise , Ke nus fors Deu de Poster n'a pooir. Or sôufferrai son bon et son voloir, Ne autrement n*en iert par moi requise ; 35 Atendans sui et serai de Tavoir. SI EHIL Haute valorg, dame^ s'est en vous mise,— 23 A (d'après la tran- scriptioo de Brakelmann, sur laquelle Je me fonde d*habUude) porte P/tif en sait qu^el char damd oeotr, mais évidemment sait est mal la p. t ait, ce qui équivaut» selon l'asage de A, à ta, qu'ont les autres mss. J'ai éga- lement préféré d'aooir à avoir.-- 24 EHIL CU m'œit (occit) bien.— 25 EHIL Quant je de vos ne puis notent avoir, — 27 I emprise, — 28 I Autel, — 29 EIL De eele amor, — 30*1 Ne m'en quier. — 32 EH L Ne nus fors Deu, I Ne mu fars li. — 35 EHIL Tout li ferai. — 34 EHIL Ne jà par moi n'iert ttutremont requise. 64 CHANSONS ^ 6. Copié sur C 133, collationné avec A, n« 45 et D 172 ; aussi dans N 92. La pièce est anonyme dans A et D. A, .ucun6 gent m^ont enquis Se j*ain por ce ke je chant ; Oïl, mont sui esbahis Quant il ne sont percevant 5 En quel lieu ai mon cuer mis, Et si sui je fias amis, Et serai tout mon vivant La plus vaillant C'en puist trover ; 10 Je doi bien por telle amor chanter. Chanter doi, ce m*est avis, Quant j*aln dame si sachant, Belle de cors et de vis ; Courtoise est et avenant, 15 Si ai grant soûlas conquis, Quant por s*amor sui jolis, Et s'ele mi fait samblant De cuer joiant. C'est sans fauser ; 20 Je doi bien por telle amor chanter. i D KuewM» gens, — 3 A Dont je trop eeux esbaifUe, D Ore$ moU sui esbaudis, —  A il eti sont, D il se sont, — 5>6 A K*en teil leu,„ Où je mis jai vrais amis, — D vrais amis, — 7 AD S'amerai, — 8 AD La muels (mieux). ~1 4 D Courtoise et 6/efi.— IS A G'i ni grant /loiior.-— 10 A El por. DE GILLBBERT DE BBENBTILLE. 65 J'ai por bone amor empris A valoir, et nonporquant Sui je merveilles pensig Se jà porrai servir tant 25 Que 11 grans biens soit meris C'amors m'a fet ; pou apris Me trova et non sachant ; En amendant Me fait mu^r ; 30 Je doi bien por telle amor chanter. Si servirai bonement Ma dame ; bien puet de moi Faire son comandement ; Toz jors li porterai foi 35 Con fins amis loiaument. Bnsi mi doins ligement, Ne je fausser ne li doi, Quar tous biens voi En 11 doubler ; 40 Je doi bien por telle amor chanter. 81 Li suite de la chanson se résume dans A et, je crots, aussi dans 0, dans la strophe suivante : C'est la mieudre dou pals, IJés sul quant g'I vois pensant, Bstre seul à son devis Et faire tout con cornant ; C*onkes n'amolt point Paris Ne Tristans, j'en sui tous fis, Gomjefiiis, etsi me vaut D'or en avant De l'amender ; Je doi bien por telle amor chanter. 5 66- CIAMSOECS Amors, poisqa'à vos me rent, • Por Dieu, gardes me d^anoi ; Vostres sui entièrement Et & ma dame m'ottrot. 45 Se je sui à ton talent, J'o8 bien dire à tote gent Que bien mon aerriee emploi, Ne jà de «oi Ne quier torj^er ; '^ 50 Je doi bien por telle amor ohanter. Dame, mon chant en présent Vos envoi premiereitaent, Fait m'auroiz seignor et roi, Se jel vos oi recorder ; 55 Je doi bien por telle amor chanter. M D, qui s également l'euvoi, porte ici : Se le vos oi por tnoi lœr. 7. \ Ne se trouve que dans C, fol. 132. C V^^oment qu'amors me demaine Ne qu'ele m'ait démené, J& ne requerrai por paine Que ne serve en loiauté. 5 Nonporquant B*ai je doné Mon cuer où aino ne pot plaire Ne rien nnle faire Qui fust prise en gré ; N*ainc por ce n'eu volonté 1 D'oublier la debonaire . DB GILLBBBRT BB BBRNBVILLB. 6T Certes, c'est chose certaine; Je le sai par Vérité, Que ma dame^ eist souveraine De sens et de grant biautô ; 15 Et se je n'i àî trové Merci, n'en quier je retraîre, Et se j'ai contraire, ' Tostiert-oiiblié, Se j*en puis avoir bonté 20 Qui de loial amor paire. < Nus ne puet faire folie En bone amors maintenir, Car s'en ne conquiert amie, Si fait amors devenir 25 Le cuer cortois et hai'r Yillenie sanz faillance ; Puis c*on en avance, Nus n*en doit partir, Ainz doit on toz jors servir 30 Et vivre en bone espérance. Amors, de vostre l>ailiie N'istrai por dolor sofrir, Car tele est vo seignorie Qu'en un jor poez merir 35 Toz les maus c*ob puet sentir, Et ester tote grevanoe ; Trop fet grant enfance Qui n*a son désir Mis en vp droit guarandir, 40 Et son sens et sa poissance. 68 CHANSONS Bone dftme et enseigaie, A Yos ferai revenir Mon chant par yo cortoisie ; Car deignissiez consentir 45 Que ce vos fast à plaisir Qoe por tos chant, bone et franche ? Se ceste cheance Me peut avenir. Nus ne me porra tolir 50 Joie ne mètre en pesance. 8. Cette paatourelle ne se trouve, aooa le nom de Giliebert de Berne- ville, que dans le ms. N (1490 du Vatican), fol. 112^ ; dans Us mss. de Paris E 98, F p. 204 et 83, elle est attribuée A Jean Erart, qui, comme Qillebert, jouissait de Tamitië du duc de Brabant. — Elle a été imprimée dans le recueil de Bartsch, Romances et Pastourelles, p. 266, diaprés le texte de Rome, que J*ai suivi également. D aies Loucpré u boskel firroie avant ier ; Là vi mener grant revel, Enmi un sentier. Une jolie tousete, Sage, plaisant et jonete. DieuB, tant m*abeli Quant seule la vi L i EPG Dehari Lonepré el boêqttd. — 2 G Esioie. — E l'autrier, — 5 EPG D'une jolie. — 6 BP Sitge et pleiont. — Notre ms. porte fsotiveoeDt et joUete. — 7 PG m'enheîù DE GILLEBBRT DE BER?1ETILLE. 69 Et la bele tout ^nsi 10 Bnprîiit à chanter : « Robin, cai je doi amer, • Ta pues bien trop demeurer. » Je la ealu au plus bel Que jou poi raisni^r ; 15 Puis li donai mon chapel Pour moi acointier. Quant jou vi sa mamelete Qui lieve sa cotelete. Mes bras li tendi, 20 Si la trais vers mi Et la bele tout ensi Bnprint à chanter : « Robin» cui je doi amer, « Tu pues bien trop demeurer. » 25 Je rassis lés Tarbrisel, Si le vauc baisier ; Ele dist : « Sire dansel, « Ce n'eiist mestier ; « Je sui une meskinete dO « Nue de dras et povrete, « Et saciés de fi « Que j*ai bel ami. n Adonc recoumence ensi 9 E te touêeie, FG la toute. — 10 EFG Canmence — 13 EFG inluai plu» bei. - 14 Eje soi. — iS EFG Si 2t. — 21 EFG la lo««. — 25 EFG foj; Far- broiêùl. — 26 EFG la (p. (e, forne picarde) ; De même ▼. 54. EG tmeil^ F ot (raatil). — 29 WGjauvenete — 30 EFG Pcvre de dra$ «f nuefe . — 33 EFG Si la toêe {Unue) toi en$i (le reste du reflrsin non répété). De même à Il fin des autres strophes. 70 GBàllSOIIS La bêle à «kanier : 35 a Robin, cni jd doi amer, Ta pues bien trop demooivr. » « Sire, j*ai ami noayel, « Tout à fionbaidier ; « Je cuit qnll OGft u vancel 40 « Dalés oel virier. » Robins Boune sa musete ; Dont dist à moi la doueete : « Tournis vous de ci, c Sire, je vous pri. » 45 Et dont recoumence ensi La bêle à chanter : « Robin, cui je doi amer, a Tn pues bien trop demourer. » — a En lieu de vo pastourel, 50 « Bele, m*aiés cier ; Ma çainture et mon anel a A cest coumencier f( Ares, ma douce amiete. » Adonc le mis sus Terbete, 55 Mie n'i failli, Mon bon aconpli. Adonc recoumence ensi La bele à chanter : « Robin, cui je doi amer, 60 a Tupues bien trop demeurer. » 39 EFG el v. — 42 EPG la tousete. — 43-44 sont inlenrertis dans EFG. — 50 G sire (erreur du copiste). — j^ G sew, — 35^ interferlis dans EFG. OB GILLBBUT DB BBEMETILLE. 71 — c Sire, de loue jamael « N'auront recoaTrier, « Ne jà n'auront leur avel a Li couart laisnier. » 65 J*entrepriB la baiselete, Toute ûa la loliete La soie merci. Quant je m*en parti, Adonc reoounenoe enai 70 La bêle à ehanter : « Robin, coi je doi amer, Tu pues bien trop demorer. » ei-7S Cette dernière strophe fait défont dans les mss. de Paris. 9. Ms. C 134, avec les Tariaates de D 34^. Ce dernier ms. présente la pièce une seconde fois au fol. 77, avec des négligences d*écritnre que j'ai cru inutile de signaler. D 'amors me vient li sens dont j ai chanté Et dont je chanterai ; Se je n*amai8se et n'eusse amé, Tôt certainement sai 5 C*uns cfaaitis Fusse mal apris ; Amors rent Riche guerredonement Cens qui la savent servir lu Sanz li trahir. 3 D Ce je. 73 CHANSOIIS Dès ce qa6 j'oi et oaer et cors doné Ou haut lieu que je sai, Amai boncNr et haï fausseté , Et ensi viverai 15 A to2 dis Con loiaus amis ; Qui entent A bien, ait ce en oouTent, Et si puet amora servir 20 Sans li trahir. Amors me flst une bêle bonté Quant ma dame esgardai, Qu'ele me mist u cuer la volonté Que je m*i otroiai 25 Toz garnis, Setirs et hardis, Ensement De faire tôt son talent. Et la Yueil adès servir 30 Sanz li trahir. Puis c'amors m'a et dit et comandé Que j*aime, j'amerai ; Jà son voloir nul jor en mon aé Ne li contredirai. 35 Bien m'a pris Tôt à son devis. Sagement, Et je debonairement La vueil à toz jors servir 40 Sanz li trahir. qwfeue, -- 3i C m^'a dit^ D et dU et dmsé, — 334(4 omis dans D. DE GILLEBERT DB BEBMEVILLE. 75 Qaanque je Bai qu'amors a devise, A mon pooir tendrai, Et se je serf ma dame par son gré. Je di au mieos que sai 45 Qu*aî conquis Tant qn*en nal pais N*a présent Ne si riche ne si geut ; La doi je dont bien servir 50 Sanz li trahir. Un chevalier ai mon chant présenté K'en chantant nomerai : De Noe ville est, Gilles au cors moIlé, Plus cortois n*acointai. 56 Ce m'est vis, Au cheval de pris Richement Siet et aficiement ; Teus hom doit amors servir 60 Sanz li trahir. 44 D gvej§ $ai, — 91-60 Celte strophe d*envoi ne se trouve que dans D. - 98 Le second teite de D porte afaUiemeni^ qui convient mieui. .74 CBMisom 10. Cette eompUiate d*amoar m trouTe dans le me. D senbment, qui la prodnit mdme deux fois, aux foi. 35 et 84^ D e moi dolereos vos cbimt, Je fui nés en desccoissant, Onqnes n'eue en mon vivant Deux bons jours ; 5 J*ai à non a mescheans d'amours. » Adès vois merci criant : a Amors aidiés vo servant », N'ainc n'i peuc trover noient De secours ; 10 J^ai à non « mescheans d'amours. » Hé, traïtour meadisant. Vos estes si mal parlant, Avez tolu maint amant Leur honours ; 15 J'ai à non « mescheans d'amours. » Certes, piere d'aimant Ne desirre le fer tant Gon je sui d'un doue samblant Couvoitous ; 20 J'ai à non « mescheans d'amours. » 6 Le 2« texte a voi, — 8 Les deux textes, en vioUtion de la rime, por- tent noient trovtr, de même ▼. 13 : Maint amant avox Mu, DE GILLEBBRT DB BEKHE VILLE. 76 11. Vertion de A, ii« 159 ; collât, arec C 131, D 35 , E 68, I 59 (ano ojine), L 94. Sd trouve encore dans F, p. 147. E las, je 8ui refusés Et ma chansons refusée, «Tous mes solas est mués En paine et en grief pensée, 5 Ne jamais ne chanterai De cuer gai, S'il n'agrée Ma dame honorée Gui j'ain de cuer vrai ; 10 Se mal trai, Bien Tai deservi, S'en requier merci. Dame, c*or me pardonés Ce ke je vos ai irée, 15 Et ma chanson retenés, Vos n*en serés jà blasmée ; Dame, por vos kVsgardai, La trovai ; Li journée 20 Si fu bien dervée, 3 A tolauê, — E J*m mes ioUu tôt mw$, 1 i'ai tox m. f . utéi. — 4 CEfL ITii tr» e/. — 6 G euer vrai, — 43 CEIL car, de même 49. — 16 G Mroùr. — 17 CL pur vg«. — 18 CD Le (forme picarde), E ia omis. — 19 GEIL La. — SO A Fm 6tcii deoée, EL Si fu mil dtsvée, IFupHu^ dctvée. Tfi CHANSOns Ke vos ooreçai ; Se mal irai, Bien Tai deservi. S'en reqoier merci. 25 Bien sai ke sui engingniés Par ma dare destinée ; Dame, se vos m obliés, Trop grant perde ai encontrée. Estre doi tant con vivrai 30 En esmai : Quant trovée Oi amor loée, Son cornant passai ; Se mal trai, 35 Bien l'ai deservi, S*en requier merci. Dame, vo cners est irén Por ma déserte denrée. Deus I com je fai enchantés 40 Qaant creif gent paijarée Et vo cornant refusai ; Mal ovrai. Douce née ; Ma joie est flnée 19 G Biêii eroi. — EL fui. — GDEIL nft^foiief . — 28 CDEL perte, — I ai recovrée, — 32 C £u, D eue, — 37 Nos strophes 4 et 5 sont interverties dsDS EIL. — 38 El deivée. — 30 EIL Deden» au euer me grevez, D Se d9tsk*au euer me grevez. — 40 DEIL ITen devez eeire bUumée, — 41 DBIL Quant vo cornant trespauai (D refuMoi), — * 42 EL Mal anrai. ~~ 43 Vers omis dus EL. ^l La jomee [^ ce jour là). M GILLRBBRT DB BKRMBVILLE. 77 45 Se vo merci n'ai. Se mal irai. Bien l'ai deservi, S'en requier merci. ■ Franche rien, c'or m'esgardés, 50 S'anrai joie reoovrée ; Vostre hom sui et vos jurés, Vo sers desous vostre espée ; Jamais ne vos mesferai, Ains querrai 55 K'iert doublée Vo rente à durée Desi ke morrai. Se mal trai, Bien l'ai deservi, ÔO S'en requier merci. Ghansonete, querre irés La millor de la contrée, Ma dame & cui sui remés. Quant tu l'auras saluée, 65 Par Idete te retrai, Et tant fai Ke chantée T'ait la bien senée, Mieus t'en priserai. 70 Se mal trai, Bien l'ai deservi, S'en requier merci. 56 E voêtre renie. — 6i La slropbe d'envoi bit défaut dans EIL — 85 CD a ïfeme. - 68 A fa 6ù»i #. - 69 C Tw amemL 78 CVAtïSOMS 12. D'aprèB A, fol. 73b (n'' 160). Lei mes. oolUiioDiiéB sont :B71, H 9^, I 43 et L 97. Se troate aussi dans B, 114b, P P- ^^3 et M, fol. 125. Le nom de Fauteur ne se voit que dans ABPL. Imprime diaprés A, dans le recueil cité de Wackemagel, n^ 34, et d*après E, dans Dinaux II, p. 197. E 1 besoing voit on Tami, Pièce a ke c'est recordé ; S'or ne fait amors por ini Tant ke j'aie un chant trové, 5 Je cFoi ke mais n*isterai De prison, ains i morrai. Celle qui m'a mis ceens, Elle a fait ses sairemens Ke jamais ne mangerai 10 Ne partirai * De sa prison^ Saurai trovée chanson. Amors, je vos cri merci Ke me donés bel pensé, 15 C aucun chantelet joli Li puisse faire à son gré ; A oest grant besoing ke j'ai Autre aïe ke vos n'ai, I El Ai* besoin, - 2 E quHl fu, I qu'il est, - 5 H Ke jamais fCUîrai, — 9 I QiM fi mmrai. — 11 EHIL Detapr. — i4 ^ penseir. Usez dans Dinattxr«/p. ceL^-iH EHIL Camunnowiau chant joUi-^îlf^fiL A ce grant. DE*^G1LLBBBRT DE BBRNBVILLB. 7^ Vos estes mes sauyemens, 20 N'i vaut cosins ne pafens, Jà par ans ne garirai ; Tant garderai Geste prison C aurai trovée chanson. 25 Se me metés en obli, Amors, j*ai mon tons usé, Et se me getés de ci. Mainte grant jôlireté Encore por tos ferai. 30 A cest besoing nomerai Beatris, là oit je pens : Or m*est douUés tous mes sens ; Huimais à chant ne faudrait Point ne m*esmai : 35 En la prison De legier ferai chanson. Prisons ne me puet tenir. Je sui tous aseiiré», Ne autres maus avenir, 40 Car li haus nons est només : Dame d'Audenarde, pri» Me tenés en vo païs, Mais ne sui pas esmaiés, La prisons n'est pas moût griés, 95 EHIL S^or me. — 26 EHIL Uns fiw. Lisez dans Dldaux têtu p. cetis — 98 Dinaax a saolé grant, — 99 E oncore, ^ 31 EHIL Beatris, bien m g porpem. — 39 EHI Or et (. -- 33 H au chant. — 34 EHIL De la prison — 38 EHL J*en tui.— 39 Lisez dans Dinaux avenir p. à venir. — 40 EHIL Quant li. ^ 42 L Moi tene's. — 43 IL n*en sui. — 44 EHIL Vo prisofis. 80 CBAMSOMS 45 Car, en leu d'estre grevés , Sui honorés En la prison, £t s*aurés par tens chanson. J'ai cuer et cors et désir, 50 Plus ke je ne die assés. Mis en bone amor servir ; Or m'atent si grans bontés. Car je sui en prison mis, Mais Amors et Beatris 55 M^ont tel seoors envolé Dont je sui joians et liés : Ains ke je fuisse afamés, Sui délivrés De la prison 60 Bt s*ai trovée chanson. Beatris, je fui trais. Et par vos nomer guéris ; Bien vuel que vos le sachiés, Et vos pri que vos fachiés 65 Jehanain chanter assés, Et si prendés De la prison L^enprisonnée chanson. 48 EH IL De legier ferai ckamon, ~ 40-fin. La strophe 5, ainsi que l'envoi, manque dans EHIL. — SS A Or me tant $i grant bonteil, — 63 fe omis dans A. — 66 A £t «a. DE GILLBBBRT DE BERNEVILLE. 81 13. D'apràsC 134^ coUationnë avec A, n» 181, H 55 et L 95^ ; la chanson ae voit encore daaa F, p. 150, M 1 17 (anonyme) et N 91 . Le texte de ce dernier a été reproduit par Relier dans Rom?art, p. 294, et diaprés lui, par Mfitzner, Altfranz. Lieder, p. 52. F ois et amers et loiautés Sont en moi sans jà défaillir ; S^ensi est ke soie obliôs, S'ain je trop mi^a à maintenir 5 Loiauté que fol usage ; Empris Tai à hiretage. El par biau servir Vient à son désir. Il fait mont biau vasselage. 10 Hom qui aime et Yuet estre amés Doit toute mauvestiet haïr Et doit estre courtois et tés K'il ne s*en doit enorguellir. Cil alieve son hontage 15 Ki par force et par outrage Vuet d'amors joir ; Bien i doit faillir Ki la requiert par hausage. 2 A fifl «I flRoî.— 6 HL Apris fm — A m mta^«.— 9 A 5i7 faii (s éUnt 9> e dans ce ms., $'U vent dira eU). — 10 HL el qui teni ammr, — 18 Kel- 1er (et après loi, Mâtsner) a el », I 43, L M*>. Se trouve auflai dana F, p. 148. J *ai 80 vent d'amors chanté, Encor en ohant ; Totûours sni et ai esté En lor cornant ; 5 S'a la fois m'a fait dolant Et desconforté. Or m'a si bien asené C'a mon vivant N'oi mais tant 10 De joie à ma volonté Ne de delis, Gom en amer Beatris. Cil qui sont espoanté Et esmaiant 15 Por femme, sont tost maté Et recréant ; Or ferai plus que d'avant De joliveté. 2 EL Et ettcor (E oncor) chant. — 4 EIL En 9on. — 5 EL 5*à la fn ; H Mainte fins, I A la fini, --l&nui fet. —1 kùr teux ti bien oieneii ; la rime s*oppose à uoe tarmiaaisoD eo # (aom. sing.); c*est ce qui m*a fait pré- férer la leçon de toas les autres mss. — 8 A d mont. — il EHIL ITà mon dem, — i2 A Com de bien amer (leçon contraire k la mesure) ; EL De bien aimer ; j*ai donné la préférence à H. — E Bietrie. — 14 E £m esniaiant. — 15 E Por famés, î par fitme, L por famée. — 17 Les mss. de Paris ont qtu devant. DE GILLBBERT DE BBRNEYILLB. 95 Por ce s'on m'a marié, 20 N'ai je talent Pou ne grant Ke jà soient mi penser Ailiers assis K*enla belle Beatrié. 25 Toutes dames ont bonté Mien esciant, Mais sachîés, en vérité Je vos créant, Nés ke la nuit va luisant 30 Solaus en esté. Ne peut rendre la clarté Ne le semblant^ Ne se prend A nulle autre grant biauté 36 Ne au douz ris De la belle Beatris. Clers solaus sans tenebror, Enluminés, Passe toute autre luor, 40 Bien le savés ; SI Hl Ton* tu quant. — Î4 L Qu'à te. -- S6 L Mon eicient, — 27 EIL por vérité, H par v. — S8 EHIL Le vos. -^ 29-34 EHIL ; Ke la lune tost luisant Soleil (H toloil) en esté Passe de fine clarté, N*k son semblant Ne se prant Ne k la très grant beauté (HL N'a la tr. grande 6.). 35 A â doulz m. — 37-48 Strophe manquant dans H. — 39 A lior. 04 CHANSONS Ausiment a surmontés Tous ctters de ralor Celle ki de tonte honor Est dame et clés, 45 Mais jà grés N'iert ke^'aie bien nul jor, Nés paradis, Sans si faite Beatris. Bone dame cui j*aor, 50 Ke tant valés. Je me tieng à grant signor Quant mes pensés Ai en vos servir tornés. Et par vostre amor 55 Sui de mon cuer sans retor Déshérités : Vos l'avés. Si ke n*ai nulle dolor, Tant m*esjoïs 60 Quant j'oi nomer Beatris. Dame d*Audenarde, oies, Se sentes tristor, Or n'en aies jà paor, Tost la perdrés Ai ^lUAutresi. -^ ktormmteit, — 43 I Celle de ki toute A. — 45 EIL James gréi. — 46 Les mots nul Jor sont sautés dans E et L. — 49 EHL Bêle dame; l Bêle dame de valour, — 50 H I Ki tant, — 51 I â grant valour (étourderie du copiste, qui répète le mot 6nal de son v. 49).— 52 Lvopeii- eéi (faux). --tSI5E Etten vos, L Est vos (!). — 54 H Ef por, — 56 A Deheri- teis. — 58 KHIL n'ai mal ne dolor. — 59 E 5t m*esjoïs. — 61-68 Cet envoi ne se trouve que dans mon ms. A. » 62 A Si (selon la phonétique de ce ms. ■• se). DB GaLBBBHT Ml BBRMBVILLB. 9o 65 ' S*aprendé8 Mon chant ; de si grant savor Bt de tel pris Est 11 haas nons Beatris^ 18, Cette chanson est anonyme dans le ms. E 152 , d*où je Tel tirée, mais elle est inscrite an nom de notre tronTère dans L 96. Je ne Ta! pas rencontrée ailleurs. J amès chançon ne feroie Ne autre joliveté S*à ma dame ne pensoie, Où tant a sens et biauté, 5 Et quant Tai bien remirée» Sa biauté, test ai trovée Ma chançon et fait le chant. Dex, je Faim tant, Ma dame, quausi vodroie 10 Qarder 8*eneur que la moie. Vis m'est que je mesprendroie Et feroie lascheté, S*à ma dame ne pensoie Où tant a sens et biauté, 15 Mes je n*ai mie en pensée De moi soit entr'oubliée 3 L êem a et (de môme U). — 5 L fai bien, — 45 E en omis. — 16 L (et peat-éire aussi B) Que de moi. On pourrait snssi laisser çut et mettre oubliée. 96 CHANSONS A nul jor de mon vivant. Dex je Taim tant, Ma dame, qu*ao8i vodroie 20 Garder s'eneur que la moie. Et vrais Dex, coment porroie Tant servir en mon aé Que poisse avoir la joie Où j'ai si souvent pensé, 25 Car forment Fai désirée. Por coi fu de mère née, La très douce au cuer vaillant ! Dex, je Taim tant, Ma dame, qu'ausi vodroie 30 Qarder s'eneur que la moie. ^Ln forment. — 25 L Dear souvenn*at. — 26 E Dexporeoi^ L Por coi fit ele ; les deux leçons faussent la mesure. 19.. N« sa trouve que dans C 134. J amès ne perdroie manière De chans ne de chancons trover. Se ma très douce dame chiere Me voloit sanz plus conmander Que je chantaisse liement ; Ce ne li greveroit noient Et si m^auroit mon sens doublé Et toute ma joliveté. DB GILLBBERT HB BBRNBTILLB. 97 Mais quant plas l'aim, plus la truis fiere ; 10 Et si ne sai ailleurs penser ; Trestoute ma poi^ance entière Ai mise en son gent cors amer ; Dire puet tôt hardiement Que nule n*a comandement 15 Seor moi fors ele en vérité ; Or me doint Dex faire à son gré. S*ele me feïst lie chiere, Toz mes chans vosiase amender. Dame, vos estes ooustumiere 20 De si courtoisement moustrer Biau samblant à tote la gent. Et à moi faites mantalent, Qui cuer et cors tos ai doné ; N^onques n*i quis fors loiauté. 25 Quanque Je faz, tôt li anoie, Et si ne m*en sai conseilUer ; Amors, faites qu*à son gré soie, Mieus ne me porriés vos aidier. Hé y Dex ! por coi me fait languir, 30 Quand je m'ottroi à son plaisir ? Ne jà Dex ne me doint pooir Qu'aie d^autre servir voloir. Se por une autre l'oubLoie, J*en feroie mains à prisier, 35 Car certes je ne me porroie Nule part si bien emploier. Par Dieu, je l'aim mieus à servir En bon espoir, sanz plus joir, Qu'avoir d'une autre et main et soir 40 Tos mes solaz, par estovoir. 98 CHANSONS 20. Ma. C 131 coUationnë avec D 35. J e feîsse chançons et chans Mieus c^onques mais et plus sorent, Mais il par est si très obiers tans De merci qae n en truis noient ; 5 Je ne sai où ele maint Ne je ne trois qui m'i maint ; Ne jà bian cbant ne fera Qoijoie n^aura ; Hé las ! j'en sui trestoz nus 10 Desvesttts. Or iert assez tost aparans Li maus qui ou cuer me reprent, A toz jours i sera manans, Se ma dame ne le desfent ; 15 Et sai bien qu*ele s en faint, Et si n est nus qui tant Taint , Mais si tost qu'il li plaira, Me confortera' De joie, dont sui toz nus 20 Desvestus. La granz biautez, ses douz samblanz Et si très bel contenement Mont pris, et amors li poissans M*a mis à son comandement, 4 C mercii, — 7 D biaui chans. — 13 D ol ctier. ^ 15 D te faitU. itf D ne$î cueri, — 17 D toit coftH^ —.21 D ianlanz. DB GILLBBERT DE BERMBVILLB. 99 25 Car toz ouers fors le suen vaint. Dex, tant m*aiigoi88e et destraint Li mami que j'ai grant pieca, En fin m'ocirrai Car de joie sui toz nus 30 Desyestus. Samblant faz que soie joians Tel foiB que j'ai le euer dolent. Car ne vueil que mes couvenans Sachent félon et maie gent, 35 Par oui mains grans biens remaint ; Dame, dont faus hom a taint L'amor, jà n'en partira, An^ois en sera Ses cners de joie toz nus ^^ Desvestus. Coument que mes fais soit pesans, Toz jors servirai loiaument ; I>ehez ait faus Quers et glaçans, Qui por s'amie trahir ment ; 45 Devant li fait un faus plaint ; Hé, Dex I por coi ne li paint Ou front ce qu'il pense là ! Joie venist çà, De quoi je sui trestoz nus 60 Desvestus. De feme ce dient maint Que cil aeure à boa saint »D ««1.-38 D ieui faii. « 46Cii. U est point. D ne lipaint ' 8S C aore, D aeure (qai est plus correcl). 100 CHANSONS Qai amors et amie a ; De moi que sera, 55 Qui de joie sui toz nus Desvestus ? 54 G Dejaiê mot (lapsas da scribe). 21. Diaprés C 131, coll. avec D 34 ; dans ce dernier ma. il est remar que que la pièce /« eorùnée. J e n*eU8se j& chanté Nul jor, par mon escient, S'amors ne m'eUst doné Le sens et l'entendement, 5 Et puis qu'amors le m*aprent, Drois est que ma chançon paire JElenvoisiement ; Chans sovent Doi bien faire 10 Por la bêle ù je me rent. S'ele m'avoit fait bonté D'un douz regart solement, «Taveroie conquesté Bien, onor, joie ensement ; 15 Et s*ele raison entent. J'ai de ma mort essamplaire, e C qu*à ma ehançon, ^ i2 D D'un $tul rtgart. DE GILLEBERT DE BEBUBYILLB. 101 Qa*al droit jugement Voirement Ne doi plaire 20 A li, tant a le cors gent. Encore avérai son grë, S'esperance ne me ment ; Je n'ai nule setirté, Fors de Tespoir solement. 25 Si très douz recordement Me sunt si fin debonaire Qae par eas consent Bonement Mal qui maire 30 Moi si que partot m*en sent. Dex, tant aurai desirré, Et désir, qu*à son talent Eûst voloir que santé Me donast, quar je l'atent 35 De li et d'autre noient ; Et quant merci n'en puis traire, Descpnfortamment, En torment, M'en repaire 40 Dusqu'à son comandement. Onques vers li n*oi pensé Qui finast vilainnement, Ainz serf et s*ai yolenté Que servirai loiaument 90 p debatmrmneni (lapsus). — 39 D «i maire. — 33 D Wiûsi volmrs. iQ2 CHANSOIIS 45 Ma dame, si vraiement Proi Dieu que le cner m'esdaire En alegemeot, Et s'ament Mon contraire, 50 Si voir qu*à nul mal n'i tent. Au Bouteillier fac présent, Colart, de mon chant ; retraire Le doit à la gent ; Plus esprent, 55 Sanz mesfaire. Ses cuers d'onor qu*autre cent. 56 D qu''au^refneHt. 22. Cette chanson ne se trouve que dans D, d*abord an fol. 36, puis une deuxième fois, mais sous le nom de Robert de la Pierre, au fol. 167 ; ce second texte offre quelques variantes que j'ai notées. J oliement doi chanter Puis que fine amours m'en prie, Si ferai chançon jolie. Ce ne puis je refuser. Car si sui siens sans fausser Que n^est drois que Tescondie, A Car ne puis la. DE GILLEBERT DE BERNETILLE. 105 Ne jà nul jor de ma Yie Ne in*en partirai ; Amoaretes ai 10 Jolietes, e'amor ai. Se nus hom doit bien amer Poar sens ne pour eortoisie, Ne poar bone compaignie CTon paist en dame trouer, 15 Sanz vilonie penser Doit estre en sa baillie Mes caers qni toz jors li crie Qu'ait de moi pite ; N'i os aler, si 20 Envoi un très doue pensé. Si puisse jou conquester S*amor qui si me maistrie, Con je l'ai de ouer servie Sans nul bon point esquiver, 25 Et ferai, ne recouvrer N'i quier, s*à droit deservie Ne l'ai si bien qu'amors die Qu'asés ai souffert. Je proi amors 30 Que nus n'ait amie S'il ne la désert. 10 s*amerai, ~ i8 Mon texte a merci ; la rime impose la leçon pite du secood texte. ^ 29 Ce vers fausse la construction rhjtbmique et la dispo- sition des rimes ; il est évidemment interpolé et d^ailleurs inutile, le que do vers suivant étant pris au sens de car. 1 04 cHARsoro De cou me doi je doater Par droit, car je ne quic mie C*om puist deservir amie 35 Pour nule paine endurer, Mes dame puet bien doner, Là ù ses cuers li otrie, De ses biens, et ce m*afle Que j'aurai mercbi ; 40 Ma loiaus pensée Tient mon cuer joli. • Diex, con fait dame à loer Ki est de tel slgnorie, Quant ses cuers .tant s*umelie 45 Kll daigne guerredoner ; Dont en ont, au droit parler, Li bon la millour partie, S^ert grans tors s'ele m*oublîe Ki Taim loiaument. 50 Hareu I je muir d*amouretes, Biaus dous cuers, alegiés m'ent ! Gançon, va t*ent présenter A Gopin qui esoouter Te fera, si li afie 55 Que jà de moi n'ert guerpie Gelé qui j'aour. 49 Le !«' texte a ki Vami l'aim l. ^ li$ fe va pr, -^ bd favour. DE GILLBBBUT DE BERMETILLE. 105 23. Ml. G 132^ (le mqI des mes. de Paria où la ohanaon le présente). J olivetés de cuer et ramembrance De bone amor me semont de chanter» Si chanterai, et Dez, par sa puissance, Me doint tel chant et tel chançon trover & Qu'as mesdisans face le sens derver Et negne en gré à ma dame prisie. Que j'ai tes jors de loial cuer servie ; Puis que la vi, ne seu aillors penser. Quant je remir sa très douce samblance 10 Et son gent cors et son viaire cler, Et ne li puis conter ma mesestance, Adont covient mon mal renoveler. Las, je nU os ne venir ne aler. Car trop redout cens qui sont plain d'envie, 15 Si ai paour que n'en perde la vie Que tant m'estuet de son don consirrer. Un mal soustieng, au cuer me point et lance, Et fait mon vis pâlir et deschamer, Mes jà por ce. se la mors ne m'avance, 20 Ne me faindrai de ma dame honorer, Qa'amors set bien les maus guerredoner Au cuer qui sert loiaument sans boisdie ; Por ce di je que li hom n'aime mie Qui por travail se veut d'amors sevrer. i06 CHANSONS . 25 James nul jor n'aurai au cuer grevance, S'or mi voloit ma dame rdguarder. Dez, qu*ai je dit ? Nenil, ma mesestance Ne mi lait pas tant de bien conquester. Ensi languis ne mi sai conforter, 30 Car de mon cuer n'ai confort ne aïe, Ma dame Ta del tôt en sa baillie ; Prende le cors, je ne li doi veer. Merveilles est que nule retenance Ne truis en li, et si n'en puis torner ; 35 Dex, qu'ai je dit ! Folie et grant enfance : U mes cuers est, là m'estuet demorer. Ghançon, va t'en à ma dame moustrer, Di li, por Dieu, qu'ele ne m'oublit mie Et que te chant, s*onques fist courtoisie ; 40 En plus haut lieu ne te sai assener. 24. Cette pastourelle se trouve, sous le nom de Oilebert, dans le ms. N (Vatican) n<> 1490, fol. 113^, d'après lequel elle est ici reproduite; anonyme, dans E 171, F, p 352 et L223 . Imprimée dans Bartsch , Romances et pastourelles, p. 268. L 'autrier d^Ais à la Ghapele Repérai en mon paVs ; Dalés une fontenele Truis pastouriaus du[s]k'à sis, 2 EFL repairoic,-- 3 EFL Dejaste tifM.— 4 EFL Trovai pattors jusquà. DE GILLBBBRT DE BBRNEVILLE. 107 5 Lés casoan sa pastourele. Molt orent de leur delis, Car aveuc aus estoit Gais, Ki leur cant[e] et kalemele, En la muse aa grant bourdon : 10 « Endnre, endare, endaron, « Endure, suer Manon ! » Foukes, Drieus et Perronnele, Gascuns s'est bien aatis Qu'il feront feste nouvele 15 Ains que past li sains Remis, Si aura cascuns cotele D^icest an fors de Paris» Aveuc aus ert yestus Guis, Ei leur cante et kalemele 20 En la muse au grant bourdon< : a Endure, endure, enduron, « Endnre, suer Marion I » Dist Drieus : a Li cuers me sautele, Levons sus, trop avons sis, 25 De la muçoire à Taissele Sai les tours grans et petis ; Entre moi et Péronnelle L'avons usé et apris ; 5 EFL Choicuns ol $a. — 8 EFL lor muse et ehaiemek. — EFL De la m, au gros h. — it-ti. Cette strophe constitue, dans notre ms. , fautlTeinent la 4" ; la str. sniv., la 2«. — it EFL Fouehier. — 13 EFL Chascuns daus s'est. — U EFL dance nouvele. — 15 EFL En un pré vert et fioriz (L fiori), — 16 EFL Chascuns aura sa. — 17 Ms. D*ieest anforc, EFL D'un des* envers de Senliz (L Saintlis). — 18 EFL Et si en avéra G. (httvra G.). — 19-20 Comnie 8-9. — 33-fln. Les mss. EFL remplycnt • 106 GHANS0H8 Tost nous ara à point mû 30 Qnis qui cante et qalemele En la maae au gros bourdon : a Endure, endure, enduron, « Endure, suer Marion 1 » Sur l'erbe fresoe et nourele 35 A caroler se sont pris ; Gascuns ot chapiau d*asprele, Et cha[s]cune, en son chief mis. Helos ne fu pas muële, Ains cantoit si à devis 40 K'à son cant s*acordoit Guis, nos trois (lernières strophes par les deux suivantes : Dist Dreus : « Li cuers mi (L me) santele « Por Tamor de Biatriz, » Et Fouchier forment frestele Por 8*amlete Aaliz (L Aelù), Et Rogier s'amie apele, Si l*a par le chainse prise (Usez pris) Par devant toz aloit Guis, Qui lor muse, etc. Robins d*une (lahutele I fesoit deas sons tretis ; Por Tamor de Peronele S'en estoit moult entrepris : fc M*amiete est la plus bêle » ; • Ce dist (E dit) Rogier : « Ce m'est vis (L avis) ». Par devant touz aloit Gois Qui lor mase et cbalemele A la mnse au gros bordon : Endure.... 34^.— Cette str. occupe, dans le ms., le 3« rang. DB GILLBBBET DB BBBME VILLE. 409 Ki lear cante et kaiemele Bn la muse au grant boardon : Endare, endure, endurou, « Endure, suer Marion. » 45 Lors dist Drieus : « La tourterele a Doit bien avoir Heluîs, a Car bien cante, et la flsele tt Aura Ersent au grant pis ; « Les wans et la çainturele 50 a Donroumes à Beatris, Et no trois corés ait Guis, « Qui nos cante et kaiemele a Bn la muse au grant bourdon : c Endure, endure, enduron, 55 a Endure, suer Marion ! » 48 Ib. Hteni ; J'ai adopté la correction de M. Bartscb, en nietunt Ertent, 25. Ne se trouve que dans C, fol. 132. Dinaaz (d*aprô8 Laborde, Essai, p. 168) en a donné les trois premières strophes dans le t. II de ses TroQtèrea, p. 199 (corrigez v. 6 pooie p. poiê^ 13 di p. dis^ 16 savpr p. iavoir). L i joli pensé que j'ai Me yienent de fine amor. Et oe que ma dame sai Fine et sage et de yalor, 110 C1UN801I8 5 Me conforte et tient en joie Et se je pooie Passer la meillor G'on sache de faire honor, Por ma dame le ferôie. 10 Jamais n*entroablierai Un ris qui vint de douçor, Qu'ele fist quant Tesgardai, Mes ne di pas tel folor Que por moi fust, je faudroie 15 Ne voir ne diroie, Mes de tel savor M*est el cuer que nuit et jor Me samble qu*adès la voie. Dame, je vos ai doné 20 Mon cuer sanz jà départir ; SUl pooit estre à vo gré. C'est la riens que plus désir ; Dame franche et debonaire, Se Savoie faire 25 Le Yostre plaisir* Mieuz ameroie & morir Que nus m'en veïst retraire. Tant ai en amors trové Qu'à toz jors la yuell servir, 30 Ele m'a fait tel bonté Que bien le doi descovrir, Car de son douz essemplaire Me fait del cuer traire Mes chans et fnmir, DE GILLEBKRT DB BERNBVILLE. 111 35 Et me fait as bons chierir ; Taie honour me doit bien plaire. Plas e^onques mes me sui mis En amors nouvelement ; Dame, je serai toz dis 40 Vos hou de cuer ligement» Tant c*aurai el cors la vie, Et se courtoisie En To cuer descent, Qui tort à moi, du présent 45 lert mainte chancons oie. Ma chancons iert envoie A la seignorie Que j'aim' loiaument, S*iert bien mise et hautement Se de 1) est recueillie. 26. Ma. E 7U, coll. ayec L 97^. Dlnaux en a donbë les trois premiers couplets II, 192, mais Tenvoi dont II les fait suivre ne se rapporte nullement à cette chanson-ci, ni à aucune statre de notre trouvère. M erci, amors, car j ai vers vos mespns, Gon desloiaus, parjures, foi mentie ; Enragiés fui quant par ma boche dis Qu'amors n'avait valor ne seignorie. 2 E fui, l< fui. 112 CHAMSOIIS « 5 Certas je menti. Et si m'en deedi ; Je ne puis valoir Ne savoir Sens ne courtoisie, 10 S*amor8 me m*aïe. Par Dieu, amors, qu'or soit arrière mis Voà mautalens, s'oubliés ma folie, Et sachiés bien, se en parlant mefSs, Conques li cuers n'i pensa félonie, 15 Ne se repenti D'estre en vo merci« Âins i vueil manoir Sans mouvoir ; Cuer et cors et vie 20 Met en vo baillie. James cuers n*iert cortois ne bien apris, S*amor8 n'i met son sens et sa maistrie ; Por ce Ten vueil en bone foi toz dis Servir, coment qu'il m'aviengne d'amie. 25 Seignor, fin ami, Fêtes autresi, Ne vos chaut d'avoir Fol espoir. Car tels biens detrie, 30 Qui puis mouteplie. Se je me puis vers amors acorder. Je l'en ferai si très haute amendise Qu'après ma mort en orra on parler Jusqu'à cent ans. Hé, Pitiés et Franchise, ii L eoT ioit. — 16 E voi, — 31 LJa nu$ cor». DB G1U.EBBRT DE BBRNBYILLB. liS 35 Metés i la pès I S*an toi seul mesfès Desfent malgré vos Yoiant tos, Qtt6 pèa ne soit qaiae, 4D Yo foroe est jus mise. Toute perdrai Fachaison de chanter, Se mercia n*eat là où je l'ai reqoiae Bt requerrai ; se je la puis trover. On me verra muer en meillor guise 45 Conques ne foi mais ; Mains chans en ert fais De cuer amoros» Desiros De faire servise 50 Que ma dame prise. 27, Copie sur E 69, coUationné sTec H 91b, I 43^ et L 95. Aussi dans P, p. 149. O nques d^amors n*oi nule si grief paine Que me fesist nul jor désespérer. Tant aim de cuer sans pensée vilaine Celé dou mont qui plus fait à loer, Bien m*est amors et nuit et jor prochaine, Qu*el cuer me maint ; ne me verra aver. ^l Qtnmi ftiU un jor» » 4 H La riens dou moni, — 6 H Qu'où cutri 8 114 CHANSONS Car je li doixig qaanque li pais doner : Et cuer et oors et pensée soayraine. Onqties amora ne fti de moi lointaine, « 10 Ne je de li, très ce que soi amer, Tout a mon cuer en son lige demaine. Et si sai bien que ne m'en peut sevrer Longue atente, tant soit à moi grevaine ; Tant m'a conquis qu*el me fait aorer 15 li et la croi tant qu'el me fait senbler Que c'est li dex de la joie mondaine. Celé qui j'aim est tant de bonté plaine Qu'il m'est avis que la doi comparer A Testoile qu'on claime tremontaine» 20 Dont la bontez ne peut onques fausser : Le marinier parmi la mer hantaine Fait ravoier et à droit port sigler. Et set et voit quel part il doit aler Par Pestoile dont la vertus est saine. 25 Ausi vos di, qui forvoie en outrage, En fausseté, en penser folement. S'il veut en bien muer son fol usage, Voist esgarder le bel contenement Et la valor de la très bone et sage ; 30 Ravoiés ert en bon ensaignement, Con marinier à qui Testoile aprent Parmi la mer le plus settr passage. 7 H Queje.-^îù H putf qtu.^ii La omis.—- i% I m'en puu, ^ 13 L Tant ioi, ^ I de moi, — 19 H fui (p. qu'on). — L qu*on nome, — 90 I ce$ur. « SI H morentér.— 35 I ^ m noie, — 28 I ion Hau oofi/«fMmen<.— 3S-40 Celle strophe fall déraai dans les autres mss. Dl GILLEBBRT DB BBRNBVILLB. 115 Tant lety tant vant, tant a loial oorage, Que tous li biens en li croist et reprent ; 35 Honora a pria en son cner son ostage, . Si ne porroit manoir plas hautement, Ne où feist plos de son avantage ; Ce c'ounors yeut, yeat ses cuers bonement ; Por ce me lo d^amor qui la me rent 40 Et met mon cuer de tout à héritage. Caens d'Anjon, j*ai mis mon cner en ostage Que vers Âmors n'onverrai fanssement. Tous jors serai loiaos en son homage ; Hé, fll de roi; car li faites présent 45 De vostre cuer, j& n*i auras damage» Et s'en croistra vostre honors ensement. Car il n*est nus, se fine amors Temprent, Ne soit adès plus cortois son aage. 45 HI damage. — 46 H voitre honor omis. •— 47 He prenî. 28. Ml. C 133^ coll. vnc D 36. Se trouva anaù dani N. o nques mais si esbahis Ne chantai jor de ma vie ; Amors m'a i la mort mis Et ma très douce folie, Où aine ne quis fausseté, Et si Tai chier comperé, 116 CHANSONS Car cist maos me destraint si, Qni m*a assailli, Tôt m'a conquis et maté, 10 Quar la mors est au degré, Qui me deffle. Cruelment m*a entrepris Cist maus qui m'estraint et lie, Ne puis aler u pais 15 Où ma dame trop s'oublie, Tant que j'eusse esgardé Son cler vis encoloré ; Ble m*eiist tost garé ; Mais n*est mie ensi, 20 Ains ai trop pis encontre, Quar la mors est au degré Qui me deffie. Je ne doi estre repris Se ma chançons n'e^t jolie, 25 Car mes secors m'est faillis, £t ma dame ne set mie Qu'ele m*ait à mort livré. Trestot li soit pardoné. Sire Dex, pardonez li, 30 De cuer vos en pri, Qu*ele se j'oe à Loncpré, Et la mors est au degré Qui me deffle. 9 D 5t m'a, — 10 D li fnor$. — i3 D lA mata qui me deitraini et l. — 17 D San bel vis. ^ C ruer p. cler. — 18 C porte Toet m*eûst gari ; le 7« vers du couplet devant être de 7 syllabes, j*ai corrigé d'après D, qui a Ele m'eOit tuée gari. — 31 £/ (î mors. ^ 26 D nel set. — 30 J'ai accepté par raison métrique la leçon de D, plutôt que celle de C: Je vos en ftri. — 51 C Que S0;ee, D Qu'ele sejuc : — 34 D Dexconje fui Hen tr. DE GILLBBERT DE BERNEVILLE. 117 Hé , Dez, con je fai trahis, 35 Quant senti ma maladie, Con message ne iramis A ma dame por aie ; Vers la mort m'ettst tensé S*an salu m eiîst mandé, 40 Mais c'est niens , g'i ai failli ; Trop est loins de ci. Cist maas.m'a si alité Que la mors est an degré Qui me deiBe. 45 Roïne de paradis Je morrai en vo baillie ; Se j'ai en fais et en dis M'ame de Dieu eslongie, Douz caers plains d*amilité, 50 J*ai fiance en to Jwnté Que vos proieroiz por mi, Car j'ai trop dormi Et en pechié sejorné, Et la mors est au degré 55 Qui me deffie. Vrais rois, plains d'umilité, Conduisiés me à sanveté. Je muir à cuer trop mari Quant celé n'est ci 60 A cui je doi feeoté, Car la mors est au degré Qui me deffie. 36 D II 01 iramis (uotre ^raiiiû est le parfait).— ZS D Dû la mort. — 41 D Uin de mi, — 42 D Et cist maus m'a alité, — 43 D £< U mors. — 53D £fi peekié et ». - 61 D Et Umors. 118 CBAHSOHS 29. Copié dans D SSbt ^^f^ 1^ Tariantes de C 131^» qui» par aiiito d^ane lacération, eit inoomplet des tt. 8-28. P uisqu'amors 8d veut en moi Herbegiert Riens ne vanlt se je recroi D'envoiaier 5 Por yrer eauyage. Dame bêle et sage M*a à justicier, D'estre en son dangier Ai bel avantage, 10 Je m'en tien pliis chier. Ses bons sui entirement Sans cangier , Cascun an un obant li doi Envoier 15 De mon lige homage, Btjàfaus outrage Li quit bien paier, Et pour moi plegier Li doins en ostage 20 Mon fin ouer entier. Car milleur plege n*i voi Ne plus chier ; 6*encor puis par son ottroi Efforder DE GILLEBERT DE BBRNKYILLE. 119 25 De mon cors le gage, Certes, mieux ne sa ge M'onour ayancier ; Bien m'i doit aidier Çon que son damage 30 Ne son mal n*i qoier. Ains le vael adès loer Et servir Et me Yuel en bien aimer Maintenir 35 Sans penser folie ; Se jà vilenie Li qoier, jà venir Ne puisse au désir Que j*ai de 8*aïe 40 Prendre & son plaisir. Monlt sent amours bien ovrer : Au venir De moi vint le cuer ester Et saisir 45 Que n*en senti mie ; G*est bêle mestrie D'omme cuer tolir Sans le cors périr ; Si douce envaie 50 Puet on bien souffrir. Dame, rente à vie Vos doi monlt jolie, W.CNeque nuil. — 31 Le, forme picarde p. /a, G to. — 45 D fi« ienîi , C n'en eenti (c*est la leçon quil faut}. 110 CHANSOHS Ki ne puet faillir Des! au morir : 56 Par yo courtoisie Le faites oïr. SeCfaAnte». A I 30. Gopi^ dana B 67^, coll. avec G 1GI> et L 9f^. Aussi dans le ms. N. aidoient 11 losengier Por œ se il m*ont menti. Que je me doie esloingnier D'amors et de mon ami ? 5 Bn non Dé, je l'amerai Et bone amor senrirai. Nuit et jor. Sans fere folor» Et sMere enroisie, 10 Chantant et jolie. Jà ne m'en quier esloingnier, Des mesdisanz dirai fl, S*amerai mon ami chier ; Dex ! car fost il ore ci, 15 Li biaus, li blons au cuer vrai ! Qu*ainc plus raillant n'esgardai, i B il meidiêani (contrtlre I la rime). — S G tl ont. DB GILLBBBRT DB BBRIIEVILLE. 121 S'ai amon» El mont n'a meillon, S'en soi renvoisie, 20 Chantant et jolie. J'ai au cuer un mesagier D*amor8, cortois et joli, Qui me fet resleecier ; Ghascnn jor parole à mi, 25 II m*a dit que je vaincrai Mesdisans et recrerrai ; Menteor Vivront à dolor, Et g*iere envoisie, 30 Chantant et jolie. Mesdisams, foux losengier, Je ne vos pria on espi ; Or croissent voetre enconbrier, Que j'ai le cuer si hardi 35 Mon ami acolerai Si tost con ge le verrai ; Aœtor Serez en langor, Et g'iere envoisie 40 Chantant et jolie. Chançonete, ta iras A mon ami, si U di Por Dea, que il n'oblit pas Cors dont a le cuer sesi ; i7 B S'a» enmor$ (lapsus da scribe). — 91 G a« cuer omis. — 15 G On l'a dit, — L tHEinlrai, i22 CHANSONS 45 Jà nel lest por Jes ai maz etreoreans. Or morresi Mesdisanzy hues hoti, Et g*iere envoisie 50 Chantant et jolie. 48 Sic les mss ; cependant la straeture mëlriqne des coupleu exige une rime en ez. M, Copie sur E 70, collationnë avec H 139, 1 44» et L 96». T ant me plest à estre amis Ma dame là où je pens» Qu'il m'est tout ad&s avis Qu'or primes Famer comens, 5 Ne je n'ai nul sens Qui ne soit toz mis En amer toz dis. Et si ne m'asent Qu'il soit autrement ; 10 Tant con soie vis , J& n'i soie ois Se je m'en repent. 4 H Qw primes amer. ^ 8 H n namesseni (!) — 1 «t im m*en tent, *- 11 H Je ne soie. DE GILLEBBBT DE BBBMEVILLE. 123 Amors, mon caer avec pris ; Certes, n'en sni pas dolens, 15 Ains en «ni liée et jolis ; Mes venés toutes dedens, Vo comandemens mertj&desdiz; S*il est trop petiz 20 Li cners et il fent, Plos joliement Ne pois estre occis ; De ma mort plevis La pès bonement. 25 Se flnoie à tel honor. Quant je deyend morir, N'auroie mie paor De si faite mort sentir ; Ne porquant emplir 30 Ne puet plus d'amor Li cuers à nul jor ; STamors de celi Qui je cri merci N*i vient, par ce ter 35 Porroit de douçor Bien ronpre par rai. Franc cuer, parfait de valor. En tout bien ferm et entir, A ! ma dame, de meillor 40 Ne me porroit souvenir ; i5 E a pour Ué$ le mot bizarre droUés^ qui en tout cas est ooBtraire à la mesure.— 16 1 touz du dedetu.— i8 E ri dudiz.—U LLapèi omis.— S5-56 Strophe manquant dans I.— 26 L dewoie.^ZS I En touz ftîeiM.— Bfer.^ Ms. miter.— 39-40 Les mott de mrilhr et eoBoenir sont interrertls dans E. 124 CHANSONS. i Maint loial désir Font en moi sq'or , Qui jà por dolor Nièrent amenri, 45 Car de cuer d'ami La serf et aor ; N'onques mes greignor L*amor ne senti. Et se ma dame ne m^a 50 Mon servir guerredoné, * Jà pour ce mains n^avera De ma bone volenté. Car tant de bonté En son fin cuer a 55 Que m*esgardera Encore en pitié ; Bien m'aura aidié Amors s'ensi va, Quant tant ne m'aida 60 Ne ne fist si lié. Ghançon, tu t'en iras là Où j'ai tout mon cuer doné ; La dame dou mont t'aura Qui plus aime, en vérité^ 65 Foi et loiauté, Et qui plus en a ; En sa merci m'a, Amors l'a jngié, 43 H Quejà, —49-60 Strophe propre aa ms. B. ^ 6S I mon cuer mis, ' 63 dou mont dirai, ~ 68 I Bone amor$ logiè. ^ H Ta omis. 1>E GILLBBERT DE BBRNBTILLB. 1:25 Et y ta otroié 70 Quanqud li plaira. Mais qu'a n'i ait jà Parlé de oongié. 70 Vers omis dans I. — 71 1 Quejà fi*t aura. 32. Ce jea-parti se troave seulement dans le ms. D 34. T, homas Herier, partie Ai troYëe, si vos part A Yos giea sans félonie, Ne m*en tenés à musart 5 N'a félon gaignart, Car n'i sai point de renart. Poar une tel manantie Com li Andefroi Lonchart, Vos demant se vostre vie 10 Ouerpiriés les pois au lart î — Par foi, Ghilebert, beau sire Del prendre sui porpensés ; Se le mels n*en sai eslire Bien doi estre fols clamés. 15 J'ai maisons assés, Partout sui bien ostelés, Hom ki pert ce k'il desirre N*a mies grans richetés ; Coi que vos en doie dire, 20 Je me tieng as pois pilés. 126 CHAlfMHS — Thomas, pour ooi mentiroie ? ^ Le ptoar en avis pris. Se la maisons estoii moie Et la rente et li porpris, 25 S'en fuisse saisis» Pour tous les pois d'un pius, Par saint Pol, ne la donroie. Si estes trop buens chaitis, Ei refusés si grant joie 30 Pour estre de pois farsis. — Ohilebert de Bemevile, Mon sens ne prisiés deus nois» Nepourquant sachiés sansgille, Se j*eBtoie cuens ou rois, 36 Cascun jour trois fois Seroit de pois mes conrois ; Tel joie ai quant on les pile Que j'en chant à haute vois ; S'avoie souhais trois mile, 40 Je ne prendroie fors pois. -— Thumas, grans sotie maire Vo cuer i ce que je voi ; Quant les gens orront retraire Çou que respondés à moi, 45 A la bone foi Vos di» ensi corn je croi, K'il feront rostie faire, S*aurés le don et Totroi Que vos en serés li maire, 50 Si prendrés des fourfais loi. 38 Us. Aati/e«.— 49. Us. Car vos. DE GILLEBERT DE BERNEYILLE. 127 — Ghileberty coi qu'il aviegne, Entresait les pois prendrai ; Tant con des pois me souviegne, A nul jour mal n'avérai, 55 Tel créance i ai Qae jes aim de cuer verai ; Tant com Pâme me soustiegne, Pour avoir nés gaerpirai ; N'est dolors ki mon oner tiegne, 60 Quant à la table les ai. — Thumas, bonement M'en métrai en jugement ; Je di que mal savés prendre. Or l'enquerés à tel gent 85 Qui en saoent raison rendre, Je m*i metnd loialment. — QiUebert, mangier Ne volroie à souhaidier Fors pois ; n'est rien qui le vaille. 70 En Robert le Boutelier M'en met, coument qu'il en aille, Et Mikiel le Waisdier. 68 Us. Me volnriê. V. CHANSONS DE MATHIEU DE GAND. 1. Ms. Ny fol. 66. Lds trois premières strophes sont imprimées dans Keller, Romvart, p. 279. C 'cm plus aim, et mains ai joie, Et plus en défisse avoir, Mais li maus pas ne m*anoie Pour le soolas que j*espoir 5 De la pins bêle à avoir Qae foormast onques Nature ; Riens n'i faut, fors que trop dure Le truis et sans gherredpn, Et si ne sai la raison, 10 Fors tant qu'ele a esprové Que j*ai loiaument amé. DE HATIIIRU DE GAND. 139 Sage et yaillans, simple et coîe, Pacele de grant savoir, Vostre amours si me guerroie 15 Que sor moi n*ai nul pooir , YKiit% pensée et an voloir Ki me tient outre mesure, Et si n*aTé8 de moi cure, Ains m*avé8 sans ocoison 20 Mis en tele soupeçon Que je cuit en vérité ' Que vous m*avés oublié. Mis me sui, par ma folie, En paine et en grief torment ; 25 S'ele, par ea cortoisie, Ne m^i £Bdt alegement Et doue resconfortement, Et se pur ma mescheance Pert s*amour et s*acointance 30 Et le doue soûlas de 11, Au mains en ait tel merci K'ele me face cuidier Que g^i aurai recouvrler. Bêle, puisk'en vo bailHe 35 Me sui mis entièrement. Pour Deu, ne m'oublies mie, Car je vous aim loiaument. Ne ne sai vivre autrement, Ains aies en ramembrance 40 Les maus et la pénitence E'ai pour vostre amour senti ; Bien me tenroie à'gari. Se vous vouliés otroiier* Que je fuisse en vo dangier. 180 chausons 4Ô Je ne kier en nnle goise De Yostre amour départir, AAn» ai mis en to servise Guer et oors sans repentir ; Et se jà nul jour merir 50 Ne me volés ma grief paine, S*ai jou Toloir ki me maine A estre, tout mon vivant, Adès à vostre coumant, ^ns faintise controver S6 Et sans oorage muer. 2. Mt. C 167, coll. avec D 60. — Imprima par Dinanx II, 303. D e faire chanson envoisie M'est amors li commencemens, Car amors m'a en sa baillie, En oui maint pris, valors et sens, 5 Qu*à fins amans done et otrie, Par oui s^onors est essaucie. Mais cil qui chante sans s'aïe, Por qu'il n'ait le cuer amorens, Vis m'iert qu'il chant con menestreus. 10 Ne vueil pas que mes cuers soit teus Que fine amors soit jà servie De moi si come ele est de ceus Qui servent de menestrandie ; Je guerpis tote druerie DB MATHISC DB GAND. 131 15 Fors de celi que j*ai cl^ierie, A oai otroi, tote ma vie» Gaer et cors et tôt mon porpeps, A faire ses comandemens. Dame, cens qui sont faus dedens 20 Et blanc dehors, ne créez mie ; Lor parole n'est fors qae yens, Car là on cuîde cortoisie, PTa à la fois fors trecherie ; Legierement. croire est folie, 25 Car teos dira à la foie : « Dame, morir croi por tos eus 9, Qai point n'iert d'amors soaffraiteus. Dame, trop est tos cuers crueus Vers celai qui merci vos prie ; 30 Por ce s'il à tous n*est iveos En richeti et en lignie, Ne doit Famors estre amenrie ; Amors doit estre tote ounie. Sans orgueil et sans yiienie, 35 Et haïr'les félons talens. Et amer cortois caers et gens. Folie fa et hardemens Qae fis qaant pris tele envaie 15 G de eele, — 33 D A te /bit n^a, — S6 J'écris eut ponr êx (qne portent les nus.). On sait que x était ancieoDement an signe abréfiatif pour uê {tex, Dex, Inox se proDoncent leuf , DtfiK, 6taia).— 99 D vos me. — D yeus. — 3t D riehHéê. — 51 D amors. — 36 bcors ei gens, — 38 D. Que je fis qwmifuris envaïe. 1 32 CHANSONS Vers celi sor cni toutes gens 40 Ont par sâ grant bonté envie. Las, œ fu par la derverie De mon caer dont ele est saisie, . Mais quant li di ma maladie Et oe de ooi sui desireus, 45 Dont me tieng por trop anieus. Bretel, ma chanson envofe Vos ai por ce que soit oie Au pui devant la gent jolie, S*est espoirs mes conforfemens, 50 Cainc d*amors servir ne fui lens. il D ta druerie. — 4S C titg, D tient. Errean du texte de Diaaux : I envoisié p. envoisie ; 2 commencement p. -mens ; 5 Qua fuit amans donc et otrié ; 6 etiaucié ; 7 ioie p. «*a€e ; 8 fit^^ p. m*iert, — 30 nietu p. iveus, — 32 amenri. — 41 deruerie (trad. par « amour », confusion a?ec druerie). — Après t. -44, répétition du t. 42 — 45 ameus. — 40 ton fortement. 3. Ma. C, fol. 167, collationnë avec D, fol. 60. — ^ Imprimé par Dinaux II, p. 305. J e serf amors à mon pooir De loial cuer sans repentir, Et moût me plaist quant mi voloir Se vuélent à ce assentir ; Et nonporquant voit on faillir t 4 D consentir. DE MATHIEU DE GAMD. 135 Ceas qui aiment sans décevoir ; Si serrirai en bon espoir Que à Tamor puisse venir De celé que je tant désir. 10 De grant joie m'anroit fait hoir S'a soi me voloit retenir, Mais ne voi comment poisse avoir Chose qui me puist resbaudir, Tant ai fait en travaus consir 15 De s'amor qui me fait doloir ; Si li proi qu*ele en nonchaloir Ne mete, par merci tenir. Celui qui est en son plaisir. Quar autrement ne puis veoir 20 Que ma dolor puisse amenrir. Si en doi moût bon gré savoir Mon cuer, qaant 11 plot à guerpir Mon cors por ma dame servir, Dont jà ne me quier removoir 25 Por mal qu*en doie recevoir, Car fine amors puet plus merir C*on ne poroit de maus soufrir. Por ce devroit l'en remanoir En bone amor trusqu'al fenir ; 30 Vers cens fait sa bonté paroir Qui à 11 vuelent obéir ; Si que ne peut avilenir 6 C Sous qui. — 11 Dinaux â /bt. — 16 D etit n. — 17 D Ne mèche. — 10 Din. ne pm$t. — 20 D fmiit. — SI Dio. doiL ~- 25 Vers omis dans D. -* 20 D dHH[u*au. 134 CHANSONS Cil qui la sert et main et soir» Ains en aprent à miens valoir 35 Cil qui la bée à maintenir Et qui la sert de cuer entir. Amors, qui faites esmoToir Dnrs cners et les joians languir. Et qui faites par estavoir 40 Les vilains cortois devenir, Proi vos des mesdisans houir, Qui mainte amor font decheoir Par mesdire adès et doloir ; Tos vrais amans les doit fuir, 45 Por qu*il vueille ^'amors joïr. Sire Audefroi, je di por voir C'on voit moût sovent avenir Qu*amans faut par trop haut choisir. 40 YUaiiu cuêrt eorioit. — 41 Dinanx throvoê (!) ; l't de proieêi en effet caché 8008 la lettrine de la colonne attenante. ^Dde mesdUmu. — 43 G mesdire aidier; je vois dans mâier an iapans de scribe poar odàt qae porte le ms. D. DE MATHIEU DE GAMO. 135 l. Ma. E, loi. 142^, coll. avao L 184. ÂOBii dan» F« p. 285. — Les deux premiers conplets sont imprimés dans Dinanx II, p. 307. O nkes de chant en ma vie N^oi confort ne garison, Tant forment me contralie Gelé dont j*atent le don, 5 Que je n'ai nule achoison De fere chançon jolie, Mes mes fins cuers si me prie Qae je face ma chanson, En espoir d'avoir aïe. 1 Amoureuse jalosie ITa mis en la soupeçon Qu'il m^est vis que chascun die Son cuer et s^entencion, Mes dame de si haut non 15 Ne feroit tel vilanie Vers celi qui sanz hoisdie La sert et sanz traïson En espoir d'avoir aïe. Nus secors qui trop detrie 20 Ne puet venir de seson, Por ce criem que par envie N'aient atargié félon 8 Lj9 omis. — iS Dintnz qu*U m*ef< mi. — 15 L haut don, — 91 L far fHê ce eritm. l.'^6 CHAKSONS Le desirré guerredon Que loiaus amors otrie 25 Cens de qui eïe est servie De lin cuer, sans mesprison, En espoir d'avoir aïe. En mirant la seignorie De sa très chiere façon 30 Gonnui amor m'anémie, Se pitiés ne vaint resoh ; A nule autre raengon Ne Youdroie venir mie. Mes qu'amors par sa mestrie 35 Me retiengne en sa prison En espoir devoir aïe. Je sui si en sa baillie Qu'ele a en son abandon Cuer et cors sanz départie 40 A faire trestout son bon, Et si n*en ai se mal non ; S'ain mieuz souffrir la hachie Qu'avoir autre druerie A mon gré, nis en pardon, 45 En espoir d'avoir aïe. Chans, à Henri Amion Va, di li k'amors lessie Ne soit jà de sa partie, Ainz pent d'avoir le renon, 50 En espoir d'avoir aïe. f&LA cens, — 35 E tiengne. h retimgne. — 42 L ha$chie. — 46-90 €et envoi manque dans L. DE HATHIED DE GARD. 137 5. G« jeu-parti est tire du ms. A, n^ 330 (sous la rubrique a Robers de Lepi et Âmaheus de Gans »}. — Imprimé par Hoffman, Sitzungsbe- richte, 1867, t. II. M « 1 T 1 aheus de Gans, respondés A moi com à vostre ami : Ghanones d*Ares serés Tôt vo vivant par ensi 5 Ke jà amie n^açrés Awan, mais toute vo vie Serés dans la chanonie ; Dites lequel vos prendés. » — a Robers, bien sni apensés 10 De respondre au jeu parti. Prevendes et richetés Ne tien je pas en despit, Mais mieus ameroie assés D*estre amés que signorie ; 15 Ki ke le tiengne é folie, Itelle est ma volontés, b — a Maheus, riches et moulés Fait bon estre, jel vos di ; Moult est cil bieneûrés 20 Ki est issus de merci, % Ms. ami»i (forme usuelle du dm. de Berne p. ami), — 11 Ms. richeceg (la rime indique la forme mAefer).— 12 Ms. D'effre tmég ta iign&ne. 138 cHAnsons Tous riches amer poés ; 1 Ce est trop d'avoir amie ; Ei aime sans tricherie, Tout son sen a oblié. 9 25 — « Robers, d'amors recréés Puis c*ayés moible choisi ; Cuers ki est enamorés Doit tout ce mètre en obli ; Et d'autre part, bien savés 30 K'amors a en sa baillie Sen, honor et cortoisie, Kl mieus vaut k'estre rentes. » — « Maheus, mal vos deffendés, A mieus prendre avés failli : 35 Se d'amie est fais vos gr&, ^ Jà puis n'arés cuer joli, Vos désirs est achievés ; Giaus recroit ki mais ne prie, Riquise ne deflént mie 40 C*on aint ; trop grant tort avés. » — tt Kobers, ains puis ké fui nés, Si esbahi ne vos vi. Ou à raison n'entendes ; Avoirs vos a si sougi 45 Ke jamais bien n'amerés ; Amors loial dru n'oblie Ne ne veut k'en vilonie Ghiece ne en povreté. » 40 Us. Jlt^tte. — 43 Ms. ta raison. — 46 Ms. MauU dru n'oMirà. DE MATHIBO DE GAND. 139 Boatilliers, or i pensés, 50 Li quels a millor partie ? Oa riches ki merci crie Sa dame, ou povres amés ? Coppin, lequel mieus loés? Ou avoir sa druerie 55 Del tout sans mal acomplie, Ou estre riches clamés ? 6- D*aprè« E 139^, coll. ateo L 183. Imprimé par Dinaax II, p. 302. M « 1 Y Aahieu de Oand, respondez A ce que je tos demant : Se j'ain bien et soie amez De bêle et sage et vaillant, 5 Et je sache tout de fi Qu'une plus vaillant de li, Plus bêle et plus sage assés, M*ait plus chier, or esgardés Se, por mi mieus emploier ; 10 Doi celi que j'aim lessier. » — tt Robert, bien sui apensés De respondre maintenant : Pois qu'on s'est abandonés De servir bêle et sachant 3 DiUHix Smtdje bien. — 9 L por moi, — 10 L qui faim. 140 CHAMaONS 15 Pucele, por Toir vos di Qu'on doit estre en sa merci, Ne par reson nel poés Lessier, ancois la devés Servir de fin cuer entier 20 Sans plus vaillant aoointier. » — a Mahiea, respondu m avez A loi d orne non sachant : Se je sui bien assenés A dame bels et vaillant^ 25 Et je la lais, je foU ; Mais puis que il est ensi Que je soi assetirez Que g*iere meus ostelez, Por fol me doit on jugier 30 Se mon meillor preu ne quier. » — « Robert, à tort sostenez Une folie moult grant ; Trop apertement mostrez Que fol sont vostre semblant, 35 Quant onques se ressorti Vo faus cuers d^amer celi A qui il s*estoit donés, Car tout vraiement savés Que on ne puet herbegier 40 Meuz qu'en lieu où on a chier. » 18 L oing {0.-24 Vers sauté par les deux mss. E et L et que J'ai rem- placé par conjecture.^ 20 Dio. on omis.— 30 E prt ou |ire.— 34 L fauê. — 37 L il etiotl. — 38 B veraiemeni' — L trop veraiement. — 30 E Qu'on ne. — 40 L rà l'en a chier. DK MATHIKU db gaho. 141 7. Jea-parti copié sur E 139 , coll. avec L 183. Aussi dans F, p. 280. - Imprimé par Dinaux II, 300. -.M ahiea, jugiez : se une dame amoie Et ele moi de cuer entièrement, Liquex seroit plus en mon grevement, Ou ce que je por li batus seroie 5 De ma famé devant Ji en présent. Ou que batre por moi vilainement De son mari devant moi la verroie ? » — a Amis Henri, moult à envis leroie Que vos de ce n'oiés mon jugement : 10 Puis qu'une dame amés bien loiaument Et ele vos, por le mieux loeroie Qu'ancois soffrés en pès et bonement De vo famé por li le batement, Qu'ele por vos, car ensi le feroie. » 15 — • Mahieu, saohiés que je mains me dolroie Se g^estoie sans avoir frapement Et ma dame avoit son paiement, N*est pas honte s'on sa famé chastoie ; Por ce avés jugié trop malement, 20 Car trop se vit 11 bons honteusement Cul sa famé bat et flert et mestroie. » 3 L d mon. ^ 15 B j> omis. ^ 16 E porte frapoUent^ L frapeUnt; ce moi éunt inconnu, j*y al sabstitué frapement ; on poamU aussi corriger Mom nul frapettement, — 20 L Que trop. — SI L fiert et bat. 14t CIU1I80II8 — « Henrif par Den, plus griève et plus enoie Dolon de cuer, sachiés veraiement, Qa^estre bâtas bien dolereusement ; 25 La dolors est tantost tornée à joie Se bone amor serves à son talent* Car pour un mal de cors cent bontés rent Et por travail alegement envoie. » — a Mahieu, mes cuers à ce pas ne s^aploie, 30 Car j'ai famé de si mal escient Que, s'ele estoit mise en amorgement De moi batre, jamais pais n'averoie, Car ele fait, et menu et souvent, Soit maus, soit biens, ce qu*ele entreprent, 35 Tant est çainte de diverse coroie. » — « Certes, Henri, jamais liés ne seroie S'ele avoit mal par mon encheement ; Reconnoissiés vostre fol esrement : ' Ou on dira que poors vos desvoie, 40 Ou que serves oeli trop faintement Que vos amés, quant por l'aïrement De vo famé getés amors en voie. » Vilain d'Arraa, en vos me meteroie Moult volontiers de cest estrivement, •45 Et s*il vos plaîst, biaus sire, jugiés ent Lequel de nos folie plus desvoie. S3 E cuert.— L m tachiés nraiement.—'U Les mss. ont hoin p. 6im.— S5 L «rf.— 96 DiDSUX g'avez p. iervex.-^VI Dinanx : Cor pour (il induit ror par cœur). — (98 l< alongnemefU. — 29 L ne gopUrie, — 30 L eneieni. — 51 hamordemêfU, — 33 Dinaux inientr (!). — 36-43 Ce couplet manqué dans L. — 40 Ma. Ei que, ^ 43 EL eno$ ou evos. — 46 L desvoie plut. DE KATnSU DE GAND. 143 Seignor Hermenfroi proi qaMl nos avoie De ce qa*aTon8 eetrivé longuement, Tant le connoia de bon entendement 50 Que bien dira liquex de nos foloie. 47 EL Mî^non . — - 80 Dlnanx /btote, mot imaginaire qu*il tradoit par : a ftiilli, se trompe. VI. \ CHANSONS DE POKTES DIVERS. IHerre de Gand. Cette pièce unique de Pierre de Oand est tirée du m. A (ms. de Berne), n? 20, où elle est placée eoua le nom de ce trouvère. On la trouve encore, anonyme, dans B 126^, Hl* ,W 15*, K' 230b et me. de Siena36, fol. 2*. Elle figure sous le nom du roi de Navarre dans F, p. 69 et dans C 16^. — Imprimée dans Dinaux II, p. 343, dans THist. litt. de France XXIII, p. 638 (MM. Dinaux et P. Paris, sur Tautorité de notre ms. A, Tassignent au Gantois) ; dans Tarbé, elle est repro- duite sous le vfi 2 des poésies de Thibaut de Navarre. — Les fragments * de notre chanson qui se voient sur la première page du ms. de Berne B? 231 ont été publiés, comme toutes les pièces de ce recueil, par A. Rochat, dans le t. X du Jahrbuch fûr romanische und englische Literatur (p. 75). A Qsi com runicome sui, Ki s'esbahist en resgardant Quant la pucelle va mirant, Tant est lie de son anui i. A«utf.— 4 A (i>omis. Cette omission s psssé dsns le texte de Diotux^ - C porte ftutivemeot lie de son mirer. DE PIERRE DE GAMD. 145 5 Pafimée chieten son giron, Lors Tocist on en traïson ; Et moi ont mort d'autel semblant Amors et ma dame ; por voir, Mon cuer ont, n'en puis point avoir. 10 Dame, quant je devant vos fui Et vos conui premièrement, Li coers m'ala si tressaillant K'en vos remest quant je m'en mui ; Lors fu menés sans reançon 15 En la douoe chartre en prison, Dont 11 piler sont de talent Et li us sont de biau veoir. Et 11 aniel de bon espoir. De la chartre ont les clés Amors, , 20 Et si i ont mis trois portiers : > Biausemblant a nom li premiers, Et de Bonté ont fait signors ; Dongier ont mis à Fus d'avant, Un ort vilain serf et puant, 25 Ki tant est fel et posteis ; Li dui en sont prou et hardi Et si ont tost un amant pris. f Moo ms. A porte : Douce dame^ qwjaU je wn vi ; J*al , ptr respeet pour la rime, donne la préférence à la leçon de G. — 11 G Si je «m xi. — A eown. — 12 G Mee euers aUnt, — 13 G Qu'il ee reme$i. — A mux» — iSC tmeL A omaiil. — 19 G a Im. — SO G t a mis. ^ fïCSt hUtuiéi ee$ en fmi $eignor$. — Tarbé Si bonté en e$t fait # . — 23 G a mû. — 24 G Vu or féUm viUampwuU. —A ter, — 23 G ilTt moult ut maue et pautonnien ; bonne leçon, car ce vers doit correspondre de rime avec 20 et 21. — A «I omis. ~ Dinaux met porteis p. po$t^. — 26 G Cil troi 9ont viête et hardi; T. ruistee el A. — 27 G MouU ont to$t tm home êoiti ; T. Moult toet ont un amatU $am, 10 146^ CHANSOKS Qui poroit soffrir les tristors Et les tonnons des trois portiers ? 30 Onqaes RoUans ne Oliviers Ne vainquirent si grans esters ; n yaincoîent en combatant, Amors vaint en humiliant ; Des trois ont fait confanoniers ; 35 S*il est ensi con je vos dî, N*i a pitié fors que merci. Douce dame, ne dont rien plus Ee je ne faille à vos amer. Tant ai apris à endurer 40 Re je sui toz rostres par us, Et se vos en pesoit, or bien Ne m'en puis je partir por rien Ee je n'aie le remembrer Et que mes cners ne soit adès 45 Dedans la chartre et de vos près. S8 A let e$$auhf (qui fausse la rime). -^ 9è C Et Us attaui de (t9 hvMiieri. — SI A grcait cHor — 33 G vainquireni,^ 33 G Mait ee vaint on hum. ; T. Ce$ vainquent en A.— 34 G SoffHn en est confamoniere ; sic T. ; A eonfenoieri, — 35 G £*» eut eetor que Je vot dt.— 36 G N*a nul eecore for» de merci ; T. N*a nul confort f de m. — 37 A ne dout tant rien. » G Dame^je ne ne dout me» rien ; T. D., je ne redout rien plu». — 38 G ITe tant ke faille ; T. For» que ne f — 39 A apri» et endurcit (Dinaux endurci»), — 40 G Keje vostre nit (ot par u», — Les mots par u» sont transformés dans Dinaux en por la vie. — 4f CEt »e il vo» en pceoit bien ; sic aussi T. — 45 G £fi la prieon. ~ Le ms. G et d'autres terminent par ces trois fers : Dame, quant Je ne sai guiler. Merci seroit de saison (al. raiton) mes De sostenir si greveus fès. DE RBNAUT DE TRIB. 147 Reoaat de Trie. Copié d*aprè8 A, n^ 431 ; ce ma. prëseate notre pièce comme ano- nyme, et Tattribation à Renaat de Trie n^est fondée que sur le couplet d*enToi qui teimine la rédaction donnée par le ms. B. Cette rédaction me compose de nos couplets 1 et 4 (fol. 131*] et de deux autres qui lui sont propres et\qui se lisent au fol. 130 avec la remarque : Cist dui ver si desout ioni de la chanson a Gant je voi îo dons tans venir ». Ce folio 130 a été, comme Ta déjà remarqué Brackelman, intercalé postérieurement dans le volume ; ces intercalations, qui se trahissent facilement comme telles par la nature grossière du parchemin, se rencontrent plusieurs fois dans le ms. B, qui est à juste titre supposé aToir appartenu à un jongleur, désireux de mettre son recueil au com- plet. C'est d*aprés B que Dinaux a reproduit notre pièce dans ses Trouvères, lY, p. 640. V^X nant je voi le dons tens Tenir Ke renFerdist la préo. Et j*oi le rossignor tentir Ou bois sor la rainée, 5 Adonkea ne me pais tenir De chanter, ke toit mi désir Et toute ma pensée Sont en li amer et servir Coi j'ai m*amor donée, 10 Sans repentir. Mereit, 8*il vos vient & plaisir, Del mont la miens amée, Onkes nés vos osai jehir, Ne dire ma pensée ; S B raioerdU. •» 3 Dinsnx s nul la eantir, — 58 Adons ne mepeus plut tenir, ^6 Bear tuit, — 8 B Sont an (Dinsax au) eeli cuifobeiz. 148 CHANSONS 15 Por Deu, ne vos chaille d'oir Ne de compaignie tenir A gent mal étirée, Ki mains amans font départir ; La maie destinée 20 Lors puist venir ! Si me doinst Deus de vos joir, Douce dame honorée, Ke je de bon cuer, sans faillir, Vos ain plus que rien née ; 25 Et si sachiés bien, sens mentir, Ke sens vos ne me puet venir Joie qui m*ait durée ; Bien me poés faire morir, Se ma mors vos agrée, 30 N*en quier guérir. Ma dame, oui je n*os nomer, Por Deu, n*obliés mie Moi qui sui vostre sans fausser, Si ferés cortoisie ; 35 Car j'ai oi' tos jors conter R*en gentil cuer doit on trover Merci ki s*umilie, Et s'en vos ne la puis trover. Si covenroit ma vie 40 A duel fenir. Si B n*oM.— Dinaax a imprimé je voitoneeir /— 33 B (ftelon son dialecte) Moi ke «eut voitre sans faceir,— 35 B fat toz jort oit, — ZBBEi êam vos. — ' 39 B Lor eovanra. — Dioaux lit, contre le sens, m' amie p. ma vie, — 40 B fineir. DE REMAUT DE TRIE. 149 Ci après je donne les deoz derniers coaplets de la rédaction B, en observant le système phonétique et orthographique du ms. Mors sens {sut) cant il m'estuet partir De vos, ma douce amie ; Mues amaise (amasse) vostre cleir yis Ko tout l'or de Surie ; Et puis k'il vos vient à plaisir Re je mure {muire) por vos servir, Por Deu, ne créez mie (ms. mies) Fêlions, cui Deus puist (ms. petêsf) maleïr ; La maie mort subite Les puist (ms. peust) ferir ! Chanson, va Van sans demoreir A boen Ancel de Lile ; Di li ke ne li soit celeit De part Renaît de Trie, Ke de bone vie meneir Ne de très loalment ameir Ne se repente mie, Ans {ains) panst des fêlions eschueir Ei les amans osient Sans defleir. iSO GHAlfSOllS JeUmn de Toiinial. Jea-parti extrait du ma. M 17. C c X^^olart, respondez sans targier A cd que yoaa vueil demander : Uns bons aime de ouer entier, Jalons est, ne s'en puet garder, 5 Et ponr certain yoihos (faide iestre ; Doit il pour cuidier refuser S'amie et laissier à amer Quant non a qu'elle est de bon iestre ? » — « Jeban de Tornai, de legier 10 Puet veîr qui set esgarder, G*un8 bons se puet bien empirier Par lui trop folement esrer, Mais chilz qui aimme amie bonneste Ne s*en doit pour riens destorber» 15 Mais adès en son cuer penser Que c'est pour lui s*autres adiestre. s — « Golart» cilz atant mal loier Qui ne se puet assettrer ; L'amour où Ten vit en dangier 20 Fait il trop bon laissier ester 5 Le mot voihoi est difficile è lire ; cependant je le tiens poor certain. — 10 Puet on wfr. — 17 mauves hier. DE IBHAN DE TOUUIAI. 151 Et tenir lo chemin à diestre. Car jaloasie tormenter Fait l'amant et adès viser C'en li ait fait cranche semestre. » 25 — « Jehan, on ne doit nient ooidier Que dame tant face à blasmer Qa'elle vacille nului boisier, Mais s'ans hons, par son mal bourderf Dit : c J*ai vut par dedans son estre 30 « Vostre dame à autrui parler », Pour ce nel devez refuser. Car bien mentent et der et prestre. » — « Golart, l'en ne se doit fier . Pour riens en famé, c'est tout cler, 35 Ne mètre tant en son guernier De blet c'on le face effondrer ; Nient plus que li fleurs de geniestre Ne me porroit d'un mal tenser, Ne puet bonne vie mener 40 Li bons jalons, par saint Sèves tre. s — « Jehan, des dames desprisier Ne puet nus bons en pris monter. Car elles moût tost trebuchier Font les plus haus et endiner, 45 Et si savez les drois d'ancestre : Quant nns bons s'ot wihos clamer, Amours lues li vient conforter, Jà n'i querra huis ne fenestre. 23 otiner. — 35 Pfen fie, — 45 £f «e saoez que droû. 152 CHANSONS Jelian de la Pontalne de Toiirnel. Mb. N, fol. 85, transcrit par Keller, Romvart, p. 290, et publié, diaprés son texte, par Mfitzner, Altfranzôsische Lieder, p. 48. A mours me fait de coer joli chanter Et yolentés de ma dame servir, Pour oui valor voel sa court hounerer De ma chauçon, s'il li plaisait oïr. 5 Or li doint Dieus voloir du retenir, Mis ai mon cuer tout à son coumander Sans repentir, car ne sai espérer Mon mal au bien ù j^espoir arenir. En si haut lieu fait amours deroorer 10 Mon cuer que riens ne sait en 11 falir : Biautés, valeurs, plus que ne sai noumer ; Ne sai comment on puist cuer aseïr Plus hautement c'amours m*a fait ooisir. Si me doinst Deus mon désir achiever, 15 Que j'aim trop mieus son plaisir endurer R*estre avanciés en fausseté tenir. Ne li qerrai dont par raison blasmer Mo puist Amours, ains vaurai sans trur L'onnour de li entirement garder, 20 En cui merci vivre ou morir désir. 4 Ms. (d*sprè8 la copie de Keller) et MâUner : «t (t. — 8 Mâtmer corrige au bien par du bien. BE JEHAM DE LA FONTAINE DE TOURNAI. 153 Vivre me fait quant son gent cors remir, Et alegier mon mal d*un douo penser, Qae par amours font à moi présenter Li oel du cuer, quant jou le puis veïr. 25 Ce vient d*amour8 k*ont fait à moi donner Si doue présent, pour çou que de falir Ne puist mes cuers desloiaument amer Et que n'i soit trop hastieus de merir ; Si n*est il pas, car çou li fait couvrir 30 Que on voit bien souvent en trop haster Povre conquest ariere reporter, Si vaint on bien en sagement souffrir. En merci voel souffirir et esgarder, Del départir ne mi doint Dieus loisir, 35 Car s*ainsi est que jusque au definer Ne mi fait mix fors del doue souvenir Que j'ai de li, si ne m'i doi marir ; Mais jà pour çou ne vaurai recouvrer Aillors par qoi il couviegne tourner 40 Mon cuer de li ; ensi me plaist morir. )3 Us. faii; Je meU fimi à cause du pluriel H œl. — 25 Ms. Ta ; Je corrige par la même raisca qui m*a foit meitre finit an ?. )3. — 39 Ma. êoin ai. » 30 Ma. cou viegne. 154 GHAH80MS Jlocella de 1. D'après A, n^ 205. Se troaTo aussi, nais sans nom d^aateur, dans le ms. Doaee, foL 21 1. Notre pastourelle a ëtë imprima sons le n^ 49 du recueil de Wackernagel, et dans celui de Bartsch, p. 316* L 'autrier pafitoure seoit Lonc un buisson ; AgniauB gardoit, si avoit Fl^joi, pipe et baston, 5 En haut dist et si notoit Un novel son. En sa pipe refraignoit La Tois de sa chanson ; Puis a dit : « Amors, amors, 10 Pris m'avés à laa oorsori Dont jà ne guerrai nul jor, • Amis, se par tos non. » Quant je gaimenter Toi, Vois la veoir ; 15 De mon cheval descendi, Lés li m*alai seoir ; 10 Ms. m*atK>M à laù earwur, — 11 Ms. guerirm. — 13 Ms. roigmmm- ter (ma transposition est fondée sur la rime). Variantes du ms. IK>aee, recoeiiUes par Bartsch : 1 fîostourelfe «i ieani. — 9 Letr «n. — 3 1 1 tmwU. — 4 Fipe /U^oi bai- ion. — * 5 Alt M pipe refraignoit, — 7 £(an ion fiajot dixoU. ^9 le ver. ^ 9 B omotÊT amour anuntr, — 10 a /or comor. — 11 j'ai mêlerai, — 13 Ka«t lapaetoreteoï. I 9B JOGBLW DE BRUGES. 155 De MB amon li requis . A mon pooir, Et elle me respondi 20 K*elle n*en a voloir. ff Nel feroie, ensi n^ensi « Ne ferai onaii ami, « Fors Robin que j*ai choisi, ' a K*autre ne qoier avoir. » 25 — « Pastoore, ne t*esmaier, a Mi jea sont bel ; « Aveo vos me retenés « Por garder vos aignels, « Et 8*il vos plaist, si aorés 30 c De mes jaels ; c Ma ceinture retenés ff Avec mes gans novels. » Deçain moi, si li tendi, El les prist soie merci ; 35 Assés oi plus ke ne di Lott jor de mes avels. Quant j*oc fait mes Yolentés, Vois m*en riant A mon Yoloir et au sien. ( 40 Sa mère i vint corant : 24 K^aire,^ 31 senittre.-^ 33 detutn.-^ 35 ou pli».— Variantes IK>ace : 17 Et de s*amor Foi. — 20-33 Ko niant n*an fmnt^ Ne aùui n'enei n*anii. IPanercit aiitMin ami Cette nait (=s s'ello ii*a) lou hiaut Robin (Je supposa car Bartseh ne renonce pu, que le mt. porte amin p. mm)- — 24 Auire ne weti. — 23-27 Potloiirff , retenêis moi Jeeuie fotoui Je dem om ^rni awijf voue. ^ optait voe auerei:t. — 31 La eitUmre tFenior moi.^ZStEt toz ke grans nooiaue. ^^ De et tone kmU Vomtendi, — 34 Prie l« loi (^ la) •.m.^S3-36 Aeeée ptuekejene di Fimeeioujour.^Vt-SèCemidela paetoureo fait TotU mon tatant, — 30 il «on oefotr 0I « hmmi. Iâ6 ' CHANSONS « Hareu, harea, ki est, Deu« a A mon enfant ? a Fille, toucha il à toi ! « Monstre moi ton semblant. » 45 Et quant lapastoure Tôt, En haut cria à un mot : « Se n'i yenissiés si tost, a Mal me fust coyenant. » — tt Fille, toucha il à toi ? » 50 — a Mère, nonal, a Onkes à moi ne toucha a Ne ne -me âst nul mal, « Ne n'ai cure de donoi • a De tel vassal, s 55 — « Par Deu, ûlle, mal t'en oroi, « Jus fu de son cheval. » — « Mère, car il remua a Sa selle, si remonta, « Onkes plus n'i demora, 60 a Ains s'en va lés cel val. » — a Fille, veus me tu celer a Ce que je vi ? tt Ains por selle remuer « A piet ne desoendi ; 65 a Je le vi sor toi monter « Et toi sous li, ISS ^ M moHiaU. — Variantes du ms. Douce : 43lMmott«n/îiril.--46<*e«erta deitf nu».— 48 Ifor. — 49 FtOe, /Stte, foMfai<(— i'9L)faU. — SO non tot< (» ra). — 51 /{ M me /Cil M 6îm non. — 52 II ne. — 55-56 Ko fa em dont qtte jet vi$ Jtu dou Mioal Et alUir ei nmuar Et amont et aval. — 57 Par (toi mètre il. — 58 etfntêX monta. — 50 Onkeê puez ne m*adezaU. — 60 Vezlou^kd oé an voit. DE JOCBLIN DB BBUGES. tB7 a Et baisier et acoler a Quant vint au départir ; a Dont soi je bien voirement 70 a Ce n'est pas droit de parent ; « Del pucelage est noiant, « Robins i a failli. » — a Mère, laissiés moi ester, a Yostre merci, 75 a Ne puis pas les chans Teer a A ceaus ki vont par ci ; • Onkes de Robin amer a N'oi fors le cri, t Assés porroie maser 80 « A si mignot ami ; « Ohi, lasse yielle gent, « Malparliere et mesdisant « Quant dlki sont de jovent a Sontd'amorsresbaudi. » 79 Âisexii. — Variantes du ms. Douce : 67 H t$eoUir. — 89 Lon wol. — 7Oy0tft d. p. — 80 Aiiti (— en si). 81 à fin : « Mes peires ftit vostre espons « Et vos loofebtas oons ; • Meire atresi (ms. an) cuidiés voas ce Ke j'aie fait Robin. 8S» — « Fille, fille, vos saTels « De lai tribot, a II ?os flst lou Jeu d'amours « Par desous lou sorcot. » — « Non l'alto meire, tasteis (ms. taiîei$) i ; 90 « Encor est mes cons ensi « Com il estoit en matin ; « La rouzée s*i dort. 158 GBARSONg. * 85 « Mère, mère, sentes i « S^enoorn'est mes cons ensi, « lAromfej'etpandi « N'a encor pas gramment. «IfMselln de Bmgea. 2. Ma. A, iè9 414. Se trouve aussi dans le ms. Douce 908 (sous le n® 39 des pastourelles). — Imprimé par Hofinann, Sitzungsberiehte , 1865, t. II, p. 337» par Bartsch, 1. c, p. 308, et, en grande partie, dans THist. litt. de France, XXIII, p. 653. V^y oant j*o chanter Talonete Et 068 menus oisillons, Et je sent de violete Odorer tous ces boissons, 5 Lors est bien drois et raisons Ke de chanter m'entremete Por la bêle Amelinete Coi je vi garder moutons ; Ghantoit une chansonete 10 Dont moût me plaisoit li sons. Je me trais vers la tousete. Si guerpi mes compaignons ; Puis li dis : • Douce amiete, « Cist jors vos soit ders et bons ; Var. du ms. nouce, recueillies par Bartsch. Z^QueU doui tau i'aparaiUe Por venir à ta ioiœon. — 7 AdeUiiÊitt: 9 KoHi eeî lai eh. — 10 Si fiie traie vere Um doue «on. — 14 Si joure. DB XOCBLIN DB BRUGES. 159 15 « Doua ctters, amora me semont « K*en Y09 Beryir tout me mete, t K'onques ai ameroosete, « Ce m*est yis, ne vit nos liom ; « S*or devenés m*amiete, 20 « Moult bone vie menrons. » — « Biaas sire, se Deus me voie, « Vos en parlés en pardon : a Jà de m'amor n'aurés joie, e C*autn2i en ai fait le don, 25 « Se ci vos trovoit Sjmon, ff Ki de m'amor se cointoie^ « Aidier ne vos i poroie r Ke ne faissiés de baston « Tués enmi ceste voie, 30 c Ou depeciés de gaignons. » — a Belle, trop ooars seroie, a Foi ke doi Deu et ses nons, « Se j& proier vos laissoie c Por vilain ne por gaignons ; 35 a Se de vous un biau respons « De vostre bon cuer avoie, « Certes, plus hardis seroie a Ke n*est leupars ne lions , « Et plus de dis en vancroie 40 « De tés vilenés garsons. j» iSfueUeituivit, —90 Trop 6ime.*-13 Mrti% oîttort voitre ^raie, — U i^aind an est faU K dons. -- Zl Bi moût (^ m'MUi) Dex. ^ M Por ces ffHomet faUmtk — 33^36 Se f avoie im 6. r. De voetre geni eon poroie, * SOpItft ke. — 40 De cis viUmies fêtons. 160 CHANSONS — a Moult vos oi ranter, biatis sire, a D'estre lié por moie amor, a Mais tout el vos orai dire, « Quant vos orés mon pastor, 45 a Car, se Deus me doint honor, a N*a si bel home en Tempire, Quant de mes eus le remire, a Ne bergier de tel vigor ; « Jà n'aurés talent de rire, - 50 « Quant vos verres son iror. s Es vos le pastor plain d'ire, Ki jalos fu de s*amor ; Vers moj vint, si me remire Gom bons plains de grant folor, 55 Puis si m*a dit par iror : a Tenés vostre voie, sire ; « Damedeus vos puist maldire, « Se plus la proies d'amor, « Car, si m*ust nostre sire, 60 « Faire i poés lonc sejor. » Lors n^oi je talent de rire Quant irié vi le pastor, N'eusse mestier de mire S'il m'ettst ataint le jor. 65 Li vilains, par grant vigor, Son arçon toise et en tire ; D'un karel me cuide occire. Et je montai, si m'en tor. Mais tant vos puis je bien dire 70 K'ains mais n'oi si grant paor. 41-^SO Cette strophe manque. — 86 T&meii. — 87-59 Vers omis. — 00 I portez, — OS Kont vi venir lou p. — 68 grani irour, ^ 66 toigH et tire. ^ 67 lyun pilet. DE JOCBLIN DE BRUGES. 161 Elle me comenoe à dire : « Rerenés arier, biaus sire, « Je vos otroi mon amor » ; Mais por tôt l'or de l'empire, Ne fuisse tornés vers lor. 71 Arrier rtiameit. — 75 «cr ont. Il VII DITS ET FABLIAUX DB JACQUES DE BAÏSIEUX I. Dea trot» Chevaliers et del clialiifte. (Fol. 99 vo.) P ar bon semblant et par bel dire Sèvent aucun félon plain d*ire Autrui soprendre et deehivoir, Et cant ilh sèvent de ce voir 5 Dont ilh sont de savoir engrant, Mais n*aront rien, s'âront en grant ' Anui et en grant deshonor Mis ohes oui offroient honor. Por ce ne seit on mais oui croire, 10 Que li faus ne vuelent recroire De lor traison porchachîer ; Les loiaus font si deschachier Ains qu*il soient de riens orett, Leçons du hs. oo dr ucopre Moochet rectifiées. Vers 7 anuit, — 8 ckù» DES TROIS CRETALIBRS ET DEL CHAINSB. 163 Ke teil travalh lor sont cretl 15 K'il n'ont repos ne jor ne eare De pener à ce k*al deseure Paisse lor loialtés monter, Si con flst chil dont velh conter. Il ayint c'ane gentis dame, 20 I Âmors li dist et ii tesmongne K'al chanse vestir aquerra Tel joie k'autre ne querra ; 185 Ele li monstre conpangnie De bêle dame et d'enseignie ; Duz regars, acolers, biaz rires Et baisiers, ki n*est pas li pires, Sage parler et enbraohier ; 190 S'en doit faire sa char aohier Por tant de desdnis rechiyoir. Or perchoit ilh que décevoir Le Tuet paiirs et coardise. D^autre part proëohe l'atise 195 Et li dist que s*ensi astoit Ke ilh le ohanse ne Testoit, Gk blâme li saroit torné ; S41 avoit son cors atome Si k'avoir ne peUst greyance 200 Por cop d'espée ne de lance. Petit pris d'armes doit aquerre ; Mais s'il est en piecbe de terre Mal montés à pou d*armeûres Et il ose oolées dures 205 Rechivoir et son pooir rendre. 176 char, — il9paûr, — iSl coûte, — 190 Si m. — i95 dût qu'enn agtoit, — 497 ne li «iroîf . — 205 d son pomr ; à est inutile et gAte la mesure. DBS TROIS CHBVALIEIIS BT DBL CHA1H5B. 169 S*il ne fait flancher ne rendre Autrui, por ce ne pert ilh mie Pars d'armes ne grasce d*amie. Se si Juger jugent droiture. 210 Ensi proëohe Tassetire Et de bien faire H enorte. Amors Tenhardist et conforte Tant que del chanse li changiers Al plus très fort haubert d*Angiers 215 Ne li plairoit (et se seQst K*à sa dame aussi bien pletist), Ke le chanse avoir yestn. Trop a à l'armer arestu, Ce li samble, les chauces lace, 220 L'espée chaint, Tescut enbrache, Monte à cheval, son elme a prise, Por pou ke ses estriers ne brise, Si s'afiche sus à Tesmuevre ; Por sa dame tel cuer reeuevre 225 K'ilh ne crient mort ne bleceûre. Vers son content tôt l'amblet^re S'en va en l'escut enbuisiés. Ses contraires a si buisiés Al branc d'achier et tant malhiés, 230 Ke lor escus a detalhiés, Lor habiers ros^ et enbarreis Lor hiames ; jà ert debarreis Ses chanses et mult depechiés, Et s'ert ses cors forment blechiés, 235 Mais 11 cuers noient ne s'esmaie ; Il ne sent angoisse de plaie Ki 11 soit à l'espée faite, 906 Je pense qu'il fanl Ureprr> * 159 Tinmi forme wallonne p. iimmi (que le scribe emploie ? . 261). — 162 ou motiil. — 165 toz e( ù^wor», — 174 vodî. c'bST DBS PIBZ D^AMOURS. 189 Et si paet bien sers devenir 180 Uns frans hons, se de lai tenir Por serf a li sire voloir. Et lai aassi Testaet yoloir ; Anchois que ilh paist ses sers estre, Ses voloirs est hajs et fenestre, 185 Par ù ilh entré en damage ; Nas ne m'en paet faire damage Miex de moi, et si ai encore Raison, dont plus ne dirai ore, Ains dirai cornent on feable 190 Devient» ke jà nM mettrai fable. Chil qai le fiex vuet rechevoir, Jointes mains, tôt sans décevoir, Reqaiert le fiez à son signer, Et li sires fiez et honar 195 Entre .ij. ses mains à son aise Li tent d'un gant, puis si le baise. D*un gant, itele est la vesture En bone, mais pas si seilre N'est qa'ele est do fiez proprement. 200 Malt vaillant senefiement A li baisiers, car demostrance Nos fait de .^'. cuers Taliance. Bien paet baislers de .ij. un faire, Sel mosterai par exemplaire. 205 Vos vereis ohi une maisiere, U ilh a tante grande pierre Ki sont k ciment saelées ; Toutes ces grandes pieres lées Oés vos un mur apieler <79 fer/: — iS3 Set oini$. — ISS Car ù. — iS9 Ain dirai. 490 IACQUB8 DB BAISIBOX. 210 Por ]6 oiment, ki gaeler Les a faites toates ensanble. Aosi li baisieni, ce me «amble, De .y. coera fait .i., par raison, En amurs, car sens traïson 215 Doient estre trestot baisier. Por ce, se Judas yoat baisier En tnuson Deu nostre pere^ N'est drois ke baisiers le compère. Car à voit hanap ne pois boire ; 220 Aasi baisa il por decboivre De voit cuer et de truide boce ; Tels baisiers & amur n'atoce. Nonpourquant nos en desoendi Grans biens, car joie nos rendi 226 Por ce baisier li sovrains sire Et nos délivra de martyre D*infier« ù totes gens aloient. Et bon et mal, nul n'i faloient. Dont ne doit on del baisier dire 230 Nul mal se on ne vuet mesdire. Car tont bien nos en sont venu. Por ce baisier ont retenu Tout pecheor lor iretage, Dont Eve et Adans, par outrage, 235 A grant tort nos desiretarent, Por la pomme qu*il endamarent, Ke Diex leur avoit deffendue. Par le baisier nous est rendue Joie et amurs, sens et prodce ; 240 Baisiers est de mult grant hautece, Riens fors dulchor ne senefle. — Après le baisier li afie Sf 3 por rm$on. — 325 ttrei . c'bst DBS riBz d'amours. 191 K'ilh le servira bonnement, " Et si Ten fait un serement 245 Con ses hons, et li ert loians. Loiautez est an des plas biaus Biens que personne puist avoir ; Loiauteis vaut trop mies d'avoir, Car nus en gnxii honur ne monte, 250 Se desloiaates le sormonte. Qu'il ne l'estoist adevaler. Puis li promet ke révéler Ne vora nul jor ses consiaus. Ensi devient ses bons loians, 255 S*est mult vers son signer loyés. Et li sires pas deslojés N'est vers lui, mais tôt ausiment Li est ilb lojés vraiement. Dit vos ai del fiez terryen, 260 Ke je n'i ai menti de rien, Eel donnent ûez et quel le tienent Et cornent feable devienent. Or vuel del oelestjen dire, Del quel nus ne sauroit descrire 265 La milime de sa poisance. Fiez celestjens, sans dotance. Est fiez d'Amur, sel proverai Et bone exemple i meterai. Diex solonc la déserte paie ; 270 Si fait Amurs, mais ele asaie. Par samblant, aucun faus amant. Et li mostre, par saint Amant, Par bel samblant qu'il est amés, S71 tmeun». 402 JACQUES BB BAISIBDX. Et chîl qui en amurs n'a mes, . 275 S*en vante et dist qu'il a amie» Et Amora tantott s'engramiey Si U tout 06 qo'ele doné Li avoit, car ilh a menet Son afaire oon faus trichiere. 280 En tel guiee et en tel manière Done Dlex à pluson avoir Por assajer et por savoir Cornent ilh sera d'iaus servis ; Cant ilh voit que pas deservie 285 N'est li biens qu'il lor a preste Et qu'en orguel se sont cresté Des biens qu'il ont par àbondancei Lors lor seit bien faire nuisance Diex de richoise en povreté. 290 Et si a sovent déserté Diez par langur aucun preudomme. Et de son grant avoir la somme Li a tolué et craventée, S'a en lui povreteit entée, 295 K'ilh 11 covient son pain rovBr ; Ce li fait por li esprover. S'il a en lui ferme créance, Sans rancel de désespérance, K'il la perde ait en patience, 300 De lui servir ne se démence, Dont l'en rent Diex bonne mérite Et pechiés et forfais li quite. Ausi cant Amnrs puet entendre C'aucuns amans vuet àbien tendre, 305 Cant lonc tans li a fait sofrir, 277 k'ele ot doné. — 287 par Vabondanee. — 288 Voy. les notes eiplict' tives. — 205 tolu. — 288 Moocbel rantel c'est DBS nSZ D* AMOURS. 195 Ele 11 seit malt bien merlr Sa loiaaté et sa déserte. Mais ilh sont une gens déserte El Tuelent colhir ains qVil sament ; 310 S'en encoupent Amurs et blâment Et dient k'en vain ont seryi, Mais Amurs n*a pas desservi Ke de li se voisent plaingnant. En aucune riens sont faignant, 315 Si qu'il ne sont pas meritable. Par un cheyalier de la table Le roi Artus le puis prover : Par Lancelot, qui esprover Se sont as tornois et as guerres. 320 Le pris avoit par totes terres ; En la cort roi Artus n'avoit Un chevalier qui tant savoit D*armes ne plus powist pener. Si ne le vot Diez amener 325 K'ilh le graal powist ataindre, Car aueune defaute estaindre Covient un pau de sa proeche. Ausi chil qui dist qu'Amurs blece, Ne seit qu'il dist, le cuer a nice : 330 Amurs paie solonc service. Dont fiez d' Amurs celestjens Doit estre de tous crestjens Apeleis, si que deviser L'aveis oî. Or aviser 335 Me vuel tant que del fiés parole D'Amur, qui estude et escole Est où on puet toz biens aprendre, 309 iement^ voy. mes notes. — 532 de teu$. -^ 336 ^«t êst »tudê» 13 194 làCQUKS DB BAISIBUX. Et dirai cornent on puet prendre Le fiez d'Amars et qui le donne. 340 Je vos nomme asseis la personne Et le sangnor par ma clamar En ce que je di a fiez d'Amar »• — Dont est Amours del fiex li sires Doqueil j'ai conunenchiet à dire ? — , 345 on. — Et Diex ! à cui done ele^ Son fiés ? Mult en est lie celé U chil qui si bel don rechoit. — Amurs, qui nului ne déchoit, A chevaliers, à dames donne 350 Son fiés, et si le rabandonne A damoisieles ausiment Et à puceles vraiement, A ders, à lais de bon afaire, U honors et bonteis repaire, 355 Car de vilenie n'a cure . Amors est de tele nature Ke partot va et partot vient ; Tôt voit, tôt conoist quan^ue avient, Si ne le puet ons pas dechoivre. 380 Gant à feable vuet rechoivre Aucun, bien conoist sa manière, Ke n^est desloiaus ne trichiere ; Teis hons doit son fiés rechevoir. Dont vient Amurs, sans décevoir, 365 ^ li présente damoisele U dame u gentil pucele, Ki est plaiQO de grant plaisance, Par Dttch Regart, ki de sa lanche Le va par Fuel al cuer ferir. 370 Et chil tantost, qui de merir 338 . iSOgrani. C/eST DBS FIEZ d'aHOURS. 107 435 D'ianz enrestir en la présence D'Amor, ki heit et noise et tence. Envestir ? Vos dirai cornent : Par faire bon otriement D'amors et de lor cors saisine. 440 Et s'ilh ne paeent lor covine Li ans à Taotre descovrir, Al mains se doivent ilh ovrir Et reçoivre par volonté : C'est k'en lor cuers aient enté 445 Saisine de cuer et de corS| Cant tens en iert, ne jà descors Ne sera entre iaus en lor vie. D'an jowelet Pan Tantre envie, Puis que des cors ne paeent faire 450 Saisine ; pais se doivent traire Li uns vers Taatre por baisier. Or vos dirai, sans mesaisier, Do baisier la seneflance. Li baisiers nos fait demostranoe 455 D*amors, de pais et de concorde ; Li baisiers doit estre li corde De coi li doi caer sont lié A an, et laes qoe deslyé Sont, Amars s*en part^ si les laisse 400 Et lor honor et joie abaisse. Car bien ont deservi vitance. Sans plus dire ai fait demostrance Qoel sont d*Amors fiés et bornage ; Or dirai en quel byretage 458 Mouchet ornement ! — 438 Por fatre.— 449 que deecon, — 463 KUh ioni. 498 JACQUES DE BÀISIBUI. 465 Li fiés d'Amors s*68t estendus. Li estendres est entendus Qael service on doit do flex rendre Et cornent on le pert, — Aprendre Vos vael premier de sen service, 470 Ke tenus n*en soie por nice. Amors tel service demande A ses feables et comande K*ilh soient armé por conbatre, Car ester vora et abatre 475 La ponée de Porgnilhous : C'est de ehiaus ki sont mervilhous Vers li et envers son service. Et saveis vos quels justice Amors de teis gens prendera? 480 De tel lance les poindera Ee cMl sont point ki le renfusent U chil qui en vain lor tens usent. — Hé Diex I quez armes porteront Ki vers teiz gens conbateront 486 Por lor grant orguelh desconfire ? — Ce vos sarai ge moult bien dire : Haubert de loialté aront, De parler sagement raront Hjaume, et s*aront escut et lance 400 D*avenandise et de plaisance ; S'aront espée de largece, Contre ses coz n'est fortereche Ki peuist durée avoir ; Largece déchoit grant savoir. 495 Et s'ilh sont armé ensiment, Ilh si pueent barditement Conbatre ; ilh aront victore. 492 forteeke (le scribe a négligé le signe abréTiatif de er). C*B8T DBB flËZ d'aMOOM. 190 Serriohes i a ilh encore : D*Amar ne doivent révéler 500 Les oonsians, mais très bien celer. Si qu'il n'en ise la parole. Gant li oisiaos parmi Tair vole Après lai ne pert pas sa voie ; Ensi doivent, se Diex m'avoie, 505 Les seoreis d'amars li feable Geler, fors k*en lia delitable, U soal à soqI sont à privé, Là sont li mot bien arivé, Ke li uns à Tautre descaevre ; 510 De volonté, de dit et d*aevre Se doivent ensanble acorder. Gant départi sont, recorder Ne doivent chose k*aient dite, Por la vilaine gent despite 515 Qui d'abaisier joie se painent. Gbil qui en tel guise se mainent Paient bien de fiés la droiture. Toute lor entente et lor cure Doit en Fun l'autre ^rder estre, 520 Si c'en ne puist savoir lor estre. Et se par aucune aventure Pensoient si grant mespresure Ee d'avoir, voloir de retraire De bon serviche et loial faire, 525 Gbil voloirs doit tost estre aleis Et si aval adevaleis Ke plus ne lor doit sovenir. Gar s'il s'en voloient tenir, Ne pueent ilh, bien ose dire, 530 G'une liège ne puet li sire 505 feiauhle. — S07 «on p. 9oni. » 509 ii tiit. — 53D «irai. 200 JACOUES DB BAISIEUX. Faire d'un fiés, ne li bons rendre Ne puet son fiés, s'en gré reprendre Nel ynet 11 sires bonement, — Ausi ne pais otriement 535 De mon caer c*ane fie faire, Et celé fie, sans contraire, Doit durer en vie et en mort. — Coment ? amerai je le mort Puisqu'il est trespasseis de vie ? — 540 on, car bien a desservie Sa mérite qu'il soit amés. Bt t$ n'a en cest siècle mis, Si a laisie sa semblance Ki me remet en ramenbrance 545 Ses biens, ses dolcbors, ses solas ; Bien devroie dire : o las ! S'al mains n'avoie par memore De sa compagnie la glore ! Car fiés d^amurs doit sans fin estre. 550 Ensi n'est pas de fiés terestre : On le pert en mainte manière, Des queles veobi la première. On se doit bien des secreis taire Son sangnor, et aUwe faire 555 Se on li voit besongne avoir ; U s*on puet nulement savoir C'on vuelbe mal à son sangnor, S'on ne li dist, on pert Fonor Do fief. U s'on n'estoit por paines 560 Ajomé par .i\j. quarantaines, On pert le fiés et quanqu*on use, 833 fofi gré. — 533 iVe wtei. — 542 Vers omis, que J'ai tâché de rem- placer. — 544 Jfe omis.-- 547 Sa mmns. c'est des FiBSB D*Aiioims. 201 S*OD ne Tient u on ne s'escuse Solonc droit bien soffisanment ; U se on conoist carnelment 565 De son sangnor a dame u filhe, U s*on par barat u par guilhe En bataille mortel le laie U sens plaie mortel qu'il aie, U s*il son sangnor vuet ocire 570 Jà soit ke de mort ne Tenpire, U se ilh assaut la maison Son sangnor, ilh fait traïson, S*en pert son fiés , se ilh seit estre Son sangnor ou mes u en Testre ; 575 U se fiés li est eschetis, Et ne quiert qu'il soit receUs Dedens 1 an, ilh doit son fiez perdre, S'ilh ne se puet à ce aerdre Ke guerre ait mortel u prison, 580 U par semblance okoison De coi ilh se puist escuser. Mair par toz ces caz refuser. Ne par autres, ce n'est pas fable. Ne vuet Amurs un sien feable, 585 Car fiés d' Amurs est comparais Au fiés do chiel ; or en areis Exemple de chiel et de terre : Li sire ne peut pas requerre Son fiez, s'en en est en vesture. 590 Et par provanche plus setlre Encore le vos proverai Et bone example i meterai. Nus bons n^oi onkes retraire E6i -98 Les formes lait, ait seraient tout aussi correctes {ait se présente T. 579). — 576 quier. — 589 son ne nei f en v. 902 IACQUB8 DS BAI8IBDX. Ke de paradis por meffaire 595 Fust onkes Dule anne fors traite» Ne d^infer por bontet c'ait faite. Puis ke Jésus les en geta Por le bonté dont les reta ; Aussi di je del fiez d' Amor, 600 Car puis c*on a ens fait demor, On ne le pert pas por meffaire, S*en ai mostré bon exemplaire Par les dons Dieu, c*on ne puet perdre Puis Tore c*on les puet aerdre. 605 Li martyr sunt plus grant signor. Et si ont mérite grangnor Ke li confès, bien dire Tose ; Ausi Amnrs fait plus grant chose De cel qui por nule tormente 610 De bien servir ne se démente. — Et quel paine a chil qui délaie Son service ? — G^est cose vraie, Amors de merir le detrie Et mains joie et biens li otrie 615 Et le fait vivre en penitance, Et ilh doit avoir patience Et pener à ce qu'il puist plaire A celi ù a fait contraire, Et humlement merci projer. 620 Et s*on ne li vuet otroyer Merchi solonc sa repentance Et sa très grande pénitence K'il a eU de mains joir, Ne ne vuelhe ses dis oîr, 614 Etjiriê et mains lnen$; le scribe négligent, qui écrivait tout macbU nalement, ne t'est pas aperçu qu'il s'agit ici de moifu ■■ moina. — 619 hmelemeHl, — 623 dément jotr f ma correciioo est fondée sur le c'est wu pibz d^amours. 905 625 Bone AmoarSy ki del fiez eat sire. Premier li pardone son ire Et ya ferir ceH ou celé D'une très hamle estincele Bt li done pitié i boire, 630 Et fait le repentant reoroire. — Et se aucun amant formaine, A cul mostera ilh sa paine T — Devant les feables d^Amur ; Jà n'en fera ailhors clamnr 635 Ee devant chiauz ki le flex tinent. Car devant nus autres n'avinent Fors devant ch^uz teles deplaintes ; Et soient si sagement faintes Ke nus ne se puet parchivoîr 640 Fors chil qui lor font rechivoir, U celés, si très grant soffrance. Et se li feable acordance Pooient des dous amans faire, A bone Amur deveroit plaire, 645 Si que ilh fait, et s'il la mètre Ne pueent, Amurs entremetre Se vnet d'iauz à pais amener. On a sovent veli doner Bon conseil le sangnor as homes ; 650 Ausi Amurs, sous oui nos somes, Vuet ses feables consilhier, Par coi ilh sachent essilhier Le tort, et bon jugement rendre ; ▼. SU ; J'ii mis en marge de ma copie aussi la ooQjectiire de nient (qui se rapproclie davantage de la leçon de Toriginal), mais Je ne sais pins si elle est de moi-même ou si Je l'ai tirée de la copie Moacbet, que J*ai rapi- dement parcourue k Paris. — 6S8 humOê. ^ 646 pumi. — 653 Le ms. porte U tort et le bon jugement ; te sens et la rime obligeaient à faire la 204 JACQUES DE BA181EUX. I Et s'il n^osent tel chose emprendre 655 Por ce k'en iaas aient simplece, Amurs, ki nus des siens ne blece, En fait pais et acordement Solono le raison bonement. Plus ne sai del fiez d'Amurs dire ; 060 Se en aucun lieu al descrire Trop oscurement vos en toce, Amors est plus en cuer qu'en boce Par sa très grande dignité ; Si vos di bien par vérité 665 G'on ne puet pas rendre sentence Ausiment con li cuers le pense. correction que Je me sois permise, à moins d'admettre une lacune de deux ters , dont Von rimant en enf, l'autre en ettdre. Il se peut aussi qne la bonne leçon soit et U bon juge rendre {juge pris au sens de «jugement », qu'il a quelquefois). i. G*ettt un» dis sor le» .V. I^ettres de Maria* (Pol. 107.) P lusorsorPATé Maria Ont fait biaz dis, car il i a Matere por tos biens retraire, Mais je ne sent en mon afaire Tant de sens ne de hardiment Ke j'enpresisse nullement Fora sor Maria & gloser, Car je ne saroie exposer Trestoz les biens con il i a. 10 Por ce Tuelh je acomenchier Sor m, qui est première letre De Maria, si yaelh tôt mètre 15 Mon cuer et mon entendement, Tant que doa senefiement Des lettres de Maria faire Paisse tel dit qui doie plaire, S Toi ftîèiu. — Taz Im inem. ^ lO-li Les rimes aceaseot Id romis- sion d'an moins deux fen. — IS Peut-être faut-il lire meammmiicMir^ qui est plus usuel. 906 JAGQUB8 DE BÂISIBUX. M est la lettre promeraincf, 20 Ki pas ne mostre chose vaine, Ains mostre moiinbrbssb estre Entre moi et le roi oelestre, Oui je guerroie sans raison. Chascan jor ii fai tralson, 25 Car moi li tolo, qni siens deuvise Estre, se tant de bien eavise Ke le sens mesise à oeyre, ^ K'il m'a preste. Naie, mais oeuvre Mon cuer à rechoivre pechiés, 30 S'en est mes oors forment blechiés, Et l'arme n'en est pas délivre. Pechiés et anemis enivre Si qa'il m'ont fait le bien laissier Et me font al mal eslaissier. 35 Si v(» proi, roine et contesse» Ke vos soiis moieneresse Por moi envers le roi celestre ; Car par raison le deveis estre, Non pas por ce que je vos aie 40 Servie, de quoi je m*esmaie, Mais por ce \lafM le demostre ; De vos non fait premier no mostre. Une «I a troi^ trais trestos drois, Tenans desore par tos drois. 45 Le premier trait vueil comparer A vo âl, qui por reparer La voie k'Adams flst hiBdense, SofTrit en crois mort dolereuse. Li moiens trais, ch^astes vos, dame, S7 $0 10 jwy. — k% Vers obtcnr ; foy. mes notes. -* 44 Je crois ee vers altéré et propose : leMua par deiore (os froîi. —48 mor. — 40 chaste» vo dOltMm SOa LES .V. LETTRES DB MARIA. 907 60 A cttijd renoei corset «me. Li tiers trais^ ce soi je pechieres, Ki Tos torne le dos derrière , Ne TOS ne yo flUi ne regarde ; Dealer à mon torment ne tarde 55 Ne jà n*i qoide i tens venir. Mais vos me deveis retenir, Dame, qui la moiene asteis. Défendre des grans tempesteis De quoi U anémie m'assaot. 60 n yuet ke je face an teil saut Où bras u jsmbe briseroie. Si qne retorner ne pie, Se je estoie sailhis jas. Dame, or n'osteis mie jns 65 Pechiet, se ne me releveis ; Une de vo mains me doneis Tenir, et vo daz fis de Tantre : Vendeis 11 por bon drap mon faatre» Por bien fais Fendeis mes pechiés 70 Et tôt le rôle en depechiés, Si qae neis ans n*en jà mais père. Priés vo dac fll et vo père K'ilh ne laise périr ne perdre Moi. Por coi ? Ilh laissa aerdre 75 Son cors az faaz juis et pendre. Chil doit bien tenser et défendre Ce qa*il de son saint sanc rescoast. Car la cboee qui à grant coust Est gaangnie et acquise, 80 Doit asprement estre requise, SI Hen omis. — 64 orruuteis.On ftat-il lire n*a$ieis mie n», en trtdoi- sant : foos n'êtes pas au-ilessus (» maUresse) do pëcbé ? — SS me rOeù. — 68 Tendeiê. — 71 Mais omis. S08 JACQUES DE BAISIEUX. Cant on le vudt tolir par force. . Dame, 11 anemis m'enforce Et dlst qu*ayaec lai m'enmenra ; Mais, se Dea plaist, jA n^ayenra» 85 Dame, ke por moi ne plaidlés • Et k*à cest beaoing ne m'aidiés, Ke Tanemia ne me confonde. Car a, qui est letre seconde De vo non, senefle aïb 90 Contre l'assaut et renvaie De l'anemi qui trop m'encombre. 11 me yoet por soleil yendre ombre Et por clarté ténèbres yendre. Dame, je ne me puis deffendre, 95 Se ne m^aidiés, car ilh m'ayuele ; Il m'assaut de pensée yuele, Si m'a al cuer trait parmi Tuel Un quarel empené d'orguel. Si qu'entor moi nului ne prise. 100 Après me fiert de conyoitise ; C'est une espée si taillans K'ele abat les plus haus saillans ; De haut en bas m'a abatu, Dame, et si m'a soyent batu 106 De glotenie et de luxure : C'est une espée et aspre et sure , Ki trence et ront cant k'ele ataint. M'arme et mon cors m'a jà ataint En noir, ki soloie blans estre. 110 As murs et as tors de mon estre Jeté li peurire d'enyie ; 110 Ai mon et a con. SOR LBS .T. LETTRES DE MARIA. S09 Je ne sai ù tenser ma vie, Si m'assaQt et en tante guise ; Et ma maisons est si esquise 115 Ee n*ai vitalhe à un jor vivre, Non à une heure, et se je livre Moi et mon chastel à tel home, Il m'ocira, ce est la some, fit se je remain sans vitalhe, 120 Morir m*estuet, cornent qu'il alhe, Car de nului n'atens secors ; Dame, s'afui à vos le cors, Ke vos m'aidiés, si que deveis, Et moi et mes murs releveis 125 Et k'assans ne m'i puist grever. Ear r dist que relever Deveis trestous les abatus. Por ce sui à vos enbatus, Ke vos estes Tescueresse 130 fit entirement restorresse Dou méfiait dont Eve mesprist Cant à Tarbre la pume prist Ke Diex li avoit deffendue. De eel nuffaii nos ert rendue 135 Par vos li perde et li damage. Or ai sor ce mesme iretage, Ki bien me fu par vos rendus. Tant de fols despens despendus Ke je Tai i^perdu arrière, 140 S'a vo filh ne faites proyere 117 Peut-être faut-il clùM^ avoir, biens meubles ; cependant le v. 124 parle en faveur de chastel, — 128 Par ce, -^ 154 Vers omlf dans le ms. et forgé par moi. 14 âtO lACQUES DE BAISIBDX Ke la dete k*ai acreûe« Tant ke je Taie descreUe, Me mete à petis paiemens ; Car se j'aloie as jogemens, 145 Jà mais verge ne pie ne roie De mon iretage tenroîe ; Si n'ai de sentence oïr cure, Ains TO proi, vierge nete et pnre, Ke vous prendeis escnt et lance, 150 Tant ke je raie la tenance Ke li anemis m*a tolue. Trenchant espée et enmolue Me presteiSy ke vaincre le puise. Car enioT moi adès s'enbuise 155 Et me gaite por moi sosprendre, Et si tent sa main por moi prendre Et me met fors del droit sentier. Dame, je n'ai sor moi entier Orelhe, ois, lengue ne boche, 160 Cuer, piet ne main, dame très duce, Ke n'i soie férus à mort ; Si très crneusement m*amort De ses ors dens envenimeis, Ke se jus de moi ne limeis 165 Tout ce venin et celé ordure, Jà mais por or ne paine dure N*iere garis ne respasseis. Comandeis li qu'il soit lasseis De moi encbachier et malmettre, 170 Car $ , ki est la quarte lettre U2 Tm. — 145 paemem, — ltt5 moi omis. — 163 or ctow. — 166 por paine et por ordure. SOR LB8 .T. LETTRES DB MARIA. 211 De Yo non, mostre comandise Ke yo8 aveis en tote guise, Ensi k'enperris doit avoir. Vos ayeis en to main Tavoir 175 Dont on achate l'ongement De oui chil qui ont longement Langaity sunt garrit et sané ; Par vos sunt purgié et vané Tout chil qui de cuer vos reclaiment. 180 Dont sont fol chil ki ne vos aiment : Por moi le di, commanderesse, Ki onques ne tos ting promesse K'à nule fois vos promesisse. Plus vos doi ke je ne peuisse 185 Payer, se ma terre vendoie, Ne se tote le vos rendoie. Si vos pri ke me respitez, Tant k'envers vos soie aquitez De la paine k'ai deservie. 190 Presteis moi espasse de vie Tant qu*en cest mont payer vos puisse Ce ke je doi, k'en l'autre truisse M*arme de pechié nete et pure. Kar li anemis plains d'ordure 105 A fait que je porte m*essengne, Por ce qu*il vuet c*on me mehangne Et k'à lui dites qu*il m'enmaine Par dedens sa prison vilaine, U nus n*a merchi qui i entre. 200 Proyés dont ft fruit de vo ventre 176 ITest ftTis qu*il faat De eai, — 190 upanse oo espau$e. — 191 J*ai mis moiU k la place de iiecU, qui géoalt la mesure. On pourrait da reste aaisl rétablir oelle-ci en supprimant le pronom wa, — iOO Proyéê adtnU fruU ; à représente al, au. 213 . JACQUES DE BAI8IEUX Et nos aidiés que nos ne sommes Pris en peebiés en quoi TÎvomes ; Ains nos presteis vie et espasse Por ke chascttns s*arme respasse 205 De la plaie à vie contraire. Car par raison le deveis faire, Cortoise, debunaire et france, Car a nos en fait demostrance, Ki de YO non est vois derraine. 210 Por ce secont a, virge plaine D*umilité et de concorde, Me deveis vos coper le corde Dont je suis asprement lojés. Si vos pri que me desloyés 215 Et qu'amenuisiés la grant dete Ke j'ai envers vo duc fll faite, Si que por le marc prende malhe ; Planez et Tescrit et le talhe, En quoi mes detes sont escrites, 220 Si que jà mais ne soient lites ; Car por payer ai pou monoie. Ma terre en tote ordure noie ; Il n'y croist fors herbes savages, Chardons, orties, joins marages. 225 Tant i a esté en jussiere K'ele est devenue bruiere, Si n*i croist nus biens, n'i repaire Fors savagine deputaire, Ki mon cuer me vuet dévorer, 230 Cant j'i entre por laborer. S04 Pdr m. — 305 eantraie. — 207 CortoUie. — SI7 prendre. — 919 En quo. — 225 ie propose de lire : Tant ajà e$té. SOR LES .T. LETTRES DE MARIA. S13 Dame, si D*iert jà laborée Sans Tos, car si est enborrée K*entrer nM puet hace ne bece. Et si est si dure et si sece 235 Que on i pert quanc'on i same ; S'arosée n'est de vos, dame, Laborage ai trop mal asia. Por ce vient Jakes de Baisiu A TOS, que sa terre arroseis, 240 Car ses très n*est mie roseis Ne biaus ne nés ne doue flairans, Ains en pechiés repentans (sic) Ki le fait flamer et puïr. Dame, si m*estuet afuir 245 A vos, k'à vos me Tolhids traire, Très duce vierge debunaire. 232 si e$t en barre, -— 235 $eme, Voy. mes notes. — 238 Por ce vœt. ^ 242 Vers boUeui et altéré, que je restituerais ainsi : Aim eet'jen pediiéê repaùrans (demeurant). — 24-i Le copiste du manuscrit, peu soucieux du sens de ce quMI écrivait, a mis afinner pour afuir, qu'indiquent clairement le sens et la rime. — 245 ke vos. 5. MA Mm de la vescte a preatre. (Fol. 108 v«.) F n lieu de fable vos dirai Un Toir ensi k'oï dire ai. D'un prestre ki estoit manans Deleis Anwiers ; li remanans 5 Estoit mult biaus de son avoir. Car plains estoit de grant savoir ; Si n*avoit pas tôt despendut, A amasser avoit tendut, S'estoit riches bons et moblés, 10 Bues et vacbes et ricbes blés Avoit tant c*on n'en savoit conte. Mais li mors qui roi, duc ne conte N'espargne, Tôt par son message Somons al naturel passage : 15 Eutropikes ert devenus. De nul home n'estoit tenus Ki 11 promesist longe vie. Li prestes, qui out grant envie De bien morir et justement, 20 Manda tost et isnelement Son doiien et toz ses amis ; 3. voir. — 3. aitoU, — 8 amassicr. » U Samant, DE LA TiaClE ▲ PAK$TBB. S15 Son ayoir entre lor mains mist Por doner et por départir Gant i]h Terrent que départir 25 De son oors estovera l'ame : Jowel, oossin, pot ne escame^ Guete, tuëlle, neiz ne nape, Brebis» moutons, bues, ne sa chape Ne li remaint que tôt ne donne, 30 Et nome chasconne persone A oui il Yuet c'en doinst ses choses ; Descovertes, non pas closes, Lettres saeler et escrire En fist, que ne le yos puis dire 35 . Plus briément quant que il avoit. Il doua tôt quant qu*il savoit, Gon chil qui n'avoit espérance D'avoir de son mal aliganoe. Car sa maladie ert amere. — 40 Atant se sont d'Anwier dui frère De saint Jake issu por prechier. Qui mult se vuelent estachier Gant aucun desriiet ravoient. Gelé part tôt droit ont lor voie, 45 Si sont chil al prestre venu. lestre quidarent retenu Al mangier, à joie et à feste Si c'autrefois esté i furent ; 50 Mais ne mangièrent ne ne burent, Si Moachet ffiaîn, Méoo tnains. — Le ms. â« par une licence de rime, mis au Heu de mw(. -^ Monchet estovra (corrigé par Mëon). — 28 Je corrigerais Tolootiers nés ou neii (pas même) $a thape ; cp. v. 83. — SS Vers incomplet ; non mie closes ? — 42 Méon : entackier, — Ai Moucbet on (or. ^ 45 le prestre venus, — 46 retenus — 48 Vers omis. 216 JACQUES DE BAISIECX Car malade ont trové le prestre. Nonporquant.li ont de son eatre Demandé et de son afaire ; Ses mains manient, son viaire, 55 Ses pies, ses jambes regardèrent Et tout son cors malt bient taustèrent ; Si lor sambla bien par droiture C'avoir ne puist de son mal cure Ke ne Ten coviengne morir ; 60 Trop lonc tans Ta laissié norrlr, Si n*e8t pas legiefs à curer. « Mais des or nos covient curer », Dist Tuns à l'autre, « c'est passé, Ke de Tavoir k'a amassé 65 a Doinst à nostre maison vingt livres « A lé, por refaire nos livres ; ff Se nos le poons ensi faire, A no prieus devera plaire, Et si en seront liet no frère. 70 — « Vos dites voir, par Dieu no père, « Frère Lowis, or i parra Liqueis miez à lui parlera « Et mosterra nostre besongne. » Al prestre qui out grant ensongne 75 De maladie, ont dit sans faille : « Sire, chis maus mult vos travaille, « Vos nos samblez mult agreveis ; a De vostre ame penser deveis, f Doneis por Dieu de vostre avoir. » 80 Dist 11 prestes : a Ne puis savoir « K*aie caché sortent ne cote, tt Neis les linchues à coi me frote, a Ke tout n'aie por Dieu doné. » ' 56 tanstèrent. — 88 pùitt. — 89 Ki ne. DB LA YE8CIB A PRESTRE. 217 — a Cornent aveis vos ordené », 85 Dient li freré, c to besongne ? « Li escritnre nos tesmongne a C*on doit garder à*cai on done, c S*emploiiet est à la persone, « Et cai on vuet anmone faire. » 90 Li prestes respoot sans contraire : a J'ai à mes povres parentiaus « Doné brebis, Taches et viaus, « Et as povres de cele vilhe « Ai doné aasi, par saint Oilhe, 95 a De bleis qui vaut plas de dis livres, a Por ce ke«je soie délivres « De ce que j*ai vers iaas mespris, a Car entor iaas mon vivre ai pris ; « Si ai doné as orfenines, 100 « A orfenins et à begoines c Et à gens de povre puissance, « Et si ai laissiet, por pitance, « Cent souz as frères des Cordeles. » — « Ces amoenes si sont mult bêles ; 105 a Et as frères de no maison « Aveis vos fait nule raison ? » Ce dient li doi frère al prestre. ff Naie, voir !» — a Ce coment puet estre? « En no maison a tans preudomes 110 c Et à vos prochain voisin somes, c Et si vivons mult sobrement ; « Vos ne moreis pas justement, c Se del vostre ne nos laiiés. » Li prestes trestous esmaiiés 89 Plus bas (104 et ISO) les formes amoenê et amueiie.'. — 97 enoerê tMCff.^ f 04 M tant — 106 Ntà voi. — 100 En moUon a tant dêpr.-^ ltO«oiiteii. SI 8 JAC<|OBS DB BAISIBOX 115 Respont : « Par les oelz de ma teste» a A doner n*ai ne bleif ne beste» « Or ne argent, hanap ne oope. » Chascons des frères li rencope Et li mostre, par exemplaire, 120 K'ilh pnet un de ses dons retraire Et rapeler por iaus doner. « Nos nos vosimes mult pener « Ee Yostre ame fast adrechie, « Car chaiens a esté drechie 125 c Soventes fois nostre escuiele, c Et li amuene si est biele, « Ki est à nostre maison mise ; a Nos ne vestons nulle chemise a Et si vivomes en pitance ; 130 « Ce sache Dieos, por la valhanoe a De yostre argent nel disons mie. » Li prestre l'ot, si s'engramie Et pense qu'il s'en vengera, S*ilh puet, et qui! les trufera ; 135 Mar le vont or si près tenant. As frères respont maintenant : a Appenseis sui, doner vos vuel « Un jowel que mult amer suel « Et aime encore ; par saint Piere, 140 a Je n*ai chose gaires plus chiere, « Milh mars d*argent n'en prenderoie, a Et se je bien haitiés estoie, « Je n'en voroie mie avoir « Deus cens marchies d'autre avoir ; 145 a Diez vos a chaiens asseneis. « Vostre pneus me ramineis, 115 UêcèU.^ 130 JNM< birni un ; j*ai biffé ômh oomme géBinl U nesore et ioulile, — 123 Ho n<». — 125 escuele, — 143 voroi mter. Dl LA TBSCIE ▲ PlBftrBB. 249 « Si vos en ferai ooniasanche, « Ainfl que de vie aie faillanoe. » Li frère, sans duel et sans ire, 150 Ont respondnt : a Diex le vos mire ! « Gant Toleis vos que revenons ? « Et nostre prietzs ramenrons. » — « Demain, je sui ou Dieu plaisir, « Vo promesse deveis saisir 155 « Ains que je trop agreveis soie. » Atant ont acuelli lor voie Li frère ; à Anwier sont venu, Si ont lor chapitre tenu. Ghascons 8*aventure raconte, 160 Mais chil n*ont cure de lonoi conte, Ains ont dit haut en audience : « Faites venir bone pitance, a Deux cens livres gaingniet avons tt A un prestre que nos savons 165 tt Malade chi à une vilhe. » Frère Nichole et frère Gilhe, Frère Guillaume et frère Ansiaus Vinrent oi'r ces mos nouviaus, Ki mult forment lor abolissent. 170 De ces grans poisons mander flsent, Viez vin, novel, fions et pasteis ; Chil grans mangiers fu mult hasteis. Ghascuns de lui bien aisier pense, Ne burent pas vin de despense, 175 De boire et de mangier bien s'aisent, Por le prestre le hanap baisent, Ki le jowel lor ot promis. 151 premeue. — 165 gaangniei (forme contrariant la mesure). — 171 Si fhm est correct, 11 faut le prononcer en une seule syllabe ; mais Je pense qu'il faut /Um$» 220 lACQUES Dft BAISIBUX Cant en lor testes orent mis De ce bon vin, grant feste fisent ; 180 Lor cloches sovent en bondissent Ausi con ilh awist cors saint, N'i a voisin qui ne se saint, Et se merveillent qu'il avoient. Qui miex mieiL as preschors s*avoient 185 Por la grant merveilhe esgarder. Nus d'iaus ne se sa voit garder De mener vie deshoneste, ' Car chascons a ferré la reste De bon vin et de lor pitance. 190 A lor diverse contenance Et al maintieng et à lor estre Samblèrent bien hors de sens estre. Chascons ki les voit s'en merveille, Et frère Lowis s'apareille 105 De demander confaitement Il poroient plus sagement Al prestre querre lor promesse, a Demain, anchois c'en chante messe, a Se fera bon mettre à la voie, » 200 Dist chascons, « se Jhesus m'avoie, « Anchois que li mors le sorprengne, a Si, comment ke la chose prengne, « De no don aions conissance ; Nos i arons mainte pitance, 205 ji Si s*en doit on mult bien pener. a Frère Lowis, lesqueis miner « I voreis vos ? or le nos dites. » •— a Frère Ouiihiames, li ermites, « En venra, et frère Nichole, 210 « Bien saront dire la parole ; 181 cor «atfi. ^ 188 Voy. les ooles. BB LA VB8CIE A PRBSTRB. 221 « Et si venra frère Robera, a Çaiens n'a si sage convers, « Si portera no bréviaire ; « De no prieus n'avons ke faire. » 215 Ensi ont le plait otriiet. L'endemain se sont avoilet Tôt droit vers la maison le prestre, Jà ni coidièrent à tans estre ; Mais ains ke li jors fa passeis, 220 Amassent ilh miex estre assois A Anwiers dedens lor maison. Atant ont le prestre à raison Mis et de Den Tont salaé ; Puis demandent s'il a mué 225 Son mal en nul aligement. Li prestes mult très sagement Lor dist : « Bien soiiés vos venu, c Je n*ai mie desconeli a Le don ke promis vos avoie, 230 « Enoor en sui je bien en voie ; « Faites les eschevins venir « Et le maieur, si k'avenir « Ne vos en puist nule grevance ; « Devant iaus la reconissance 236 « Mult volontiers vos en ferai « Et la chose vos nomerai, « Et vos dirai ù ele ert prise, s Entrues que li prestes devise. Frères Robers a tant pené 240 K'ilh a le maieur aminé Et toz les eschevins ensamble. Li quatre frère, oe me samble, Les ont hautement bienvigniés. 915 orriiit, ^ 219 an» ke li on. -^ 233 ft k'au venir. 222 JAGQUE8 DE RAISIBUX Li piastres qui fa ensigniés, 245 Si a parlé premièrement Et lor a dit sifaitement : « Sangnor, vos estes mi ami, « Por Dieu, or entendeis à mi : « Frère Lowis, frère Symons 250 « Vinrent ier chi faire sermons, c K*ilh me cDidoient en santé, « Mais Diex par sa grasce a planté « En moi maladie si grieve, « G*aparant est ke mais n*en lieve. 255 « Il me rirent et esgardërent, « Et après si me demandèrent « Se j'avoie pensé de m'ame, « Et je lor dis, par Nostre Dame, a Kej'avoie trestot donet. 260 « Ilh demandèrent s'ordinet « A lor maison riens née avoie, « Et je dis non ; se Diex m'aroie, c II ne m'en estolt sovena ; tt Or estoient trop tart venu, 265 « Je n'avoie mais que doner. «« Non », disent ilh, « trop mal mener «« Vos Toi, mavaisement moreis «« S'en cestui propos demoreis, o« Se vos ne nos doneis del rostre a». 270 « Et je, par sainte Patenostre, « Ne vaelh pas morir malement, « Si ai pensé si longement « E'apenseis me sni d'une cose « Ke j'ai en mon porpris enolose, 275 « Ke j'aime mult et tieng malt chiere, « Mais je lor doin en tel manière 354 m*tn. -* %M mmé. BE LA TBSCIB A PRBSTRB. 225 t « R*ilh ne l'aront tant con virrai, « Car onkes ne le délivrai En autrui garde k*en la mole ; 280 « Sachiée que durement ramoie « Et amerai toute ma vie. a Sans oonvoitiee et sans envie « Lor done chi en vo présence. » — a Et que nus n*i amené tenche », 285 Dient al prestre li cinc frère : Dites quel chose c*est, biax père. » — « Yolentiers voir, c*est ma vesie ; « Se vos la voiiés bien netie, a Miex que de corduan yarra 290 a Et plus longement vos durra, « Si poreis eus mètre vo poivre. » — t Nos aveis nos ci por dechoivre « Biandeis, fos prestes entesteis ? a Avoir nos cuidiés ahonteis, 295 « Mais nen aveis, par saint Obert ; « Bien nos teneis or por bobert. s — « Mais vos por beste me teneis, Gant les dons que je ai doneis « Me voleis faire retolhir ; 300 « Bien me faites le sanc bolir, s Ki voleis que je le rapiele ; tt Bien vo dis que pot ne paiele t Ne riens née à douer n*avoie. a Or me voleis mètre en tel voie 305 « E'en vos soit miex l'amuene asise c K^en lieu ù je Feuwisse mise, « Por ce que de tos melhor estes, s Li Jacopin baissent les testes, S87 mevetie. — 388 netoiie. ~ 291 Se. — 299 recMùr. — 302 vo j . rf * » ^ " " .^ - •'- I \ 228 GAUTHIER LE LONG. « D*aD6 grande chape à piron ; a En celé aiwe faisiés le pion, 75 « Ains puis ne reyeniës desore : a Or astez mors en mult pou d'ore. ff Et puis me vint en mon avis, a Mais je le co^te mult envis» « Ghaiêns venoit .i. colenbiaus, 80 a Ki mult estoit et gens et biaus, « E'i s^aseioit dedens mon seing, « Et cest assiet refaisoit sping, d Mais ne sai que ce senefle. c Sire, & cestedarraine fie.... o 85 Dont commence li runemens, Li conseil et 11 parlemens Des parentes et des cusines. Et des Techiens et des voisines, Si li dient : « Ma dulce amie, 90 « Or ne yos desconfortez mie, a Mes lessiés tôt ce duel ester ; « Penseis de yos remarier. — a Remarier ? maie aventure ! « Teneis en pais, je n*en ai cure. » — 95 Li autres dist : a Ma belle donc, « Vos reprendereis un preudome « Ki ne sera faus ne lechieres. » — Ki dont le yeist faire chieres Et respondre par maltalent : 100 « Certes, je n*ai de ce talent, 73 Le Ms. perle grant ; le fémlnio grande étant tout aussi nsoel que grani^ du temps de Gauthier Le Long, Je Tai préféré ici dans l'intérêt de la me- sure. — 81 i'anoU. — 8i Je ne sais s'il y a Ici une lacune dans le texte, ou si rinterruption du discours de la veuve est voulue par l'auteur.^ 85 Dont reccfi!«iiC0|^ leçon contraire à la mesure. — 93 par maie aventure. LA TEUTB. 2S9 « De Dameden soit ilh maudis, « Ki jà mais me dira tez dis, « Car ne moi vienent pas à bel. » Or maadist ele son lembel. 105 Or YO lairons chi de la dame, Qoi oonte son dael et son dame. Si dirons après de oeli Ei ne volt faire bien por li. Ilh fil meneis à la grant cort, 110 Où on le âst tenir mnlt oort ; Se ilh ne sont rendre raison. On le prist à poi d'ocoison. Soyent regretoit sa maisnie, Gui ilh aToit snëf norrie, 115 Et ses parens et ses amis, Où il avoit son avoir mis, Et si huce, à dolente chiere Sa molhier, qu'il tant avoit chiere ; Mais la dame est en autre point : 120 Une dolors al cuer 11 point, Ki le sorlieve en contreroont, Car li doiens le resomont, Ki désire à mangier char crue, Ki n'est de paon ne de grue, 125 Ains est des andoiUes pendans Où li plusor sont atendans. La dame n'a mais de mort cure, Ains soi reblanchoie et rescure Et fait janir ses molekins 106 Son dampn», — 199 /amie ei moleAiiif. 230 GAUTHIBB LE LONG. 130 Et redreoe ses raverqnins Et fait cos mnscas à oorez Et comence ses estiyes Et veste reube à remuyers. Ausi con uns ostoirs maîers, 135 Kl se va par l'air enbatant, Se va la dame déportant, Mostrant son cors de rue en rue. Malt simplement les gens salue Et les encline jusqu'en terre ; 140 Mult sovent clout la boce et serre. Or n*est ele pas perecbeuse, Dure ne ^pre ne tencheuse, Ains est plus doloe que canelle, Et plus tornans et plus isnele 145 Ke ne soit rute ne venvole ; Avec les oelz 11 cuers s^en vole. Or vos ai dit de sa manière, Confaitement elle se mire ; Or vos raconterai briément 150 Un petit de son errement. Le lundi comence son oevre ; Dont n'encontre blonde ne noire K'ele ne face à li atendre, Por tant k'ele le voelhe entendre. 155 Malt est or ses oorages liez, Et l'envoie en plusors liez Où on n'a gaires de li cure. La nuis n'est onkes si oscare Ke ses cuers ne voist en nuiere, 160 Et dist sovent : « Ce m'est aviere, 153-54 Les mots de nme aiendre^ mtêndre sont interveitis dans le nis. LA YEUTB. 951 a Jd avenrai bien à celui, II a molt bial valet en lui ; « Et chil n'aroit cure de mi « S*or en parolent mi ami, 165 a Et ohil aatre ne m'aroit oez, a II n*a mie valhant douz oez ; « Chil est trop haas et chil trop vies, a Je ponûe bien faire miés. » Ensi toute nuit estudie, 170 Car ilh n*e8t ki 11 contredie, Et cant ce Tient la matinée, Se dist : a De bune oere fui née a Ee n*ai mais privé ne estrange, 175 « Ne brun ne blanc ne bis ne roz ; a Or est mes chenevaus derous. n Or n'a ele soing de lochier. Ne de plaidier ne de doscier, Âins se fait mult et dere et saine. 180 Sovent pour le blanchir se saine, Et s*ele a la teste chenue, A mult envis la porte nue ; Ains se fait sovent sage et simple Et si remet avant sa guimple 185 Por ses viez grenes recovrir Ki rasemblent az oes ovrir. Or n*a ele seing de repunre ; Il ne Testoet mie semonre, S'on fait noces, qu'ele n'i soit ; 190 Or n'a ele ne fain ne soit. Or ne li faut fors que li rains tes vaUz, leçon contraire à la gnmmtire qui veut 1t fonne du régime. — 164 enparoleur^^ 176 Lacune da ma., pent-éire d'un vers aeulement.— i9& gruiet wi gntei» 252 GAUTHIBB LB LONG. Ki le mal li cache des rains ; Celui aquiert bien et porcaoe. Ses eufans ensus de li chace 195 Et bece au8i con la geline Ki desouz le cok s'ageline. Nuitons devient, ses eschalcire. Et si fait chandoiles de cire, K'elle offre par as et par nombre, 200 Ke Dex des enfans le descombre Et ke la pute mors les prengne. « Por eus ne trui je qui me prengne ; « A ! qui s'i oserait enbatre ! » Dont se rêva à iaoz conbatre, 205 Si fiert et grate et pioe et mort Et les maudist de maie mort. Ce fait la da/ne, et plus aseis ; Car s'ele a deners amasseis, Volentiers avec li les porte, 210 Et dist : « Uns bons devers la porte tt Le mes paia dès hoj matin », Puis nome Tjbert et Martin, Ki l'en doient enoor .yii. tans» Et si li paieront par tans, 215 « Mon essient, ains .xv. dis. » Mult se fait rice par ses dis, Et s'ele encontre nouveliere, Ki d*annonchier soit costumière, Lors s'acoste dejoste li, 220 Et si li dist : « Ce poise mi a Ke ne sui auques vostre acointe, u Car vos n*esteis mie trop cointe, « Si vos ai grant picha amée a Et si me sui sovent esmée 319 otfi. — 390 £t «0. LA YBOTB. 233 225 « Dealer o vos esbanojer ; a II ne vos doit pas anojer « Sd je parole un poi à vos — « Car Yos deveis monter à nos, ^ « Ce me soloit ma mère dire, -« 230 tf Mais je ai en mon cuer grant ire a De mon sangnour que j'ai perdu, « Mais mi ami m'ont deffendu a Ke je laisse mon duel ester, « Car je n'i puis riens conquester. 235 il Certes, mes sires m*iert mult bons, « Il me faisoit mult de mes bons a Et de chaucher et de Testir ; a II m'avoit fait jà ravestir a De sa maison et de son estre. 240 a II avoit mult le cuer honeste, a Mais ilh n'avoit point de délit a Ee li preudome ont en lor lit : (f Car cant mes sire astoit coucbiés, tt M*ert ses eus en mon sainch fichiés. 245 i Là s*endormoit tote la nuit, Si n'en avoi autre déduit ; a Ce me devoit mult enoier. a Certes, jà nel vos quier noier, « Mes sires ert d*ayoir sopris 250 Anchois que je Tewisse pris, a Et j'astoie une baiselette « A une tenre mamelette, a Et vos astiés uns enfanchons « Ausi petis com uns pinchons, 255 « S'aliés corant après vo mère» « Ki à la moie estoit commère, a S^ame soit hui en bon repos ! 344 smreh. 934 GACTHIBR Lft LONG. 260 265 270 275 280 285 J'ai aMeis et pailes 6t pos, Huges et sièges et ohaitis, Blanoes cuetes et drasde lis, J'ai assez dras lingnes et langnes, Si ai encor de douz lanages : De la grosse, de la menue. Ma maisons n*est mie trop nue, Ains i pert, al dit de tamaint, Qae preudefeme et riche i maint : Car, certes, j'ai mult bel harnais. Je ai encor tez .îj. benaus, Li uns en fu fais al m^estor, A Tor reverseit tôt enter ; Mes sires l'avoit forment chier... Mais je n'ai cure d'annnchier Ke j'ai oe ke Dez m'a doné. Vos conissiez bien Dendoné, Et aussi faites vos Herbert Et Balduin, le fllh Oobert : tt Sayeis vos riens de lor afaire ? « ! n'i veuc mariage faire ; a Mais c'est merveilhe de la gent : • On quide en tel liu de l'argent « Où il n'en a mie plenté, s Li plusor snnt mult endeté ; « Mais je sui riche femme à force. « On voit asseiz del fust l'ascorce, Mais on ne seit qu'il a dedens ; Lor avoirs va aussi ke yens, a Mais li miens est bien apparans, « Je fai assois de dras par ans, 963 La rime indique ici soit une sltërstion du tezte, soit une Itcone. — 368 Bmoim doil être fautif (voy. les notes). — 278 One ni. — tti Or p. oà. — i86 Lan. LA TEUTB. 335 « Et 8i soi preadefeme et sage, 290 « S*ai awaii 6U maint massage « De plusors qui sont ci parent : « Li melhor en sont no parent. ff Bnne oonnissiez vos Gomer ? a Gelai ose je bien nomer ; 295 « Por €k>mer ne le di je mie, a Mais je vos dirai, dulce amie, « L*atrier me dist one devine, « Ki me flst estendre sovine « Et mnchier parmi nn oheroler, 300 t Ke je aroie un joarencel : « Car, certes, j*ai mnlt bel avoir « Por an bel jovencel avoir. a Daloeamie, penseis de mi, a â*ilh y avoit nol vostre ami 305 • Ki aaqnes fust preus et seneiz, c U seroit malt bien asseneis. a Et vos soies preas et senée, c Car s'astoi par vos assenée, « Vos en ariés bon goerredon, 310 « Se Diex me face vrai pardon. a Mais je ne vos velh tant prometre, « C*onqae8 ne m*en soch entremetre, « Mais sachiés mult bien, tôt de fit, a Se la chose tome à profit, 315 « Tost en sereis malt bien chaachie. « Or prendez garde en la chaachie « Et en Essem et en Noef Bore, 990 awant. — 391 pbuor ; il bat an s «a cas-rëgime. — S96 e$îaindte. — 999 Ls rime iodiqae qae ehereler est an Tocsble tltëré; Je cor- rigerais folontiers ehercel^ mais oe mot ne convient pas poar le sens (on ne peat guère se eaclier, toat de son long, dans an cerceau), k moins qae ekend ne représente aossi qaelqae forme pstoise da bas-latin serraUnff, cercaeil.» 315 Tof.— 317 J*ai «Joaté le premier en, pour compléter le vers. I 236 GAUTUBR Ll louc a Qaeifl est li fiz dame Guiborc « Et li fiz sangnoor Chxlefroit ; 320 tt II se flflt avant ier malt froit, « Gant on Taparla d'Issabel. S'ilh vos devoit venir à bel, « Je ne m'en départisse anait, « Mais je crien qa*il ne vous anuit : 325 « Je vos mech jor al diemenche, a Si sera avec vos Clamence, « S*arons des pûmes et des nois tt Et de cel bon vin de TOnois. « Alez à Deu, dame, mais ent 330 a Revenez moi veoir sovent. ir Ghil qni maint deles vo maison « Me samble de malt grant raison, « Il m*a awan mult regardée, a Mais je me soi mult bien gardée 335 « G*onques vers loi ne me tornai. « Il maint uns preudons à Tornai, « Ei m'appartient de par mon père, a Si m'a parleit d^un sien compère « Ei est et riches et manans 340 tt Et est mult près de lui manans, « Mais il est vies, ce m'at on dit, « Si l'ai atran assois maudit y tt Gar,.foi que doi à Saint Linart, « Suer, je n'ai cure de vielhart, 345 tt Et puis quMl vient à la bescosse, « Je n^ai cure de garbe scosse. « Or vous dirai d'un mien parent : tt U ne maint mie chi parent, « Il me voloit rendre converse.... » 319-310 Ces deux vers sont intervertis dtns le maDuscrit. — 353 et 34S atcMHil. — 336 / maint. — 345 bacoOce. — 346 teo$e. I I LA VBDVE. 237 350 Celé le fiert à palme enyerse, Et à oe mot si 8*en départ. Et oele 8*en va d autre part, Ki en maint lia le dit et conte. Or en orés par tens le conte, 355 Gonfaitement la dame esploite. Car Goljas forment le coite Et li mans dont ele est esprise, Qu'ele en a un sachiet & prise. Puis qu*ele le tient en ses las « 360 II se puet bien tenir por las : S*il ne sait auques d^euTiaus, S'jl n*est remuans et isniaus, Et s*il ne sait bien cottener Et bien froier et cropener, 365 II iert al matin mal venus ; De ce ne li puet aidier nus Qa*il n*ait sa boche mal lavée Tantost con la dame iert levée. Or est li cas batus en Testre» 370 Or comence li maus à naistre Et la noise et li reprovier. « Nos avons chaiens .i. brehier, a Un defeli, un dehuré ! . « Haï ! com Demedex me heit, 375 « Ki tant ou de preudomes chiés, « Et de cortois et d'ensignés, « Si pris un chaitif par nature. Tôt chil aient malaventure a Qui m*en usent assenement. 380 « Car ilh m ont mis en grant torment. 353 diit (parfait défioi). 938 GAUTHIBR LE LONG. a II ne demande autre dangier « Con de darmir et de mangier : C*e8t ses déduis et ses depors ; a Toute jour rouke eon .i. pors. 385 « Et ne sui je bien mal venue, c Gant ilh me sent delez li nue a Et ilh se torne d*autre part ? « A poi ke li cuers ne me part, a Sire, ce ne faisiés tos mie, 390 « Ains m'appeliés très dulce amie, « Et je TOUS appeloie ami, « Dont TOUS retoumiés devers mi, f Si me baisiés mult dolcement a Et disiés al commencement : 395 « a Ma bêle dulce kastelaine, a a Con vos avez dulce Talaine ! o a Et chiz ribauz me tient plus vil « Ee le fumier de son cortilh ; « Je ne le doi gaires amer. 400 « Car fuist il ore ultre la mer I — Et chil respont à celé fois : « Dame, vos astez en defois, « Je TOUS aîre mult en vis, « Car trop aveis torbé ce vis. 405 a On ne puet mies tôt tans faire , « Ce savez bien, icel afaire ; « Quez djables le feroit tôt tans t « En non Dieu, je sui recreanz : tt Se vilain ont biaz bues par hores, 410 « Si ne sont mies tos tans mores ; 400 ors. — i04 Peut-être torbé est-il un lapsus de ma copie p. tarhté, — 405 totant, -^ 407 II faut, poar satisfaire à la mesure, on tire dyaldei en deux syllabes ou eifacer le pronom le. Le dernier parti est le meilleur, puisque dyabUi a trois syllabes quelques vers plus loin (▼. 4(9). LA YBUVB. K& « On puet bûn si destraindre rive, a K'ilh n'i a aev« ne salive. c Si m'ayea desiraint et sachié « Ee vos m*aves à mort jagié 415 cr Et ke» bien veoir le poés, « On disi que je sui oraventée. « Ce est voira, par sainte Marie : s Trop a li bons la char hardie, « Oui U dyables si sorprent 420 a Ee vielhe feme à enfans prent, « Car il n'iert jà â. jor sans lime. a Venez avant, ma dame grime, « Si me paies les .xxx. mars « Ee me promesistes domart 425 « Entrosqae je fesoie Teuvre « Où ilb oovient la crupe mnevre. — « Aï », fait ele, « fous ooavers, a Vous dewistes iestre oonvers t U rendus à une abelfe ! 490 « Voir, je devroi estre banie, a Gant je lessai por vos Jehan, « Ei a sa terre et son ahan, « Et Oodefroi et Baldoin, a Et Gillebert et Focuin, 435 « Si pris trestot le plus malvais s Ei soit d*Orliens jusqu'à Bialvais. • Tant m^aveis tolut et emblé a Ee n'ai mais avaine ne blé ; « Bien est ma maison esoovée. 440 Vous astes d*une orde covée, « Car je conoi bien vo parentes, « Les. chaitives et les dolentes, 4S6 crvpe mure, — 437 J'ai la convers dans le Ms. ; je pense qn*il faut on covverf (caché) ou cuven on euiverê (perfide). ^ 438 ne Ueiz, 240 GAUTHIBR LB LONG. « Et Y08 serors et vos antains, a Ei tontes sont ordes putains ; 445 a Et ne fa celé yo cnsine, « Ei tante fois a jnt soyine a Et ont .xiiii. enfans d'an prestra ? a Vos ne deveis mies bons estre.* » A ce mot li preodons li sant, 450 Ilh ne dist mie o Dex vos saat s, Ains le saisi par ses linbars, Si li done des eselnbars : Tant li promet et tant li done Ee tous ses dis li gueredone. 455 Gant ilh Ten ot donet assois. Tant qu'il fu sus lens et lassés , La dame en sa chambre se muce Tôt sans chapel et sans aauce. Là suoe ses couz et repose 460 Et dist soTent & chief de pose : « LereSy con vos m'aveis traie ! « Or m'a Diex la mort otroie, a Et si me mete en tele voie « Où je Tame mon sangnour voie, 465 a Et ke la moie le porsiwe « Et k*ele soit avec la siwe ». Atant défont Puis à ovrir, Et si se fait bien chaut covrir, Si fait faire des chaudelés, 470 Des restons et des wastelés, Si se bangne tant et atempre, Et main et soir, et tart et tempre, Ee celé chose est trespassée. Or est garie et respassée ; 446-7 Les premiers mots de ces deux vers, ki et ef , sont intervertis dans le DIS. — 409 Ms. Et n faU faire de chaudMeg. LA TBUTB. 241 475 Ce m'est avis et oe me samble Qa'andoi sont revenu ensemble ; Tant kMl pora ferir des mauz, Sera tons pardonnez li maus. Or est li biaus chaz rehachiez, 480 Or n'est ilh feras ne tochiez, Ajns est li cossins retorneiz Et li escames destorneis ; Or est ilh amez et servis, Or a ilh tôt à son devis, 485 Et si vos di bien de rechief : « Pitiet de oui trait leus de chief. » Vos ki les femmes despitiés, Por Deu vo pri et por pitié, Sovengne vos à icele hore 490 E'ele est desous et vos desore. De vos qui esteis aduin, Ne soies de riens en esmai : Li adoin ont melhor mai 495 Ke n'ont li félon conbatant, Ki les noises vont commenchant. Gaathiers li Lons dist en la fin Ke chil n*a mie le quer fin Ki sa feme laidenge et koze 500 Ne ki 11 demande autre kose Ke ses autres voisines font ; Jà n'en veut parler plus parfont. 479 dtf maz. — 491 Ce ters manqae au manuscrit. — 5M /« fi*eft pudh. 16 IX. Combat db Saint Pol ooktrb lub Carmois, hors la porte Cardon pour le corps d'nng sr. de Berlaj/montt 131 1. M il et trois cens et onze avoit En Tan de grâce qu'on devoit, Après septembre, vendengier, Que la saisons est du gibier 5 Pour gentius hommes déporter Qui sèvent esprevier porter ; Et qui en veut déduit avoir Et de femme, sachiez de voir Que en dangier peut souvent estre, 10 De ce nous tesmoignent li maistre, Et est on courouchiez souvent, Ce TOUS ai je bien en couvent ; Et qui plus en quiert les déduis Tant en trait plus de maies nuis, 15 De froit sentir et de veillier. Lkçors du TBiTK PUBLIÉ BiCTiPiÉis ; Je fais abslracUon Ici des mois transformés orthographiqaement selon Tusage du XVI* siècle, ainsi que des fautes contre les règles anciennes de la déclinaison. — 10 (umoigHe (les éditeurs ont pris li nutiitre pour un singulier, .voy. iear note). COKBAT DE ST. POL 245 Or me vueil à ce traveillier De rimer ce qu'on m'a conté Qu'avenu est en I^ conté De Haynaut. — En celé saison 20 Uns chevaliers de sa maison S*e8t départis à peu de gent Sur un pallefroi bel et gent ; Sires estoit de Berlaimont, Ainsi que li gent conté m*ont ; 25 Esprevier portoit sur son poing, Ne sai s'ala au gibier loing. Ou fust à camp, ou fust à ville, Mais ce sachiez tous tout sans gille Qu'il avoit souvent le gibier 30 Et de femmes et d'esprevier. En l'un de ces deus desvoya, Dont à ses gens moult enoja, Mais je ne sai auquel ce fu ; En sa maison mors portés fu. 35 Le cors ont fait apareillier, Clers manda on pour verseillier Et biau drap d'or et luminaire, Tel qu'à tel homme convient faire. Puis manda on des chevaliers, 40 Des dames et des escuiers, Pour faire plus d'honeur au cors. Là endroit fu pris uns acors 33 Sire e$toU U. — tl fut. — 3) envoya. Les éditenrs se sont vus ame- nés, |iar ceue fausse leçon, .à voir dans deevoya le verbe dévier^ mourir, et à traduire : « En mourant, il Ugua beaucoup de biens à ses gens. » Le sens est sans aucun doute : A un de ces deux déduits Qe ne sais auquel) , il s'égara et disparut, ce dont ses gens s^affligèrent beaucoup. 244 COMBAT DE ST. POL Qae à Yalenchienes menés Et ciaus du Carme fust donés, 45 tt Car il j ot passez cinq ans », Ce disoit messire Jehans De Valenchiennes, au piet tort, Et dit que on leur feroit tort . S*en leur moustier n'a sepouture. 50 Mais par Tostel va li murmure Que de Luxembourg la contesse As Jacopins a fait promesse Qu'elle fera tout son povoir Que il puissent le cors avoir 55 Et ce qui en peut escbeïr. Lez la dame s^ala seir De Beriaimont» et si li prie Que une chose li otrie, « Pour Dieu, qu'elle veut demander. 60 « Il n'i a fors que comander », Dit la dame, qui fort ploroit. Dit la contesse : t Bon seroit a Qu*à Vallenchienes envolions a As Jacopins et leur mandions, 65 a De par vous, qu'il auront le cors. » — a Envolez j, c'est mes acors », Dit la dame, « puisqu'il vous plaist. » Atant la contesse se taist ; D'ilueo se lieve et puis s'en tourne 70 Devant le cors à chiere mourne, 43-44 Qu'à V. teroU tnené A ceux du Carme seroit donné, — 45 Car (var. Comme) il e$toit. Le vers, dont les éd. ne sont pas parvenus à saisir le sens, devient parfaitement clair par ma correction. Le pronom y se rap- porte à la ville de Valenciennes. —W Ne vous est fors. Ma leçon est con- forme à la locution usuelle. CONTRE LES CARMOlfl. 345 Disant ses patrenostres d'ambre. Si passa outre en une chambre, Un varlet a fait apeier. Moult bien taillié de tost aler. 75 Dit la contesse : o Tu iras « A Valenchienes, si diras « As Jacopins et au prieus, a Mes chiers pères religieus, « Que la besogne est acordée 80 a Du tout en tout et ordenée, a Com leur ai eti en couvent. « Salue moi tout le couvent a Et baille au prieus ceste lettre, a Et pour Dieu ne veuille pas mettre, 85 a Qu'ennuit tu j puisses gésir, n — « Douce dame, je le désir », Fait li variés, et puis s'en tourne. Ne quidiez pas qu'il se séjourne, Ains s'en va tost plus grant alure 90 Qn'uns chevaus ne porte Tamblure, Tant que tempre est venuâ assez ; Mais saciez bien qu'il fu lassés. En leur^maison est venus droit, Le prieus trouva orendroit, 95 Qui confessoit une béguine, L'uns vers l'autre la teste encline En un anglet en leur parloir ; Un bien petit povoit paroir Que ne fussent pas acouvertes 100 De leur caprons ambedeus testes. 78 pereê et religitui, ^ 81 Comme je Vay eux, — 84-85 Ei p, D, teutlfe permettre Qu*emmietê V0U9 y puienez géiir (interprété en DOte : « que pami les moines vous puissiez élre »). Voy. mes notes. — 99 Qu*dle$ ne fusêmi ac, — 100 Tous lee deus t. 246 COmiAT DB ST. POL Li varloE, qui fa bons compains, D*iaa8 regarder s^est an pea falns, Et fait ainsi que rien ne voie. La béguine s'en va sa voie, 105 Li prieus se part de l'anglet, Si est venus droit au varlet ; Puis li demande à qui il ert Ne quel besoigne laiens quiert. a Sire, vous apport une lettre 110 a Que la contesse fait transmettre « De Luxembourg^ vo cbiere fille. » Sus iaus deus s'estoit frère Gille, Qui fu li variés au prieus. a Variez, or dites à nous deus 115 « Qui on dit qui aura le cors ? » — tt Sire, les gens dient dehors fc Que la contesse l'at promis ff Qu'il soit céans en terre mis ; « Je croi qu'il est en vostre lettre. » 120 — « Frère Gilles, faites li mettre a Une table, si soupera ; « Par saint Dominique, il aura « Bon vin et bon poisson assés, a Car je sai bien qu'il est lassés 125 « Et travailliés de ci venir ; « Je vous en lairai convenir, « Frère Gilles », dit li prieus. A une part se trait tous seus, La lettre commença à lire. 130 Quant liute l'ot, si prist à rire. 101-5 compaing: famg, -- iùl il est. — 111 votre eh. /". — 112 Sur eux dewB fêitoU (ce festoit est expliqué en note par fcstifialxU /). ^iiZQuivid le vaJet au prieur (te texte imprimé a ton jours prieur y bien que la rîme indique la forme en eus), — 118 Qu*il y soit. — 130 Quant leut leue. COUTES LB8 CAEII0I8. 24T Pui9 s'en revint droit au varlet Et lui demanda : i Cornent t'est ? « As ta bon vin et bon poisson ? • — « Oïl, sire, à grant foison, s 135 — « Frère Gilles s, dit li prisas, a Nous ne sommes oi que nous deus, « Or nous donne, par courtoisie, « Un peu de formage de Brie « Et plain poichon de vin d'Ansoire, 140 « Et de Galleul vueil une poire, s Dit frère Gilles : a Volentiers », Qui fu bons compains et entiers. Quérir le va, ne s'en déporte. Et avec ce un voire aporte, 145 De Flequier, precieus et grant. Li prieus si le prent'errant. Qui moult aime beghine enverse, Puis le pot prent et puis il verse, Puis boit un grant trait de ce vin : 150 « Foi que je doi saint Augustin, c Ne que je doi à saint Franchois, « Cil ci vaut mieux que vins franchois. » Puis dit au varlet : « Or bevez, tt Par la foi que vous me devez, 155 Et si mangiez de ceste poire, tt Car bonne est, si m*en povez croire. » Li variez mangue et si boit. Puis prent congié ainsi que doit, D*iaus se lieve et si va sa voie. 144 un voir. — 146 «î est ajoaté psr moi. — 147-48 Vers inlerfertis dans le texte imprimé ; je ne sais pourquoi les éditeurs ont mis le pre- mier en italiques; est-il tiré du second ms.dont ils auraient fait usage pour combler une lacune du premier ? — 1S3 bwvex, — 156 Car eJle têt bonne, $y povex er, — 157 mangut. — ISS fnini, — 159 si omis. 348 GOUAT DE ST. POL 160 Et li priecti ti le conri8 515 Jufiques adont qae il sauroit Se raison faire on U vorroit, Cil dedans qui sont on monstier : « J*irai laiens à iaus traitier « Et orrai que il verront dire. » 520 Dit uns foulons : o C'est bien fait, sire, • Et si menez i arec vous « Au mains vint ou trente de nous. » Dit li curez : « Moult volentier. » Trente a pris de ciaus de mestier ; 525 Du commun prent Jehan Bobert Et Willame, le fil Gobert, Et Tassequin et Adinet, Recanelgj et Watelet ; Monyoisin appelle et Musart, 530 Sans iaus on ne va nulle part ; A ciaus dit il : « Ci demeurez, « Tant que de nous nouvelle aurez. » Li curez, avoeque les trente, Eus on moustier de saint Pol entre ; 535 Tout droit devant le coeur s'en va. Jehan Bemier iluec trova, Bien set qu'il est prevos le conte. Li curez mot à mot li conte Cornent il vienfc là pour savoir 540 Se l'offrande porra avoir ; a Si vous prie que vous m'aidiez ». — « Bien estes or outrecuidiez », Dit Jehans Berniers, « bien le voi, Mmh àt fnam «m «t ii »dct », p. IQS. S68 NOTES EZPUCATIYBS (pp. 1-6). 1 et 2, 3 et 4, 5 et 6. Qaant & la demi-strophe finale, elle s'aooorde avec la strophe qui la précède immédiatement. Le même système rogne dans la pièce suivante. l.Departie, séparation, départ.— La virgule, à la fin du vers, doit être supprimée. 4. « Que Dieu, par sa bonté, me ramène auprès d'elle aussi sûre- ment que je m'en sépare avec douleur ». M. Paulin Paris a mal saisi lé sens de ce passage en l'interprétant ainsi : « Dieu m'attire si bien à lui, par sa bonté, que J'ai résolu de partir, tout en pleu- rant. » La traduction de Leroux de Uncy ne vaut pas mieux : « Dieu me ramène k lui par sa douceur et voilà que je pars mal- heureux. » Ils ont l'un et l'autre méconnu le sulyonctif ramainst ou ramaint, 8. BaUlie, puissance, domination (cp. 67, 31 ; 108« 16) ; c'est un synonyme de don^ri^ 118, 8. — Gp. pour la pensée, dans une chanson de Simon d'Autie (imprimée dans Dinaux III, 455), le pas- sage suivant : Se li miens cors'se part de sa contrée. Ne s*en veut pas pour ce 11 cuers partir ; J'emport men cors, mais J'i lais ma pensée. 11-12. Dans la chanson que Hues d'Oisy, le maître de Queues, composa au retour de ce dernier et dans laquelle il se raille du triste résultat de la croisade si ardemment prôchée par notre trouvère (voy. Romancero françaisi p. 103, et Dinaux 1, 140), il est fait allusion à nos vers quand il est dit : Quand Diex verra que ses besoins est grans, Il li fkurra, car il li a &illi. 15. Con » car on. 17. Par oiseuse (oiseusement) Mi opposition ft la formule d certes (sérieusement, pour de bon) du v. suiv. 10. Le BoieX de k*il voist (aille) est « celui qui voudra se montrer preux en réalité ». 28. Honeur a ici le sens de dignité, fonction, charge. ^ La var. CD répond plus exactement A la rime. I. QURNBS DB BÉimniB. 969 25. Law. eip.or oonvient davantage. 28. Ici encore les leçons des antres mss. trahissent la tendance à écarter la rime etirs : eta. 29. Morir de mort a ici un sens intense : mourir de vraie mort, moorir pour toujours. ao. « Pleurer des yeux de son tont », cp. 46, dO (Duc de Bra- bant). 31-82. « Saches, mi efTet* que si Ton (ki) n'était sous Tempire de l'amour, cette expédition serait pleine d'avantages et d'attraits. » 88-40. Cette cinqùiôme strophe est, dans la plupart des mss., placée après notre sixième, et cette place lui convient en effet davantage. 84. Le terme nivre de déroge ici A sa valeur usuelle ; il s'agit de « vivre en fisUsant l'aumône et le bien ». Le terme tnanoir en (per- sister dans), qui se voit dans les autres mss., est plus clair. 85. Partir^ avoir part, participer. Corrigez, pour mettre mon texte d'accord avec ma note, d cest p. en cest. 37. Porter îoiauté, garder fidélité (opposé à faire ftOage du V. suiv.); ceot» est un datif. 41. Af», assiégé. 43. Prison ombrage^ prison obscure , et non pas la « prison des ombres •, comme traduit P. Paris. 46. « A moins que la pauvreté ou quelque afllBdre belliqueuse imeOée) ou la maladie {malage) ne les retienne. » 49-52. Cette demi-strophe finale (strophe d'envoi) résume la pen« Bée exprimée dans la première ; elle ne se rencontre que dans notre ms. A. 2 (pp. 5-7). 2. Jeu partif avant de signifier un genre de poésie, veut dire « option entre deux situations ou deux propositions. » Le mûlor d'uti Jeu parti , c'est le meilleur choix entre deux offres ou deux thèses. 3. £ï a si quelqu'un. 4. Sans forfait ; de la part de l'ami, bien entendu. 7. Supplées, selon l'habitude ancienne, l'ace, la (c'est-à-dire la paix) devant le datif lui, — L'adv. mais (magis, amplius) est un 870 HOTBS BZPUCATlfBt (pp. 6-1 i). simple renforoement ûe son» plu». On peat oqwndant atuai le prendre an sens de dëeormais. 11. Tmû parait foutif (à moins de loi attribuer le sens de « bel- lement »), mais la oorrection par iuii (yoy. var.) n*est pas satis- fiiisante non plus. 15. Proet; corriges iirota (d*après le ms.)» nom. sing. de prou, proilt, avantage. 19. Le développement de la pensée appelle id plutôt la con- jonction mais que et. Le proverbe {reprouvier) allégué au ▼. 22 engage également A remplacer ftnu par fam. Par contre fous convient au v. 23. 24. Construction lAche ; et an équivaut A « tandis qu'on. » 29. Raison^ langage. ^ 31 Sol/Hr^ subst., patience. 34. Le sens de chargier n*est pas clair; il fknt traduire. Je pense : « Ou on vous en a peut-être (eqioi'r) imposé. » Cette valeur métaphorique de char cerne serait pas moins rationnelle que celle d'imposer^ mais je ne Tai pas encore rencontrée ; en vain serait une redondance. 36. « Jamais Je n*ai vu homme se contenter (ou {dus litt. encore, se paier) de si peu. » 39. Tout^evlèyreidetoUir). 40. Taste est une forme variée de toUe^ toute {Ys est épenthé* tique comme dans Rhosne^ rosle etc.) et signifie « prise » (le mot se retrouve dans nuOe toste^ d*où nuUtôtier). L'expression « prendre de teste » veut donc dire « prendre en réparation de la prise. V 42. Mai afaitié, mal-appris. 44. « Plutôt que de renoncer A tout. » 48. Querpir son rivel, quitter sa sauvagerie ; revél , rivel (i p. e atone) est le subst. verbal de révéler («» lat. rebellare) ; il fkut le distinguer, Je pense, de reveh divertissement, plaisir (voy. mon Diot. d*étym. A Tart. rêvé), 49. Dinanx écrit en un mot parmenteis ; il ne connaissait pas l'adv.iKir, augmentatif d*un adv. ou d*un a(U. placé A la suite du verbe. Par renforce ici moult. Cp. S9, 23. 50. « Idais [en dépit de votre séduisant mensonge], Je n'y aurai dorénavant un nouveau plaisir » , c'est-A-dire : ma première aflèction est décidément éteinte. On voit que Fauteur du Jeu-parti I. QURNIS DE BiTHinCB. * 371 éeriyait soas le coup d'une expérience penonnelie, et ce sont peut-être les déceptions bien connues que Qoenes de Béthune eut & éprouver dans ses poursuites amoureuses, qui ont teit attribuer notre pièce à ce trouvère dans le ms. de Berne. 3 (PP- MO). (1) 10. WreouT répond & lat. mirtUtïtem ; c*est donc pr. celui qui mire ; mais le mot avait Jadis la valeur de miroir («> lat mira- tarium^ instrument pour mirer), et au figuré celui de modèle. L*orthogr. miroer de mon ms. est inadmissible à cause de la rime. 11. Bntendement, application, goût, de entendre^ intendere ani- mum ; entente v. 21, intention, attention, visée. 13. STumelier, condescendre, cp. 104» 44. Il fout se garder d'y donner la valeur moderne du mot. 28. Se repentir, revenir sur une résolution ou intention, renon- cer & un projet ; la' même idée est exprimée au v. 30 par par^r (d'amour). 36. Le comte de QueUe, à qui la chanson est adressée, est sans doute le comte de Oueldre. i (pp. 10-11). 7. M'eikit mis là que^ m'eût fkit obtenir que. 9 et 12. Il fout peut-être plutôt fiOseez que fUesîez ; à vrai dire. Tune et Tautre de ces formes est insolite, et je propose de lire ftdisiez (en 2 syllabes) en corrigeant au Y.9Ned p. IPa^ et en prononçant guerrière (« guerroiere) au v. 12. 11. Forfaire, mériter par quelque méfoit une chose désagréable. 12. Guerrière^ ennemie. 0*après la correction que je propose (sous V. 9), guerrière ne sera plus le fém. de guerrier^ mais le nom. sing. de guerrieur ; seulement j 'ai quelques doutes sur Tad- missibilité de la valeur féminine prêtée au sufilxe ère. 13. Le pronom en se rapporte mentalement à « dames » ; si les (L) Svbtidiaireimat k la note lntro4Mlif« da tete (p. Q,J«i«nrqM Id qM duMSaot MapIttoS •t4 MBt iBltrvOTll* «t qM rMvoi lUt déftuit, MUrt 6, daw Im mm. CKPH ; il m M tfo«f* donc qa« dut BDM . 272 NOTES BXPUCATIYBS (pp. 11-14). deux iiuu.n6 conoordaient, J'eusse oorrigô sans hésiter ^ai enhaie (que j*ai prise en liaine). 14. La chanson & laquelle ramtear fkit ici allusion et où il a médit des femmes, pamt être notre m 7. Si celle qui la lui avait inspirée et qui dans des vues égoïstes (t. 16 vos cuers eonpoiious) lui a fait prendre la croix (y. 17), est la comtesse de Champagne» il fiftut admettre qu'entre la rupture avec elle et le départ pour la Syrie, une nouvelle liaison était venue guérir la plaie dont la perfidie de Marie avait frappé le poète. C'est la dernière que visent les regrets exprimés dans le premier couplet de Chanson 1. 16. Le premier couplet était une supplication à la nouvelle amie; le second devient brusquement une imprécation contre celle qui a trahi. 18. Mettez une virgule «près estes, 20. Ex est une notation usuelle p. etu (yeux, 6, 49), comme dieœ p.dietis. 21. Je le répète (voy. les var.), la lacune d'un vers en ie que le système des rimes oblige & supposer après ou avant ce vers (plu- tôt après), rend l'interprétation de soufraitous (diseteux, miséra- ble) par s'offreà-totAS plus que suspecte. Même, sans lacune, elle est peu plausible ; le soufraitous s'accorde avec le convoitons du V. 16, et le poète peut avoir eu en vue les mobiles d'un vil intérêt qui l'ont dépossédé des faveurs de sa maîtresse. 5 (pp. 11-14). Cette pièce, malgré son début, n'est pas une chanson d'amour, mais un serventois destiné & &ire sortir de leur torpeur les seigneurs de France, qui après s'être engagés à se Joindre à l'ex- pédition de Syrie, préféraient jouir chez eux de lia dîme À laquelle ils avaient droit, plutôt que de presser le départ pour la délivrance du saint Sépulchre. Elle se lie donc par son si^et au n» 1. Comme dans ce dernier, l'auteur fait sonner bien haut le sacrifice qu'il fait en s*esïongeant^ pour servir Dieu, de la « millour de toutes les vaillans ». 2. P. Paris remarque que ce début prouve que le poète compo- sait seul les paroles et la musique. Cette preuve ne me paraît pas péremptoire ; chançon^ mot, citant ne sont que synonymes. I. QURNRS DB BiTHUNB. 273 5. « Et je puis me glorifier ajuste titre. » 7. Endroit, préposition qui n'a survécu que sous la formule « à Tendroit de ». 10. Jà suivi du verbe (au su^j.) équivaut à la lourde formule qui Ta remplacé :Jd soit ce que, défigurée plus tard enjdçoit que. 11. Le Romanoero lit ici ploffier (p. plaissier). Ce mot, que Tédi- teur traduit par mortifier, est inconnu & Tancienne langue ; il fallait mettre plaier {» lat. plagare), qui est en effet la leçon du ms. D. Quant a plaisiier (cp. 86, 82), il reproduit lat. plexare, fi^ttèntatif deplectere, pUer, fig. dompter. 13. Pémtence.^vit se traduire ici par sacrifice. 17. « Le poôte apostrophe ici* les gens d'armes enrôlés par les chevaliers bannerets parce qu'ils demandaient rigoureusement le prix de leur engagement, comme si la flotte eût mis & la voile sans retard ». ; Je doute que cette manière de voir de M. Paris réponde bien à la pensée de Tauteur ; & la vérité elle se fonde sur une autre leçon, son texte portant robez au lieu de dismeM, qui se trouve dans C. Je suis porté & croire que ces vers ont plutôt en vue les grands seigneurs qui continuaient à flipper d'impôts (à dismer) môme les croisés» en diminuant ainsi les ressources de ceux-ci au pr^udice de leur sainte mission. 19. AnenUs est incorrect au nomin. plur. ; il faut supprimer Vs. 24. La leçon pesance (affliction) qu'ont les mss. BEH, est évi- demment fautive ; on oppose la puissance du souverain juge à sa miséricorde. 25. Desirier, ici ^ chose à désirer. Souhaidier a souvent la môme acception. 27. A loier, par esprit de lucre. 20. Convoitiez convoitise, subst. participial masc, dont je n'ai pas d'autre exemple, mais qui a bien des analogues (cp.j^efw^, pensée). 30. Cèle crois ; a une prise de croix faite dans ces sentiments* là. » — Lût, pronom anticipatif, comme en au v. 33. 33. Il y a ici des allusions à des faits récents, & des désastres qu'il serait difficile de découvrir. 39-40. a [Parmi ces hauts barons qui ont refusé leur concours» qui sont failli & Dieu], il y en a peu qui n'aient fait la honte de leur royaume, depuis le jour où ils y exercent l'autorité sur leurs 18 274 ROTES BXPLICATIVES (pp. 14-19). hommes. » Ce qui fï;appe ici, c^est l'emploi du singulier n*ait après poK. On peut s'en rendre compte par une ellipse et en tra- duisant : « Rarement y en a-t-il un qui n'ait... » 42. Mettez une virgule à la place du point-virgule. Pour plus de clarté, j'aurais dû donner la préférence & la leçon àeBiJd n'aura tant servi. L'auteur veut dire qu'en servant de tels mauvais barons sans succès, il ne ikut pas s'attendre & la moindre indul- gence de leur part, tandis que Dieu ne fait pas dépendre sa récom- pense de la bonne ou mauvaise chance, mais rémunère tout homme gui bien le sert (v. 46). Le ms. B a la forme variée aeur p. aûr ou eûr; l'éditeur du Romancero s'est mépris en le tradui- sant par « gage, arrhes ». 45. Chevcatoef leçon de B p. caance (chance), ne veut pas dire caution, conmie dit la note du Romancero, mais ressourceff, moyens de se Urer {se ehet>ir) d'une affaire, puis réussite. 49. L'auteur, dahs son couplet final, lance un trait mordant au chevalier Hues d'Oisy, qui l'avait initié dans l'art de la poésie, mais aTec lequel il ne paraît pas avoir vécu dans d'excellents termes et qui» & son tour» l'a accablé d'une satire à l'issue de la croisade (voy. note 2, 11-12). — Semblance, ici opinion, ailleurs (ainsi 16, 38) aspect, mine ; c'est une simple variété formelle de semblant. 6 (pp. 15-16). 1. Chanson legiere d entendre est aussi le début d'une chanson de Raoul de Soissons. 12. « Mais nécessité, désir et impatience — litt. le ÙAX que (çou qttei) l'on ne peut attendre — font entreprendre maint coup hardi.» 19. Sous-entendess le (mon martire) devant li, car noient est adverbe (« point). 23. Eetenement, ou retenance (106, 33), bon accueil (en parlant d'une offre de service ou d'une déclaration d'amour). Cp. retenir 42, 26. 32. Par droite équitablement (cp. 12, 15). 33-35. « Mais Je suis si mal loti, que tout l'avantage que me donne le droit, m'est repris {retout de retolir) par ma mauvaise chance. » — 36. Souffrance^ patience. t. QUBNBS DR B^TRUNS. 375 97-38. « Je trouve mon soulagement (litt. mon refuge) dans la beauté et Taspect de ma dame. nDe ma dame est explicatif du possessif «a (dans sa biautès). 41. Mérite, subst. fëm., signifie à la fois récompense (comme id) et ce qui la fait obtenir, le mérite (cp. 12» 15). Il en est de môme de déserte (de deserrHr), cp. 198, 307. 43. Je n*ai aucun renseignement sur le personnage désigné par Noblet^ à qui la chanson est adressée ; on trouve un Noblot mentionné à la fin d'une chanson de Gasse Brûlé. 44. Bsliie, pr. élue, est un simple synonyme de bien-aimée. 7 (pp. 17-20). 2. ce Non pas que je tienne & Tamour. » 8. A chief du tor (litt. h bout du tour), à la fin, aprôs tout. Uezpression revient v. 15* 10. Aucun ms. ne donnant bones, il fallait, parmi les variantes de ce vers, choisir la leçon de GM, c*est-&-dire le sing. leal amor. Je tiens à réparer ici cette négligence. 15. So =s toi (parfait défini de savoir), 19. L'auteur sort ici de la construction syntaxique et s'exprime comme s'il avait dit v. 17 « que les dames étaient sincères » au lieu de « que les dames aimaient sincèrement. » 20. Antre négligence de syntaxe , qu'il est flEUïile de redresser en substituant au deuxième et la prépos. de, « Amer par amors » est un terme consacré pour « aimer sérieusement. » 23. Borser ; nous dirions aiyourd'hui populairement boursico- ter, M. Paris voit dans les dames un accusatif pluriel, dépendant de ont laissiez de manière que ce verbe aurait pour s^jet « les chevaliers ». Je ne suis pas de cet avis ; le poète adresse ses reproches d'abord aux chevaliers, qui de larges sont devenus avares , et ensuite aux dames , qui ont tout laissé pour , de courtoises qu'elles étaient, devenir intéressées et cupides (cp. les vv. 37-38). 25. La Cùrroie (ceinture) doit ici, je pense, caractériser la dame en général, plutôt que la dame de distinction ; cp. 148, 35. 33. Se tomer h qqch. me rappelle l'expression allemande sich 376 NOTES EXPLICATIVES (pp. 19-25). an etwas hebren, 8*eii soucier, y Attacher de Fimportanee ; cp. aussi le gr. hnpinnùai rnoç. . 34. Afiement^ assurance, sûreté. 35. Se cointoier^ étaler ses gr&oes ; s'o^omer, s*affubler de ses atours. 38. Eschive^ fém. de eschif ou escAtu, pr. farouche, sauvage (c'est Tall. scheu^ anc. schiu)^ ûg, d'un abord difflcUe, peu affable. 8 (pp. 20-23) (1). I. Le démonstratif cel marque Tindétermination. 3. En son bon pris , c'est-à-dire en possession de tous ses charmes. 6. Mains dis^ maints jours- II. La var. mal baillis^ moins crue que mors et trais, me plai- rait davantage. 12. Dès Vautre an = depuis longtemps. 14. « S*est, à mon goût, si complètement et si désavantageuse- ment défiguré qu*ii me semble que vous m'êtes ravie. »— 16. A tart, trop tard. 19. Exclamation ironique. 23. Ke = car. — Ce reproche est malsonnant, mais, comme Tob- serve M. Paris, on en adressa souvent de semblables aux croisés. 30. « C'est pourquoi, madame , je vous conseille d'épargner l'accusation de ce tricherie» & ceux qui ne se sentiront plus d'hu- meur à vous aimer. » Le terme tricherie, comme celui d^héresie des var., désigne le vice indiqué par le v. 21. 36. Si prend ici la valeur de « toigours est-il que. )> 39-40. D'aprôs Paris (Romancero p. 109) le marqiUs allégué ici par la dame comme un de ses soupirants, serait le marquis de Montferrat, et li Barrais, Thibaut !«, comte de Bar. Ces inter- prétations sont faites dans l'hypothôseque notre tencon s'applique à la comtesse de Champagne, ce qui n'est nullement assuré. Je (l) rajoilê k U BOt0 iotrodaetÎTe dn t«xM qia« l^anribatiAB de otite spiritaellt ehantM k Richard d« Poaralnil m m voit qa« dans lai nua. BG, dont t'aolarité aa pam l'aMportar tar calla de C, oonoboréa par ealie da AM. — J'ai également néglifé da dira qoa la pikea la trow aussi dans « Bartseb, RomancM et pastourelles », p. 76. I. QUKNES DE BfcTflUME. !277 remarque, tontefoiB, que Téditeur du Romancero , dans VEiêt. lut. de Fr,X XXIII, p.567, interprète leBarroispar Guillaume de Barres. ' 42. Garder m, regarder &; faire cas de. — 45. Par tens, bientôt. 9 (pp. 24-»). 4. Sui mètre, imputer ; synonyme de ametre. 6^7. Cp. Chanson 4, yy. 13-14. 9. Deseonfire est plus que blftmer, comme traduit Leroux de Lincy ; c'est décréditer, ruiner un homme. 10. « Si, légalement et pour cause, on Mt justice d*un voleur, en quoi cela peut-il le moins du monde {de noiani) affecter celui qui n*a rien A se reprocher ? », litt. qu'en revient-U f 16. Mains prise » mesprise ; on sait que le préfixe mes est issu du lat. mimts (fr. mains , moins) et a pour correspondant en espagnol et en portugais menos (esp. menospreciar) et en pro- vençal menes^ mens et mes. 10. M. Paris observe (Romancero, p. 90) que notre troisième couplet nous apprend que l'amour de Dieu finit par remporter chez l'auteur sur les regrets que Tinfidéllté de sai dame lui cau- sait. Mon impression est toute autre: le poète ne quitte pas le siècle, il n'a fait que changer de maîtresse; rien dans le couplet ne justifie l'observation de l'académicien flrançais, et d'ail- leurs, le quatrième couplet, omis par lui, la contredit surabon- damment. 20. Aîumer et emprendre ont ici le sens neutre de s'embraser. La var. esprendre est plus usitée avec ce sens, mais emprendre en est aussi quelquefois revêtu. 22. J'ai peut-être en tort de condamner la leçon en moi du ms. de Berne ; je m'aperçois que non-seulement li n'a pas de rapport grammatical, ma/s aussi que la pensée serait en opposition avec la crainte exprimée au v. 29. Il est plus probable qi:^e l'auteur dise qu'il se sent d'autant plus entraîné A s'engager dans une nouvelle liaison avec une auguste dame, qu'il ne découvre en lui aucune trace d'un mouvement d'orgueil ou de vanité, et que son senti- ment est pur de toute feinte. 32. Por est une faute typographique ; Wsez par, ■ 378 MOTBS EXPLICATIVES (pp. 25-37). 10 (pp. 25-20. Les drcoiuttanoes qui ont inspiré cette chanson sont trop con- nues pour les rappeler ici. l. Sfenvoisier, c*est se mettre en humeur de gaitë,en disposition joyeuse, se divertir. L*éditeur du Romancero ne reproduirait plus aiOourd*hui sa définition « se mettre en voiœ », quelque naturelle qu'elle paraisse. Je renvoie, quant à Tétymologie, encore un peu nuageusot de ce mot, au Dictionnaire de Diez, t. I, v» v&rio. 4. J*ai négligé de noter la var. de D Por çoufai mis ; elle est plus claire, mais la leçon de C s'ai^si ai n*en est pas moins juste. Le si caché dons s'ai résume, selon sa fonction habituelle, le membre de la proposition principale placé en avant du verbe (ici por ce). — Mettre en de fois (correspondant masc. de défense) ^ interdire, réserver, suspendre. 6. (Hant est une préposition ancienne signifiant ce en présence de » ; c*est proprement un participe présent À Tablatif absolu (cp. nonobstant); oiant le roi (coram rege) équivaut à rege audiente. 6-7. Les Champenois : la reine Alix de Champagne, reuve de Louis VII, et sa cour; la contesse: Marie de France, veuve du comte Henri I*' de Champagne. 8. Faire que, agir en. 10. Encor suivi du verbe au subj. équivaut à quoique, cp. 83, 18. H. M. Paris trouve ici la preuve de Tancienneté des proverbes : les Anes de Pontoise , venir de Pantoise, Cela reste douteux, selon moi ; Pontoise peut ne devoir ici sa mention qu*& la rime. 15-21. Le poôte, conflis de la mésaventure essuyée à la cour de France, avait hésité à déclarer à la comtesse les sentiments qu*il éprouvait pour elle, mais il finit par rompre sa réserve, car, se dit- il, « on n*obtient rien sans demande, et après tout si ma demande est jugée présomptueuse, on ne pourra en accuser que l'amour qui me Tinspire. t -- Corage, sentiment. 19. Je corrige hardiment rover (demander) pour trover, que le copiste a répété machinalement du vers précédent: le sens Tim- pose. 20. Les termes outrage et outra{feus expriment, dans Tancienne I. QUENB8 DE BÉTHUIfB. 279 langue, l'outrecuidancd, la présomption. La note du Romancero, où le V. 19 est traduit : « si je ne trouve que des expressions mauvaises, si mon esprit me sert mal », est mal fondée. * i\ (pp. 27-28). 6. Le verbe faunier (var. fausnier) m*est nouveau. Je venais de rinscrire dans mes notes, quand, par une singulière rencontre, un savant autrichien (1) travaillant à mes côtés & la Bibliothèque nationale me consulta sur un passage d*Âiol (v. 6751 Cornent, sire Qonbauty avés notis fosnié) qui Tembarrassait tout autant que le mien. Pour chacun de nous le verbe se présentait avec la valeur de malmener ou de tromper, mais aucun ne Tavait encore rencontré. Voici une coigecture étymologique sur ce mot. Je pars du latin fcacinare^ qui régulièrement a fait /"ai^nier, que je trouve dans le Roman de la Rose, p. 318 : Tantost cum par ceste maisnie Fu la gens malmise et faisnie. De faisnier se seraient naturellement dégagées les formes fous- nierj faunier, fosnier, comme pJumtasma a donné fantaitsme et fantosme. Ce qui m*arrôte encore, c'est moins la question de savoir si Tinfinitif en ier est admissible (elle est tranchée par la forme faisnie du passage cité), mais la difficulté de tirer de l'in- flnitif fausnier (bissyllabique) un présent fausnie, au lieu de fausne qu'exige la règle (cp. dans le môme Roman de la Rose, le V. 12108, cité par Littré, v» fasciner, od Ton trouve faisnons en rime avec regnons). Pour expliquer notre faxmie, ainsi que le par- ticipe /b^nf<^ dans Ajol, sur la base oùje me suis placé, il faut un infinitif /"ausn-z-^, par conséquent un type fascinicare, qui n'est pas absolument impossible. On trouve bien clinicare (type de clingier) à côté de clinare itype de dîner). (1) Cs laviQt Ml M. W. FMntOT, pror«tsflur k rragn«. qui riant d'enrichir It llctiralure aai-ienae d'une précieute édition prini-ap» da la cbauson de geftle « Aiel et Mirabcl ». 280 HOTES EXPLICATIVES (pp. 27-31). 10. Esprover, ici convaincre (par preuves). 16. Ssperer a ici le sens générique d*attendre. 21-24. On voit que la rage et derverie de Tauteur a pour cause la préférence accordée à un indigne. 22. Brunetto Latini» Trésor, GXCII : « Et quant li tens de sa luxure vient, plusor masle suient la queue à la louve, mais à la fin ele regarde entre tous et eslist le plus lait por gésir o li. » Cp. aussi.le Roman de la Rosci éd. Michel (Paris 1864), p. 258 : Tantost la chetive le laisse Et prent^n'autre où moult s'abaisse ; Le vaillant homme arrière boute Et prent le^pire de la route ; L& norrist ses amors et couve. Tout autresinc cum fait la louve. Cui sa folie, tant'empire Qu*el prent des lous trestout le pire. 25. Vasselaget acte de prouesse. 28. Son esire, sa manière, ses agissements. 30. Degagier^ mettre hors gage, donner congé. 34. JSTtimour,^ humidité. 36. « Plus jamais n'y cueillerai » (queudrai). 38. Mesure^ le moment opportun. 1 2 (pp. 28-30). Remarques la construction de ces cinq couplets au point de vue de la rime ; voici comment celle-ci se présente : 1. a bb ce dd c 2. c dd ee ff e 3. e ff gg hh g 4. ghhiikki 5. i^kk 11 mm 1. On voit que chaque nouveau couplet commence p8(r la rime qui termine Ib précédent, et que la rime des w. 6 et 7 de chaque cou- plet reparait aux vv. 2 et 3 du suivant. I. QOBNES DE BÉtaUNE. 281 f . Vers mal Mt : il y a absence de césure. 13. « Que J*y encours le reproche de présomption (outrage) et de folie. » 15-16. Je suppose des lecteurs assez familiarisés ayec la gram- maire et la syntaxe anciennes pour démêler ici le régime et le 23. Par renforce Tadverbe si (tellement) qui suit le yerbciiar^. Cp. 7, 49. 24. S'escaurre, pr. 8*arraclier hors, flg. se soustraire, se préser- ver (type latin eœcutere), — Del mater, d*étre maté ; infinitif actif a sens passif (voy. Diez, Oramm., éd. ail., III, 206) ; cp. faire jugier d pendre 319, Z2. ^ 25. Bios iriéSf variante de la formule helas dolens, 28. Trais, leçon du ms. » serait un parfait défini , et d'ailleurs contraire à la rime (1). — Le verbe traire est le mot habituel pour « s'attirer » une perte, une peine (cp. v. 34). 32. Pour la conformité avec le verbe desduire du v. préc. , j'aurai bien fait d'orthographier li desduis. 33. Deviser, ici méditer, opposé  dire (énoncer). 36. Desconrir sa raison, locution <=» lâcher le mot. 13 (pp. 30-32). 9-16. Il est difficile de pénétrer les allusions que renferme cette strophe et de préciser le reproche de déloyauté contre lequel l'au- teur s'y défend. Cette difficulté tient autant aux termes tout à fiiit obscurs couverture de sous et mètre en traine, qu'aux alté- rations que le texte paraît avoir éprouvées. Le mot saus peut représenter l. sauft, 2. sauts, 3. saules, 4. sceaux. Le dernier terme parait le mieux convenir au sens, mais la contraction saus p. seatioo, n'est guère admissible pour l'époque de Bethune (2). Ose- rait-on, a rencontre des trois mss. , proposer la correction coverture de fous, qui se comprendrait facilement? Quant à traine, il pour- (1) Le Bif . A, il Ml boo de U noter, mi cnriio à la l«ilott f de U preaikn penoMM de riadicatlf prèMot, même k U première copjngeieon. (T, Uae eÎDqaième interpréietioa de eaiM sertit celle per êou* (plar. de toit o^) \ naif Je ne pfts que evtie forme puitae être attribuée k la langue de notre auteur. 282 NOTES EXPL1CATITE8 (pp. 31-36). rait être un subst. formé de traîr, comme haine de hafr^ gesine de gesir^ ce qui donnerait & mettre en traine le sens : aliéner ou s'approprier traîtreusement. 11. On a oublié une virgule à la fln du vers. 12. J*ai, dans les variantes, suspecté le mot meeprie & cause de remploi du même mot à la rime; j'aijeu tort, car il peut fort bien être ici le substantif verbal de meepriser. 18. Je comprends le jurement se Dem me doinst santé ou para- dUy mais un souhait portant sur de bons chevaux est étrange, & moins quilnesoit exprimé par un homme qui est sur le. point de se mettre en voyage ou qui veut Aiir. 23. Faus covines, les fausses situations, les procédés ambigus. 26. Vers obscur. — 27 L'absence de césure rend la variante préférable. 30. Mal ofr, se fi^re un mauvais nom (cp. lat. maie auâire). 31. Encore une allusion qui m'échappe. — Je vois que Dinauz a mis châtelainne^ qui n*est dans aucun manuscrit. 44 (pp. 82-^). L'attribution de ce morceau à Queues par le ms.  est mal assurée & côté de celle des mss. CD, qui le placent sous le nom de Guillaume le Yinier. 2. Covenant, circonstance. 10. Avenir^ ici convenir. 14. Gasson, cas-régime de Gasse» Il s'agit du chansonnier Gaces Brûlez, On pourrait tirer de la mention de Gasse un argument contre Tattribution de notre chanson à Quenes de Bethune, si, comme on Ta cru longtemps* Gasse était le contemporain du roi de Navarre ; mais M. Paulin Paris (Hist. litt. de France t. XXIII, p. 564) a réuni plusieurs faits autorisant à reculer d'un demi- siôcle l'époque où Gasse Brûlé chantait ses aventures amoureuses. 15. Tout aoantf en évidence. 16. Les sorties contre la « gent anuieuse » des mesdisans et losengiersy dont le métier consiste à brouiller et à détruire le bonheur de deux amoureux, sont en effet un lieu commun dans les chansons d*amour de tous les pays. r QUSRBS DE BÉTHimE. 283 19. Le sens semble ôtre : « Loin de s'en souder» ils n*en vont qne mieux leur train. » D*aprôs la leçon de CD, il serait : « Ils en sont r^ouis et bourdon (bourdeurs ?). » 21-22 « Ce qui les (les médisants) pousse à médire, c'est qulls (les poètes) élèvent des plaintes contre leurs intrigues {tricherie), » 28. Soufflrant^ patient. — 30. Bel^ le beau temps. 31. Sospeçon revôt ici Tacception « inquiétude. » 34. Atendre suivi àeen ^ espérer. 35. Son bon^ sa décision. 36. Diuqu'en som^ Jusqu'au bout. 38. A mon créant, selon ma promesse (la promesse faite à moi) ; cp. V. 52 mon convenant. 40-42. « Puis Amour me dit encore que la Jouissance fait défaut dans l'abondance, quand Tagrément n'est rehaussé par le désir » ; la satiété déplidt. 43. Mon don^ mon lot. 46. Mescroire^ avoir (ici exprimer) une opinion défovorable sur qqn. 48. La mole fuUcn revient À dire : la chétive portion qui m'est accordée. 11. GUILLAUME DE BÉTHUlfE. 1 (pp. 35-37). 8-9. « Elle peut m'accabler en toute sûreté, car il n'en sera tenu compte », ou mieux peut-être : « il ne sera pris de mesures (conroi, disposition) à rencontre ». Au fond, J'aurais pu maintenir la leçon courrons de mon ms., qui présente un sens teôs-plausible. 10. Le sujet du verbe ient doit ôtre le même que celui des verbes puet (V. 8) et fera (v. 12) , c'est-à-dire la dame qui occupe la pensée du poète. Le pronom U paridt être fautif; le dernier sub- stantif masculin auquel on puisse le rapporter, est lieu, mais pour soutenir ce rapport, il fl^udrait forcer le sens de ce mot et lui assigner métaphoriquement la valeur de « personne », cp. estre marié en haut lieu « à haute personne, ou mettre son cuer en tel lieu (M, 5 ; 72, 12), vouer son amour à telle dame ; il est donc 284 NOTES EXPLICATIVES (pp. 36*39). préférable de faire disparaître le pronom en corrigeant, d*aprô8 G : carne set peu, 14. Double est actif, «je redouble ». 18. Peut-être vaut-il mieux lier ce vers au suivant. 20-21. Ces deux vers devraient réguliôrement rimer en i, 27. La grammaire exige vatUans. 32. Yerai a ici le sens forcé : précieux ou pur. 35. Par un pou équivaut & la phrase « peu s'en fallut ». 2 (pp. 38-40). 1. Ce premier vers est également celui d*une chanson d*Adam de la Halle trôs-répandue dans les chansonniers (elle est imprimée dans les Œuvres complotes de ce trouvôre, publiées par M. E. de Coussemaker, Paris 1872 , & la p.^04) ; aussi M. Maetzner (p. 270) avait-il pensé que la piôce qu'il savait exister avec ce début et sous le nom « d'Adans le bosus d'Ares » (» Adam de la Halle), dans le SIS. de Berne, devait ôtre la même que la nôtre. Les deux pièces sont loin d*étre identiques, car Tune chante Pamour mondain, Fautre Tiynour du Christ ; mais, pour ôtre diverses d'esprit et de texte, elles ne sont nullement indépendantes Tune de l'autre. Le trouvôre d'Arras a emprunté à son devancier, l'avoué de Béthnne, non-seulement littéralement le premier vers, mais aussi le nombre des couplets, la construction rhythmique et la disposition des rimes. Les emprunts de ce genre étaient, comme on sait, trôs-Aré- quents parmi les poètes aussi bien du Nord que du Midi de la France. ^ L'amoureiue loi, la religion d'amour. 2. Vaut, forme dialectale ùevoitt^ vot (voulut); les mss. varient ainsi entre tauU et tout (de tolir), entre caup et coup, 8. Faire envoi, faire offrande, sacrifier. 0. « Qu'il nous accorde de Taimer à tel point. » 10. Reçus, accueilli, hébergé ; cp. S. Paul, Ep. aux Ephésiens III, 17 : « Tellement que le Christ habite dans vos cœurs par la foi. » 11. Disne, forme variée de digne (v. 23) très-fMquente ; on voit la môme permutation de «n et ^ dans maignie p. maisnie , règne p. resne (rône). 13. Bn recoi, secrètement, mystérieusement. IL GOILLAUIIE DB BÉTaUMB. 38S 16. RepM^ participe de répandre, cacher. 18. Il manque une virgule o,^rès pris. Le pronom îi est réfléchi, « À s*armer ». La chair et le sang sont considérés comme !*armure nécessaire au Fils de Dieu pour accomplir sa mission de combat [tournoi, v. 21). Op., pour cette métiH[>hore, le passage de S. Paul aux Romains VI, 13 : Appliquez yos membres pour être des armes dejustice&Dieu. 22. Soufirir, permettre, laisser, comme donner (y. 9), est régu- lièrement construit avec Finfinitif pur (sans de ou d). « Où il laissa détruire (litt. dépecer) ses membres (Utt. ses armes, voy. la note préc.) ». 25. Càlengier{àsig\. challenge), réclamer en justice, disputer une chose À Tennemi ; voy. sur Tétymologie du mot le glossaire de Gachet. 26. Essov^er, effacer. Je me suis occupé de ce verbe dans mon Glossaire de Froissart, oùj*aitAché de le ramener plutôt ÈLex- orbare (priver, dépouiller) qu*& ex-sorbere. Tout bien considéré, il me semble qu*ii est plus simple de ne voir dans essorber qu'une variété de forme de assorber (cp. Talternation esconser et ascon- ser, estele et astele, estes et astés, etc.). Or assorber ou assorbir, au sens de détruire, faire dispandtre, est connu ; Renard 5S92 : Deables le puist asorber Quant il nos fet tant de mal trere . En tout cas notre essorber est indépendant de essorber (prov. eissorbar), aveugler, qui vient de orbe, aveugle (voy. ma note, Jean de Condé, t. I, p. 417). 32. A pendre, à être pendu ; cp. 89, 24. 34. Supprimez dans les Variantes du texte (U ligne) : 34 Ms. Ne doit m, p. amer. Ces mots s*y sont glissés par mégarde ; ma leçon est conforme au ms. 35. En anticipe sur de ses biens, complément de oacier hors. 38. Adosser, propr. mettre derrière» flg. négliger, oublier, cp. Texpression métaphorique tomer le dos derrière S07, 52. 41. « Entrer dans le pli », c*estr&-dire prendre le pli, est une expression figurée que Ton ne s*attend guère à rencontrer chez un poète de la deuxième moitié du 12* siècle. 286 MOTBS BXPLiCATtvES (pp. 3946). 43. Preuc (contraction de pareue) que, ponrva que ; voy. la Gramm. de Burguy, II, 318. 45. Justicier, midtriser, dompter, corriger. 46. Sstre mus (de movoir) en volenté, prendre la résolaiion. 49. Tenser, d*ordinaire défendre, protéger, ici s'adjuger, récla- mer à titre de droit. Selon Qaston Paris (Remania IV, 480). tenser serait distinct (i*origine de tender (ai^. tancer) ; Je partage son avis. III. DUC BB BRABANT. 4 (pp. 41-43). 1. U'B OU, forme résolue de et, contraction de en le; cp. de le devenu del, dou, du. 2. Ssmovoir de, inciter, engager & ; cp. semondre de 45, 19. 3. Née, subst., créature, personne'; dans la formule rien née (Vescie & prestre 303) » chose. 5. Ligement, sans réserve. 7. Ellipse de la coiyonction que. II. Joli, joyeux, gai. 13. Sentir faisait anciennement au participe passé aussi bien sentu que senti (45, 21) ; cp. vestir, part. vesH et vestu. 18. Amender, sens neutre, devenir meilleur, profiter (au sens moral). 26. Ait retenu, selon la syntaxe ancienne , est équivalent de retienne ; Fauteur se place au point de vue du fait accompli. Rete- nir » accepter les services, faire bon accueil ; ainsi « retenir une chanson » 75, 15. 34. Avancier, faire prospérer, puis mettre en honneur (cp. v. 40). 38. Enientis, nomin. sing. de ententif fattentif, soigneux). Wil- lems s^est singulièrement trompé en traduisant le mot par « cependant ». Il y voyait sans doute une altération de 0»-/aiu2i». 39. Mais, désormais. 45. Dinaux traduit adés par « à présent » ; c*e8t une erreur ; la signification constante de cet ancien adverbe est « continuelle- ment, toujours ». m. DUC DE BRABANT. 387 51. Sans euidier, certainement ; euidier implique Tidée d*ane simple sapposition ou présomption. 52. Sêkm^er, ^éloigner, se séparer. La forme non réfléchie prévaut à l'infinitif. 56. « Ce cuensjoli de Flandre, cet ami si cher, c*est probable- ment rinfortuné Guillaume, auquel Henri était lié par des liens de parenté, pAr lin traité d'alliance, et plus encore, par une con- formité de goûts dont Thistoire littéraire a conservé des preuves nombreuses. Le frôre et le successeur de Quillaume, Guy de Dam- pierre, n'apparaît jamais comme un intime ami du duc de Bra- bant. » A. Wauters, Henri III, duc de Brabant, p. 9. 2 (pp. 44-46). I. Les anciens employaient indifiTéremment, suivant les besoins de l'harmonie, monde et mont (cp. v. 9). 4. lf>, p. me, tant comme régime direct que comme régime indirect, est une forme partiouliôre au dialecte picard. On trouve toutefois me aux vv. 16 et 20. 5-6. « On peut, toutefois, trouver une plus forte impulsion encore à chanter : ce sont les ennuienses gens , qui se piquent d'avoir choisi la meilleure du monde ». Telle me parait dtre la pensée de l'auteur. 7. Sstre ami, locution Mquente p. aimer^ être amoureux. II. Maietrie, empire, force. 13. Chans trouver équivaut & « faire de la poésie ». 14. Orendroit^ aussitôt- 20. Mainte lat. manet, présent de manoir. 22. Feraif c-A-d. je la sentirai. 26. Corrigez li au lieu de le. 28. Les formes sien et stten (chans préc. v. 36) varient selon les habitudjes dialectales des scribes. 29. Aitcui, aujourd'hui. 31. Ssgarder, regarder, considérer. Esgardés dont est une for- mule fréquente qui revient à dire : « On conçoit donc ». 32. A la foîe, parfois ; sur la forme foie, voy. mes notes de Berthe aus grans pies, 1492. â8S NOTBS BXPLICATIVBS (pp. 4S-S0) . 96. Notei remploi imporsoimel de daigner, aum 4*iui infinltir. Il y a da reste ici redondance d'expression ; la .phrase 8*analyse ainsi : S11 pouvait vous convenir (litt. sembler digne) que le sacri- fice de mon cuer et cors vous vint en gré. » 40. Ve muet de Joie compte ici (et souvent) comme syllabe, — Déport, plaisir. 44. Màuparîier, médisant Ce mot se -retrouve dans le-prov. mal parlier, et Tanc. ital. mal parliere. 3 (pp. 46-48). 5. Stbanoier, se promener, cp. 174, 367 ; dSd, 225. 7. Truis, !• pers. sg. du prés. ind. de trover. 8. Pattore, bergère ; ce mot n*est pas, & mon avis, le correspon- dant féminin de paetour (& la manière de Tesp. amadara), mais il répond À un type latin pastoria (àepoitoriue) (1). 12. Dis est un parfait ; le lO'ésent serait di. 14. Ibuse, jeune fille, du lat tontue, tosus, v. firanç. tous, ras, imberbe; de la touseott, garçon, touseUe ou touseitcyeiahià fille. L*opinion de Burguy : « de intonsus, avec rqiet de la préfixe, proba- blement par opposition à l'esclave À qui on rasait la chevelure » , est insoutenable. 20. Mescreant, méfiant, soupçonneux, jaloux. 23. /u, jeu ; on disait de même fU p. ffu. 24. « Rendre son cœur « était la locution usuelle p. « porter ses amours ». 25. Car, adverbe exhortatif, cp. vv. 37, 49. 26. Creanter , forme contracte cranter (d*où Tangl. grani) • assurer, promettre. 32. Cloée cTargent, garnie de clous d'argent . 33. Bonement, non pas « bien », mais « avec douœnr » ; v. 56, de bon gré. 39. Gaster, fttire inutilement, sans profit. 40. Vh gant, cp. 68, 26. 41. Yostre bobant, vos promesses pompeuses. (1) J« rtooDiiaif, toatefoit, qaa 1m lrooTèr«9 da Nord poniraient Ttroir ampranU «n pro- Tençal paitta. t DUC DB BRABANT. 289 46. « D*ailleur8 yos présents, Je ne les tiens pas encore. » 48. Prometetts ; la substitution de la désinence ettx & eur est un fait de la langue populaire qui, comme on voit par notre oxemple, remonte trôs-haut. C*est , je pense, & cette substitution que le féminin en euse (« laveuse, prêteuse ») doit son origine. Il reste incertain, toutefois, si la forme en eus est ici le fait de Fauteur ou celui du scribe (voy. les var.). 51. Le maUn^ demain. — 52. Convenant, promesse, et ce qui en fait Tobjet. 54. 0», eus. — 60. Manière répond ici au terme moderne compo- sition. 4 (pp. 49-51). 5. S( avant, si avancé dans son intimité. 6. Abandoner^ ici lâcher, faire prendre son vol; cp. le sens figuré de « lancé ». 7. S*amor8, Tamour du chevalier. — Aloignier ou àUmgier a eslongier^ s'éloigner ; aler aloignant^ syn. de aler faillant v. 9. 11. « Si, outre la passion chamelle, on lui témoignait aussi de la bonté et des manières aimables. » 14. Point de, quelque peu de. 18. Abandonéement, sans réserve, à discrétion. 19. La défectuosité métrique de ce vers serait levée,'si au lieu de de ce on mettait de cette. L'expression cette ou ceeti (» cette chose, cela) est bien connue. 20. Tant que, pour autant que. 21. Se garder d'une chose, ici y prêter attention, y rendre hom- mage, la cultiver. — Sainement, avec sobriété. 25. Ser p. serfQe sers). — Engrant, désireux, passionné. 26. Covenant, synonyme de covine, manière d'être, disposition, au moral comme au physique ; ici « tempérament. 28. « Je lui conseille vivement qu^elle vous mône avec prudence. » Tondant est adverbe, équivalent de tendamment, pr. avec ten- sion. Maint ne peut être rapporté à manoir, demeurer, car ce doit être un subjonctif, et le subjonctif de manoir serait maigne. 29. Le sens de la réponse du duc ne se dégage pas nettement. 19 290 NOTES EXPLICATIVES (pp. 51-S6}. 36. Passé, constaté, certain ; c^est un terme parUculièrement familier au protégé du duc Henri, Adenés le Roi. 41. Desevrét pr. séparé ; nous disons, par une métaphore sem- blable, décidé, tranché. 42. Estris, nom. sing. de estrif, dispute, synonyme de tençon, 44. Eaotd de Soissons, deuxième fils de Raoul de Nesle, oonna par sa participation aux croisades de 1239 et de 1251, et comme chansonnier, voy. Hist. litt. de Fr. XXIII, 698. ^Faire sevrée, péri- phrase pour « se sevrer » (60, 13), abandonner* renoncer, syn. de départir, repentir, recroire, se f oindre ; le contraire est exprimé par faire emprise, 68, 3. 47. Le comte C^r2«« efA9^oi4,û*ôre de ssânt Louis, né en 1220, couronné roi de Sicile en 126ô, mortenI285. Voy. le Romancero français, pp. 119-124. IV. GILBERT DE BBRNEVILLB. 1 (pp. 52-53). 12. Ligemeni, absolument, sans réserve. 20. Souduiant, propr. séduisant', trompeur, puis pervers en générai ; forme concurrente de sotiduisant. 24. Nuisant, synonjrme de anemi v. 28. 28. Remplacez le point d*exclamation par une virgule ; si Dex était un vocatif, il faudrait suefres, qui contrarierait la mesure. 34-35. Peut-être vaut-il mieux ponctuer ainsi : As félons : de leur envie se dolent pr. ; on aurait alors & faire au réfl. se doloir. 33. De tant = por tant. 35. Dolent est moins correct que dœlent ; Vo du radical deve- nant tonique, il doit se modifier en oe {eu). 42. Anchiel (Andau, Ansiau » Anselme) de CTiastel; ce per- sonnage, auquel le poète, par renvoi de sa chanson, paie une dette de reconnaissance, m*est inconnu. GILBERT DE BERNBVILLE. 291 2 (pp. 54-56). 8. 0, formé concurrente de oi (J*entends). 14. Aince^ 3e pers. sing. du prés. subj. de aimer ; cette forme est anomale et particulière, parait-il, au dialecte lorrain dans lequel le ms. de Berne est écrit. J*ai noté dans ce ms. également un sul^. esgairce (de esgarder), (3ette forme s'est-elle produite sous Tinfluenoe des subjonctifs régulier sence (sentiat), siéce (sedeat), mece (mittat), et sembl. ; ou Topinion de Burguy (I, 244), d*aprôB lequel le sahioncUf doinse serait une simple modification phonique de doinge^ doit-elle prévaloir ? 15. « Quand Tun et Tautre sont contents. » 16. Ferme^ie confirme, sanctionne. 24. Obetr, ici complaire, se montrer favorable. — Tel gent^ c^est- à-dire « des hommes imberbes ». 26. Née^ pas môme. 81. Par vostre merci^ ou voztre merci tout court, répond & nos formules : permettez ! s*il vous plait ! 36. Père de chastel est obscur ; le ms. porte (ceci soit dit en cor- rection de la var. donnée sous texte) : Se U eanible il peirs de chaietels. Le sens est-il a pair de ch&teau » ou « égal en avoir » {chastel p. chcUel) ? 40. Tuit, voy. aux Variantes. — La bonne leçon pje croi pour- rait bien être f espoir (au sens de a je présume »). 45. Riveh opposition, contestation, cp. 7, 48. 46. PasseU lat.jpaâ»7Zu«, pieu, échalas ; c*est le moi paisseau de la langue actuelle. 59. Espoir^ ici opinion, avis ; j*ai déjà relevé cette signification dans mon gloss. de Froissart ; cp. pi. h., v. 40. 61. Je laisse à d'autres d'examiner de quelle comtesse il s'agit ici (1), ainsi que de déterminer le personnage mentionné au v. 65 sous le nom de chastélain de Biaume (un chastelain de Biaumés est cité, dans Philippe Mousket, v. 30^483, parmi les croisés de 1237). (i) Si la eiMut joli de Pliodrt, p. 43, rt, 56-57, est Oaillaams de Dempierra, mort ea 181, •B ea nlorieé % ^nfOÊitt Béatriee de Covrtni (fllle da due de Brebanl), qui i^avalt époaaé ea IM*) et qai lai tarvécol Jotqu'en 1288. 292 NOTES EXPLICATIVES (pp. 57-67). 3 (pp. 57-59). 9. Jes = je les; le pronom les se rapporte iiamors^ que les poètes traitaient, confusément, de singulier et de pluriel ; cette confusion se présente surtout dans la strophe suivante, où nous voyons d*une part J^s (v. 10). d*autre part son, à li, elle ; on peut aussi, il est vrai, rapporter mentalement ces pronoms à cette tme mentionnée au v. 4. 19-22. Les leçons des mss. BEGL font disparaître rirrégularité, par laquelle ces quatre vers, tels qu'ils se trouvent dans A, sor- tent du système de rimes aussi bien des deux premiers couplets que des deux derniers. 30. Ici encore la leçon des autres mss. sauve la rime. 33. N^afiert, n*est pas en rapport, ne s'accorde pas. 37. La Béatrice qui a inspiré cette chanson et plusieurs autres, est ailleurs (Chanson 12, v. 41) qualiflée de « dame d*Audenarde ». M. le baron Kerv3m de Lettenhove a donné d'intéressants détails & son siget dans les Bulletins de TAcadémie, t. XXII (1S55) , 1* partie, p. 398 : entre autres une lettre (sans date), d'où il appert qu'elle avait été invitée, par la veuve de Guillaume de Dampierre, Béatrice de Gourtrai, & lui tenir compagnie dans sa retraite au ch&teau de Gourtrai. 44. « Erard de Valéry était, comme on sait, un preux chevalier dont la gloire se rattache k l'histoire des croisades de saint Louis et ÙL la conquête de Naples par Gharles d'Anjou. » P. Paris, Hist. litt., t. XXIII, 579. Son nom figure aussi dans un curieux récit, inséré dans le Romancero français, p. 121, où il est cité comme un chevalier de la suite du jeune comte d'Ai\îou. i (pp. 60-61). 16. Assembler^ ici joindre, affermir. 22. Controver, subst., invention, machination malveillante. 34. Achîever, sens neutre, venir à chief, & ses fins, réussir. 38. Sans destomer^ sans hésiter, sans broncher. GILBERT DE BERMETILLE S93 8 (pp. 61-63). 5. Evidemment, savoir a ici, comme sonvent, la valeur de « faire savoir, signifier ». Le sens est donc : « Ma chanson lui fera pronon- cer ma joie ou mon supplice ». 17. (hsise^ ici disposition, humeur. — 20 Franchise^ libéralité, noblesse d'âme. 26. Fcùre hoir (héritier), mettre en possession, « saUir (60, 10). 6 (pp. 64-66). 7-8. Mettez une virgule aprôs vivcmt ; la phM vaUlani est un datif régi par fins amis (v. 6). 23. MerveiUes, adv., & merveille, puis synonyme de forment^ durement. La finale s accuse le caractère adverbial du mot. 25. Meri, ici mérité, ailleurs récompensé (67, 34). 36. Doins, je donne ; 1*5 final dans cette forme (la forme régu- lière est doin, doing) est, à Tavis de Burguy (1 291), produit sous nnfluence du subj. doinse (coexistant avec doinge\ doingne), 9*per8. doinst. 4». Le soi 'm de li, d'elle. 7 (pp. 66-68). 3. Requerrai n'est pas ici le flitur de requerre^ mais une modi- ficationde recrerrai (cp. 89,9; 121, 26), futur derecrot're, se rendre, abandonner la partie* cesser. Querrai p. crerrai est une forme picarde trôs-ft*équente. 12. Souverain de, éminent en« distingué par. 20. Paire » lat. pareat ; « qui ait Tapparence d'un amour sin- cère. » Oette traduction, toutefois, n'est rien moins que sûre ; la pensée de l'auteur doit être plutôt : « si je puis en obtenir une faveur, qui soit égale (proportionnée & ou digne de) mon loyal amour. » C^la nous porte vers un paroir » parem esse ; mais la construction avec de est étrange. 27. Avancier, neutre, tirer avantage. — 37. Enfance^ folie. S94 ROTES EXPUCÂTIVES (pp. 67-76). 39. Ouarandir^ sauvegarder. 44. Car, coigonction exhortative. — 47 Cheance, chance, bon- heur. 8 (pp.6ft.7i). 14. Baisnier, parler. ~ 15. Chapél, couronne de fleurs. 20. Trais, parf. défini, 1« pers., » lat. traxi, 26. yat4Ci forme picarde p. voue, t;oe(yolui);cp. coup p» coup, vautrer p. voutrer, etc. SO. Nue de dras, dépourvue de linge. Je préfère la leçon : povre de dras et nuete. 99. U H ol) vaueeî, dans le vallon. 52. A cest coumencier^ pour commencer, pour le moment. 61. Je ne sais que faire du mot JamueL Serait-ce quelque dimi- nutif dialectal àe jambe f de manière que le sens serait : a Longue jambe ne leur profitera pas (pour venir assez tôt). » J*avoue qu'une formation JomueZ est bien risquée. Ou faut-il lire : de lonc (de loin, au loin) Jd muel (des gens muets, qui ne répondent pas à mon appel) n'auront recouvrier. Laborde traduit notre vers par sir» de Longjumeau (!). 62. Recouorier, dédommagement, avantage. 63. Avoir son avel, arriver à ses fins« cp. 155, 36. Sur Torigine du mot, voy. Diez, II, 212. 64. Laisnier, lâche ; variété de lanier, sur lequel, voy. ma note Baud. de Gondé. p. 416. Vs est intercalaire. 66-67. « Je fis & la folichonne tout son boa gré. » Cependant, foliete est un mot suspect ; le diminutif de rac^ectif /bZ ne peut se terminer en iet Je crois donc que la bonne leçon est : Toute la flsjoliete (je la mis en bonne humeur). — Ou fbliete serait*il un diminutif de folie f et « faire la foliete » » folâtrer, &ire Tamourt La soie merci signifiera alors « de son plain gré », cp. 155,34. GILBERT M BERIIETILLE. 295 9 (pp. 71-73). 11. Oi, eas; plus haut, prise dans le môme ms., la forme eu (66, 9) ; le ms. D donne (ici et 74, 3) ^uc. Les grammairiens assi- gnent 01' au dialecte bourguignon, eut*, ettCt eu au picard. 12. Ou (ai el) haut lieu revient h dire « & Fauguste personne », ▼oy. ma note 86, 10. 18. Avoir en couvent, ici non pas, comme d'habitude, « promet- tre », mais « se proposer ». 25. Garni, prêt, résolu. 83. En mon aé » mon vivant (64, 7). Aé représente lat. aetat^em^ mais il y a & noter le changement de genre. 41. Devisé, souhaité, ordonné. 42. Tendrai, tiendrai. 49. Cette phrase peut être prise comme interrogative. 53. OiUes de Neuville paraît avoir été, comme Gilbert de Ber- neville, voué & la poésie et admis dans le cercle qui se réunissait au ch&teau de Courtrai autour de Béatrice, la veuve de Guillaume de Dampierre. Le baron Kervyn (Bull, de TAcad. t. XXII, 1* p., p. 398) nous apprend qu*il figure comme témoin dans la charte de 1283 qui rdgle les prétentions de Béatrice de Courtrai. — Moîléf Jeté en moule, bien formé. ^ A/tciement, fermement 10 (p. 74). 2. En descroisiont, la lune étant dans son décroit. 5. Meeeheani, malheureux, litt qui tombe mal, mal loti. il (pp. 75-77). 18. Cor, coi\jonction exhortative, synonyme de car. 18. Drover, composer (cp. 83, 50). — 20. Dervé, appliqué à des noms impersonnels, veut dire endiablé, maudit ; de même v. 88. 25. Bngigngnié , synonyme, mais étymologiquement distinct, de engané, trompé, mis en perte. 89. Bnchanté (synonyme de dervé, engingnié, enfantoemé) , ensorcelé, abusé. 296 HOTES EXPucATiTES (pp. 77-88). 52. DesotÂS vostreespée^ soub votre puissance (jus gladii). 56. A durées sans cesse. 63. Bernés, demeuré. ^ 65. Idete , var. Yfeme » Euphemia. 12 (pp. 78-60). 2. « C'est un proverbe d'ancienne date. » 12 S^aurai, jusqu'à ce que j*aie. J'ai d^jâ relevé à plusieurs reprises cette valeur de la coi\jonction si ; après une phrase négative. 26. « J'ai perdu ma vie. » ^.Assés se lie à plus, « beaucoup plus ». 65. Jefumne (régime, Jetumain) est la personne servant d'inter- médiaire entre le prisonnier et la dame qui le tient en captivité (par enfantillage, sans doute). Cette dame est. comme l'indique nettement le v. 41, combiné avec v. 31, Béatrice, dame d'Aude- narde, sur laquelle voy. Chanson 3, v. 37. 67. Enprisimé paraît avoir ici le sens forcé de « fait en pri- son » ; ou peut-on lui prêter la valeur de « cacheté » ? 13 (pp. 81-63). 6. A hiretage, locution usuelle et synonyme de à durée, à demeure. 14. Aîever, accroître. — 15. Par outrage, d'une fagon illicite. 18. Eausage, hautaineté, orgueil. 19. Bonté, acte de faveur. — 20. Nel » ne la (picard ne lé). 22. Del repentir, de se dédire ; -= s'en partir v. 25 ; cp. 84, 24. 23-24. «Car elle ne doit aucune prestation {servage), quand elle voit qu'il est en reste avec elle. » On peut, toutefois, aussi traduire ariérage par pr^udice, dommage. 26. Se tenir, se retenir, s'abstenir. 30. A tel fUerj de telle manière. — 31. Oïr, écouter, exaucer. 33. Savoir de langage, savoir parler, est une expression trop fréquente pour que J'eusse donné la préférence à la leçon plus facile des autres mss. ; je voudrais, toutefois, corriger savent si de bel langage. GILBERT DE BERNETILLB. 397 39. (M » si on ; le pronom le du y. 41 ne se rapporte paa & la personne « qui a oonquesté », mais au fait môme. 41. Bornage^ comme voMelage y. 9, action cheyaleresque, glo- rieuse. 45. Sstre au passage^ ôtre en bonne yoie pour arriyer à ses fins. 49. Daint^ de pers. sing. du subj. prés, de daigner. { k (pp. 83-85). 1. EoMte chose a en amor » liante chose est amors; tour usuel et caractéristique de Fancienne langue. 11. Sans movotn immuablement. 73, Faire son pior^ se faire du tort. S7. Les est en rapport ayec le plur. amors y. 23. 29. Corrigez 5'i p. âtf ; « on {Ven) doit s'y tenir ». 45. S^apent^ mieux s^apenst^ subj. prés., 3« ps. sing., de s^apen- ser =s entendre, tendre, 8*appliquer &. 50. Ellipse de que ; prison (masculin), prisonnier. 1 5 (pp. 86-89). 2. Sn vostre eouioent^ engagé & yotre senrice. 12. Entrepris, accablé, harassé. 16. Lisez con p. c'on. 27. Qes » je les. ^ 40. Tti, nom. sing. de vif, vivant. 45. Porquerre une chose à qqn., la lui faire avoir, ici l'en accabler. 46. Nuisemeniy moyens de nuire. 56. La virgule après damoisele est de trop. 57. Tasse est sans doute le nom du personnage auquel la demoi- selle est priée de s'adresser. 58. Estre nuisis, ôtre attaqué ou lésé. La tournure passive d*un verbe proprement intransitif, comme nuisir (nuire), ne ùâi aucune difficulté ; elle a son analogue dans estre obef ; mais ce qui m*ar- rôte, c*est la forme insolite du participe nuisi (la forme normale est neù). On serait ainsi disposé & corriger naisis, ennuyé, mot peu 9K NOTES BZHJCàTITtt (pp. 88-96). eoium, dont Ja me sniBoocopé dans moftgloaiaire de FfoiasariU). 60. Bap^er ; lee droonstanoes sons Fempire desquelles Botie chanson a été composée, étant inoonnoes, on ne sait s*U iknt tra- duire ce verbe par rappeler, ûore revenir (ce serait le ûdtde Tasse, qu*ii s'agit d*impl<»^er), ou par « rappeler au souvenir, recommander» (le rappelant serait alors la dtimo£sd2tf); cepen- dant je penche pour la première interprétation. 61. Feront doit être une faute p. ftra; sinon, il firadrait avoir recours à la tournure très-rare feront crever » crèveront^ et encore fhudrait-il li cuer (nomin. plur.) au lieu de les cuere, 16 (pp. 89-91). 4. Nie « neii, née (ne ipsum), pas même. 9. Becrerai, pi. haut (66» 3), nous avons rencontré la forme requerrai ; « et je renoncerai ÈL^.Se reeroire se confond, pour le sens, avec se retraire du v. 20. 27. Ponctuez ainsi: Certes , amors desloiaus^ Jd,.. Qe mot amors est au vocatif). 28. Decatts, desoaus, déchaux, déchaussé , pris dans un sens métaphorique : dépouillé» réduit & la misère. 86. S'aidier de^ expression consacrée pour « fhire usage , se servir ». 38. Justisier n'a pas ici la valeur de « faâre justice, châtier », mais celle de « incriminer, adresser des reproches ». 17 (pp. 92-95). 4. Mieux vaut la leçon son que 2or, puisque amors est traité de singulier dans la phrase suivante. 6. Asené peut être aussi bien rapporté à asener^ diriger, adres- ser (de sent direction), qu*à asener (» assignare), placer, établir. 18. Joliveté est le terme propre, chez les chansonniers, pour le « plaisir » que donne le culte de Famour. Au sens abstrait, c*est la (l) Cad «lail éerit qaand je ■• Miis rippeU an participa wiIm du» Bia4. da Goadé (p. K^ ▼. en) : « Ma fiana loiaatéi .at ma faii M*a or maUd h etatafoii • (la «ariaMa, laviaMt, parla : ai*«fO«Mlii). Aoisi dans Band. da Saboore p. 00, v. Ml. gaité ; aa concret» la came (la liaison amooreiue) qui la pmduit, on la chanson par laquelle elle se manifeste (70« 28 ; 96» 2). 28. Creanier^ promettre, puis assorer* affirmer. 29 etsaiv. J*ai beaa tourmenter ces-yers de tontes les jQiK^ns, impossible d*y découvrir un sens satis&isant. Voici, tels qu'ils se présentent, ce que ces vers expriment : Pas plus que le soleil luit en été pendant la nuit, il ne peut rendre Tair rayonnant ni Tap- parence, ni n*est comparable à nul des autres attraits, ni au doux sourire de la belle Béatrice. » Evidemment» oe pasBage est malade. — Se prendre » se comparer, est connu. 41. Somumterts:^ poster (v. 39), surpasser. 44. Clés^ clef de voûte? ou « celle qui donne accôs » t 46. NéSf pas môme. 56. Déshérité^ dépossédé. — 60. 0», j'entends. 18 (pp. 95^). 10. £nettr^ p. oneur ; assourdissement de To, comme dans ê^or p. sqfor^ demaine p. domaine. 16. Ellipse de que. 49 (pp. 96^. 4. Sanêplui^ tout simplement 28. Aidier^ rendre service. -- 31 Doner poair, ici mettre en situation, rendre capable. 36. Emploier, pr. appliquer, destiner (une faveur, un don, un service 66, 47) ; s^empMer^ se donner. 40. Par ettovair (ou estavoir 184, 39), formule affirmative, pr. par nécessité, infailliblement, mais aussi a certainement ». 20 (pp. 98-100). 3. Par, adverbe complétif du très qui suit. — Chier tans , disette. 9-10. Nus peut être envisagé soit comme a4iectif indépendant, » desveUus (il faut alors le fliire suivre d'une virgule), soit comme 300 ROTES EXPLICATIVES (pp. 96-103). Fadverbe de desvestus, ayant pris (selon l'usage des anciens) la flexion de ce dernier : « dépouillé jusqu'à la nudité ». 12. Reprendre, prendre racine, grandir, se multiplier. Gautier d*Argies : Et orgues (orgueuil) et cruautés Est reprii et raneinés. Gp. aussi 115, 34. 15. ^en faindre, y mettre de la lenteur, de la mauvaise volonté. 16. Et si^ et pourtant. 2St. Contenement, attitude, manière d*agir; le mot est resté en anglais. 33. Mes couvenanz, ma situation, les circonstances où je me trouve ; synonyme de couvine, affaire. 35. Renumoir, rester en arriére, puis « ne pas se faire ». 36. Taint, terni, troublé. 43. Glaçant, glissant, ûg. insinuant. 46. Je pense que le si^et depaint est Deœ (il faudrait donc sup- primer le point d*exclamation) et que li se rapporte à ïamie. 52. Aorer (adorer) est construit avec le datif, de même queprt^, demander « enorter et verbes analogues ; cependant Taccusatif est plus souvent employé. 21 (pp. 100-102). 6. Paire (deparoir),Ee produise, se fiaisse entendre. — 7. Ren- voisiement, gaiement, JoZièmen^ (103» 1). Renvoisiéne dît rien de plus que envoieié. 16. Essempîaire , preuve , certitude ; ces signiflcations se déduisent assez naturellement du sens primordial « chose qui démontre ». 17. Al droit jugement, à tout bien considérer. 25. Recordement, souvenir. — 26. Si fin dehonaire^ si vraiment doux. 29. Mairier, prendre le dessus (cp. 126, 41). Trois étymologies ont été mises en avant sur ce verbe, dont Tusage est assez fré- quent cbez les trouvères. Dans mes notes sur Baudouin de Condé GILB8RT DE BBRNBTILLE. 301 (p. 419), je rai rattaclié à l'a^j^ maire, lat. tnctfor , au sens de « plus fort » , maître. Depuis . le professeur Tobler (Oôttinger gelehrte Anzeigen, ISd?, p. 918) , en rencontrant ma manière de voir, a cru devoir se prononcer en faveur du lat. maceraref macérer, âg. énerver, affaiblir, tourmenter. Enân M. Darmesteter s'en est occupé dans son beau travail sur la « Formation des mots composés » (Paris, 1875, p. 26), à propos du composé marsatdt et de ra4j. mar (» lat. maSf maris^ mâle), et en citant un passage de Martin de Cambrai (Romvart, p. 299) : Qtuxnt plus me maire s'amours et point. Le savant romaniste français rapporte ce présent tTiatr^ à rinflnitiftTiarer, frapper violemment, que, d'ac- cord avec Burguy, il fait venir de mas, maris, mâle et bélier ; mais cette opinion est contredite par le participe passé féminin mairie (Baud. de Condé, p. 88, v. 251), lequel impose un infinitif mairier, et non pas marer (d'ailleurs un mot hypothétique) ; je balance encore entre mcfjor et macerare ; le sens du verbe étant identique avec maistrier (cp. 103, 22), et emportant généralement ridée de supériorité, de puissance (cp. 166, 134), je ne démors pas volontiers de m(nfor. 42. Finer, ici ce avoir une fin, un but, une tendance » (« tendre V.50). 48. Et s^ament (« et si ament), « et qu'il veulUe amender, réparer. » 51. Sur Colart le BoutetUier, le trouvôre Artésien, voy. Dinaux, Trouvères, III, p. 131 , et l'Histoire litt. de France, XXIII, p. 545. 22 (pp. 102-104) (1). 10. STamor ai, [car] j'ai son amour (non pas « si j'ai amour »). 13. Compaignie, courtoisie (procédés de bonne compagnie) ; voy. mon gloss. de Froissart. 25. Et ferai, c'est-à-dire et servirai. — Recovfvrer, obtenir, ici au sens absolu « arriver à ses fins ». (1) J*ai négligé de dire, dam la note introdaetive du texte* qae cette chanson a été imprimée, d*aprèe la Icfon da fol. KH du ms. D, par Dinaax III, IIS, à l'article Robert de le Pierre. Mal- beareoMment elle y a été fort malmenée tant «oui le rapport du texte que lout celui de la coupe rhytiimiqtte. 308 NOTES IXPLICATIVES (pp . 1 04-i 11). 82. 8e douter^ aroir de l'appréhension. 37. Suppléez le devant U ; « le lui permet ». 38. A/ter, ici donner conflanoe, assurer (une personne), ailleurs promettre (v. 53). 45-46. Bn avoir la nUUour partie^ en prendre le meilleur parti, s*y prendre le plus sagement. 53. Copin ; œ personnage m*e8t inconnu ; il se représente dans un Jeu-parti entre Robert de le Pierre et Mahieu de Gand (139, 53) 23 (pp. 105106). 5. Derver^ tourner en folie. — 8. Seu, Je sus ; forme analogue & eu de aooir^ et concurrente de soi^ so, seuc, 9. Satnblanoe » eanMant^ figure. — IL Mese$tance^ mauvaise situation, malheur, mauvaise chance. 16. Se contirrer de^ se passer ; voy. ma note En&nces Ogier, 3884 (p. 287). 19. Avancier^ ici « prévenir » ; « mais, à moins que la mort ne m*en empoche, Je ne me lasserai pas de.. ». 20. Se faindre, se lasser, cesser. 31. X*a, c*e8t-à-dire mon cœur. — 32. Suppléez le devant U. 33. Setenanoe, voy. 16, 23. 24 (pp. 106-100). 8. Kalemeler, pr. jouer du chalumeau , puis souffler dans un instrument de musique quelconque. 9. Il n'est pas sans intérêt de signaler l'emploi du terme de musique bourdon au .13« siôcie. 13. S'aatir^ se mettre en tôte. 15. Past, 3« pers. sing, du subj. prés, de passer. — Notez le nom du saint servant & désigner aussi le nom de sa fôte ; li sains Remis, non pas li ou la (s. ejors ou feste) Saint Rémi (forme du génitif). 17. D'icest an , cette année niéme {de servant à désigner le temps). 25. Lamviçoireà Vaisselle doit être une espèce de danse, que GILBBRT DB BBENBVILLB. 303 je ne saurais préciser ; muçoire vient sans doute de mwM&r^ cacher. 27. On connaît remploi de la préposition entre^ avec la valeur de « ensemble ». 38. Eelos ne 8*aocorde pas avec la forme Eéhiis (Uéloîse) que présente le v. 46 ; peut-être faut- il lire le vers ainsi : Heluis ne fU muéle, ^ Muël^ forme diminutive de mti, muet . type mutelUM. 99. Si à devis, si à souhait, parûdtement. 45. Comme prix de la danse, on mentionne la tourierele, la fisele, les gans (gants) et la çcùnCurele. Le sens de fiseîe n'est pas certain pour moi ; le mot pourrait être une forme allégée de /Ut* seUt féminin de fiiiseh fuseau ; d'autre part on peut l'expliquer par fUoeUa, panier d*osier fnotre faisselle) , en admettant que dans fisele Ys soit prononcé fort (ss). 51. Corés doit être le pluriel de ooret, cornet. Corel est bien une dérivation un peu irréguliôre, le primitif étant car — cam, mais elle a son analogue dans coron, coin , et dans touret de tour = toum (tumus). 25 (pp. 109-111). 3. Ce gue^ le ÙM que. — 5. Il manque une virgule à la fin du vers. 6-8. « Et si je pouvais négliger, sans lui rendre honneur, la meilleure connue. » Je pense que c'est 1& le sens, bien que la tour- nure iia««a^ qqn. de faire honor soit un peu étrange. 17. ITest a pour st^et li ris' (le sourire). 32. Son doux essemplaire, les douces preuves de sa bonté f Ou essemplaire serait-il ici Féquivalent de samblant f 84. Fumir, produire. 44. Tort, sulj. prés, de tomer. 47. Seignorie^ est adjectif» « la magnifique, l'excellente ». 49. Bien mise, bien adressée. 26 (pp. 11M13). t. L'a4)ectif composé firi^menti (qui a menti & sa foi, paijure) est bien connu, mais l'absence d'accord avec le genre de la per- 504 NOTES BXPLICATIVBS (pp. 112-122). sonne a qui a menti », constitue ici une irrégularité qu*il faut mettre sur le compte de la rime. 10. Lisez ne p. me, 27. Chaut coexiste comme subjonctif avec cJtailîe (148 , 15), comme aui (de cOer) avec aille. Voy. Burguy , Gramm., H, 27. 29. Detrier, au sens neutre, tarder, se faire attendre; cp. 185, 19. 36. Corrigez uns tôt (ou tos) sens p. un tôt seul. 37. Mettez une virgule après 90«, car les mots votant tox (publi- quement) du vers suivant se lient avec le verbe du v. 39. 41. Achaisony forme variée de ochaison, oehoison^ etc. (lat. occduionem), cause, motif. 27 (pp. 113-115). 5. Prochain, sens figuré, « qui est à cœur », définition donnée par le vers suivant. Cp. le contraire lointain v. 9. 10. Très ce que^ depuis que. 11. Lige demaine, propriété absolue. 20. Bontés action salutaire {vertu saine ^ v. 24). 34. Reprendre, voy. la note 98, 12. 35. Ostage « ostelage, demeure. Au v. 41, nous avons à faire & son homonyme « otage, garantie ». 39. Lame^.mela est de règle dans Tancienne langue. 40. De tout, tout à fait. 44. Car, particule exhortative (cp. 87, 37) ou optative (cp. 120, 14). Voy. Diez, Gramm. III, 214. 43. Son aage, comme son aé, = son vivant, durant toute sa vie ; cp. la loc. adv. vostre vie 124, 9. 28 (pp. 115-117). 6. Lisez comparé. — 7. Cist maus, cette maladie . 10. Au degré, sur le seuil de la porte. 15. S'oublier, s*amu3er ; v. sisejoer. 18. Garer = garir, sauver, guérir. Les deux verbes, tout syno- nymes quils sont, ont une origine distincte; guarir , garir. GILBBRT D£ BERMBVILLE. 305 ffuérir est Tall. toerjan (acg. wehren), défendre, protéger ; l'autre, rail, toar&n (auj. wahren\ conserver, garder. 34. Trahi n*a pas ici son sens propre ; « comme Je me suis fait du tort ». 38. Tenser vers^ défendre contre, sauver de. 60. Feeutë dérive de feel , tandis que la forme featUé dérive de feah 29 (pp. 118-120). 4. EntMsier, être d'humeur gale (cp. IftO, 9). — Aussi renvoi- sier (cp. 181, 19). 5. Sauvage, rude, rigoureux. 10. S'en tenir chier^ s^en féliciter. 18. Pîegier qqn., lui servir de caution (plege v. 21). 23. « Si, avec sa permission. Je puis encore renforcer le gage du cœur par celui de mon corps ». 39-40. Construisez : « de prendre B*aîe & son plaisir ». 41. Setit, desoloir, avoir coutume. 42. Au venir, dès Tabord. 47. Consti'uisez : « De tolir cuer & homme ». — 48. Périr, actif, = faire périr, détruire. 54. 2)^5», jusques. — 56. « Faites Tentendre», déclarez-le vous- même. Ou faut-il prendre le pour la forme picarde de la et rap- porter mentalement ce pronom & chanson, d'autant plus que la rente viagère que s*impose le poète, doit consister en chansons. 3U (pp. 120-122). Cette chanson est mise, par le poète, dans la bouche de sa maî- tresse. 26. Recrerrai, je ferai recroire (se rendre) ; nous avons vu le mot au sens neutre (sous la forme modifiée requerrai) 66, 3. 35. Ellipse de ^ue. —91 A ce tor, loc. adv. ; nous dirions aujour- d'hui « du coup » ; aussi par ce tor 123, 34. 46. /es ai. Je les tiens. — 48 « Criez hou hou » ! La bonne leçon, toutefois, doit être huez, hues. 20 306 NOTES BIPLIGATIYES (pp. 123-132). 31 (pp. 122-125). 23. PîetHr^ garantir. « Je garantis avec certitude que ma mort ne troublera pas la paix ». Sur Tofigine de pîevir et de pUge, Toy. mon Dictionnaire, y^pîeige. 86. Rompre par mi^ se briser en deux. 32 (pp. 125-127). 1. Thomas Eerier, est un auteur de chansons (La Borde, II, 824, lui en assigne douze), sur lequel on ne connaît aucune parti- cularité biographique. 2. Partir gieu à qqn., lui poser un jeu-parti. 5. Oaignart^ rogue, brutal; du môme thème que gaignon, chien, voy. mes notes Bueves de Comarchis, p. 1Ô5. 6. 1 savoir de renart, loc. y mettre de la ruse, y cacher une arriôre-pensée. 7. Manantie, bien, terre, propriété. 8. £i»celle. — 9. Yostre vie, loc adv., pour la vie, à tout Jamais. 10. Otierpir^ renoncer à, de même 130, 14. 11. Il manque une virgule & la un du vers. 12. « Je suis décidé & Taccepter » (le Jeu-parti). 25. « EtqueJ*en devinse le possesseur ». 86. Mes conrois , mon arrangement. « Je m'arrangerais de manière & ce qu*on me serve des pois trois fois par jour n. 41. Maire f maîtrise, voy. plus haut ma note 101, 29. 43. Retraire, raconter. — 47. Rostie faire* faire un régal. 49. En se rapporte & gens, et maire signifie bien ici chef, voire même chef de commune. 50. « Et ferez justice (prendrés loi) des malfaiteurs ». Giilebert plaisante son adversaire en lui disant : Votre stoîque passion pour les pois au lard vous fera bien venir des gens et ceux-ci se feront une fôte de vous élire leur bourgmestre. 52. Entresait, absolument, c*est décidé. 58. « Je n*y renoncerai pas pour une fortune. » 70-72. Robert le Bouteillier et Michel le Waisdier (teinturier) ne sont pas autrement connus. MitTHIEV DK GAND. . MATHICO ht OAHb. I (pp. 12a-130) 8. Sam gherredoH, sans disposition ft récompenser. IS. Coi, paisible, modeste, pr. qui n'aime pas le brait, l'éclat. 20. Soupeçon, inquiétude, souci. — 29 Pert, Je perds. 33. Reeouvrier, rémunération. — 40 Pénitence, sacrifices, pri- vations. 44. J^ «0 danffier = envo baillie (v. Si). 54. Faintise, ici prétexte & reldcbement ^ ■ sans imaginer des motib d'élofgnement ■. 2 (pp. 130-132). 2. Comeneement, cause première. 7. Vate (aide) ou le secon (135, 19) de la dame aimée, dans les ctiansonB d'amour, est synonyme de don, guerredon, bonnes grâces ; cp. 136, 9. 8. Por que, pour peu que. cp. 134, 45- 9. Meneitrel implique ici l'idée du podte gui tert de menés- trandie (v. 13), c'est-à-dire qni chante par ordre et & la solde d'an seigneur, du rimeur de métier, opposé au chantre d'inspiration spontanée et désintéressée. 10. Le tréma sur \'i dans vueil est une faute d'impression. 22. Là est ici = là où. 30. Iveus, de inel (lat. aequalisj, égal. « S'il n'est votre égal par sa fortune et sa naissance » [lignie, descendance de fomllle). 33. Ouni, uni, égal, ici impartial. 38. Prendre envaie vers, se jeter sur, jeter son dévolu. 45. Anieua — anuieut, ici mal venu. 46. Bretel. irouvôre d'Arras bien connu, sur lequel voy. Dinaux. Trouvères, II, 2S3etsuir.,etHist. litt. de France, t. XXIII, S3d. Jehan Bretel, dont il s'agit ici, est distinct, comme on sait, du Hainuyer Jacques Bretel (nom. sing. Bretex ou Bretiaux), l'au- teur des Tournoi» de Chauvency. 308 NOTES EXPLICATIVES (pp. i32-i38). 3 (pp. 1S2-134). 10. Faire hoir, mettre en possession, gratifier. 14. Faire consir, périphrase p. se consirer, se passer, se priver. 17. Merd tenir, retenir ou reAiser sa faveur. 37. Esmovoir^ neutre, ici s*attendrir. 41. Construisez : de honir les mesdisans. 43. Doloir est parailôle à decheoir et dépend de font. 47. Sire kvdefroi ; s'il s'agit d^AudefVoid le Bâtard, le célèbre romancier Artésien , ce serait un argument contre l'opinion de M. Paulin Paris (Romancero français, p. 3), qui fait de ce poète le contemporain de Quenes de Béihune. 48. FavA, n*a pas de succès. 4 (pp. 135-136). 12. « Qull me semble qu*elle annonce à tout le monde... » 29. Fojçon, pr. facture, puis » semblant, figure, personne. 42. Si dans s'ain exprime Tidée de « toutefois, malgré tout ». — Easchie, hachie douleur, voy. ma note 170, 252. 44. Nis en pardon, même à titre gratuit. 46. Eenri Amion ; Baude Fastoul d^Arras en fait mention dans son Congé, v. 98 : Pitiés, va t'ent plus que le trot Henri Amion et Cabot Congié rouver sans plus atendre. On connaît de lui une chanson, débutant par Feuilles ne flours ne mi font pas chanter, publiée, d'après le ms. du Vatican n» 1490, par Keller (Romvart» p. 278) et, par Mâtzner, (Altfranz. Lieder, p. 34). Un autre Amion, avec le prénom Nevelot, figure également parmi les trouvères Artésiens ; il est Fauteur d'un dit â^amour, inséré en partie dans Dinaux, Trouvères II I, p. 757 (Keller en donne les premiers vers, d'après le ms. du Vatican n» 1490, Rom- vart p. 31ù). 49. Peut, mieux penst, subj. dep^n^^r ; cp. ^apeni, 85, 45. s (pp. 137-139). Le contradicteur de Mathieu de aaod, dans ce Jeu-parti, eat appelé dans la rubrique du ma. de Berne Robers de Lepi ; il ftnt entendre par la le trouvère Artésien Robert de le Pierre, dont la chansonnier du Vatican n*H90 renferme six cI]aiisons(Keller en a publia une). Voy. aussi Dinaux, III, 417. 8. Auan, pr. cette année, mais la sens s'élargit en celui de ■ de longtemps ». Atcan est une variété de ouan (16S, Si). g. Aperué, cp. 138, il ; dans un passage analogue 19B, lE, on trouve le syaonyiae porperué. 17. Moulé doit âtre ici un mot différent de molle (moulé) que nous avons rencontré 73. 53 {au cors molU); 11 nous faut un synonyme de riche ou de rente (v. 32), et Je prends moulé pour une forme ancienne de meublé, qoi a des biens meubles {moOIe, V. 26). 20. Issu de merci, sorti de la dépendance d'autrut. 25. Becroire de, renoncer à : au v. 38, le verbe est pris absolu- ment et revêt le sens n se déclarer satisfait ■. 34. Uieus est ici un superlatif, a le mieux ». — J'aurais bien ftUt d'écriro Al mieus prendre (litt. au choisir le mieux) ; j'ai d^& eu occasion de dire que dans les textes lorrains et vallons ol, ou so réduit & un a long. i2. Ssbahi. égaré, fourvoyé. 44. Souffi. p. tougit (subjectus), est irrégnlier, comme le serait di, Il p. dit. Ut ; il ne s'agit pas ici d'un retranchement dn t final comme dans fini (de flnitus), mais d'une déviation systématique. Plusieurs verbes, dont l'inflnJt if normal est, ou a été, en ire (repré- sentant tat. ic're ou ig're) et le part, passé en a (répondant A tat. ectus on ictuit). ont , par des causes littérales on par négligence, dégagé une forme en ir et se sont groupés ainsi dans ta classe des verbes de cette catégorie. Ce changement a déterminé également celui du part.' it, ite en t'. ie. Nous voyons de cette &çon collir devenir coefUir (au lieu de eoeilîire), d'où le part, coeilli (f de coeillit , fém.-t'e) (l) , benedicere , par l'infinitif benetr (contracté en tenir), faire beneC (béni) au part' (l)CWi«lw ilHoraliuUiilt HBilifamacHlIMI (ip. iMAuH-f' 310 HOTES EXPLICATIVES (pp. 138-142). de deneitrite (1), d*où hénit^-ite, enfin desconfire , par desconfir, développer un participe féminin desconfie (Baud. deSebourcI, 39Î0. Notre sougi appartient au même ordre de faits ; i] tient à un infinitif sougir, tandis que sougit se déduit de sougire (» svUlh Jic're), comme dit de dire (= dic're). 47. Les mss. varient entre vilenie (131, 34), vilanie (185, 15) et viUmie (ici). 48. Chiece, subj., de cfieoir, comme siece de seoir. 49. Boutillier ; Colard le Bouteillier, un des plus féconds chan- sonniers de l*Artois (voy. Dinaux, III, 131), ami aussi de Gilbert de Berneville, lOd, 51. 53. Coppin se trouve aussi mentionné dans un envoi de Gilbert de Berneville, (104, 53). 6 (PP* 139-140). Il est probable que le Robert de ce jeu-parti est le même que celui qui a proposé le précédent. 9. SCemploier^ se donner. 20. Acointier n^est pas « fréquenter », comme traduit Dinaux, mais a nouer des relations ». 24. Dinaux ne s*est pas aperçu de la lacune d'un vers que j*ai signalée. * 30. Pr^ti, subst., profit, avantage. 39. Herbegier a ici le sens neutre « loger » (Dinaux a mis fier- hagier!) 40. Avoir chier, employé absolument, avoir ses affections. 7 (pp. 141-143). 5. Devant li en présent^ tournure traînante p. en sa présence. 8. Henri, probablement Henri Amion 136, 46. 20. L'emploi réfléchi de vivre est fï*équent. 20. Sfaploier^ bonne forme française p. le terme savant s'appli- qtter ; le sens premier est « se pliej & ». 30. Escient, ici caractère. (1) AoMl ftfiMotl ^d'oft Bmoff). MATBIEV DE CAKO. 511 31. Amorgement ib'est inconna ; il renroie & un verbe amorgier et celui-ci à qd type amordicare, forme dérivatire de amordera. De sorte que mettre en amorgement serait « fïiire mordre qqn. & qqch. ■, exciter, instlguer. Notez que la rar. L porta amor- demettt. 35. Si ettre çaint d'une coroie équivaut & « porter Jupon » (rof. 18, !5), notre vers reTient & dire: a C'est une femme de singa* liâre espace ». 37. Ele 86 rapporte non pas & l'épouse légitime de Mabiea, mais A la rivale. — Enchéement manque aux glossaires imprimés , mais je l'ai trouvé dans te glossaire mannscrit de Sainte Palace, qui cite les deux passages suivants, le premier tiré de QuîUauma le Vinler, le second de Jean Erard. 1. Amours gracl, si me lo de l'outrage Que j'ai par son encbeement empris. 2. Las, pourquoi vi sa blaut4, son cors gent Et son cler vis, sa foce encolorée. Ses dois regars, où pris l'encheement De ceste mors qui m'est langors nomée. Le sens du mot se révèle aussi racilemeut qne son origine ; U signifie incitation, impulsion, représente A la lettre le lat. fncJ- tamentian et accuse un verbe encheer =- iocitare. Je ne eaia si quelque contMre a d^A relevé soit ce verbe on son substantif; pour moi il était inconnu et il doit l'avoir été aussi A M. Littré, quand il a fait son article inciter. Ce dernier citant encUer comme employé dans les Sermons de Saint-Bernard, nous avons Aenregis- trer un nouveau numéro dans la liste des doublets de l'ancienne langue ftanoaiseiindtare'-formaUon spontanée encAeer, forma- tion savante enciler (aaj. inciter). 38. Etrement, errement, maniire d'agir. 39. Poor =-paor, peur ; cela rappelle damage, poon, noél, etc. p. damage, paon, naêl (natalis). 42. Qeter en voie, litL Jeter loin, flg. fUre â da j cp. ail. vieg- werfen. 43. Se mettre en, s'en remettre A. — YUain tCArraa; voy sur ce trouvère, Dinauz, III, 405. 312 NOTES EXPLICATIVES (pp. 144-151). 47. Le seigneur Hermenfroi n'est pas autrement connu. Avoier^ mettre sur la voie, instruire. VI. POETES mTERS. Pierre de Gand (pp. 144-146). 1. Brunetto Latini , en parlant de Tunicorne (éd. Chabaille , p. 253) : « Ocis peut il bien estre, mais vif ne le puet on avoir. Et neporquant li veneor envoient une vierge pucele celé part où l'unicorne converse, car ce est sa nature -que maintenant s'en va à lapucêletout droit et dépose toutes fiertez et s'en dort soêfel giron à la pucele, et en ceste manière le deQoivent li veneor. » 7. Semblant^ manière. ~9. ITen puis ^ ne le puis, idiotisme connu. 16-18. Nous voilà tombés en plein roman de la Rose avec son fastidieux allégorisme. 21. Signors est incorrect et amené par la rime ; il fout le singu- lier signor, qu'a en effet le ms. de Berne. 23. Dongier^ variété de dangier^ plus rapprocliée du type dom"- niarium. 25. PosteU est conforme au ms. et se voit encore ailleurs; néanmoins Je crois que c'est une forme vicieuse p. poêstis {Càs- régime poëstif), dérivation de poésie (tj^e potésta), ou p.poesteis {'if) qui répond à un ij^ potestativus. 26. Mieux vaut, me parait-il, rattacher ce vers au précédent en admettant l'ellipse du que corrélatif de tant, — Proti, preux. 28. Tristors, que 'recommande la rime, ne donne pas un sens aussi satisfaisant que le mot essauls (assauts) que donne le ms. A ; on comprend bien les tourments que font subir les trois portiers, mais non pas leurs tristesses, d'autant moins que deux d'entre eux ont nom Bonté et Beausemblant. 34. Amors a ici son verbe au pluriel ; au vers préc., nous trou- vons le singulier vaint. 36. Pitié, évidemment, ne convient pas aussi bien que la variante secors. POÈTES DIVERS. OIO nenant de Trie (pp. U7-149). 13. Nés = ne les, (c'est-à-dire met detiri (v. 8). 30. En guérir, y échapper, m'; soustraire. Couplets propres ad mb. B. Ancel de Lille, personnage in- connu: Dinaux tire de la mention d'un personnage Lillois un argument en faveur de sa thèse, d'après laquelle Renaut de Trie doit être identique avec Renier de Tritb, de Valencienne3:cet argument est bien faible (voy. l'Introduction]. Esckuer, même mot qu'eschlvcr, esquiver, éviter. — Osient = ocient (tuent}. •Icban du Xuurnal (pp. 150-151). « 5. Voiltot (nom. sg. voihoi), variété de wihot (v. 4SJ ou huihot , cocu, sur lequel voy. mes notes Jean de Condé, 1, 410 etll, 379. 8. De bon ieatre, de bonnes mœurs, = hanneste (v. i3). 10. Esgarder, bien considérer, bien juger. 11. Sempirier, b8 faire du tort. 18. H En agissant trop étourdiment >>. L'emploi réfléchi de esrer (errer) est rare. 16. Adestrer, aborder, ici n>équenter. 17-18 « Celui-U aura peu de satisbction, quF^e parvient & se tranquilliser ». 19. Sn dangier, précairement, mal A l'iûse. !!. Tenir le chemin d diestre, tourner & droite, changer de route. 23. Viser, avoir en télé. 24. Cranche, forme contracte de CfeoncAé, promesse ; seniestre, t&Mï (le contraire de droit, sincère) ; cette eigniflcation figurée est intéressante A noter. 39. Eslre, demeure, maison. 31. Nel '-•ne le, mais le mot le est ici la forme picarde de la. M. Gaston Paris (Romania IT, 4) conteste, mâmc pour les textes' en dialecte picard, l'esislence des formes del, al let par const!quent aussi de notre neh au féminin ; l'éminent professeur aura sans doute changé d'avis depuis l'oxamen do cotte question par H. Tobler (dans les Gâttinger gelehrte Anzeigon, 1874, p. i034-^), 314 NOTES RXPLICATIVES (pp. 151-155). & propos du Richars li bicttis de M. Fôroter. Nous avons relOYé un nel féminin 82, 20. 35. Guemier, forme picarde p. grenier. Le sens du proverbe est ici : une conâance exagérée Unit par crever. 38. Tenser, préserver, peut-ôtre ici guérir. 40. Sevestre^ Silvestre. 45. Droite au sens de sentence, maxime, est connu (cette signi- fication découle de celle de vérité), les drois dTancestre sont donc les proverbes traditionnels. 46. Le nominatif foiAos est conforme à la syntaxe ancienne. 47. Li est une faute dlmpression p. le, 48. « Il ne cherchera plus & s*échapper ». Jlean de la Fontaine de Toarnal (pp. 152-153). 5. Du retenir t d*y faire bon accueil, voy. ma note 16, 22. 7-8. « Car je ne puis attendre mon malheur dans le bonheur auquel j*e8père arriver ». M&tzner corrige inutilement au en dtt} 8*il fallait corriger. Je préférerais ou «» el (dans le). JLO. FcUirt manquer. — 12. Cuer cuefr^ placer son cœur. 14. Achiever^ mener & bonne fin, accomplir. 15. Son plaisir, son bon plaisir, ses caprices. 17. « Je ne lui demanderai chose dont Amour fût en droit de me blâmer ». 18. Vaurait forme picarde p. vorrai (voudrai). 23. Présenter =■ se présenter, s'offrir. 25. Le spjet do ont fait est li vel du v. préc. 26. De falir, périphrase p. faussement ; ou bien faut-il lire ainsi : que mes cuers nepuist àesloiaument amer de faUr (de tromper) ; aimer construit avec de ne m*est toutefois pas assuré. 28. Hastieus de merir^ trop hâtif (impatient) d*ôtre récompensé ; infinitif actif au sens passif. 29. a Aussi ne Test il pas, car ce qui lui impose la réserve, c'est que... o 31. AriereeeX pléonastique, comme souvent. 82. SouffHr, patienter. 33-40. M. Paulin Paris, dans Tartide consacré â notre auteur dans THist. litt. de France , t. XXIII, 642, reproduit ce dernier POETES DIVKRS. '>>5 couplet oomms ftjant été incorrectement publié par H. Kelter ; cependant je n'ai pas remarqué qa*]) ait redressé antre chose que les mauvaises divisions tain *•'. cou viegne, en n ip- l'ahtsi, eou- viegne, ensi) à dessein imitées par le premier édit«nr ; par contre, il y a commis de son c6té une erreur étrangôre an ma. et an texte de la Romvart, savoir, au v. 37. doit p. doi. 33. En merci, comptant sur sa merci. — Eagarder, ici attendre passivement. 36. K Elle ne me f^t plus de bien que par le doux sonvenlr ». 37. Lisez plutôt mi (•= me) comme aux vv. 34 et 38. 38. Jfaù>(t^ jamais. — Recouarer, sens neutre, ici chercher ma satisfaction. JOGILIlt DE BkDGES. I (pp. lM-158). 5. En haut, & haute voix, cp. v. 40. — Noter, chanter. Le dire qni précède indique peu-étre que le nouveau son (v. 6.) était en partie parlé, en partie chanté. 6. 5bn (primitifdewm da UnkiIniBn ^nc ?*\u\t !>•[•;« utimH pir • 1km c*a- SIC NOTES rxPLicATiviis (pp. 1â5-i63). 25. Pour remploi de Tinfinitif comme impératif prohibitif , voy. Diez, Oramm. 1113, 211. 33. Deçain moi, je me déceins , j*ôte ma ceinture. 34. Soie merci, signifie ici de bon gré, sans difficulté. 36. Avoir ses aviaits, voy. 71, 63. 37. Lisez/oi p. /oc. 41. Eareu, interjection, cri de celui qui appelle au secours. 42. A = avec. — 46 A un mot, aussitôt (la demande et la réponse se confondant). 48. a Je me fUsse trouvée en mauvaise situation, il me fût arrivé malheur ». 50. Nonal, nenni ; Burguy cite nanal et nenal, mais nonal lui fait défaut. 70. Droit de parent ; cen*était pas le baiser légitime qu*on se donne entre parents. 71. Est noiant dcl,., c*cn est fait du.., cp. 171, 283. 77. Cri, réputation. — 80. Mignot implique une idée défavora- ble, peut-être celle de mignardise. Ou bien la bergère veut-elle dire sérieusement que Robin était trop mignot, trop désirable, pour qu*elle n*ûût pas en vain jeté ses visées sur lui. 81. Dans notre rédaction la fille est infiniment moins grossière que dans le texte du ms. Douce, dans la manière dont elle rem- barre les soupçons de sa mère. 2 (pp. 158-161). 22. En pardon, en pure perte. 26. Se cointoier, se vanter, être fier : le sens fondamental est « faire le beau ». 33-34. c( Si, pour paysan ou chiens Je cessais de vous solliciter (V. ^,proier d'amour). »— Laissier, au sens de cesser, est d'habi- tude suivi de Tinfinitif avec de ou d. 38. Leupars ; j'ai laissé la syllabe îeu de mon ms. A (dialecte bourguignon) ; les formes îiu, lie et lu sont plus usuelles. 40. Vilené, forme extensive de vilain au vilon, comme felené de feUm. 60. La var. portés conviendrait mieux. POËTES DIVEBS. 317 63. ■ Le médecin ne m'eât servi grand'cbose, si.. ». 6*. £eJor, ca jonHi, alors. 66. TbUer Varçon, tendre l'arc. 68. Motaer, monter A cheval. 75. i'ai subgtitné, avec M. Bartsch, & la leçon vers ovia ou ou» des mss., la leçon vers lor, que recommande la rime. A la vârité. je ne sais si l'on a d'autrea exemples de lor comme régime de préposition ; mais d'autre part ota [ois), qui au besoin peut &ire rime avec or, our, est une forme trop parilculièrement bourgui- gnonne pour l'oser attribuer à la langue de Jocelin de Bruges. VII. iàCQOtS DE BAISIBUX. 1 (pp. 162-174) (1). 1-18. D'aprôs le prologue de cette pièce , celle-ci aurait pour objet de démontrer les difflcultés que les hommes loyaux ont ft Tatncre pour mettre & néant les machinations des fous intri- gants qui sont parvenus A surprendre leurs secrets: mais avec la meilleure volonté, il est difficile d'appliquer cette moralité au récit qu'elle présente. Rien n'y est dit de persécutions auxquelles le héros du fablian (chil dont velh conter, v, I87 aurait été en butte de la part de félons plein* d'ire, abusant de sa confiance. 6. Le sens doit être : « Ils n'auront do repos qu'ils n'aient... » ; mata est -~ jamais, et ti (dans s'aront) "» jusqu'à ce que. Seule- ment l'expression n'avoir rien semble un peu forcée. 10. Recroire de, renoncer à, cesser de. 12 Deschachier peut signifier déchausser, flg. dépouiller, ou déchasser, éloigner, repousser ; le dernier sens est préférable. 19. La proposition subordonnée introduite par que (dans c'une) est restée sans suite par l'eSet de la longue parenthèse ouverte après dame. sa. Laiens (litt. là-dedens), dans sa maison. — Repaire, action 318 HOTIS EXPLICATITBS (pp. 163-168). de repcUrier (retourner aouvent dans an lieu), donc fréquenta- tion. C*est un synonyme du mot retour dont j*ai relevé un sens analogruB dans mon Glossaire de Froissart sous le n9 6. 30. HerbegiereSf nom. sing. de herbegeeur^ hospitalier. 33. PrU^ estime. — 34. Prendre (un tomoiement) « locution usuelle p. prendre jour (pour un t.); le verbe devient ainsi syno- nyme de erier^ annoncer, publier. -* AooU est ici impersonnel, -= « il y anrait » ou « on avait ». Il est possible que la bonne leçon soit i avoit ; elle écarterait Tbiatus e-a, qui toutefois se présente souvent (cp. v. 217 et 177, 56). 38. Valoir, être en renom ;de^ii cause de, pour. 41. Au tomoiSf en monnaie de Tours. 42. Sainte Palaye traduit douz cens par douze cents ; il a mé- connu la forme dialectale douz p. deus, deux (cp. v. 70). 50. Saison, parole. — 52. Destroit^ soucieux. — 53 Pooir, ici richesse, c]^. jouissance S17, 101. 56. Sor^ contre. 57-58. Texte évidemment corrompu, que je ne réussis ni à réta- blir, ni à comprendre. Le mot greftre est Introuvable ; serait-il p. greffe et le sens, « de me laisser dessécher comme une greffe »f Sainte Palaye, sans rien dire, traduit cooune si le v. 57 n'exis- tait pas. 60. Hendre son sens, déclarer son sentiment, ses intentions. 81. Chanse, chainse; Sainte Palaye, on a lieu de s*en étonner, transcrit constamment chainse par chanise ou canise, en Texpli- quant par chemise. Mieux que personne, il aurait dû connaître Tancien substantif masculin cîianse ou chainse, coexistant avec le fém. camise, cemise. 84. Faire delivranche, périphrase pour livrer (v. 87) ou deU- vrer, remettre. 86. Purement, simplement, sans se faire remarquer. 92. Chacheûre, chaussure ; voy. la note v. 231. 107. Acuet, 3« ps. sing. de Tindic. présent de acueiUir, prendre. 112. Parra, ici ^parera, au v. suiv. ^parlera. 116. Lisez viaire p. vaire. 125. Revient, vient d'autre part, à son tour. 127. « De quelle manière que les choses tournent ». Ici la forme mouillée prengne, trois vers plus bas, prende ; la dernière est celle JACQuis iti Binnox. 319 oiiUe par l'aDtenr puiwia'oi) la troare en rime arec rtnde ▼. ItM. 130. Xié$ venir, mieux rnloir. 134. Màtrter tiqn., avoir le desniB Bur Ini, le malMeer. V07. ma note 101. » (p. 300). 150. DoHtpIta n'aooU, le sanl qull posséd&t. 151. Sueoe, do rmer, demander. 155. Ent, dedeos, o'est-A-dira dans le ohainso. op. r. 1S8. 15T. Sainte Palaye traduit fanseement îaehiex par « lAobw » au lion de laeeM (s. e. tes heaumes, ou tes chances, op. t. Sio)- 162. Anuit, prés. snbj. d'oniuMer, foire nuit. 167. Loier, forme dialectale p. laer on louer ; Quant •> de oe qnOi cp. T. £99. 108. ifyure, prâa. de morer, ■= lat. morari, demeurer. Je ne me Bouviena pas d'avoir d^jA rencontré ce verbe. — Je laiaie cette note, puisqu'elle correspond & mon texte imprimé. Heureuse- ment qu'une note que j'avais prise il y a dix ans en lisant le ms. de Turin et qui s'était égarée, me permet encore A temps de revenir et sur mon texce et sur ma note. L'auteur n'a pas écrit meure, mais neure, qui est la 3* ps. sg. du prés, indic. de norir (coqjogaison non-incboative) ; norir a id le sens neutre s être entretenu, demeurer, loger •> j cp. Baud. de Condé. p. 108, v. 85 ; Envie envenimée, ù neure Tousmaus... 169. Uaez ffaehier p. éCacMert. ' 174. Deemoir, ici démentir. 180. Iraccmter, en tenir compte. 190. Achier pourrait représenter le verbe hacher (c'est ainsi qu'a traduit Sainte Palaye) , mais l'absence de l'A aspirée hit quelque difficulté ; Je préfère 7 voir le subst. acier et traduira : ■ il faut qu'il rende sa chair aussi résistante que l'acier ». 197. Le que (dans e'd) est une répétition pléonastique du que V. 19S ; op. le même fait v. 153. 202 Pieche de terre, place où l'on se fixe soit pour camper on pour combattre ; ici champ clos, lice. £05. Son poair = & son pouvoir, selon ses forces ; cp. t. t09 droiture — à droiture, avec Justice. 320 NOTBS EXPLICATIVES (pp. 169-171). 213. « L'échange du chainse contre le (al) i^ns fort haubert d*Anger8 ». Sainte Palaye a lu cTAiiçiera^ je suppose, mais cela ne l'autorisait pas à songer au haubert (VAtigier le Danois. 216. Lisez, aux variantes, pZ^'ta^ p. pîeinst. 221. Elme est ici insolitement traité de féminin ; son elme a prise. La forme son devant les féminins, commençant par une voyelle, se rencontre à plusieurs reprises dans notre auteur; voy. pi. bas v. 293 et 188, 106. 222-23. Sainte Palaye : « Pour éprouver ses étriers, il s*y appuie encore en partant ». Contresens manifeste ; traduises : « Peu s'en faut que son étrier ne se brise, tant il s'y appuie en partant ». Esmuevre, forme secondaire de esmovoir^ comme rechoivre de rechevoir ; cp. 889, 426 la croupe muenre. — Pour pou que ne* cp. V. 296, et 87, 85. 226. Contenir sens abstrait, lutte; sens concret (comme ici): adversaire, » contraire (228). 227. Bmbuisié {embxiaqvLé), tapi, enfoncé ; cp. 810, 154. 228. Buisié (s double est généralement écrit comme simple, cp. enibuisié, v. préc), =» buscié, busché^ heurté, frappé. 231. Eabiers ; a p. au (cd) est un des traits phonétiques de notre ms. ;cp. chacheûre (v. 92), hiame (v. 232), «ncocAiér (179, 123). Cependant le scribe ne s'en tient pas & une règle fixe : il écrit ?iaiU)ert v. 214, chauces v. 219, etc. La présomption que l'auteur prononçait a peut s'appuyer du mot roiame (v. 20) rimant avec dame. — Ros, plur. régime de rot^ roui « lat. ruptus. — Enbarrer TfUame est d'ordinaire interprété par enfoncer (signification que ce verbe a en effet dans l'expr. « enbarrer l'espée » et sembl.), mais n'est-ce pas plutôt « y faire des barres , des entailles » ? (^tte idée m'est suggérée par le terme debarrer du v. suiv., appli- qué au chainse ; certes, on ne saurait traduire ce dernier verbe par « défoncer », mais bien par couvrir de déchirures, « déchi- queter », synonyme de depechier. 233. Sainte Palaye, contrairement au texte et & la grammaire : « les chatcsses de notre Intrépide chevalier étoient fendues et déchirées en lambeaux ». 236. Angoisse, douleur (au physique). 238. Entait, =-» lat. intadus ; ici le sens c< intact, entier » s'est modifié en celui de « tout entier à ». JACQUES DK ■&I&IXOX. Ô2I 241. OiMOût (03àt) ; ai rëpoadant ft IM. ou s'eet d^à tu pi. ta. V. IST) d&Da loi^r = laodare. PIqs baa (289) noua verrong otêrent. tu. Anetier, selon Sainte Patayd, amorcer (de etca) ; Roque- fort, sans citation , donna enetier , avec la r&ieur « exposer en vente ». Je penas en effet qno le type do mot est in-eKore, verbe latin bien connu et dont la signification première « remplir de nourriture, rassasier ■ convient ici parfaitement et est corroborée par l'analogue poutre du vers suivant. S52. fffuc&iere, supplice , pâlne, douleur, de l'anc hant-all. hamucara , même signification (propr. partie soufflranto) ; voy. Diezet Gacbet. Le mot plus usuel est luucie (136, 42; 881, SA), que l'on prend génâr&lement pour une forme écourtée de hatcMere. S54. Lisez l'OMirUe p. ta caitUe. S65. Btpart, dispersé, dissous. — sn. En voie, adverbe, loin de là. Z70. iluer, bire autrement ; ■ il ne peut s'empêcher ». 875. Cfta«curu, ailleurs (w. 70, 248, 3(e) la forme wallonne chateoyu. Ces inconséquences d'orthographe sont le folt des scribes et C'est & nue étude approfondie du texte qu'il est réservé de fixer l'asage propre & l'auteur même. 880. ContalMé, composé de teUhié inconnu aux glossures. S8L La forme del est moins ttéquente dans le ms. que de; on voit aussi dou (345) ■ 883. « Qu'il ne tient plus A la vie •, on plutiit c qnlt ne lui reste pins guôre de vie >■ £86. Faire ton dit ettcMe, vérifier sa parole, tenir sa promesse. 895. Kt se reporta & la plaie. 29S. On peut douter si le siget du verbe est X'ict^er on la àanu ; Je me suis décidé pour le premier en l'affublant d'un t qui n'est pas dan« le ma. — La traduction de Sainte Palaye est tout-&-fUt fautive en cet endroit. 897- Contre exprime ici , oe qui est assez rare, la cause d'an effet Du reste la signification « par l'effet de » se dégage belle- ment de celle ■ en présence de ». 899. €ant, de ce que, op. v. IST. 301. Par tôt me semble être un lapsus p. del tôt. — Damage, perte. M S22 NOTBS BXrLIGATiTBS (pp. 171-176). dOM. Constraisez : avoit apris (était aocoutamé) d tenir beUes cors. Notez raccord grammatical entre cors et (xprises. 317. Lisez Après p. Apris, 818. Lisez out p. ont ; traduisez oui par « il y eut » ; op. y. 34. 326. Il m*est avis quil y a une lacune de deux vers aprôs oelui-ci. 3id. J'ai mis roiatd p. loiata, (cp. 181, 196) ; mais on pourrait garder la leçon du ms., en prêtant ici au mot loUa le sens de légal» légitime, tandis que dans le vers précédent, il a celui de fldôle. 350-351. « Et promit de Tendosser avant de commencer À servir à boire et à manger ». La traduction de Sainte Palaya présente enoore ici des contresens. . 352. Ellipse régulière de le devant limle lui demande ». 355. Coser ou choser qqn., blâmer ; sur rétymologie du verbe, voy. Diez I, v» cosa, 362. CesH^ cette chose, cette circonstance. 365. Le^ forme picarde p. la ; le pronom se rapporte À la dame, et non pas à son mari, comme Tentend Sainte Palaye. 370. « R m'est ente de qqch. », j'en suis peiné. J*ai déjà traité le mot enté{l) dans mes notes de Baudouin de Condé (p. 474) & pro- pos du passageKd : Il ne trouve de touz les cors (= c6tés) Ami ne parent ne parente Cul ne Aist plus griefô et plus ente De luLdeus nuis & herbreger, Qu'il ne seroit d'un ort breger. L'adjectif entiff pénible, que j'ai rencontré dans les Poésies de Froissart (J'en n<» entieus et très pensieus) et que je cberchaisa expliquer tant bien que mal dans le glossaire des Poésies, doit être, me semble-t-il maintenant, un dérivé du mot ente qui nous occupe. 873. Voy. la note suivante. 374. Basiu ne concorde pas avec la rime (taisir) ; toutefois, il n'y a rien À changer à la terminaison de Basiu^ qui revient encore deux fois en rime avec des adjectifs en iu (paisiu, Dit de l'Espée, (1) Ja m*iipp«rçoit malateout Motemem que HIpp«a doniM Mltf, peiaé, et Roqaalbrl !• mtet. 9Uléi, maladJe de langaenr ; niait quant k ente, je sa tache pu qu'il ah été nUaH avant M aprèt moi. JACQUES BB BAISIEtHL. 325 211, et asiu. Dit sur les cinq lettres de Maria, 238). Il faut donc redresser le vers précédent, pour lequel je propose Ne main» par- lier (causeur), ne mains iaiiiu (taciturne). La faute provient, sans doute, de ce qu'un scribe trop scrupuleux a hésité à donner kviik la fois un complément-verbe et un complément-adUectif. — Pour la correspondance entre Basiu^ qui vient de Bacivum, et Baisietix, comparez le Panihiu (de Pontiviu), devenu le.Pon- thieu, •— Dans le recueil de Le Grand d*Au8sy, Basiu est une fois estropié en Basir (ce qui est un effet de la rime taisir)^ une autre fois en Baein. 2 (pp. 175-182). 5. BUipse de le devant li. 9. Bn maint lieu^ sous maint rapporti cp. v. 04. 11. Lisez : tresorrierpredeus. 22. Noméementt expressément. 24. Le mot abstrait tresorrie (contraction de trésorerie) est & prendre (ici et au v. 5) dans le sens de trésorier ; c*est ainsi que Froissart encore se sert du féminin la capitaine (propr. •« capi- tainie) dans le sens de capitanu». — Mètre defoi (défi), s*opposer, empêcher; voy. sur le mot deibi et son rapport avec defoie (défense), mes notes sur Baud. de (^ndé, p. 437 (v. 297). 26. Le mot trésorier^ qui aux w. 11 et 23 a la signification d gardien du trésor, a ici, comme souvent, la valeur « lieu où * conserve le trésor » ; cp. la (}6ste de Liège par Jean d*^ meusé, 5054 : De la cripte fut il son trésorier faisans. 30-31. Très or en avant » dans ce qui suit. 35-36. Ces vers sont obscurs et font supposer un ' V. 84. — Aûwe^ aide, moyen. 38. Cuchie^ couchée; up. ou est une no^ notre ms. 39. « De cadavres et de puant brouillar^ 40. L*e muet dans cfuxmbre fait sy' souvent. 41. a Fovoite, mot omis dans ' « moite ; il tient, semble -t-il, a* « mais Je ne me rends pas ce* 324 HOTES EXPL1CATITE8 (pp. 176-180). cette note telle qae je Tavais imprimée en 1870 , bien que je sois dans le cas de devoir la rétracter ; il n*e8t pas sans intérêt de ûdre voir comment un éditeur, quelque consciencieux qu*il soit, peut se fourvoyer dans ses interprétations. Bn relisant ma copie, le mot qui m^avait tant embarrassé, perd tout d*un coup son air d*étrangeté. Me souvenant des nombreux participes en oit que j*ai rencontrés dans les textes de Froissart {poursievoit^ cheoit^ ooit, afuioU), j'ai aussitôt reconnu dans fbvoit le participe de /bfr, fouir, creuser, de sorte qu*il s*agit ici d'une couche non pas de « terre moite », mais de « terre fouillée ». Cette découverte m'oblige naturellement à refaire du v de fovoite un u et de Mvefouoite. En cherchant, j'ai trouvé dans Phil. Mouekés deux passages (cités d^à par Burguy), présentant les participes enfouois (v. 1301) et enfouoite (v. 1881), aussi Baudouin de Sebourc, p. \tA» v. 4. 44. Aukes (lat. aliquld), quelque peu ; cp. la valeur analogue de rail, ettùoi^ angl. sometohat. 46. Berehueh bas-lat. berceolum, berceau^ abri. 48. Galée^ gelée ; e atone, devant la tonique, changé eii a , est un fait fréquent, cp. planter p. pîenier 178, 316. 52. « Un trésorier chargé d'un travail aussi pénible (fort) ». 62. Je me fie^ je me sens capable. 70. Maire (mi^or), maître . 71. Construction lâche ; suppléez devant avoir les mots que il doit. 76. PoinÇy poignée : v, 86, pugnie. Tl. « Et eux, & leur tour, lui doivent le respect ». 78. Oaengnier a ici son premier sens de a travailler, s'efToroer » ; synonyme de laborer qui suit. 84. Cuivre est un mot curieux ; il panJt signifier ennui, inquié- tude, et être le subst. verbal du verbe ouvrier, covrier , que Froissart emploie souvent avec le sens de tourmenter, harasser, en l'associant à fierier, travailler. Sainte Palaye, en marge de la oopib Mouchet, traduit le mot fautivement par « cuisson ». 85. Ei » si on. « Si on les laissait faire ». 95. SetiSy plur. de heut {Jielt), branche de la poignée ; voy. sur ce mot, Diez, t. II, v>* elsa (p. 26) et hendure (p. 845), et Cachet ypung. L'ensemble des heiu dont se compose la croix ou poignée de l'épée, est appelé au v. 110 hodure ; ce mot, qui est une forme JACQUES DE BAISIEUX. 335 Tariée de heudure^ fournit un argument contre la forme hendure^ qui se rencontre parfois dans des textes imprimés et que Ton vou- drait ramener & l^all. hand, main. M. Airaire, ici représenter, symboliser, figurer. 103. NuUars^ plus souvent nuisons (ennemis). 112. Taillant, &pre, ardent; cp. ma note Jean de Condé 1 • p. 442, et II, p. 357. 117. A monde ; d est ici la forme wallonne p. au ; pour la recon- naître, il fondrait la noter par à ; nous la retrouvons dans Tinti- tulé du fabliau vesde dprestre. 120. Eyame est tantôt traité en trissyllabique, comme ici et 157, tantôt en bissyllabique, comme vv. 36 et 181. 121 . Son estovoir, ce qu*il lui fout, son attirail. 123. Eût comme (de même 148); encackier =» enchaucier, pour- suivre ; a p. au (voy. la note 169, 231). 124. Alplain, au plein, à tottte force ; au v. préc. » in piano, dans la plaine. 125. Menuement, & coups redoublés. Cp. la locution « souvent et menu ». 127. « Qu*il fende les rangs ». 130. Dures présente un exemple de cette assimilation de Tad- verbe àra^jectif qu*il détermine, dont j*ai consigné ailleurs d'in- téressantes applications (voy. mon éd. de Watriquet de Couvin, pp. 437, 446, 466). 132. Hardiment, p. hardement (de même 196 , 380 ; 906, 5), hardiesse , courage ; i p. est un trait wallon {dimi , chimin, rivel, etc.). 139. Taz, mêlée , cp. Baud. de Condé, p. 57, v. 313 : Et il est assis comme tors Sor le destrier enmi le tas. Si flert à Tespée & maint tas, et p. 90, V. 299 : Ou tas, ou caple des espées. 144. A fasembler, & la lutte. 146. Samaine m'est inconnu; serait-ce. un dérivé de same , saume, somme t donc » charge. 152. Dopoi est un terme suspect et je tiens ce vers pour altéré. 3S6 ROTES BXPLIGATITM (pp. 180-188). 156. Bspeer, trancher, est oa tiré du subst; espée^ ou vient d*aa verbe spadare^ couper, chAtrer. Je ne le trouve consigné nulle part, mais j*y reconnais le liégeois sipii (au présent <2iet«)» briser. 171. Ld — lêL où. 180. Moiiiche, fém. de nuusi^ » lat. mcuêicku. 186. Adenter (mettre à dens, & plat ventre), renverser par terre. 192. Vaillant^ précieux. 196. jRoiàZ, comme seigneuri , signifie souvent « ayant on grand prix, jouissant d*une haute estime ». 202. Comparer équivaut ici à consentir. 206. Avoier, ranger., opp. & desvaier (v. 204), déranger, détour- ner, litt. faire dévier. 212. PaisiUf forme variée de jpaic et en effet]'apprends»(!}. 79. Si, tontefoU. 81. Amonter a, se rapportw, conoerner. BS. De/biir d'ans chose, en &ire la définition, en traiter. 8S. Mesdire, ici, comme allleors, a le sens étymolo^qœ de mal dire, se tromper. 89. Mayener-este, féminin de moyenere, mâdiatear (cp. 806, 81). Plas bas, t. 93> moiene, fém. de moyen, terme ordin^re p. média- tsar et primitif da verbe moyener, négocier. 95. Lisez deteorde, p. ditcorde. loe. Notez>ORAonurp.A'Aonour;cf. ▼. ^99«M(Il»tn■p.«'amtlr flt V, Aeo ion ire p. s'i'rc. 111. B Si l'on décompose le mot amor ». lit. Sn se partie, pour sa part. 12S. Be^tas, de retpaster, reprendre vts. l!7. Exemple (andennement féminin), enseignement. 128. Anpte, emplit; emplir avait jadis ao présent de llndicatif à la fbis la forme incboativs (-ia.-ii-iat) et la forme non-lnoboaUve. 134. Divers, contraire. 139. Celestyens a quatre syllabes : la terminaison yen repré- sente lat. i-anvs ; la même terminaison dans terryen, au vers suivant [ainsi que w. 141 et US}, egttraîtée,ftjuBteUtre, comme ose seale syllabe, car elle est une simple modification de ein répondant au lat. enua (terrenns). Cette considération étymolo- gique, toutefois, n'empécbe pas notre rimeur de prononcer f«rrv«n en trois syllabes au v. 259. 146. Honte, masculin ; voy. Baud. de Condé, notes, p. 430. 150. Anceterie, tradition des ancêtres. 1S6. Le sajet de puelent (peuvent) est sous-enlendu : les féalOn (V. 160). 159. Son gré, de son gré; op. lonpootr 168, 205. — Coniges U p. Il , qui est. Je pense, une faute de ma oopie. 162. Le nu. ];iorte maiiU, qo) ne donne pas de sens ; en oorri- 328 NOTES EXPUCATIYES (pp. 188-193). géant, on peut hésiter entre mant, commandement , et maifif manoir, coar. On conteste, toutefois, Texistence de ce mot, du moins au masculin, car au féminin on lui voit plusieurs fois pren- dre le sens de maison dans Richars li Biaus (voy. la note de M. Fôrster ad v. 1077). 169. Es8achier, p. esstOchier, essaiichier, exhausser, faire hon- neur. 172. Cor^ particule exhortative (^ que or), allons, voyons ; sa valeur se confond ainsi avec celle de la coi^. car.— 5omme, vérité. 175. L'ellipse de hommes ou gens devant de réligUm est curieuse. 184. Huys et fenestre, expression métaphorique, semble*t-ii , pour moyen, condition. 185. Vers obscurs. Le premier damage parait être synonyme de dangier et signifier sujétion, vasselage (par conséquent un dérivé de dominus\ le second « dommage^ dérivé de damnum, 188. Raison^ matière  parler, sujet de discours. 195-199. Ces vers méritent d*étre éclaircis ; j*ai laissé à dessein la leçon du ms. : entre ,if. ses mains, comme pouvant être con- forme ft l'usage du temps. — En bone parsût être une locution elliptique p. dûment, convenablement. 205. Maisière, muraille. 218. ce II n*est pas juste que Ton en fasse retomber la faute sur le baiser en soi ». 219. La rime recommande la forme boivre, 222. « N*a rien de commun i^^atoce, n*atouche) avec Tamour ». 223. Descendre, découler, provenir. 236. Endamer, bien que se confondant, pour le sens, avecmto- m^r, en est distinct par Torigine et signifie propr. endommager. Le mot se rencontre plus d'une fois dans Baudouin et Jean de Condé, ainsi Baud. de C. 184, 30 en la pume enâamée, 242. A/ler, engager sa fol, promettre. 257. Estuist, faille. Les formes habituelles de la .3* pers. sg. du subj. prés, de estovoir sont estuece, estttce, estuisse. Comp. voist, aut, puist, coexistant avec voise, aille, puisse, — Estovoir se voit parfois suivi de Tinfinilif avec d; cependant j'ai préféré écrire aâevaler p. à dévaler, notre auteur faisant encore ailleurs (v. 526) usage de ce composé. 252. Révéler pourrait signifier se rebeller, mais le v. 489 indique clairement qu'il s'agit de revelare, dévoiler, révéler. JàCQtES DE BAISI8UX. OZU 270. Aiaier = ettaier, mettre h l'épreuve. m. ya mes, n'est demeuré ; partie, passé de manoir. 879. ^engramier, se f&cher, dérivé de gram, grain, fScbé, chagrin (l'ail, gram), cp. 318, 132. ttl. Tout, 3* sing. indio. prés, de tolre, toUir, enlever. 2S6. Se crexter, laver la crête. 28S. Nuisance me semble butif ; le sens appelle muance, chan- gement. 290. Déserter, mettre dans le dénuement, dérivé de l'adj. désert (T. 308). . 291. Zongur paraît revêtir Ici le sens de tolérance. ses. RoMcet, raittcet {auj. rinceau), branchetta (lat. ramicellus), est employé Id de la même Taçon que grain dans « un gn^n de caprice ■» (cp. notre expr. a un brin »). On trouve le primitir rain revêtu de la même valeur : ainsi dans Baud. de Condé, Pri- son d'amours, 214! : Aucuns rains d'amours i convierse ; Jean de Condé, Chev. d la manche, 1159 : Un rain de rage ; Adenés li Rois, CUomad^, 4104 : Qu'il a fait rain de traison. S99. On trouve dans l'ancienna langue t&nlôt perde, i^ntàt perte ■■ la première (cp. l'anc. it. perda) est tirée du radical perd, la seconda, du féminin du participe passé perdita (per'te) ; perde est & perte, comme faille est & faute. 300. Se (fewwnrtr équivaut aie faindre, te recroire, te repen- tir dans le sens de se relâcher, renoncer d... 301. Mérite, fém., récompensa, action de merir, récompenser. De là meritable (v. 315), digne de récompense. 307. Déserte, service, mérite. 308. L'adj. désert, abandonné, ruiné, a ici le sens détourné de « insensé ». 309. La rime exigeait la correction tament (p. ternetU^, forme que j'ai d^A rencontrée ailleurs ; cp. la pronondation et l'or- tbographe famé p. femme. 314- Faiffnant, négligent, en défaut. 326-7. Vers obscurs ; covient semble altéré. 335. Parole, parle. Je prends occasion de rectifier une erreur dans laquelle j'ai versé avec un grand nombre d'autres lexico- graphes et qui consiste à admettre un infinitif paroïer, qui sa serait abrégé par la suite en parler. M. Cornu (Romania IV, 45T) 350 NOTES EXPUGATITBS (pp. lttS-202). .a parftdtement démontré que le radical paroi n'a Jamais été appliqué que 1& où la flexion verbale est atone, donc aux 1«,2«, 3* pers. sing. et d* plor. du présent de Tindio. et du sabj», ainsi qu'à la 1* pers. de Timpératif. Un infinitif parole n'a jamais existé. 841. Clamur^ manière de nommer {damer); par ma etamur signifie donc « par le terme même dont je me sers ». 359. Il est intéressant de remarquer comment Tauteur* & quel- ques lignes dlntenralle, fait usage, selon les besoins du mètre, des deuTfoTmeBdeehoivre^rechaitn^eidechevoir, rechewdr (963-4). 370. On sait que merir a le double sens de mériter et de récom- penser (y. 806). 388. Riait forme masculine de riote, rihote (prov. riata)^ que- relle, débat , synonyme de tance qui raccompagne; peut-être, cependant, riot n*est-il qu'une erreur de copiste. 890. Je soupçonne une lacune après ce vers. 399. Son amur^ voy. la note du y. 106 (un peu pi. h., yy. 882 et 389, s'amur). 402. Le cors, locution adverbiale, au pas de course. 407. IVoire, tirer , ici firapper ; le sijet de exporte n*e8t pas TAmour, mais celui pour qui la dame soupire. 412. Droiturier^ ici » bien disposé. 417. Aquiter^ exempter, dispenser. 440. Covine^ situation, disposition, ici sentiment. 448. Envier^ inviter, chercher à gagner ;jowelet, petit Joyau. 452. Sans mesaisier^ sans peine. 457. Lié, plus haut (v. 285), la forme lové. 458. Letis ou lues que^ aussitôt que. 461. Yitance^ plus souvent viltanee ou vitOance, mépris. 475. Pon^^,po«n^, arrogance. 476. Mervilhous^ capricieux, hautain, revôche. 490. Avenandise, grâce (manières gracieuses). 494. Avoir durée » durer^ résister. 496. Sarditement, forme primordiale de hardiement. 503. Pert, parait (de jparoîr). 508. Bien arivé^ opportun ; on serait tenté de voir dans ce terme maritime une imitation intentionnelle du latin qpportunus {deportus). 525. Aie, détruit» anéanti. jActton WL lAisuux- 331 sa. Tmir, abatenir, > car alla aongealant * renoncer ft leur aarrioe, ila ne le ponnaient, pas ploa qne le s^gneor ne peut.. ■ 630. liège, lige, anbst, terre libre, dont on peut diapomr. 542. A mé», Toy. t. !74. M7. La leçon ta maiiu dn ma. (•= a'd moAu), aurait pu âtre oon- aerrde; j'ai ploaleura fbia laissé aabsiater lldloUsme picard d p. al on OH. S6. IMemati, en aucune maniàre. On sait qne md, dans l'an- ciennne langue, prend, comme aucun, un sena afflrmatif quand le Terbe n'est pas accompagna de la négation ne., cp. 811, 183. 560. Ajomer , assigner & jour fixe ; ici ettre qfomé semble vouloir dire ■ être retenu par une assignation Judûsaire ». SOI. Vier, avoir la jouissance. 568. « Oa sans qnll soit mortellement blessé ■. Notes la forme aie p. ait Ir. 579) ; cp. la double fonmpufil tipuiue. Yoj. ma note T. !97. 570. Empirier de mort, blesser mortellement. 574. Ou mêM, dana la maison. 575. « S'il ne peut alléguer en sa fliraur, que... » (litt s'attacher & ce qne.) 580. ■ On, pour l'apparence (semUatios), quelque motif (oJtot'- lon] par lequel il., n SSe. Lisez MaU p. Matr. 585. Compara, égaU 694. Retraire, rapporter, dire. 598. ite^tfr (lat. repu/ore) qqn. deqqcb. ^imputer qqc&. &qqn. ; c'est rare que l'imputation soit, comme ici, prise en bonne part. 604. Aerdre, de neutre qu'il est ét^mologiquement (adhaerere, s'attacber) , s'est tait actif avec le sens de prendre en mains, obtenir (cp. 207, 74); une conversion analogue se prodoîtdaoa w laitir d'une chose et taieir uae chose. 610. Pour te démentir, voy. v. 300; dana le passage que je rappelle, le verbe est an aul^onctif (dnnence) ; ici, c'est l'iadioatif qne réclame le aeiu (1). Or, selon la règle, celui-ci est dément. On pourrait au besoin faire oette correction, en modiOant le vers précédent par : De celui qui por nui torment ; mais je ne penae 332 NOTES £Xi-LiCATiyfi6 (pp. 902-210). pasqn^il faille rien changer. J*al rencontré d^autres verbes en ir terminant la 3* pers. sing. de Tindicatlf présent en « , ainsi veste (p. veet) 880, 133, et acueille (p. acnet) 857, 450 ; saille p. saut Bneves de Commarcbis, 1102 ; je laisse de côté les cas o cette flexion est commandée par la consonnance qai termine le radi- cal, tels que emple (emplir), siueffre (souffrir), œvre (ouvrir), etc. 611. DelaieTf abandonner, différer, littéralement délaisser; detrier (v. 613), ajourner. 626. Pardoner, lié ft ire ou mautalent , a la valeur (étymolo- gique) de Mte abandon, renoncer, mettre fin. — Pour son ire^ au lieu de s'ire^ voy. v. 106. 630. Recroire, ici remettre en créance, en possession, prendre à merci. 645. Il fait, c.-à-d. il plaît. 649. As homes, & ses vassaux. 652. EssUhier, détruire, anéantir. 661. roct'^r, toucher (au sens de traiter). 4 (pp. 205-213). 4. Afaire, état ; ici état intellectuel, capacité. 10. Il se peut que Tapparence d*une lacune ne provienne que d*une altération commise par un scribe, et que Fauteur ait écrit les vv. 8-9 de cette façon : Car je vCen saroie esposer. Trestoz les biens ne (ou nés) esprisier, 21. Moyeneresse, voy. 186, 89. 25. « Car je me dérobe à lui ». Tôle de tolre, enlever. 27. Oetre, j'ouvre. 32. Anemi, le diable, cp. v. 59. 84. S'eslaissier, s*élancer vers. 41. Ame, p. emme, la lettre m. L*auteur parait avoir une pro- pension pour le son a ; nous avons déjà noté sament p. sèment. 42. Vers suspect; peut- être nos /a»Y promiers: v sur votre nom elle nous donne en premier lieu un enseignement ». 44. Vers obscur ; voy. aux variantes la correction que je pro- pose. JACQUBft DB BAISIBUX. 333 55. Nejd nH qtdde d tens (assez tôt) venir ; cette plirase revient dans le fabliau suivant (881, 218 : Jd nH cuidiérefU d tens estre). 64. En corrigeant le ms., Je voulais produire un sens sans tou- cher ÈLjta {osier jtu serait « enlever, eflàcer », cp. v. 164 limer fus) ; mais, aux variantes , j*ai essayé d'une correction qui conserve n*cuieis et substitue sus kjus ; je laisse le choix au lecteur. 67. Vers négligé dans sa construction. 68. Cp. V. 217 , « prendre maille pour marc » , autre locution proverbiale pour exprimer la générosité d'un créancier ; cp. aussi en sens contraire, v. 92. 73. Perdre, sens neutre, synonyme dépérir, 95. Avueler (pron. aoetOer), aveugler. 96. Vuele , vain , vide. Pour l'origine de ce mot , voy. Diez , Etym. Wdrt. II, 452. 102. Sans est un adverbe, mais, comme souvent, il a pris flexion par accommodation à rac^ectif qu'il accompagne ; cp. 180, 130. 107-8. Ataindre signifie, la première fois, atteindre, frapper ; la seconde fois^ c'est un composé de taindre (teindre). 111. Peurire, forme dialectale p. perriere (cp. tinent » tienent V. 188, 159). 112. ren««n ici mettre en sûreté. 114. Bsqtds^ épuisé , dépourvu : voy. ma note» Baud. de Condé , p. 473, où Ton trouve ntis et esquis. 122. Le corsy à la course. 126. La lettre r se prononce erre, en deux syllabes. 129. Escueresse (pron. u =» ou), fémin. de escouêre, celui qui es- coût, rescout (délivre, sauve), du verbe escourre ; le défini res- eotut (du composé rescourre) s'est présenté v. 77. 130. Restorresse, forme contracte de restoreresse ; cp. emper^ resse p. empereresse (de emperere), ou enperris (v. 173) p. empe- reris (lat. imperatricem). 141. Acreûe peut se prendre ici à la fois dans le sens d'emprunter {acroire} et dans celui d'augmenter {acroistre) ; le descreOe du V. suiv. favorise le dernier. 145. Raie, sillon, raie (bas-lat. riga). 150. Raie de ravoir. l^SZEnmolue ^esmolite; la permutation des préfixes 0« et en se voit beaucoup dans les textes du domaine wallon ; je ne citerai 334 NOTES BXPLICATIYBS (pp. 910-218). que enlire, ensauehier^ ensaier^ enbahir, et ù'duxtte part eiMengne p. ensengne {Y. 195). 171. /est en effet l'abréviation de Imperator. 178. Vaner, vanner, flg. nettoyer. 195. Btessengne, ma marqne, ma tache ; forme variée de en- sengne^ voy. v. 15£. 209. Vois, son. — 217. Cp. v. 68. 218. « Effacez le titre {Vescrit) et la taille » (tablette entaillée, sur laquelle s'inscrivent les marchandises livrées par le vendear à son client). 224. Joint marages^ Joncs de marais. Je conteste l'étymologîe prêtée par M. Darmesteter (Formation des mots composés, Paris, 1875, p. 27) & ra4]ectif mam^^ ou marrage. Le savant philologue le dérive de l'ancien a^J. mar (lat. nuzs, maris) , mâle , qui a laissé des traces dans marsault, saule mâle, et dans Tesp. maron, bélier ; il est bien plus simple d'y voir un dérivé du même thème mar qui a donné marais et marécage (voy. mon Dict.), que d'y chercher des sens figurés (fort, violent, sauvage) déduits de la notion de mâle ; lesparftmz marages de la Chronique des ducs de Normandie, allégués par M. D. et pris pour deux a(Uectifl9, ne signifient pas autre chose, à mon avis, que des « profonds marais ». 226. lussiere, jachère, cp. le wallon jouhire (ft Namur gieiéré). 228. Savagine^ bêtes sauvages. 232. Embarré, obstrué, couvert de bourres, 235. Semé ; J*ai mis same pour satisfiûre & la rime ; voy. pi. haut. Fiez d'amours 309. 237 Asiu =3 aisif, aisé, facile, avec l'/'résolu en u. 240. Trés^ nom. sing. de tref^ tente, ici « demeure. 241. Nés, nom. sing. de net. 242. Voy. les Variantes. 243. FUjomt est peut-être fitutif p. flairer. 5 (pp. 214-224). 2. Ufi voir, une histoire véritable. 4-5. Vers obscurs ; li remanans doit se lier ft de son avoir ^ et le sens de la phrase paraît être : « Ce qu'il possédait outre sa fortune était très-remarquable ». J&CQCU DB BAIStBUI. 33S 9. JUbMtf, pourra de biens mmaiet. IG. Sutropi^ue, altération i'hjfdropiquB. 16. Tenu prend lia la valear de ■ Jngé, apprécié >. n. Neis (plor. de M«f^, ne^> vaiiHlle. 3S. Vers trop court, Toy. aux Variantes. 42. S'eitadtier (dérivé à'estache, pieu> s'affermir, flg. fUre son profit ; le mot m'est nonvean. 43. a Quant ils vont ramènera» bon sentier une ftme fonrvoyée. > — Hotflz la manvaise rime ravoient : voie. 50. Tautter ; cp tauaer (d'où taux) p. taœer. ao. JVwrJr, verbe neutre, Ità grandir, se développer. 61. Curer, ici guérir, au vers suivant : prendre soin. 60. Lé, legs ; p. leg (subst. verbal de léguer). 71. Or i parra (parutra), location consacrée — « maintenant Il s'aura de bire voir •>. 77- Affrevé, accablé, midade ; voy. Gloss. de Proissart 8B. Empioiié, bien appliqué, approprié, convenable. «2. Tïauf (monosyllabe) doit être ramené au tbôme vel, forme contracte de veel (plur. tjiaut). W. Prendre êon vivre, tirer ses moyens de subsistance. — J'ai négligé de remarqner aux Var. qne Méon donne en to* iaau p. mtor iOM* ; an fond, cette leçon peut être admise. 101. PuïMonos, état de fortune, cp. l'ail. vermSgen. 106, SoUoR, compte, ration . lis. Uoret* =- morrett ; de même v. 267. U8. Renooper (re-inculpare), reprocher. 119. Par exemplaire, ft titre de preuve. 181. Rappeler = retraire, révoquer. 12!. MéDn(et Mouchett): vorime»; j'en ai ûjt KWirnea (Ton- lûmes) ; on ponrraitaussi corriger par voriemei (Tondrions).. 123. Adreehier = avoyer, diriger dans la bonne voie. UT. Peut-être vaat-il mieux mettre «n p. d ; cp. v. 305. 135. ■ Ils se repentiront de l'avoir serré de si près. » 137. Héon a noi p. vot. 138. Suel s'emploie à la fois pour toiso et pour toM. 141. HaiUi, en bonne sasté. 144. MOrchie (ol^t valant an marc) se rapporte A ntare, comme denrée A denier. 336 NOTBS EXPLICATIVES (pp. 218-325). 153. Ou Dieu plaisir, h la merci de Dieu. 154. Vo promesse, la chose qui vous est promise ; cp. v. 197. 161. En audience^ coram omnibus. 168. Mot nouvieh nouvelle. 170. Poison ^ poisson^ comme le prouve le v. 317. 171. Je ne comprends pas fion ; peut-ôtre une forme patoise p. flon, comme on dit à Nancy kiou p. dou, piomb p. plomb (voy. Diez, Qramm., éd. fr., 1, 196); or flon (qui se dit k Genève) est contracté de flaon (voy. les dict. sous flan). 174. Vin de despense, vin ordinaire ; despense, pr. distribution (ordinaire de vivres), puis lieu où se fait cette distribution (signi- fication restée). 176. Baisent a baissent. « Baisser (incliner) le hanap », vider le verre. 180. Bondir, retentir. 181. « Gomme s'il y avait exhibition de reliques ». 182. Saint, subjonctif prés, de saigner, signer. 188. Je ne trouve pas de sens k ferré, et je soupçonne qu*il y a là une erreur de lecture pour serré. A Tarrivée du monde les bons frôres ont perdu la contenance et se sont mis au plus vite à cacher {serrer) ce qui restait sur la table. ^ Le genre féminin de reste n*a rien dlnsolite. 190. Divers, étrange. 206. Miner, mener ; i p. « atone est un Cedt caractéristique des dialectes du Nord ; cp. vv. 146 et 241 ramineis, aminé. 212. Méon : n^a ni sage. 215. Otrier leplait, accorder, ici concerter la chose. 218. La môme phrase se voit dans le dit précédent v. 55. 224-25. ^il a mué son mal s'analyse ainsi : s'il a son mal mué = si son mal lui est changé (s'il va mieux) ; c'est le même tour que quand on dit : il a le pied cassé. 228. Desconoistre^ désavouer, ou mieux peut-ôtre» perdre de mémoire. 230. Bstre en voie d'une chose, se disposer à l'accomplir. 233. Qrevance, difficulté. 242. Ils étaient cinq fcp. v. 285), à savoir les deux d^à venus la veille, Louis et Simon (v. 249), puis Guillaume, Nicole et Robert (vv. 208-211). Le nombre quatre exclut le convers Robert qui était allé chercher les échevins et revenait avec eux. 338 NOTES EXPLICATIVES (pp. 225-228). 8*écarte passablement de ma traduction et me fait supposer qu*il a lu Nom devons ou Ke devons, au lieu de Ne devons^ ce qui en effet rendrait cette entrée en matière plus naturelle. 4. Saveis ; la désinence eis alterne dans le ms. avec ez. 8. Ponce sovine^ la panse en Pair ; cp. vy. 298 et 446. 9. Siett suit : forme insolite pour sitU i sieut. — Sa pour lor ; transition brusque du rapport numérique* transition familière aux trouYôres. 10. (c Ceux qui lui tiennent de plus prôs, ses proches, cp. v. 228». 11. Tienent, retiennent, empêchent. 14. « Comment je vais » = comment il me va, ce que j*éprouve. 17-18. tt Que Dieu ne permette que je le voie («qu*il m'arrive ; en ail., dass ich es erlebe)^ que Je repasse par ce chemin ». 19. iSï', jusqu'à ce que. 22. Durer, continuer d'exister, ou bien « résister ». 25. Criher; h diérétique, resté dans trahir, envahir. 28. Rueve (prononcez reuve), indic. prés, de rouoer , demander, commander, « £^t allumer les cierges ». 29. Triole est un substantif omis dans les glossaires ; je n*hésite pas à le rapporter au verbe trioler que je trouve dans Roquefort avec le sens de « aller et venir, perdre son temps ». Quant à trioler, j*y vois le môme radical qui a donné detrier (retarder), joint à un suffixe diminutif. ' 37. Clugner est le même mot que cligner. On trouve aussi dut- gner et diner. 43. On voit, par la comparaison du v. 45, que la forme ramoi- nent (ramènent) est celle du 'copiste, et ramainent , qui se trouve en rime avec mainent (de manoir), celle de Tauteur. Au reste , le présent moine de mener est parfaitement correct. 48. Luex, nom. sing. de duel^ deuil. — Refiroide, de refiroidier (non pas refroidir). 50. Raison, manière. 53. Asteis (êtes) est encore une forme courante dans les patois du Nord ; elle se rapporte à Tinfinitif e^^er, la t. stare. Du reste , en ce point comme en beaucoup d'autres, lems.esttrôs-inconsé- quent; au v. suivant on lit esteis. 57. « Gomme nos afliaîres (no chose) prospéraient {oenoit) ». 63. Atoan «• oan , ouan (hoc anno), ces derniers temps ; cp. vv. 290, 333 et 342. •GAtTBIKE LE LOKG, LA TBOVB. 33U tt. Anrtmuf, nouTsI an, Jour de l'an ; T07. Roqnafort y rcnMf, et )ean da Condé, Dit da la mortal vis, 89 (t. I, p. B68}. La valeur ezaota da ca terme a ^é euminée, an point de vue de la paléo* gr^hia chronologiqne. par Gachet, Recherches enr les noms des mois, etc. p. 03 et suiv., mais il reste encore & en discuter la forme. fienu<^ est-il un simple composé de nue/' (neuO. donc un adjectif I II 7 a lien d'en douter, par la raison que l'on n'a paa de oomposltion analogue en ftangaia & lui comparer (1) et qu'en latin 11 n'eiiste pas de rtnwv*. Si renuef n'est pas an adiecUf, 11 doit être le substantif correctement abstr^t de rénover et signifler reaoareliement. Dans ce cas, anrenvef, que l'on trouve le plus souvent ticrlt en ns seul mot, vent dire « renouvellement de l'année » ; an est nn gdnitif et nons avons ici une composition analogue A orpiment (anri pigmentnm), terremu^, ftal. tremvMo (terrae motus), et sembl. Pourrsnue/' de rénover, cp. lesubst. Irwe^de fraver (Jean de Condd, II, p. 13. v. 3B9:Quantdounitd'nn oisiel fiUt truefi. 04. Bncor suivi du sttt{]-> <=- bien que. 69. Le sens ancien et fondamental de hitdeta, hidêua est ■ hor- rible • (pr. ce qui fUt dresser les cheveux). Le mot vient de l'ad- jectif latin A^fdiu. «7. £'a*rifer, rairfrtai*. l'autrejour. 7S. Je ne sala oe que c'est qu'âne cAope d ptron. Ce dernier mot •artit-U on nom propre, de sorte qu'il s'agirait de la « chape i Pierre, le voisin a 1 74. Pion, p.pZoni!,aQb8t. verbal de jjlon^er.en picard jitonguer. 81. Soittff, sein. Au v. «4 nons aurons, hors rime, la forme insolite aainch. SX. « Et cette circonstance me donnait également & réfléchir >. AMtiet, subst. verbal de aueotr, donc action de s'asseoir. 89. Sunement , murmure , du verbe rwner , murmurer (ail. rotmen). H. Li conteit est nn nominatif pluriel, ■ les délibérations >. 88. 7seAten, fbrme dialectale p. voisin (40). La copie Monchet porte, par bévue, necAtetu et, en mai^, la traduction ■ nitees > (T). H. Tmir enpait, se tenir tranquille, se taire. 340 NOTES BXPLiCATiTBS (pp. 228-231). 98. Faire chiereê^ Mte des mines. 104. Je ne sais ce qu'il faut entendre par îembeh 106. Dame, subst. masc., perte. 107 et suiv. Ce passage m'embarrasse fort ; quel est le mal- heureux dont il va être question et « ki ne volt Mre bien por 11 1 » Rien ne l'indique et Ton ne devine pas comment il se rattache & notre histoire. Le Qrand d'Aussy, dans son analyse, ne touche pas d'une syllabe cet épisode, qui pourrait bien s'être glissé par mégarde dans le contexte de notre manuscrit. — Serait-il question de la manière dont le mari, si chaudement pleuré, était traité de son vivant f Plusieurs traits du récit rendent cette coiQecture peu plausible. 107. Celi. « Vers le milieu du XIII* siôde, dit Burguy (1, 155), on commence à voir usurper cheH, au lieu de cMui, au mas* culin ». 112. Apoi dToooison, pour le moindre motif. 117. Mettez une virgule à la fin du vers. 126. Atendre c^ rechercher. 129. Moïekin s'appelait la fine étoffe de toile dont on faisait les vêtements légers, puis, par extension , les robes faites de cette étoffe. De là les mots mtdquinier, mtdquinerie. 130-132. Je ne me rends pas compte des mots raoerquin (mot d'origine flamande d'après sa terminaison), cos muscas d corez (plur. de coret, petit coin ?), estivez (le mot comence ne permet pas de penser à une forme variée de esUvaX, bottine). 133. La forme veste, comme présent indic. de vesUr, est ano- male ; il faudrait vest (868, 461) ; J'ai relevé d'autres anomalies de ce genre & propos de démente 302, 610. — Reube d remtuyers, costume de rechange ; voy. sur cette expression, la note de M. Tobler & la suite du Dit du vrai aniel v. 377 (STont dras de voir d remtders) : la forme remuier, observe le professeur de Berlin, se rapporte au verbe remuer (changer), comme les subst. reprovier, destrier, encombrier, recovrier aux verbes reprover, deeirer, encombrer, recavrer. 134. Ostoirs muierê, autour qui a passé la mue. 142. T^c^^ta^, querelleuse. 145. Rute et venvoîe servent de termes de comparaison à Tatti- tude dégagée, aux mouvements vifb et fringants de la Jeune veuve. 549 H0TB8 BXPUCATiTBS (pp. 251 -234). 176. « Voilà tout mon tissu de projets rompu ». Oienevems est nn dérivé de cannabis au moyen du suffixe alU ; notre mot actuel canevas, par contre, représente un type cannabaeeus. 177. Lochier pourrait être loucher; cependant le voisinage de jplat'^^y discuter* et de elochier, boiter, flg. balancer, recom- mande plutôt le sens « branler, balancer, bésiler ». 178. Closcier, corrigez dochier. 179. « Mais elle s'empresse de se rendre aussi fMche et sédui- sante que possible. » 180. « Souvent toutefois elle se tourmente (litL elle Mi le signe de la croix) sur ce que ses cheveux commencent & grisonner. » Ou serait-ce : « EUe se fkit saigner pour avoir le teint plus p&le t » 184. QidtnpU, morceau d'étoffe dont les femmes se couvraient la tète et dont elles se servaient quelquefois de voile. 185. OrenêSy parties chauves de la tète ; voy. ma note du Glos- saire de LillCf p. 9. La leçon grates o^ gretes du ms. m'a semblé inadmissible. 186. Ce vers reste obscur. 187. B^fnmrej sens neutre, se cacher, se tenir à Técart 191-2 « Que le rameau (sens obscène) qui lui chasse le mal de ses reins. » 193. Aquerre^ ici ^porqusrret rechercher. 195. Bechier signifie d'ordinaire becqueter ; Je ne sais si ce sens convient id. 196. S'ageUner, rouchi s'agligner, s'agenouiller. 197. J'attends d'autrui les éclaircissements sur le sens de ce vers. NtUton signifie lutin, mais eschalcire, quidf Je ne connais qu'un verbe escalcirer, recalcitrare. Le sens est-il : « et elle les (ses "->si les) repousse comme par ruades »! 202. Ici etis, au v. 204 iauz. 205. Pice^ depichier, piquer (ou pincer « ail. pfizxen f). 211. Le mes » me l^s est une bizarre métathèse que j'ai souvent remarquée chez les écrivains du Nord ; voy. mon glossaire des poésies de Froissart au mot mes. 218. Set tans, sept fois. — 215. Par tans, bientôt, op. v. 854. 217. Nouveliere , une cancannière , qui aime à annonchier (V. suiv.). 220. Ce discours est plein de naturel, de vie et de mouvement. CiDTBIER LB LODG, LA TBDTB. 343 tSS. Cointe, ocxiaMe. 224. SetToer, se proposer, avoir envie. 325. Esbanoyer, a'amuBer, et parUonllârement « blre an tour de promenade». tSi. a Car TOUS devez, an dire de osa ni6re, être un peu de la famtlle ». Monter d n'a pas d'autre sens i<â. Il est synonyme A'apartenir, qui vient pins bas, T. 337. Voy. aussi V. 10. 232. Deffendre, ici = ordonner. — 237. Met boru, mes caprices. 237. Chaucher (chausser), fournir de vêtements, synonyme de vestir;cç. v. 315. S3S. ttavettir = envettir ; « Il m'avut A^k mis en possession... ■ U9. Sstre éCavoir soprit est nne curieuse expr^eion p. possé- der de la fortune. £51. Baiielette, fillette. 258. PaiUs signifie ici, il me semble, non pas des tissns de drap ou des couvertures, mais des poêles de coisine, iat répond ainsi non pas kpaUium, mais kpateUa, Ce dernier type a d'abord îaii paéle ipaesle), puis par contraction paile ; cp. cateaa, cAoAie, chaîne. La conversion çnfin de ai en oi, a donné tant pour paUa •=pàllium, que ponr^ile <^ patella, le mot moderne jJoAe. 259. Chailit de chailit, chaalit, comme paOe depa£le ; aq}. ehâ- lit, voy. mon Dictionnaire d'étymologie. 260. Cuete (prononcez Jteute), aitlenrs coûte, kieute, etc., mate- las, lit de plume. 261. Lingne, ad], dérivé de lin ; langne, adj. dérivé de laine. 262. B De deux sortes de laine. » - Louage» sort de la rime qui vent langnes ; je n'ose rien proposer, bien que Umgttê p. Ia*M soit admissible ; mais avec cette correction II fondra, pour la mesure, mettre encore p. encar. Le maipangne» conviendrait aussi ,* forme mouillée de panne, étoffe. 267. Harnais parut s'appliquer XtA * toot l'ameublement de la maison. 268. Benam de lenal, benel, diminnUf de Jmme, banne, mot appliqué & différents meubles destinés à renfermer des ot^ieta : panier, vase à mesurer, botte, tombereau. Je ne sais pas a qnel ot^et la veuve &it ici allusion. — Notez la mauvi^se rime hamait; benava ; elle autorise à supposer que l'auteur avait écrit, i la manière wallonne, benaia. 344 NOTES BXPL1CAT1VB8 (pp. 234-957). 209. Al m*estor^ & mon installation ; c'est le senl sensqneje paisse troayer à ces mots ; mais comment estor, subst. verbal de eêtorer (instaurare), se trouve-t-il employé comme féminin ? Al aussi est irrégolier, il faut à. Je pense donc qu*il faut supprimer en, qui est inutile, et lire Li uns fu fais d mon estor 270. A Vor, au bord ; reverseit, garni d'un revers ou rebord? 272. Tout en protestant qu'elle ne tient pas & vanter ses richesses, elle le ftdt avec une intention bien marquée qui n'échappait pas à la commère. 284. Ascorce , écorce ;(up.es: comme osiez p. estes, » Pour la pensée» cp. Scarron : On Juge du bois par l'écorce Et du dedans par le dehors. 290. Message^ ici déclaration d'amour ; cp. 82, 29. 291. Ci parent, dans ces environs, cp. v. 348. J'ai d^à relevé cet adverbe parent, inconnu aux lexicographes, dans un passage du Dit du lévrier de Jean de Condé, v. 1347 (mon éd. p. 345« et notes p. 454) : Pour ce qu'il avoit Id parent Assés priés manant maint parent. Je ne me rends pas compte de sa formation. Il serait hasardeux d'y voir le Iskt, perinde, pareillement. 295. La veuve excepte Gomer du nombre de ceux qui lui ont fait des propositions (v. 290). 299. Sur chercler, voy. aux variantes. 306. Assené, établi, marié. 307. Et vos, vous aussi. 311. Tant équivaut ici & tant seulement. 812. « Car je n'ai jamais su en agir ainsi » (c.-à-d. promettre pour ne pas tenir). 316 et SB. La veuve signale & sa commère quelques noms qu'elle recommande particulièrement ft son attention et dont elle indique, & ce qu'il paraît , la demeure , par les mots en la chauchie (chaussée) et les autres qui suivent. Je renonce & faire le com- mentaire de ces derniers. 320. Cette froideur envers Isabelle de la part du « fils ft monsieur Qodefroit » a pour la veuve de l'importance^ comme on pense bien. GADTHUBR LE LONG» LA TIUVB. 545 — Sentant qu'elle a déih ùât assez de confidences, celle-ci a l'air de cesser ici son entretien et de renvoyer sa commdre an dimanche ; mais au moment de le ûdre (an ▼. dSl), il loi vient one nouvelle idée, qui la fkit déborder de nouveau. 325. La forme ancienne diemenche^ d'où dimanche^ vient de die dominicOf par llntermédiaire de diedminca (chute de la proto- nique o et de la posttonique i). S28. Je n'ai pas connaissance de ce bon vin de l'Aunois. 329. Alez à Dieu (avec Dieu), formule variée de d Dieu vos cornant. — Cet «n^ (« en), placé & la fin du vers, constitue un cAjambement peu gracieux. 345. Bescosse se trouve, dans le glossaire de Barbasan (d'où il a passé dans celui de Roquefort), traduit par eeeousee, affiiaiion.% ()ette signification convient par£ûtement id, prise dans un sens obscône. 346. Garbe scose (ou escosee), gerbe dont on a ùàt sortir le grain et dont il ne reste que la paille. Cp. Philippe Mousket, 5466 : Mi chevalier déprime barbe. Si n'ont cure d'escouse barbe (1), c.-&*d. ils ne se contentent pas d'une gerte secouée, d'une gerbe de paille. Barbe p. gerbe se trouve dans les locutions bien connues barbe de paille ou barbe de feurre. 348. Chi parent, voy. v. 291. 349. La commôre, impatientée de ces bordées de confidences, lève tout à coup le pied, sans môme laisser à son interlocutrice le temps d'achever sa phrase. 350. « Du dos de la main ». 356. Le sens de cette locution proverbiale est ûusile à saisir ; je n'avais, cependant, pas encore rencontré le géant Goliath, grâce à sa parenté onomastique avec ffoulu, goliafre, personnifier la concupiscence chamelle. 358. Sachier d prise, attirer dans ses filets. 361. Enviaus (de entialU provocations, agaoeriee. Voy. Baud. de (X>ndé, p. 428. (1) M. dfl Rsiffenberf ■ ma] eomprli m piiMft va rialtiprêUBt aimi : Btrbi uewlt : • Qal M M font pM pritr pou Meoctr la barbt è f oalqa*!», «'art-h dira hardif, qMrallaan. ■ 346 NOTES EXPUCATiTES (pp. 237-240). 383. Cottener (peut-être fkut-il lire cotrener)^ s'approcher char- nellemeot, yient sans doute de coûte, keuie (=> culcita) ou de coutre (= culcitra). Hécart donne cotranner. Les deux verbes qui suivent sont des synonjrmes. Pour cropener.cp, t. 426. ' 369. Estre — aistre, âtre. 972. Brehier m*est inconnu ; c'est sans doute une forme variée de brehain^ impuissant. 373. Un defeû, un défUnt (deftinctus : qui a cessé de fonctionner). Le mot est un composé de feû (d*où notre a4j. feu), mort* sur rétjrmologie duquel je renvoie au Dictionnaire de Littré. tCe savant philologue aurait pu ci^er. encore Texpression dur feû, malheu* reux, que je trouve dans le lai de roiselet (Barbazan, III, p. 126), et qui prouve en faveur du primitif fatuius.] Defeû p. défïini est aussi consigné dans le glossaire du comte Jaubert. — Dehuré m^esi inconnu. Serait-ce un composé de de + eûré, malheureux, la lettre h servant de signe diérétique ? Ou un composé de hure, chevelure, avec quelque sens métaphorique ; ou peut-être un simple syno- nyme de chauve? 375. Ou, eus. — Chiés est obscur. Le vers exprime : « qui ai refusé ou laissé passer tant de beaux partis ». 379. « Qui me l'ont indiqué et proposé pour mari ». 8S1. Langier a ici un sens extraordinaire, déduit de celui de puissance, savoir : faculté, liberté. 384. Bùuker, ronfler , mot nouveau pour moi. Roquefort a rcuchier, et le glossaire montois de M. Sigart donne rcuhler, qui reproduit le flam. rockelen, ail. rôcheln, 402. Bstre en defois signifie d'ordinaire : être interdit, défendu ; mais ici le sens paraît être « vous êtes dans votre tort ». 408. Un recréant est celui qui n'en peut plus. 410. Je ne saisis pas le sens de l'adjectif more. 410. Ive, jument, du latin equa. 421. Lime^ chose qui ronge, chagrin ; cette application métapho- rique du mot lime se rencontre aussi dans l'italien lima, 422. Grime, chagrine, irritée. Cet a4]ectifmanquey avec cette signification, dans les glossaires. Nous le trouvons dans les trou- badours avec le même sens, ainsi que les dérivés grimar, grinar, grineza, grinos. Pour son étymologie, voy. mon Dictionnaire. Littré ne connaît pas notre grim comme un ancien adjectif de la langue ; Diez n'en fait pas mention non plus. 348 NOTES EXPLIGÀTITK8 (pp. S41-S51). 477. Maug, pluriel de mail. — La paix revient au ménage ; la femme redouble d'attentions pour son mari. 486. Je ne saisis pas le sens de ce dicton. Leus^ le loup , est le 8i\jet de trait, 487. La moralité qui suit perd de vue la première partie du fkbliau, qui nous présente la veuve inconsolable et si tôt consolée s elle ne se rapporte qu*au dernier tableau» en prêchant aux maris la piété pour les ftâblesses de leurs épouses. 491. Aduin (prononcez adouin) est un mot inconnu ; il paridt signifier : doux, pacifique. 494. Afoi*, bon temps, plaisir. IX. COMBAT DB ST. POL CONTRE LES CiBMOIS (pp. 242<-266). 4. QiMer est un infinitif, employé ici substantivement. 10. Li maistre, les poètes ou écrivains qui ont traité la matière. 23. On ne sait pas quel membre de la famille de Berlaimont a donné lieu au sojet de notre poème. 36. VerseiUier^ chanter des versets, réciter des psaumes. 51. Cette comtesse de Luxembourg est Béatrice, fille de Bau- douin, seigneur de Beaumont, et femme de Henri, deuxième comte de Luxembourg ; née à Valendennes, elle y fonda le monastère dit de Beaumont, composé de religieuses de Tordre de saint Domi- nique, où elle fbt enterrée en 1320. 86. Les formes eschefr^ sei^r^ ve(r sont dominantes aussi dans Froissart 70. La note du texte imprimé traduit chiere moume par « chiur morte », qui est un contresens un peu violent. 84-85. « Et. je t'en prie , veuille ne pas tarder ijnettre) , afin que tu puisses y être pour y passer la nuit. » Cette valeur du verbe mettre est bien connue (voy. mon glossaire de Froissart). 102. « A fut semblant de ne pas regarder ». 112. Sui iaui deuSf à quelque distance d'eux deux. — S^estoit^ se tenait. 126. Laiêsier convenir^ laisser faire ; cp. w. 224 et 269. 130. Pùichon^ pochûn, pot (cp. v. 147). — Ansoire (ou Affaire f) « Auœerre (en Bourgogne). COMBAT DE SAINT H)L COMTES LBS CARXOIS. S49 146. D*aprô8 l06 éditeurs « poire de Calville ». 144-45. D*aprô8 les éditeurs, il s'agit d'un Terre fUt à Fléquier, village situé entre Boucbain et Douai, renommé par sa verrerie, mais qui a disparu par suite de quelque événement inconnu. 147. Envers, ac^., couché sur le dos. 15S. Le vin de Bourgogne est ici opposé au vin de l'Ile-de- Prance. 163. Blanquetf peau blanche ; « des chausses de chamois » f 172. Entenoe, forme correcte de sul)|)onctif présent dans le dialecte picard ; cp. camenche (de eontentir) v. 435; assouee (de assoudre) v. 689 ; démence (de démentir) 198, 3(K). 190. Le texte imprimé a tout par tout. 196. Dévotion^ intérêt ; cp. v. 232. 199. Preste curet tient ensemble, « prêtre & cure d*ftmes », curé de paroisse (op. v. 401). Le texte imprimé met une virgule entre les deux mots. 201. S'avoientt se mettent en chemin . 205. Beauiieu, nom de la partie du village de Marly la plus voi- sine de Yalenciennes. 221. Se mesler, engager une lutte. 222. CauSf coups ; au p. ou résultant de ol est un trait picard ; on voit de même souvent taut p. toiU (» tollit), vaut p. voui (« voluit). 240. L'aval, locution adverbiale, en bas, plus loin. 242. Tron, firmament, ciel ; voy. Diez, Dictionnaire II, 446. 224. (Jointe se dit de celui qui fait Félégant ou le brave, mais s'emploie aussi dans le sens de « distingué, de noble apparence, huppé». 246. Comperi^ prés, du subj., 3* pers. sing. de comparer, expier (une faute). 248. Mèeme (a lat. maœime), particulièrement. 249. Avoir draps (de qqn.), porter la livrée, être au service. 251. Peut-être faut-il lire chU doux (ces deux). ^ Aati au ahati, plein d'ardeur ; le mot n'a, étymologiquement, rien de commun avec haste ; l'orthographe ahasH du texte imprimé est Teflét d'une confusion fï'équemment commise au 14* siècle ; voy. mon gloss. de Proissart. Le verbe s'aatir [ahatir), s'empresser, s'acharner, a donné le subst. aatine, que nous verrons v. 612. 3S0 NOTBS BXPUCATIYES (pp. 9S1-356). 256. Tous, oomme nom. plar., est inoorreet (il faudrait tuU oa tout) , mais la rime m'a engagé à ne rien changer. 260. JBn$oigne, embarras, diffleolté. 270. Qm vel^tf formule elliptique, équivalant : « 11 ftdiait voir ■• 274. Siège représente le subjonctif de seoir (convenir, plaire) ; cette forme est insolite (d*ordinaire ou trouve siée ou siece^ sieche^ cp. V. 625) ; cependant elle est correcte, car siège répond exactement au type latin sedeat. 282. L'u/fire; j*ai rencontré cet adjectif dans la 0>ur de mai, V. 1209 (voy. mon éd. des Poésies de Froissart, t. III, p. 36) : Quant tu verras luffires maintiens En dames, loings d'elles te tiens. Et croy qu^elles ont petit sens. Quant à la signification , je ne saurais la préciser, mais si la cozgecture étymologique que j*ai émise dans mon glossaire des Poésies de Froissart ijiubricus — lubre — lufire) se confirmait , ce serait lubrique, indécent. Cependant ce sens ne se recommande pas trop ni id, ni dans le passage suivant tiré du ms. Aramç; 12615 de la Bibl. Nat., fol. 210 : Li camus qui est nés d*Arras Dist du mards de Monferras, Qui n*est ne lufires n*esbahis, Ains est sires de sen pais. On traduirait volontiers par « étourdi ». 293. Effroi^ synonyme de noise^ bruit (cp. v. 508) ; la rime nous Tamône au pluriel au v. 514. 297. yertus^ actions de force ; faire vertus^ sMvertuer. 305. Arester^ rester fixe. 306. Engaigne, chagrin, peine. Voy. sur les diverses acceptions de ce mot, ma note Enûmces Ogier, 5599. 310. Content, lutte (cp. v. 616). 317. Boursieh propr. bosse, puis le coup qui la produit; Tex- pression est analogue & buffe. Le dictionnaire rouchi de Hécart donne boursiau^ bosse ft la tôte causée par la percussion d*un corps dur» et bourseîer, faire des bosses. 818. (H«^se rapporte à la couronne (tonsure). COMBAT DB SAINT POL CONTRH LBS CARMOIS. S51 325. En amender , en payer Tamendâ , subir la peine (y. 921 Vcunender) ; synonyme de le comparer. 330. Je crois que gouchet est un mot patois au sens de « petit cliien », et le diminutif de gouce, que j*ai traité dans Jean de Gondé II, 349 (oaj*ai eu tort, comme je Tindique d^à au glossaire, d'écrire gonce). 336. Notre mot actuel mine (bonne ou mauvaise mine) ne re- monte, d*après Littré, qu'au 15» siècle ; notre exemple démenti- rait-il Topinion de Téminent philologue t ou faut^il admettre que le copiste du 16* siècle ait youIu rs^cunir l'expression ancienne faire chiéret ou, enfin, oserait-on prendre minée (leçon du texte imprimé) au sens du lat. minœ (menaces) , sans autre preuve de l'existence du mot avec cette acception latine t 338. Putier (putassier) est consigné dans le dictionnaire rouchi de Hécart avec une citation de Tan 1094. 348. Enquerquier^ forme picarde p. enoargier (charger). 363. Laier^ laisser, négliger. 366. Grouchier^ grogner^ murmurer, se plaindre. 369. Oaster, comme perdre^ &ire ou dire inutilement. 375-77. « A cette époque la boucherie^ à Valenciennes, était an coin de la rue de la Nouvelle-Hollande et de la rue Cardon. — Le pont Néron (Noiron) était situé à l'entrée de la rue de Tournai, dans laquelle se trouve le couvent des Carmes. » Note des pre- miers éditeurs. 880. Lisez pau p. peu ; cp. v. 284. De môme v. 458. 385. C^'ronctdi», petits cirons (v. 613), petits cierges ; mot rouchi. 395. Travaily échafaudage en bois, ici catafalque. 398. Main est adverbe, ^ demain. 482. Saquier, tirer (cp. v. 265) ; d'ordinaire on dit traire d eon- sea. 407. Despaisié, troublé (litt. mis hors de paix). 412. Moustier de saint Pol^ couvent des Jacobins. 413. a Vous avez raison [droit) » [de vous mettre en peine]. 419. « Contre la Vierge Marie et Saint-François. » 420. Ce sont est expUcatifde2>om»nigt4ef;=> J'entends, Je veux dire. — Bediel (bedeau), employé comme terme dli^ure, m*est nouveau ; Roquefort a bedier, sot, ignorant, stupide. S52 NOTES BKPUCATITBS (pp. SBÏ-SGS). 438. Ifo^ Je mène 0*abB6noe de Ve final est conforme à la gram- maire ancienne). 445. Bnoie^ sQbjonctif de etiofr» exaucer. 447. A ehitef venir de, réoisira. 4e8w Départ, dieirlbue (an v. 882, le sabst. départ, répartition). 465. Contre, forme variée et dialectale de oanUe (chasuble). Littrë la cite d'aprôs la Chronique de Raina. Pour la mutation de { en r, cp. nauHre p. navile, anc. ft. mire p. mUe. 470. Dévotement, vivement 488. Ce vers constitue une parenthèse. 494 Deut, forme variée de dut, particulière au parler du Nord ; on trouve de mémeiMu^ p. put, mais ce dernier mot est bien un présent au v. préo. —Je dois reconniûtre que Je n'admets ici deut « dut que par analogie kpeut = put et que Je ne saurais appuyer cette forme d'aucun texte. Le dialecte liégeois dit deut p. doit ; peut-on attribuer au parler populaire de Yàlenciennes la même forme de présent? En tout cas, le présent conviendrait parfaite- ment. 517. Ce vers précise Tind^ni on du v. préc. 525. Du commun, parmi les bourgeois ne ûdsant pas partie des mestiers. 527. Becanelgp est probablement un nom composé : Recan^'Oy» 535. Une note de MM. Dinaux et Leroy nous apprend que Jean Dernier, seigneur de Thiaut, de Maing, etc., prév6t-le*comte a Yàlenciennes, était au commencement du 14* siècle le person- nage le plus considérable de cette ville ; il mourut en 1841. — Yoy. aussi la table onomastique des noms historiques cités dans les Chroniques de Froissart, par le baron Kervyn de Lettenhove. 544. Ne chou (ce) ne quoi, locution usuelle « rien du tout. 562. Eavot signifie proprement « sac, pillage » ; op. Phil. Mousket, 21030 : Lors vint al Dem & son estore.. Si flst crier : havot as nés ! (& sac les navires 1), et v. 25230 : Et tout si com qou ihst havœ, Prendoit et reuboit le pais, GOMBàT ra SAIMT POL CONTRE LB8 GARMOIS. 3S3 Je pense que o^eet an subst. abstrait d*iin yerbe havoter^ croobe- ter (dimin. de haver, accrocher, d'où havet^ crochet). Les Anglais ont encore le mot havoc avec le sens de ravage (l). 5S6. Pour la forme contracte asseure p. Oft^re, voy. v. 660. 668. Mst, Je mets. « Je mets mon âme (en garantie) & votre place». 672. JNanpaur titire ; cette remarque ironique ûdt allusion à la profession des gens de métier qui firent irruption dans l'église ; voy. y. 487. — TMre est la bonne forme ancienne p. tisser; parti- cipe tissti. Au vers suivant le verbe fouler ûut de même allusion àfnîlon. 575. Renumair , demeurer » rester, revôt souvent l'acception cesser, finir. 58(^-81. Le sens et Torigine de ce juron m'échappe; plice » pelisse. 582. Se gaUiert se mettre en garde. 500. Il y avait donc des chevaux dans l'église ; cp. v. 614. 502. Gbi^, présent de clamer^ réclamer (cp. j'at'n de amer). Trois vers plus loin clamer part^ location identique de sens avec le simple ^damer^ mais signifiant pr. « réclamer sa part ». Elle est suivie d*un régime indirect, car une grant hart, malgré l'absence de d, doit être envisagé comme tel. 897. Arrier&'main^ synonyme de main enverse. 500. OieM de... , tournure familière , dont je n'ai pas d'autre exemple ; peut-être le texte est-il altéré. 606. Snirepiés p. entre piés^ foulé aux pieds ; voy. mon Qlps- saire des chroniques de Froissart. 608. Heurs, forme variée de hors. Peut-être vaut-il mieux cor- riger à la rime j)liifor«, car plus loin, v. 651, la rime (cors) démon- tre que la forme usuelle de l'auteur était hors^ et non heurs. 612. Ahatine^ voy. v. 251. 620. Cor, coin, cp. v. 482. 621* Qui se rapporte à le, qui représente le drap d'or. 624. Leschirer^ sens neutre, se déchirer. 685. Bieche^ voy. v. 274. (1) Pif«Ilti|Ms4*MhBltéaamérét|Mr ProbMrt dtas TBipIaetto tmowwit (PoéiiMl. p. SB; V. M9t «a NMoati* M«il« JM da A«mI ; J« «ils ee bit ■• prtlt 4m IctiMgnplMi. 23 354 HOTES Bxn.icATiTB8 (pp. 963-966). esn. Yaire^ bien entendu; adverbe restrictif» sur leqaei voy. mon glossaire des clironiqnes de Froissart. dS9. Aloieret gibecière ; voy. mon glossaire des poésies de Frois- sart. 630. EiguiUeref aigoiilôre, sac à aiguilles. 635. Ssmar^re , adjectif curieux , signifiant : pétrifié (par la peur); l'annotateur du texte imprimé traduit par « blanchies par la peur »; Je pense qull se trompe. 643 Garant, reftige ; TadU- sauf a le sens actif « qui sauve », comme dans sauf 'Conduit, êouoe cuiwrance (Marot). 650. Bïïooié « âeïïcoié^ esmari^ éperdu. 660. La contraction asieur p. asseUr avidt déyà cours au com- mencement du 14« siôde ; cp. le verbe asseur^ v. 566. 664. S*apparoir, &ire apparition, se présenter; tournure réflé- chie fréquente dans Froissart. 680. AifOMce, voy. v. 172. — 690. Lame, dalle, pierre tombale. GLOSSAIRE. Nou n'aTou reeneilli diu ce gtotuln que la * oetbiM tes plat dW- dlet el les plu tnl^reutnti k Doter ; de mêine eerUlMi ptrtiealariléi gnmiullciles digoei d'être tlgDelto eai InTetliftilean de Vtt liDgiie. Le chiffre notoie t la page des Motet eipUcatlTCf. Aeklover, fenlr k Kl Bu, réuHr, BeBal, bentai [rnenble}, 3U. m. Bmmmc, leconne, 545. ««■la, idj., dfu, paiiible? 548. *««UB«r ($■), •'ageMniller, 342. AlB«e, rabj. préf. de amer, 391. *Bi«r |Wf l, 311. «■BMcr [laeican), 3S1. Mmr*mm»t, nonvel en, 338. «•rcr, conitrnit avec à, 300. Api*ier {i"), l'appliquer, 310. «riv« (bieK), opportne, 330. AtBiadiw, teindre, 333. Atralre, reprëwnter, figarer , 32S. Artera, If M, 541. Awaa EPOwan (hoc anBO), 309. •ctllel, stoplde ? SSl. »aht>rt,adJ.,(M,331. ••■■ (m), adT.iSSS. ••nrp, baanleot«r, on penlréUe =• tvtborttr, remplir •• bonne, l'enricbir (cp. Band. de Cond4, •, ISO), 975. BeardaM, batte (t. de ■ariqne)t 309. ■•■nirl, coep.SSO. ■rehlcr, impalitaitT 346. Brtolé, corrompu (an moyen d'ar- gent OD de promette*), SW. BMlalrr (p. hnMMr), bocber, frap- 356 GLOSSAIRE. CiMirsicr (en) à qqn., en imposer, «70. CkasdeleU, dim. de ehaudel, chau- deao , 547. Chler (a tor du), loc. adv., 275. enter {s'en tenir) , s'en féliciter, 305. C«BipalCB>«* courtoisie, 301. Comparer, condescendre, consen- tir, 326. C«Bslr (faire) =: se consirery 308. C«Bt«lhlé , couvert de taillades, 321. rentre, par Teffet de, 321. €«BTelilé, subst., convoitise, 273. C»rei(dimih. de oor, corne), cor- net, 303. Comle, ceinture ; estrecaint dufie eoroie, locution analogue à « por- ter Jupon »? 275, 311. C«rMr (las) ? 315. €ô« mnmcmm, quld 1 340. C^iiener (ou cotrcner f) , terme obscène, 346. Cranehe, promesse, 313. Crcflter (te), 329. Cropeaer, terme obscène, 346. GolTre, ennui, désagrément, 324. Daigner, employé comme imper> sonnet, 288. Damiiffe, sujétion, vasselage, 328. »«iisler, faculté, loisir, 346. Debarrer, déchiqueter, 320. Defett, mort, amorti (sans force), 546. QeffoU (estre en), être dans son tort, 346. Dehnré, quid ? 346. Deneaflr (m) de, renoncer à, 929. ; prés. Indic, 3* ps. slng. te da- ffitn/e, 331. BeseaiiTrlr sa raison , lâcher son mot, dire son fait, 281. De«eTrer, trancher , décider (une question), 290. Deatamer (san$) , sans hésiter, 292. Deviser, méditer, 281. Dieaire {tetiir le chemin à) , se détourner de sa routC) 313. Oomarfl, mardi, 347. Drollnrler, prêt, disposé, pr. en droite voie, 330. Elme, heaumCf du genre féminin, 320. Bmkarrer l'hlaume, 520. Bnprendre p. esprendre ^ s'em- braser, 277. BBclièenieiil, lat. ffiatomtfifum , 311. Kadamer, pr. endommager, puis entamer, 328. KncraniVer (t*), se fâcher, 329. Enmoia, p. etmolt^^ 333. Eawi amenai, en aucune manière, 315. Eataii, tout entier à, 320. Ente {il mVtQde qqch.,322. Enirepiéa, loc. adverb., foulé aux pieds, 353. BBTlal, subst., 345. Eavler, inviter, 330. Esealcirer, repousser, 312. Eschuer, éviter, 313. Bselabarl, coup, 347. EscnereiMie, libératrice, 333. GL08ftAlM< 357 (O» ^ proposer, 543. ■•■iveirirv, 590. Bspéer, Uilter, briser, 396. ■m«r («*), te conduire, 515. ■MMBSMe, p. emengne^ 551. ■«Mrber, p. offoffter, effiieer,t85. BsUMdiler («•). s'éUjfer, flg. s'enri- chir, 535. On r= i'tUUuher, âa sens iigorë de slnsinaer ; ou enfin un Ispsas p. ettocWer, se rehausser (cp. p. 188, ▼. 169). BatUcB, quidf540. Batre (y), avoir compris, 597. «■▼•lé, éperdu, 354. FA«Bler, on fnusmer , tromper, 979. ranlre {vendre le) pour bon dtap^ locution proverbiale, 533 (▼. 68). Fier (««) de qqcb., s'en croire ca- pable, 594. mmtft, riser, tendre, 501. Wîmn (monosjli.), flan, 556. FlMle?S05. F«llete, subst. (î), dimin. de foUe, 994. Ferjacler (Â), faire ll^usUce, 596. FMi«u, part, passé de fowr, 595. OalcaarC, rogne, 505. iuirbe •€••€ ^ efcoMe, gerbe bat- tue (sens figuré), 545. csiafaal, glissant, insinuant, 500. «•iiM, Goliath, employé comme personnification de la concupis- cence chamelle, 545. oreB«,partie chauve de la tète,549. Ortaae, adj., fém. de ^ffath, grin, fiché, 546. IMMlMMÉt» p. harieméMf Ittbit., ■«v«t, pillage, 559. ■eus, plur. de Aett, heui, 594. tt#«ttro, p. heiid»Bf 594. ■•ir ifabt), mettre en possession, 993,508. ilala •• ieMeetre, an sens né- uphorique de condition, moyen , 598 ; cp. une eipression sembla- ble dans Band. de Condé p. 141, V. 948 : Cet* eiper LIese, subst., tcfte Ubre, 351. LiM, lieux, 341. ■.iMteri, bandeat, 547. i»lBi«, chagrin, 546. Mr, eux, régi par une préporiMeii, 517. lL«ffr0, adjectif, 550. ■al , bon temps, plaisir, 548. ■•la, mise., manoir, 598. ■alM prieler — mesprisier^ 977. «•irlwr, verbe, maîtriser, prendre le dessw, 500, 519. medhm {prenéréi pot mare^ locu- tion proveri»iale, 555 «(v. 68). ■•rase, adi*$ de mamls, 584. HMviito, chose vatasit «n Mrc, 535. 1 - ■ 358 GtOftMlMlS. ■•blé,